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Prélude

ACTE PREMIER

SCÈNE PREMIÈRE

Le théâtre représente un paysage.
Dans le fond, à gauche du spectateur, le château de Formoutiers, dont le pont-levis est praticable.
A droite, bosquets à travers lesquels on aperçoit l'entrée d'un ermitage. Des paysans et des paysannes sont occupés à dresser un berceau de feuillage et de fleurs.


N° 1 - Introduction

RAlMBAUD
Jouvencelles, venez vite,
Ecoutez le sage ermite,
Il va paraître en ces lieux.
Qu'en rentrant à l'ermitage,
Il reçoive à son passage
Nos offrandes et nos voeux.

ALICE, LE CHOEUR
L'on respecte sa science
Car il donne l'opulence,
Le savoir et des époux.

RAIMBAUD
cachant sous son manteau son habit de chevalier
Taisez-vous, du silence;
II faut craindre sa puissance.
J'ai l'honneur de le servir.

ALICE, LE CHOEUR
Il faut craindre sa puissance.

RAIMBAUD
Vous riez?

ALICE, LE CHOEUR
Ah, ah, ah, quel plaisir!

RAIMBAUD
Quand on rit de ma puissance ...

ALICE, LE CHOEUR
Sire Robert, calmez-vous.

RAIMBAUD
… c'est le ciel que l'on offence.

ALICE, LE CHOEUR
Nous allons obéir tous,
Mais apaisez votre courroux.

RAIMBAUD
Placez là sous cet ombrage
Et des fruits et du laitage.

ALICE, LE CHOEUR
Allons, vite à l'ouvrage,
Préparons sous ce feuillage
Nos fruits les plus délicats.

RAIMBAUD
Allons, vite!

ALICE, LE CHOEUR
Patience!

RAIMBAUD
Mais plus vite!

ALICE, LE CHOEUR
Patience,
Sire Robert, patience,
Surtout ne vous fâchez pas.

RAIMBAUD
d'un air d'impatience
Placez aussi sur la table
Quelques flacons de vin vieux;
Car c'est un présent des cieux!

ALICE, LE CHOEUR
Plaçons aussi sur la table
Quelques flacons de vin vieux;
Car c'est un présent des cieux!


SCÈNE DEUXIÈME

RAGONDE
sortant du château, à gauche
Quand Madame la Comtesse
Est, hélas! dans la tristesse,
Pourquoi donc ces chants d'allégresse
De la part de ses vassaux?
Quand on aime sa maîtresse,
On s'afflige de ses maux.

Elle veut au bon ermite
Dans ce jour rendre visite,
Pour que du mal qui l'agite
Il cherche à la délivrer.

ALICE, LE CHOEUR
Quel bonheur, quelle allégresse!
Le ciel vient de l'inspirer.

RAIMBAUD
Elle est sauvée. Oui, la Comtesse
Ne pouvait mieux rencontrer.

RAGONDE
Vues croyez que sa science
Peut nous rendre l'espérance?

RAIMBAUD
Rien n'égale sa science:
Mainte veuve, grâce à lui,
A retrouvé son mari.

RAGONDE
Ah! Je veux aussi l'entendre.
Près de lui je veux me rendre,
S'il est vrai qu'un coeur trop tendre
Par lui puisse être guéri.
Ce saint homme que j'implore
A nos voeux rendre l'espoir!

ALICE, RAIMBAUD
Il pourrait bien plus encore;
Dans ces lieux chacun l'honore,
Rien n'égale son pouvoir!

LE CHOEUR
En ces lieux chacun l'honore,
Rien n'égale son pouvoir!


SCÈNE TROISIÈME

LE COMTE ORY
déguisé en ermite avec une longue barbe
Que les destins prospères
Accueillent vos prières!
La paix du ciel, mes frères,
Soit toujours avec vous!

Veuves ou demoiselles,
Dans vos peines cruelles,
Venez à moi, mes belles,
Obliger est si doux!

J'accorde les familles,
Et même aux jeunes filles
Je donne des époux.

Oui, venez tous, venez.

Que les destins prospères etc.

RAGONDE
Je viens à vous!

LE COMTE ORY
la regardant
Parlez, dame... trop respectable.
Vous aussi, mes enfants. A vos voeux, favorable,
Je puis tout accorder. Parlez:
Tous vos souhaits seront comblés.

LE CHOEUR
se pressant autour du Comte
Ah! quel saint personnage!
C'est le bienfaiteur du village.

RAGONDE
De grâce, parlons tous
L'un après l'autre.

LE COMTE ORY
Quel désir est le vôtre?
Que me demandez-vous?

ALICE, RAGONDE, RAIMBAUD, LE CHOEUR
Parlons l'un après l'autre.
Silence! taisez-vous.

UN PAYSAN
Moi, je réclame
Pour que ma femme
Dans mon ménage
Soit toujours sage.

LE COMTE ORY
C'est bien, c'est bien.

ALICE
Moi, je vous prie,
J'ai tant d'envie
Qu'on me marie
Au beau Julien!

LE COMTE ORY
C'est bien, c'est bien.

RAGONDE
Moi, je demande
Faveur bien grande:
Qu'aujourd'hui même
L'époux que j'aime
Ici revienne
Finir ma peine;
Que je l'obtienne,
C'est mon seul bien.

LE COMTE ORY
Bien. Bon.
(Qu'un bon ermite
Qu'on sollicite,
Qu'un bon ermite
A de mérite!
se retournant vers les jeunes filles
Jeune fillette,
Et bachelette,
Dans ma retraite,
Viendra ce soir.)

RAIMBAUD
Il fautt nous rendre
A l'ermitage.
Rendons hommage
A son pouvoir.

LE COMTE ORY
(Bonheur suprême!
En ma retraite
Jeune fillette
Viendra ce soir.)

ALICE, RAGONDE, LE CHOEUR
entourant le Comte
Oui, bon ermite,
Je sollicite
Faveur bien grande,
Et je demande
De la tendresse,
De la jeunesse,
De la richesse:
Exaucez-nous.

Tout le village
Vous rend hommage...
A l'ermitage
Nous irons tons.

ALICE, RAGONDE, RAIMBAUD, LE CHOEUR
Tout le village, etc.
Allons tous!

LE COMTE ORY
Tout le village
Me rond hommage...
A l'ermitage
Accourez tous.
Venez tous!
L'un après l'autre,
Mes chers enfants!

UN PAYSAN
Moi, je réclame etc.

RAGONDE
De grâce, encore un mot. Il s'agit de Madame.
Tandis que nos preux chevaliers
Que l'amour de la gloire enflamme,
Dans les champs musulmans moissonnent des lauriers,
Leurs femmes et leurs soeurs, bien qu'à la fleur de l'âge,
Ont juré comme moi de passer leur veuvage
Dans le châteaux de Formoutiers.

LE COMTE ORY
(Où tant d'attraits sont prisonniers.)
C'est le château de la belle Comtesse…

RAGONDE
… Dont le frère aux combats a suivi nos guerriers.
Et cette noble châtelaine,
Sur un mal inconnu qui cause notre peine,
Veut aujourd'hui vous consulter.

LE COMTE ORY
(Ah! quel bonheur!) Près de moi qu'elle vienne,
Mon devoir est de l'assister.
J'espère dans mon zèle lui rendre le repos;
Retournez auprès d'elle, allez à vos travaux.
Je vais en attendant dans mon humble chaumière
De ces jeunes beautés accueillir la prière.

ALICE, RAGONDE, RAIMBAUD, LE CHOEUR
Saint personnage,
Tout le village
Vient rendre hommage
A vos vertus.

LE COMTE ORY
Tout le village
Me rend hommage…
A l'ermitage
Accourez tous.

Le Comte remonte à son ermitage, suivi de toutes les jeunes filles.
Ragonde rentre au château. Les paysans s'en vont.
Arrivent le Gouverneur et Isolier.


SCÈNE QUATRIÈME

LE GOUVERNEUR
Je ne puis plus longtemps voyager de la sorte.

ISOLIER
Eh bien! reposons-nous sous ces ombrages frais.

LE GOUVERNEUR
Pourquoi m'avoir forcé de quitter notre escorte
Et m'amener ici?

ISOLIER
(J'avais bien mes projets...
Voilà donc le château de ma belle cousine!
Si je pouvais l'entrevoir... quel bonheur!
Mais, loin de partager l'ardeur qui me domine,
Elle ferme à l'amour son castel et son coeur.)
au Gouverneur, qui s'est assis
Eh bien! monsieur le Gouverneur,
Reprenez-vous un peu courage?

LE GOUVERNEUR
Maudit emploi! maudit message!
Monseigneur notre prince, auquel je suis soumis,
M'ordonne de chercher le comte Ory, son fils,
Ce démon incarné, mon élève et mon maître,
Qui, sans mon ordre, hélas! loin de la cour
S'est avisé de disparaître.

ISOLIER
(Pour jouer quelque nouveau tour.)

LE GOUVERNEUR
On le disait caché dans ce séjour.
Comment l'y découvrir?... comment l'y reconnaître?

ISOLIER
Vous devez tout savoir... d'être son gouverneur
N'avez-vous pas l'honneur?

LE GOUVERNEUR
Ah! quel honneur!

N° 2 - Air

LE GOUVERNEUR
Veiller sans cesse,
Craindre toujours
Pour Son Altesse
Ou peur mes jours.

Du gouverneur
D'un grand seigneur,
Voilà les profits et l'honneur.
Quel honneur d'être gouverneur!

A la guerre, comme à la chasse,
Si quelque péril le menace,
Il faut partout suivre ses pas,
Dût-il vous mener au trépas!

Veiller sans cesse,
Trembler toujours
Pour Son Altesse
Ou pour mes jours...

Du gouverneur etc.

Et s'il est épris d'une belle,
Il me faut courir après elle;
Tout en lui faisant des sermons
Sur le danger des passions.

Veiller sans cesse,
Courir toujours,
Pour Son Altesse
Ou ses amours.

Du gouverneur etc.


SCÈNE CINQUIÈME

CHŒUR DE PAYSANNES
Vous, notre appui,
Et notre ami,
Bien grand merci!
J'irai toujours vous voir,
Ô bon ermite.

Ô saint prophète,
Soyez béni!
Puissant prophète,
Soyez béni!

Jeune fillette
Ah, grâce à lui,
Fortune faite,
Et bon mari.

LE GOUVERNEUR
regardant les jeunes filles
(Je vois paraître
Minois joli;
Ah! mou cher maître
Doit être près d'ici.)

Jeunes fillettes, de grâce dites-moi
Depuis quel tempe dans ce village
Ce bon ermite est-il venu?

LE CHŒUR
Voilà huit jours...

LE GOUVERNEUR
Qu'ai-je entendu?
Voilà huit jours...

LE CHŒUR
Pas davantage!

LE GOUVERNEUR
… que cotre maître a disparu!
C'est bien huit jours?

LE CHŒUR
Oui, c'est huit jours, pas davantage.

LE GOUVERNEUR
Voilà huit jours que autre maître a disparu!

Cette aventure fort singulière
Cache à mes yeux quelque mystère:
Ce bon ermite que l'on révère
Au fondd de l'âme est-il sincere?

Lui qu'on adore,
Lui qu'on implore,
Serait-ce encore le comte Ory?

Ruse anodine,
Je te devine,
Oui j'en suis sûr, c'est encore lui.

LE CHOEUR
Mais qu'a-t-il donc, ce voyageur,
II n'a pas l'air de bonne humeur.
Il faut nous éloigner, aussi
Sortons d'ici, partons d'ici.

LE GOUVERNEUR
Lai qu'on adore, etc.
C'est encore lui.

Cette aventure etc.

LE GOUVERNEUR
retenant Alice, qui reste la dernière
Cet ermite, ma belle enfant,
Où pourrais-je le voir?

ALICE
Ici même... à l'instant
Il va venir... Madame la Comtesse
A désiré le consulter.

ISOLIER
Vraiment!

ALICE
Sur un mal inconnu qui l'accable et l'oppresse.

LE GOUVERNEUR
Merci, ma belle enfant.
Il doit donc venir dans l'instant!

ISOLIER
(Elle va venir dans l'instant!)

LE GOUVERNEUR
(Cette belle Comtesse au minois séduisant!
Ceci me semble encore une preuve plus forte.)
à Isolier
Attendez-moi… je vais retrouver notre escorte.
(Puis ensemble vous reviendrons,
Pour confirmer, ou bien dissiper mes soupçons.)
Prélude

ACTE PREMIER

SCÈNE PREMIÈRE

Le théâtre représente un paysage.
Dans le fond, à gauche du spectateur, le château de Formoutiers, dont le pont-levis est praticable.
A droite, bosquets à travers lesquels on aperçoit l'entrée d'un ermitage. Des paysans et des paysannes sont occupés à dresser un berceau de feuillage et de fleurs.


N° 1 - Introduction

RAlMBAUD
Jouvencelles, venez vite,
Ecoutez le sage ermite,
Il va paraître en ces lieux.
Qu'en rentrant à l'ermitage,
Il reçoive à son passage
Nos offrandes et nos voeux.

ALICE, LE CHOEUR
L'on respecte sa science
Car il donne l'opulence,
Le savoir et des époux.

RAIMBAUD
cachant sous son manteau son habit de chevalier
Taisez-vous, du silence;
II faut craindre sa puissance.
J'ai l'honneur de le servir.

ALICE, LE CHOEUR
Il faut craindre sa puissance.

RAIMBAUD
Vous riez?

ALICE, LE CHOEUR
Ah, ah, ah, quel plaisir!

RAIMBAUD
Quand on rit de ma puissance ...

ALICE, LE CHOEUR
Sire Robert, calmez-vous.

RAIMBAUD
… c'est le ciel que l'on offence.

ALICE, LE CHOEUR
Nous allons obéir tous,
Mais apaisez votre courroux.

RAIMBAUD
Placez là sous cet ombrage
Et des fruits et du laitage.

ALICE, LE CHOEUR
Allons, vite à l'ouvrage,
Préparons sous ce feuillage
Nos fruits les plus délicats.

RAIMBAUD
Allons, vite!

ALICE, LE CHOEUR
Patience!

RAIMBAUD
Mais plus vite!

ALICE, LE CHOEUR
Patience,
Sire Robert, patience,
Surtout ne vous fâchez pas.

RAIMBAUD
d'un air d'impatience
Placez aussi sur la table
Quelques flacons de vin vieux;
Car c'est un présent des cieux!

ALICE, LE CHOEUR
Plaçons aussi sur la table
Quelques flacons de vin vieux;
Car c'est un présent des cieux!


SCÈNE DEUXIÈME

RAGONDE
sortant du château, à gauche
Quand Madame la Comtesse
Est, hélas! dans la tristesse,
Pourquoi donc ces chants d'allégresse
De la part de ses vassaux?
Quand on aime sa maîtresse,
On s'afflige de ses maux.

Elle veut au bon ermite
Dans ce jour rendre visite,
Pour que du mal qui l'agite
Il cherche à la délivrer.

ALICE, LE CHOEUR
Quel bonheur, quelle allégresse!
Le ciel vient de l'inspirer.

RAIMBAUD
Elle est sauvée. Oui, la Comtesse
Ne pouvait mieux rencontrer.

RAGONDE
Vues croyez que sa science
Peut nous rendre l'espérance?

RAIMBAUD
Rien n'égale sa science:
Mainte veuve, grâce à lui,
A retrouvé son mari.

RAGONDE
Ah! Je veux aussi l'entendre.
Près de lui je veux me rendre,
S'il est vrai qu'un coeur trop tendre
Par lui puisse être guéri.
Ce saint homme que j'implore
A nos voeux rendre l'espoir!

ALICE, RAIMBAUD
Il pourrait bien plus encore;
Dans ces lieux chacun l'honore,
Rien n'égale son pouvoir!

LE CHOEUR
En ces lieux chacun l'honore,
Rien n'égale son pouvoir!


SCÈNE TROISIÈME

LE COMTE ORY
déguisé en ermite avec une longue barbe
Que les destins prospères
Accueillent vos prières!
La paix du ciel, mes frères,
Soit toujours avec vous!

Veuves ou demoiselles,
Dans vos peines cruelles,
Venez à moi, mes belles,
Obliger est si doux!

J'accorde les familles,
Et même aux jeunes filles
Je donne des époux.

Oui, venez tous, venez.

Que les destins prospères etc.

RAGONDE
Je viens à vous!

LE COMTE ORY
la regardant
Parlez, dame... trop respectable.
Vous aussi, mes enfants. A vos voeux, favorable,
Je puis tout accorder. Parlez:
Tous vos souhaits seront comblés.

LE CHOEUR
se pressant autour du Comte
Ah! quel saint personnage!
C'est le bienfaiteur du village.

RAGONDE
De grâce, parlons tous
L'un après l'autre.

LE COMTE ORY
Quel désir est le vôtre?
Que me demandez-vous?

ALICE, RAGONDE, RAIMBAUD, LE CHOEUR
Parlons l'un après l'autre.
Silence! taisez-vous.

UN PAYSAN
Moi, je réclame
Pour que ma femme
Dans mon ménage
Soit toujours sage.

LE COMTE ORY
C'est bien, c'est bien.

ALICE
Moi, je vous prie,
J'ai tant d'envie
Qu'on me marie
Au beau Julien!

LE COMTE ORY
C'est bien, c'est bien.

RAGONDE
Moi, je demande
Faveur bien grande:
Qu'aujourd'hui même
L'époux que j'aime
Ici revienne
Finir ma peine;
Que je l'obtienne,
C'est mon seul bien.

LE COMTE ORY
Bien. Bon.
(Qu'un bon ermite
Qu'on sollicite,
Qu'un bon ermite
A de mérite!
se retournant vers les jeunes filles
Jeune fillette,
Et bachelette,
Dans ma retraite,
Viendra ce soir.)

RAIMBAUD
Il fautt nous rendre
A l'ermitage.
Rendons hommage
A son pouvoir.

LE COMTE ORY
(Bonheur suprême!
En ma retraite
Jeune fillette
Viendra ce soir.)

ALICE, RAGONDE, LE CHOEUR
entourant le Comte
Oui, bon ermite,
Je sollicite
Faveur bien grande,
Et je demande
De la tendresse,
De la jeunesse,
De la richesse:
Exaucez-nous.

Tout le village
Vous rend hommage...
A l'ermitage
Nous irons tons.

ALICE, RAGONDE, RAIMBAUD, LE CHOEUR
Tout le village, etc.
Allons tous!

LE COMTE ORY
Tout le village
Me rond hommage...
A l'ermitage
Accourez tous.
Venez tous!
L'un après l'autre,
Mes chers enfants!

UN PAYSAN
Moi, je réclame etc.

RAGONDE
De grâce, encore un mot. Il s'agit de Madame.
Tandis que nos preux chevaliers
Que l'amour de la gloire enflamme,
Dans les champs musulmans moissonnent des lauriers,
Leurs femmes et leurs soeurs, bien qu'à la fleur de l'âge,
Ont juré comme moi de passer leur veuvage
Dans le châteaux de Formoutiers.

LE COMTE ORY
(Où tant d'attraits sont prisonniers.)
C'est le château de la belle Comtesse…

RAGONDE
… Dont le frère aux combats a suivi nos guerriers.
Et cette noble châtelaine,
Sur un mal inconnu qui cause notre peine,
Veut aujourd'hui vous consulter.

LE COMTE ORY
(Ah! quel bonheur!) Près de moi qu'elle vienne,
Mon devoir est de l'assister.
J'espère dans mon zèle lui rendre le repos;
Retournez auprès d'elle, allez à vos travaux.
Je vais en attendant dans mon humble chaumière
De ces jeunes beautés accueillir la prière.

ALICE, RAGONDE, RAIMBAUD, LE CHOEUR
Saint personnage,
Tout le village
Vient rendre hommage
A vos vertus.

LE COMTE ORY
Tout le village
Me rend hommage…
A l'ermitage
Accourez tous.

Le Comte remonte à son ermitage, suivi de toutes les jeunes filles.
Ragonde rentre au château. Les paysans s'en vont.
Arrivent le Gouverneur et Isolier.


SCÈNE QUATRIÈME

LE GOUVERNEUR
Je ne puis plus longtemps voyager de la sorte.

ISOLIER
Eh bien! reposons-nous sous ces ombrages frais.

LE GOUVERNEUR
Pourquoi m'avoir forcé de quitter notre escorte
Et m'amener ici?

ISOLIER
(J'avais bien mes projets...
Voilà donc le château de ma belle cousine!
Si je pouvais l'entrevoir... quel bonheur!
Mais, loin de partager l'ardeur qui me domine,
Elle ferme à l'amour son castel et son coeur.)
au Gouverneur, qui s'est assis
Eh bien! monsieur le Gouverneur,
Reprenez-vous un peu courage?

LE GOUVERNEUR
Maudit emploi! maudit message!
Monseigneur notre prince, auquel je suis soumis,
M'ordonne de chercher le comte Ory, son fils,
Ce démon incarné, mon élève et mon maître,
Qui, sans mon ordre, hélas! loin de la cour
S'est avisé de disparaître.

ISOLIER
(Pour jouer quelque nouveau tour.)

LE GOUVERNEUR
On le disait caché dans ce séjour.
Comment l'y découvrir?... comment l'y reconnaître?

ISOLIER
Vous devez tout savoir... d'être son gouverneur
N'avez-vous pas l'honneur?

LE GOUVERNEUR
Ah! quel honneur!

N° 2 - Air

LE GOUVERNEUR
Veiller sans cesse,
Craindre toujours
Pour Son Altesse
Ou peur mes jours.

Du gouverneur
D'un grand seigneur,
Voilà les profits et l'honneur.
Quel honneur d'être gouverneur!

A la guerre, comme à la chasse,
Si quelque péril le menace,
Il faut partout suivre ses pas,
Dût-il vous mener au trépas!

Veiller sans cesse,
Trembler toujours
Pour Son Altesse
Ou pour mes jours...

Du gouverneur etc.

Et s'il est épris d'une belle,
Il me faut courir après elle;
Tout en lui faisant des sermons
Sur le danger des passions.

Veiller sans cesse,
Courir toujours,
Pour Son Altesse
Ou ses amours.

Du gouverneur etc.


SCÈNE CINQUIÈME

CHŒUR DE PAYSANNES
Vous, notre appui,
Et notre ami,
Bien grand merci!
J'irai toujours vous voir,
Ô bon ermite.

Ô saint prophète,
Soyez béni!
Puissant prophète,
Soyez béni!

Jeune fillette
Ah, grâce à lui,
Fortune faite,
Et bon mari.

LE GOUVERNEUR
regardant les jeunes filles
(Je vois paraître
Minois joli;
Ah! mou cher maître
Doit être près d'ici.)

Jeunes fillettes, de grâce dites-moi
Depuis quel tempe dans ce village
Ce bon ermite est-il venu?

LE CHŒUR
Voilà huit jours...

LE GOUVERNEUR
Qu'ai-je entendu?
Voilà huit jours...

LE CHŒUR
Pas davantage!

LE GOUVERNEUR
… que cotre maître a disparu!
C'est bien huit jours?

LE CHŒUR
Oui, c'est huit jours, pas davantage.

LE GOUVERNEUR
Voilà huit jours que autre maître a disparu!

Cette aventure fort singulière
Cache à mes yeux quelque mystère:
Ce bon ermite que l'on révère
Au fondd de l'âme est-il sincere?

Lui qu'on adore,
Lui qu'on implore,
Serait-ce encore le comte Ory?

Ruse anodine,
Je te devine,
Oui j'en suis sûr, c'est encore lui.

LE CHOEUR
Mais qu'a-t-il donc, ce voyageur,
II n'a pas l'air de bonne humeur.
Il faut nous éloigner, aussi
Sortons d'ici, partons d'ici.

LE GOUVERNEUR
Lai qu'on adore, etc.
C'est encore lui.

Cette aventure etc.

LE GOUVERNEUR
retenant Alice, qui reste la dernière
Cet ermite, ma belle enfant,
Où pourrais-je le voir?

ALICE
Ici même... à l'instant
Il va venir... Madame la Comtesse
A désiré le consulter.

ISOLIER
Vraiment!

ALICE
Sur un mal inconnu qui l'accable et l'oppresse.

LE GOUVERNEUR
Merci, ma belle enfant.
Il doit donc venir dans l'instant!

ISOLIER
(Elle va venir dans l'instant!)

LE GOUVERNEUR
(Cette belle Comtesse au minois séduisant!
Ceci me semble encore une preuve plus forte.)
à Isolier
Attendez-moi… je vais retrouver notre escorte.
(Puis ensemble vous reviendrons,
Pour confirmer, ou bien dissiper mes soupçons.)



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