オペラ作曲家別索引

オペラ対訳完成

その他対訳完成

対訳一部完成

このサイトについて

アクセス数

  • 今日  -
  • 昨日  -
  • 累計  -

翻訳エンジン


bose_soundlink_color_ii



SCÈNE CINQUIÈME

(Arrive Raimbaud, tenant un panier sous son manteau de pèlerine.)

RAIMBAUD
En voici, mes amie.

LE CHOEUR
se levant
C'est Raimbaud!

RAIMBAUD
En héros j'ai tenté l'aventure,
Et je viens avec vous partager ma capture.
Approchez. Ecoutez
Le récit des exploits que peur vous j'ai tentés.

N° 9 - Air

RAIMBAUD
Dans ce lieu solitaire,
Propice au doux mystère,
Moi, qui n'ai rien à faire,
Je m'étais endormi.

Dans mon âme indécise,
Certain goût d'entreprise
Que l'exemple autorise
Vient m'éveiller aussi.

LE CHOEUR
Quoi! Raimbaud s'en mêle aussi!

RAIMBAUD
C'est le seul moyen d'être
Digne d'un pareil maître,
Et je veux reconnaître
Ce manoir en détail!

Je pars.., je m'oriente;
A mes yeux se présente
Une chambre élégante,
C'est celle du travail.

LE CHOEUR
Et quel est ce travail?

RAIMBAUD
Une harpe jolie...
De la tapisserie;
Près de la broderie
J'aperçois un roman!

Même en une chambrette,
J'ai, dans une cachette,
Cru voir l'historiette
Du beau Tyran-le-Blanc!

LE CHOEUR
Quoi, vraiment, un roman!

RAIMBAUD
Je sors de l'oratoire
Et j'entre au réfectoire
Où rien ne me fait croire
A l'espoir d'un festin.

Marchant à l'aventure
Sous une voûte obscure,
J'entrevois l'ouverture
D'un affreux souterrain.

LE CHOEUR
Un affreux souterrain!

RAIMBAUD
Une beauté naïve
Peut y gémir, captive.
Je m'élance et j'arrive
Dans un vaste cellier

Dont l'étendue immense
Et la bonne apparence
Attestent la prudence
Du sire de Formoutiers.

LE CHOEUR
Pouvait-on mieux tomber?

RAIMBAUD
Arsenal redoutable,
Qui fait qu'on puise à table
Un courage indomptable
Contre le Sarrasin.

Armée immense et belle,
D'une espèce nouvelle,
Plus à craindre que celle
Du sultan Saladin...

LE CHOEUR
C'est charmant, c'est divin!

RAIMBAUD
Près des vins de Touraine,
Je vois ceux d'Aquitaine:
Et ma vue incertaine
S'égare on les comptant.

Là, je vois l'Allemagne;
Ici, brille l'Espagne;
Là, frémit le Champagne
Du joug impatient.

LE CHOEUR
C'est divin, c'est charmant!

RAIMBAUD
J'hésite... ô trouble extrême!
Ô doux péril que j'aime!
Et seul, avec moi-même,
Contre tant d'ennemis,

Au hasard, je m'élance.
Sans compter, je commence,
J'attaque avec vaillance
A la fois vingt pays.

Quelle conquête
Pour moi s'apprête!...
Mais je m'arrête,
J'entends du bruit.

Quelqu'un s'avance,
Vers moi s'élance!
De notre course
Les murs frémissent,
Ils retentissent,
On me poursuit.

On crie: arrête!
Arrête.., arrête!
L'écho répète
Ces cris d'alarme,
Je fuis soudain.

Quel jour de fête
Ô mes amis!
De ma conquête
Voilà (tous) les fruits.

LE CHOEUR
De sa conquête
Prenons les fruits.

RAIMBAUD
On crie: arrête!
L'écho répète,
Et leurs pas et leurs cris...
Les murs frémissent
Et retentissent
Sous le bruit de leurs pas;
Quelqu'un s'avance,
Vers moi s'élance,
Mais je ne l'attends pas.

Quel jour de fête etc.

LE COMTE ORY
Du fruit de sa victoire
Il fait hommage à l'amitié.
Dans sa conquête et dans sa gloire
Soyons tous de moitié.

N° 10 - Choeur

LE COMTE ORY, SES COMPAGNONS
ôtant les bouteilles du panier
Buvons, buvons soudain!
Qu'il avait de bons vins
Le seigneur châtelain!

Pendent qu'il fait la guerre
Au Turc, au Sarrasin;
A sa santé si chère
Buvons ce jus divin.
Buvons jusqu'à demain.

Quelle douce ambroisie!
Célébrons tour à tour
Le vin et la folie,
Le plaisir et l'amour

Qu'il avait de bons vins etc.

LE COMTE ORY
On vient... c'est la tourière!..
Silence! taisez-vous!
Mettez-vous en prière,
Ou bien c'est fait de nous.


SCÈNE SIXIÈME

LE COMTE ORY, TROIS COMPAGNONS
fermant leur pèlerine et cachant leur bouteille
Toi que je révère,
Entends ma prière.
Ô Dieu tutélaire,
Viens dans ta bonté
Sauver l'innocence,
Et que ta puissance,
Un jour récompense
L'hospitalité!

Ragonde les regarde d'un air attendri, lève les yeux au ciel et s'éloigne.

RAIMBAUD
Elle a disparu,
Réparons bien le temps perdu.

LE COMTE ORY, SES COMPAGNONS
Buvons, buvons soudain! etc.

LE COMTE ORY
Elle revient... silence!


SCÈNE SEPTIÈME

La Comtesse arrive avec plusieurs femmes portant des flambeaux.

LA COMTESSE
(Quel doue recueillement! combien je les admire!)
au Comte et aux chevaliers
Du repos voice le moment.
Que chacune de vos, Mesdames, se retire
Dans son appartement.

LE COMTE ORY
Adieu, noble Comtesse.., ah! si le ciel m'entend,
Bientôt viendra l'instant, peut-être,
Où je pourrai vous faire connaître
Ce qu'éprouve pour vous mon coeur reconnaissant.

Le Comte et les chevaliers prennent les flambeaux des mains des dames, et se retirent.


SCÈNE HUITIÈME

LA COMTESSE
commençant à défaire son voile
Oui, c'est une bonne oeuvre
et qui, dans notre zèle,
Doit nous porter bonheur.
On sonne à la tourelle,
Qui vient encore?

RAGONDE
regardant par la fenêtre
Un page.

LA COMTESSE
Un page dans ces lieux,
Dont l'enceinte est pas nous aux hommes interdite!
Je veux savoir quel est l'audacieux...


SCÈNE NEUVIÈME

ISOLIER
C'est moi, belle cousine, et point je ne mérite
Le fier courroux qui brille en vos beaux yeux.

LA COMTESSE
Qui vous amène ici?

ISOLIER
Le Duc, mon maître.
Il m'a chargé de vous faire connaître
A ces dames, à vous, qu'aujourd'hui, cette nuit,
Leurs maris, notre frère, arrivent à minuit.

LA COMTESSE, RAGONDE, UNE DAME
Quoi! nos maris.., bonté divine!...

ISOLIER
Ils reviennent de Palestine
Et veulent en secret vous surprendre ce soir.

LA COMTESSE, RAGONDE, UNE DAME
Ah! cet heureux retour comble tout notre espoir!

ISOLIER
Le Duc le croit aussi; mais il pense en son âme
Qu'un mari bien prudent prévient toujours sa femme.
Un bonheur trop subit peut être dangereux.

RAGONDE
Quoi! nos maris enfin reviennent dans ces lieux!
Ah! le ciel les devait à nos vives tendresses.
Je cours en prévenir nos aimables hôtesses.

ISOLIER
l'arrêtant
Et qui donc?

RAGONDE
Quatorze vertus…
Que le comte Ory, votre maître,
Poursuivait.

ISOLIER
De terreur tous mes sens sont émus.
Achevez… ce sont peut-être
Des pèlerines?

RAGONDE
Oui, vraiment.

ISOLIER
C'est fait de nous... Sous ce déguisement
Vous avez accueilli le comte Ory lui-même,
Et tous ses chevaliers.

ISOLIER, RAGONDE, UNE DAME
Ô ciel!

LA COMTESSE
Terreur extrême!

RAGONDE
Que dire à mon mari, trouvant en ses foyers
Sa chaste épouse avec quatorze chevaliers?

LA COMTESSE, RAGONDE, UNE DAME
Hélas! à quel péril sommes-nous réservées?

ISOLIER
Une heure seulement, et vous êtes sauvées.
On va nous secourir... Il faut gagner du temps.

LA COMTESSE, RAGONDE, UNE DAME
Hélas! hélas! je tremble!

LA COMTESSE
Plus terrible à lui seul que les autres ensemble,
Ce comte Ory… le voici… je l'entends.

Toutes les dames s'enfuient en poussant un grand cri. lsolier va souffler la lampe qui est sur le guéridon, puis, s'enveloppant du voile que la Comtesse vient de quitter, il se place sur le canapé et fait signe à la Comtesse de s'approcher de lui.

ISOLIER
Ne craignez rien. Au péril de ma vie
Je vous défendrai contre tous.

LA COMTESSE
D'effroi je suis toute saisie.

ISOLIER
Dame tant chérie, âme de ma vie,
Ne craignez rien, je suis auprès de vous.


SCÈNE DIXIÈME

N°11 - Trio

LE COMTE ORY
A la faveur de cette nuit obscure,
Avançons-nous, et sans la réveiller,
Il taut céder au tourment que j'endure;
Amour me berce, et ne puis sommeiller.

D'amour et d'espérance
Je sens battre mon coeur;
La nuit et le silence
Assurent mon bonheur.

ISOLIER
De crainte et d'espérance
Je sens battre mon coeur.
La nuit et le silence
Redoublent son erreur.

LA COMTESSE
cachée par Isolier
De crainte et d'espérance
Je sens battre mon coeur;
La nuit et le silence
Redoublent ma frayeur.

ISOLIER
bas, à la Comtesse
Parlez-lui.

LA COMTESSE
Qui va là?

LE COMTE ORY
C'est moi: c'est sœur Colette.
Seule, et dans cette chambre ou je ne puis dormir,
Tout me trouble, tout m'inquiète.
J'ai peur... permettez-moi... près de vous... de venir.

ISOLIER, puis LA COMTESSE
(Ah! quelle perfidie!)

LE COMTE ORY
avançant près d'Isolier qu'il prend pour la comtesse Adèle
Ô moments pleins de charmes!
Quand on est deux, on a moins peur.

ISOLIER
(Oui, lorsqu'on est deux!)

LE COMTE ORY
prenant la main d'Isolier, qui prend celle de la comtesse Adèle
Ah! je n'ai plus d'alarmes.

LA COMTESSE
Que faites-vous?

LE COMTE ORY
pressant la main d'lsolier
Pour moi, plus de frayeur!
Quand cette main est sur mon coeur.

LA COMTESSE
(Il presse ma main sur son coeur.)

ISOLIER
à la Comtesse
Beauté sévère,
Laissez-le faire;
Son bonheur ne vous coûte rien.

LE COMTE ORY
(Grand Dieu! quel bonheur est le mien!)

D'amour et d'espérance, etc.

ISOLIER
De crainte et d'espérance, etc.

LA COMTESSE
De crainte et d'espérance, etc.

Maintenant, je vous supplie,
Soeur Colette, rentrez chez vous.

LE COMTE ORY
à lsolier
Vous quitter... c'est perdre la vie ...
Oui, je demeure à vos genoux.

LA COMTESSE
Je tremble, ô ciel! Que faites-vous?

LE COMTE ORY
se démasquant
Sachez le feu qui me dévore!
C'est un amant qui vous implore.

LA COMTESSE
Ah! grand Dieu! quelle trahison!

LE COMTE ORY
L'amour qui trouble ma raison
Doit me mériter mon pardon.
à Isolier qui veut se lever
Ne m'ôtez point, je la réclame,
Cette main que ma vive flamme...

LA COMTESSE
Ah! comme vous mv pressez!
Laissez-moi.

LE COMTE ORY
embrassant lsolier
Vrai Dieu! Madame,
Peut-on vous aimer assez?

En ce moment un bruit de clairons retentit â la porte du château. Les femmes de la Comtesse se précipitent dans l'appartement en tenant des flambeaux.

LA COMTESSE, puis LE COMTE ORY, puis ISOLIER
J'entends d'ici le bruit des armes,
Le clairon vient du retentir.

LA COMTESSE, ISOLIER
Plus de frayeur et plus d'alarmes,
On vient enfin nous secourir.
J'entends d'ici le bruit etc.

LE COMTE ORY
A quel danger faut-il courir?
J'entends d'ici le bruit etc.
Faut-il quitter autant de charmes?

LA COMTESSE, puis LE COMTE ORY, puis ISOLIER
J'entends d'ici le bruit etc.

LE COMTE ORY
Ô ciel! quel est ce bruit?

ISOLIER
jetant son voile
L'heure de la retraite.
Car il faut partir, Monseigneur.

LE COMTE ORY
le reconnaissant
C'est mon page Isolier!

ISOLIER
Celui que soeur Colette
Embrassait avec tant d'ardeur.

LE COMTE ORY
Je suis trahi! crains ma colère!

ISOLIER
Craignez celle de votre père!
Il arrive dans ce castel.
Entendez-vous ces cris de joie?

LE COMTE ORY
Ô ciel!


SCÈNE ONZIÈME

LA COMTESSE
Vous qui faisiez la guerre aux femmes,
Vous voilà donc mes prisonniers!

LE COMTE ORY
Oui, nous sommes vaincus! à tes pieds, noble dame,
Je demande merci pour tous mes chevaliers.
Pour leur rançon, qu'exigez-vous?

LA COMTESSE
Un gage: votre départ!... évitez le courroux
De leurs maris.

ISOLIER
Par un secret passage
Je vais guider vos pas, et votre page
Fermera la porte sur vous.

LE COMTE ORY
C'est lui qui nous a joués tous.


N° 12 - Finale

LA COMTESSE
Ecoutez ces chants de victoire...
Ce sont de braves chevaliers
Que l'amour ainsi que la gloire
Ont ramenés dans leurs foyers.

LE COMTE ORY
A l'hymen cédons victoire,
Et qu'il rentre dans ses foyers.
Quittons ces lieux hospitaliers.

SES COMPAGNONS
Quittons ces lieux hospitaliers.

Isolier ouvre à gauche une porte secrète par laquelle le comte Ory et ses chevaliers disparaissent En ce moment s'ouvrent les portes du fond.
Le Duc et les chevaliers revenant de la Palestine entrent, précédés de leurs écuyers, qui portent des étendards et des faisceaux d'armes.
Dame Ragonde et les autres femmes se précipitent dans les bras de leurs maris, et la Comtesse dans ceux de son frère; puis Isolier va baiser la main du comte de Formoutiers, qui le relève et l'embrasse pendant le choeur suivant.

TOUS
Honneur aux fils de la victoire,
Honneur aux braves chevaliers,
Que l'amour ainsi que la gloire
Ont ramenés dans leurs foyers!
SCÈNE CINQUIÈME

(Arrive Raimbaud, tenant un panier sous son manteau de pèlerine.)

RAIMBAUD
En voici, mes amie.

LE CHOEUR
se levant
C'est Raimbaud!

RAIMBAUD
En héros j'ai tenté l'aventure,
Et je viens avec vous partager ma capture.
Approchez. Ecoutez
Le récit des exploits que peur vous j'ai tentés.

N° 9 - Air

RAIMBAUD
Dans ce lieu solitaire,
Propice au doux mystère,
Moi, qui n'ai rien à faire,
Je m'étais endormi.

Dans mon âme indécise,
Certain goût d'entreprise
Que l'exemple autorise
Vient m'éveiller aussi.

LE CHOEUR
Quoi! Raimbaud s'en mêle aussi!

RAIMBAUD
C'est le seul moyen d'être
Digne d'un pareil maître,
Et je veux reconnaître
Ce manoir en détail!

Je pars.., je m'oriente;
A mes yeux se présente
Une chambre élégante,
C'est celle du travail.

LE CHOEUR
Et quel est ce travail?

RAIMBAUD
Une harpe jolie...
De la tapisserie;
Près de la broderie
J'aperçois un roman!

Même en une chambrette,
J'ai, dans une cachette,
Cru voir l'historiette
Du beau Tyran-le-Blanc!

LE CHOEUR
Quoi, vraiment, un roman!

RAIMBAUD
Je sors de l'oratoire
Et j'entre au réfectoire
Où rien ne me fait croire
A l'espoir d'un festin.

Marchant à l'aventure
Sous une voûte obscure,
J'entrevois l'ouverture
D'un affreux souterrain.

LE CHOEUR
Un affreux souterrain!

RAIMBAUD
Une beauté naïve
Peut y gémir, captive.
Je m'élance et j'arrive
Dans un vaste cellier

Dont l'étendue immense
Et la bonne apparence
Attestent la prudence
Du sire de Formoutiers.

LE CHOEUR
Pouvait-on mieux tomber?

RAIMBAUD
Arsenal redoutable,
Qui fait qu'on puise à table
Un courage indomptable
Contre le Sarrasin.

Armée immense et belle,
D'une espèce nouvelle,
Plus à craindre que celle
Du sultan Saladin...

LE CHOEUR
C'est charmant, c'est divin!

RAIMBAUD
Près des vins de Touraine,
Je vois ceux d'Aquitaine:
Et ma vue incertaine
S'égare on les comptant.

Là, je vois l'Allemagne;
Ici, brille l'Espagne;
Là, frémit le Champagne
Du joug impatient.

LE CHOEUR
C'est divin, c'est charmant!

RAIMBAUD
J'hésite... ô trouble extrême!
Ô doux péril que j'aime!
Et seul, avec moi-même,
Contre tant d'ennemis,

Au hasard, je m'élance.
Sans compter, je commence,
J'attaque avec vaillance
A la fois vingt pays.

Quelle conquête
Pour moi s'apprête!...
Mais je m'arrête,
J'entends du bruit.

Quelqu'un s'avance,
Vers moi s'élance!
De notre course
Les murs frémissent,
Ils retentissent,
On me poursuit.

On crie: arrête!
Arrête.., arrête!
L'écho répète
Ces cris d'alarme,
Je fuis soudain.

Quel jour de fête
Ô mes amis!
De ma conquête
Voilà (tous) les fruits.

LE CHOEUR
De sa conquête
Prenons les fruits.

RAIMBAUD
On crie: arrête!
L'écho répète,
Et leurs pas et leurs cris...
Les murs frémissent
Et retentissent
Sous le bruit de leurs pas;
Quelqu'un s'avance,
Vers moi s'élance,
Mais je ne l'attends pas.

Quel jour de fête etc.

LE COMTE ORY
Du fruit de sa victoire
Il fait hommage à l'amitié.
Dans sa conquête et dans sa gloire
Soyons tous de moitié.

N° 10 - Choeur

LE COMTE ORY, SES COMPAGNONS
ôtant les bouteilles du panier
Buvons, buvons soudain!
Qu'il avait de bons vins
Le seigneur châtelain!

Pendent qu'il fait la guerre
Au Turc, au Sarrasin;
A sa santé si chère
Buvons ce jus divin.
Buvons jusqu'à demain.

Quelle douce ambroisie!
Célébrons tour à tour
Le vin et la folie,
Le plaisir et l'amour

Qu'il avait de bons vins etc.

LE COMTE ORY
On vient... c'est la tourière!..
Silence! taisez-vous!
Mettez-vous en prière,
Ou bien c'est fait de nous.


SCÈNE SIXIÈME

LE COMTE ORY, TROIS COMPAGNONS
fermant leur pèlerine et cachant leur bouteille
Toi que je révère,
Entends ma prière.
Ô Dieu tutélaire,
Viens dans ta bonté
Sauver l'innocence,
Et que ta puissance,
Un jour récompense
L'hospitalité!

Ragonde les regarde d'un air attendri, lève les yeux au ciel et s'éloigne.

RAIMBAUD
Elle a disparu,
Réparons bien le temps perdu.

LE COMTE ORY, SES COMPAGNONS
Buvons, buvons soudain! etc.

LE COMTE ORY
Elle revient... silence!


SCÈNE SEPTIÈME

La Comtesse arrive avec plusieurs femmes portant des flambeaux.

LA COMTESSE
(Quel doue recueillement! combien je les admire!)
au Comte et aux chevaliers
Du repos voice le moment.
Que chacune de vos, Mesdames, se retire
Dans son appartement.

LE COMTE ORY
Adieu, noble Comtesse.., ah! si le ciel m'entend,
Bientôt viendra l'instant, peut-être,
Où je pourrai vous faire connaître
Ce qu'éprouve pour vous mon coeur reconnaissant.

Le Comte et les chevaliers prennent les flambeaux des mains des dames, et se retirent.


SCÈNE HUITIÈME

LA COMTESSE
commençant à défaire son voile
Oui, c'est une bonne oeuvre
et qui, dans notre zèle,
Doit nous porter bonheur.
On sonne à la tourelle,
Qui vient encore?

RAGONDE
regardant par la fenêtre
Un page.

LA COMTESSE
Un page dans ces lieux,
Dont l'enceinte est pas nous aux hommes interdite!
Je veux savoir quel est l'audacieux...


SCÈNE NEUVIÈME

ISOLIER
C'est moi, belle cousine, et point je ne mérite
Le fier courroux qui brille en vos beaux yeux.

LA COMTESSE
Qui vous amène ici?

ISOLIER
Le Duc, mon maître.
Il m'a chargé de vous faire connaître
A ces dames, à vous, qu'aujourd'hui, cette nuit,
Leurs maris, notre frère, arrivent à minuit.

LA COMTESSE, RAGONDE, UNE DAME
Quoi! nos maris.., bonté divine!...

ISOLIER
Ils reviennent de Palestine
Et veulent en secret vous surprendre ce soir.

LA COMTESSE, RAGONDE, UNE DAME
Ah! cet heureux retour comble tout notre espoir!

ISOLIER
Le Duc le croit aussi; mais il pense en son âme
Qu'un mari bien prudent prévient toujours sa femme.
Un bonheur trop subit peut être dangereux.

RAGONDE
Quoi! nos maris enfin reviennent dans ces lieux!
Ah! le ciel les devait à nos vives tendresses.
Je cours en prévenir nos aimables hôtesses.

ISOLIER
l'arrêtant
Et qui donc?

RAGONDE
Quatorze vertus…
Que le comte Ory, votre maître,
Poursuivait.

ISOLIER
De terreur tous mes sens sont émus.
Achevez… ce sont peut-être
Des pèlerines?

RAGONDE
Oui, vraiment.

ISOLIER
C'est fait de nous... Sous ce déguisement
Vous avez accueilli le comte Ory lui-même,
Et tous ses chevaliers.

ISOLIER, RAGONDE, UNE DAME
Ô ciel!

LA COMTESSE
Terreur extrême!

RAGONDE
Que dire à mon mari, trouvant en ses foyers
Sa chaste épouse avec quatorze chevaliers?

LA COMTESSE, RAGONDE, UNE DAME
Hélas! à quel péril sommes-nous réservées?

ISOLIER
Une heure seulement, et vous êtes sauvées.
On va nous secourir... Il faut gagner du temps.

LA COMTESSE, RAGONDE, UNE DAME
Hélas! hélas! je tremble!

LA COMTESSE
Plus terrible à lui seul que les autres ensemble,
Ce comte Ory… le voici… je l'entends.

Toutes les dames s'enfuient en poussant un grand cri. lsolier va souffler la lampe qui est sur le guéridon, puis, s'enveloppant du voile que la Comtesse vient de quitter, il se place sur le canapé et fait signe à la Comtesse de s'approcher de lui.

ISOLIER
Ne craignez rien. Au péril de ma vie
Je vous défendrai contre tous.

LA COMTESSE
D'effroi je suis toute saisie.

ISOLIER
Dame tant chérie, âme de ma vie,
Ne craignez rien, je suis auprès de vous.


SCÈNE DIXIÈME

N°11 - Trio

LE COMTE ORY
A la faveur de cette nuit obscure,
Avançons-nous, et sans la réveiller,
Il taut céder au tourment que j'endure;
Amour me berce, et ne puis sommeiller.

D'amour et d'espérance
Je sens battre mon coeur;
La nuit et le silence
Assurent mon bonheur.

ISOLIER
De crainte et d'espérance
Je sens battre mon coeur.
La nuit et le silence
Redoublent son erreur.

LA COMTESSE
cachée par Isolier
De crainte et d'espérance
Je sens battre mon coeur;
La nuit et le silence
Redoublent ma frayeur.

ISOLIER
bas, à la Comtesse
Parlez-lui.

LA COMTESSE
Qui va là?

LE COMTE ORY
C'est moi: c'est sœur Colette.
Seule, et dans cette chambre ou je ne puis dormir,
Tout me trouble, tout m'inquiète.
J'ai peur... permettez-moi... près de vous... de venir.

ISOLIER, puis LA COMTESSE
(Ah! quelle perfidie!)

LE COMTE ORY
avançant près d'Isolier qu'il prend pour la comtesse Adèle
Ô moments pleins de charmes!
Quand on est deux, on a moins peur.

ISOLIER
(Oui, lorsqu'on est deux!)

LE COMTE ORY
prenant la main d'Isolier, qui prend celle de la comtesse Adèle
Ah! je n'ai plus d'alarmes.

LA COMTESSE
Que faites-vous?

LE COMTE ORY
pressant la main d'lsolier
Pour moi, plus de frayeur!
Quand cette main est sur mon coeur.

LA COMTESSE
(Il presse ma main sur son coeur.)

ISOLIER
à la Comtesse
Beauté sévère,
Laissez-le faire;
Son bonheur ne vous coûte rien.

LE COMTE ORY
(Grand Dieu! quel bonheur est le mien!)

D'amour et d'espérance, etc.

ISOLIER
De crainte et d'espérance, etc.

LA COMTESSE
De crainte et d'espérance, etc.

Maintenant, je vous supplie,
Soeur Colette, rentrez chez vous.

LE COMTE ORY
à lsolier
Vous quitter... c'est perdre la vie ...
Oui, je demeure à vos genoux.

LA COMTESSE
Je tremble, ô ciel! Que faites-vous?

LE COMTE ORY
se démasquant
Sachez le feu qui me dévore!
C'est un amant qui vous implore.

LA COMTESSE
Ah! grand Dieu! quelle trahison!

LE COMTE ORY
L'amour qui trouble ma raison
Doit me mériter mon pardon.
à Isolier qui veut se lever
Ne m'ôtez point, je la réclame,
Cette main que ma vive flamme...

LA COMTESSE
Ah! comme vous mv pressez!
Laissez-moi.

LE COMTE ORY
embrassant lsolier
Vrai Dieu! Madame,
Peut-on vous aimer assez?

En ce moment un bruit de clairons retentit â la porte du château. Les femmes de la Comtesse se précipitent dans l'appartement en tenant des flambeaux.

LA COMTESSE, puis LE COMTE ORY, puis ISOLIER
J'entends d'ici le bruit des armes,
Le clairon vient du retentir.

LA COMTESSE, ISOLIER
Plus de frayeur et plus d'alarmes,
On vient enfin nous secourir.
J'entends d'ici le bruit etc.

LE COMTE ORY
A quel danger faut-il courir?
J'entends d'ici le bruit etc.
Faut-il quitter autant de charmes?

LA COMTESSE, puis LE COMTE ORY, puis ISOLIER
J'entends d'ici le bruit etc.

LE COMTE ORY
Ô ciel! quel est ce bruit?

ISOLIER
jetant son voile
L'heure de la retraite.
Car il faut partir, Monseigneur.

LE COMTE ORY
le reconnaissant
C'est mon page Isolier!

ISOLIER
Celui que soeur Colette
Embrassait avec tant d'ardeur.

LE COMTE ORY
Je suis trahi! crains ma colère!

ISOLIER
Craignez celle de votre père!
Il arrive dans ce castel.
Entendez-vous ces cris de joie?

LE COMTE ORY
Ô ciel!


SCÈNE ONZIÈME

LA COMTESSE
Vous qui faisiez la guerre aux femmes,
Vous voilà donc mes prisonniers!

LE COMTE ORY
Oui, nous sommes vaincus! à tes pieds, noble dame,
Je demande merci pour tous mes chevaliers.
Pour leur rançon, qu'exigez-vous?

LA COMTESSE
Un gage: votre départ!... évitez le courroux
De leurs maris.

ISOLIER
Par un secret passage
Je vais guider vos pas, et votre page
Fermera la porte sur vous.

LE COMTE ORY
C'est lui qui nous a joués tous.


N° 12 - Finale

LA COMTESSE
Ecoutez ces chants de victoire...
Ce sont de braves chevaliers
Que l'amour ainsi que la gloire
Ont ramenés dans leurs foyers.

LE COMTE ORY
A l'hymen cédons victoire,
Et qu'il rentre dans ses foyers.
Quittons ces lieux hospitaliers.

SES COMPAGNONS
Quittons ces lieux hospitaliers.

Isolier ouvre à gauche une porte secrète par laquelle le comte Ory et ses chevaliers disparaissent En ce moment s'ouvrent les portes du fond.
Le Duc et les chevaliers revenant de la Palestine entrent, précédés de leurs écuyers, qui portent des étendards et des faisceaux d'armes.
Dame Ragonde et les autres femmes se précipitent dans les bras de leurs maris, et la Comtesse dans ceux de son frère; puis Isolier va baiser la main du comte de Formoutiers, qui le relève et l'embrasse pendant le choeur suivant.

TOUS
Honneur aux fils de la victoire,
Honneur aux braves chevaliers,
Que l'amour ainsi que la gloire
Ont ramenés dans leurs foyers!



|新しいページ|検索|ページ一覧|RSS|@ウィキご利用ガイド | 管理者にお問合せ
|ログイン|