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PREMIERE ACTE


La campagne aux environs de Thêbes

(Au fond des blés et des bleuets A gauche au premier plan la cabane d`Aristée surmontée de cette enseigne: « Aristée, fabricant de miel, gros et détail, dépôt au Mont Hymene…» A droite, un premier plan, la cabane d`Orphée avec cette inscription: «Orphée, directeur de l orphéon de Thèbes, leçons au mois et au cachet » Des sentiers travenient les blés et conduisent à un temple placé sur une petite colline au troisième plan à gauche ce plan est praticable. Au lever du le rideau le théâtre est vide: des bergers et des bergères entrent par la gauche.)

N° 1 Choeur des bergers et scène du conseil municipal

LES BERGERES
Voici la douzième heure,
que chacun retourne en sa demeure.
Allons, rentrons nos blancs moutons.

LES BERGERS
Voici la douzième heure,
retournons en notre demeure.
Allons, rentrons nos blancs moutons

UN LICTEUR
Place, place au conseil municipal qui casse, qui passe.

TOUS
Place, place!

(Entrée du conseil municipal)

LE CONSEIL
Conseil municipal de la ville de Thébes,
nous sommes les gardiens du bonheur pastoral,
nous soignons les enfants, dirigeons les éphèbes,
bref, nous sommes un bon conseil municipal.

LE CHOEUR
Honneur, honneur à nos doyens!
Honneur, honneur à nos anciens!

LE CONSEIL
Merci, merci mes chers entants,
vos anciens de vous sont contents.

LE CHOEUR
Honneur, honneur à nos doyens!
Honneur, honneur à nos anciens!

LE CONSEIL
Vos anciens de vous etc.

(L'Opinion Publique paraît précède de licteurs. Elle est armée d'un fouet)

LE LICTEUR
(annoncent)
L'Opinion Publique!

L'OPINION PUBLIQUE
(sur une mélodée)
Qui je suis? Du théâtre antique j'ai perfectionné le chœur; je suis l'Opinion Publique, un personnage symbolique, ce qu'on appelle un raisonneur.
La choeur antique an confidence se chargeait d'expliquer aux gens ce qu'ils avaient compris d'avance quand ils étaient intelligents.
Moi, je fais mieux: j'agis moi-même, et, prenant part à l'action, de la palme ou de l'anathème je fais la distribution.
Que prenne garde à moi la femme qui voudrait tromper son époux, et que se garde aussi l'époux qui ferait des traits à sa femme!.
C'est aux Personnages du drame que je parle, rassurez-vous!
Voici venir notre Eurydice je pars… mais je suis toujours là, prêt à sortir de la coulisse comme un Deus ex machina.

(L'Opinion Publique suive de tout son cortège remonte vers le temple. Les veilllards l'accompagnent en reprenant le chœur. Les bergers sortent par les côtés. Le théâtre reste vide. Seule, au milieu des blés, on aperçoit Eurydice qui cueille des fleurs et en fait une guirlande.)

N° 2 Couplets du Berger Joli

EURYDICE
La femme dont le coeur rêve n'a pas de sommeil:
chaque jour elle se lève avec le soleil.
Le matin de fleurs plus belles les prés sont brodes.
Mais ces fleurs pour qui sont-elles?
Vous le demandez? Vous le demandez?
Pour qui? Ah! ah! ah! ah!
N'en dites rien à mon mari,
Car c'est pour le berger joli qui loge ici.

(Elle s'approche avec inquiétude de la cabane d'Aristée et suspend à sa porte une guirlande)

Chaque jour ainsi j'apporte au berger galant
de beaux bleuets, qu'à sa porte j'accroche en tremblant,
et mon pauvre coeur palpite
à bonds saccadés;
pour qui donc bat-il si vite?
Vous le demandez ? Vous le demandez?
Pour qui? Ah! ah! ah! ah!
N'en dites rien à mon mari,
car c'est pour le berger joli qui loge ici.

(Elle entrouvre le porte de la cabane et regarde un innant a l'intérieur pendant ce temps, Orphée paraît à gauche, prenant à la main son violon. Eurydice prend le reste des fleurs qu'elle tient dans sa robe et les jette dans la cabane.)

ORPHÉE
Que vois-je?
N'est-ce pas la nymphe Maquilla,
la belle nymphe que j'adore? Seule?...
Révélons ma présence par ce trait qu'elle aime tant!

(Il joue une phrase passionnée sur son violine. Eurydice se retourne)

EURYDICE
Mon mari!

ORPHÉE
Ma femme!... Imbécile!...
Dépêchons-nous de crier avant elle!...
Ah! je vous y prends, Madame...
A qui donc jetiez-vous ces fleurs,
s'il vous plaît?

EURYDICE
Ces fleurs? Au vent! Et vous mon tendre ami,
à qui jetiez vous ce chant passionne
de votre… crin-crin?

ORPHÉE
Mon violon!...
Ne touchez pas à cette corde, Madame!

EURYDICE
Il m'ennuie comme vos vers votre violon!...
Allez charmer de ses sons les bergères de troisième ordres dont vous raffolez.
Quant à moi, j'aime aujourd'hui ce berger, il m'aime, rien ne me séparera d'Aristée!

N° 3. Duo du Concerto

ORPHÉE
Ah! c'est ainsi!

EURYDICE
Oui, mon ami.

ORPHÉE
Tu me trompes comme mari?

EURYDICE
Oui, mon ami!

ORPHÉE
Tu me dédaignes comme artiste?

EURYDICE
Oui, mon ami!

ORPHÉE
Tu n'aimes pas le violoniste?

EURYDICE
Non, mon ami,
Le violoniste
me paraît triste;
l'instrumentiste
est assommant,
et l'instrument
me déplaît souverainement.

ORPHÉE
Ah! de ton insolence
je dois tirer vengeance!

EURYDICE
Et comment, je vous prie?

ORPHÉE
Je vais ma tendre amie
vous jouer aussitôt
une œuvre de génie,
mon dernier concerto!

EURYDICE
Grâce, grâce, je t'en supplie!

ORPHÉE
Non, non, pas de retard,
c'est le comble de l'art,
il dure une heure un quart!

EURYDICE
Miséricorde, une heure un quart!

ORPHÉE
Une heure un quart,
c'est le comble de l'art.

EURYDICE
Je n'écouterai pas.

ORPHÉE
Si, tu m'écouteras!

EURYDICE
Non, non, non, non, non!

(Orphée joue sur son violon)

Grâce, grâce, ah!
C'est déplorable,
c'est effroyable,
c'est assommant,
c'est irritant!

ORPHÉE
C'est adorable,
c'est délectable,
c'est ravissant,
c'est entraînant.
Ah! c'est charmant,
c'est ravissant!
Ecoutez encore ce motif,
langoureux, expressif!

EURYDICE
La, la, la, la, la!
C'est assommant,
c'est irritant!
La la la, la, la!
Non, je ne veux rien entendre.

ORPHÉE
Ah ! c'est doux, ah ! c'est tendre!

EURYDICE
Non, non, non, non,
c'est horrible,
c'est terrible!

ORPHÉE
Quel trémolo!
Presto, presto!
Largo, largo!
Pizzicato, pizzicato!
Presto, presto!
Amoroso! Agitato!

EURYDICE
C'est terrible, c'est terrible!
Ah! Seigneur, quel supplice!
C'est fini, le voilà parti!
O Vénus, sois-moi propice,
délivre-moi de mon mari.
A la bonne heure! Séparons-nous donc!

ORPHÉE
Je le ferais de bon cœur se cela ne devait pas nuire a ma considération.
Je suis esclave de l'opinion publique j'ai besoin du monde, je ne veux pas le heurter. Mais je me suis mis en tête de pourfendre chacun de vos adorateurs.

EURYDICE
(riant)
Avec votre archet?

ORPHÉE:
Non, Madame, je crois inutile de vous apprendre le moyen que j'ai choisi pour attraper le maraudeur.

EURYDICE
Le maraudeur!

ORPHÉE
Oui... cet espèce de berger d'aventure.

EURYDICE
Aristée?

ORPHÉE
Précisément ! Eh bien, qu'il vous suffise de savoir ceci: je ne lui conseille pas de continuer à folâtrer dans les blés que voilà!

EURYDICE
Et qui l'en empêchera?

ORPHÉE
Oui?...
Certaine petite surprise que j'ai semée à son intention dans ces blonds épis.

(Il sort.)

EURYDICE
Que veut-il dire avec sa surprise?
Et ses blonds épis ?
C est que ce vilain homme est capable de tout…
Quelque piège peut-être!
Courons au-devant d'Aristée!…
Les autres. Cela m'est égal, mais lui.
Courons!

(Elle sort à gauche. Le théâtre se remplit de bergers et de bergères qui dansent un ballet pastoral. Après le ballet, on entend le son d'un chalumeau et tous les bergers s'arrêtent suivant des yeux Aristée qui descend la colline.)

N° 4. Ballet Pastoral

N° 5 Chanson D'Aristée

ARISTÉE
Moi; je suis Aristée. un berger d'Arcadie,
un fabricant de miel, ivre de mélodie,
sachant se contenter des plaisirs innocents
que les dieux ont permis â l'habitant des champs.
Voir voltiger sous les treilles
entre terre et ciel
les essaims de mes abeilles
butinant leur miel,
voir le lever de l'aurore
et chaque matin
se dire: je veux encore
le revoir demain.
Voilà la fête
d'une âme honnête,
le vrai bonheur
d'un tendre coeur.
Ah!
Voir bondir dans la plaine
les petits moutons,
accrochant leur blanche laine
â tous les buissons,
voir sommeiller la bergère
tandis qu'à pas lents,
le berger qu'elle préfère
vient et la surprend!
Voilà la fête
d'une âme honnête,
le vrai bonheur
d'un tendre coeur
Ah!

(Il regarde avec précaution avoir de lui.)

Voilà ! Voilà ce que je dis pour inspirer de la confiance!
Oui, je chante les petits moutons,
mais si vous saviez qui je suis en réalité,
et quels projets infernaux je médite!
Je vous dirai cela tout à l'heure.

(Les bergers se retirent)

N° 5 bis. Sortie des Bergers

(Eurydice s'approche)

Voici la tendre Eurydice!
N'avons pas l'air d'avoir passé dans les blés!

(Il remonte.)

EURYDICE
(entrant)
Ah! Le voici! J'arrive à temps!
Aristée, mon beau berger, prends garde!
Ne bouge pas!

ARISTÉE
Comment, ne bouge pas!

(Il fait un pas vers les blés.)

EURYDICE
Aristée!
Au nom de mon amour, n'approche pas!

ARISTÉE
Comment?

EURYDICE
Mon mari sait tout! Il nous aura espionnés!
Et il a semé des serpents dans ces blés,
témoins ordinaires de nos innocentes amours…

ARISTÉE
(à part)
Est-il bête, l'animal!
Il veut me surprendre et il me fast prévenir!
Réparons sa maladresse…

(haut)

Allons donc !
Regarde comme je me moque de ses reptiles! Regarde!

(Il trottine dans les blés.)

EURYDICE
Aristée! Ton amour et ton courage t'emportent!
Aristée! Tu cours â la Mort!

ARISTÉE
Il n'y a pas de danger!

EURYDICE
Eh bien, alors, je veux mourir avec toi!

ARISTÉE
(à part)
Allons donc!

(Ils marchent dans les blés, à la rencontre l'un de l'autre Eurydice s'arrête tout à coup, un pied en l'air.)

N° 5 ter Mélodrame

EURYDICE
Aie!

ARISTÉE
Crac! Çà y est!

EURYDICE
Je suis mordue!...

ARISTÉE
(tout bas)
Et plus que tu ne crois!
Complètement mordue!

(Il la prend dans ses bras et la dépose sur le banc, à gauche.)

Maintenant, Pluton, redeviens toi-même!
Une, deux, trois!

(Son costume de berger disparaît, il est vêtu en dieu des enfers. Il s'adresse au public.)

Pas berger du tout!
Pluton, roi des Enfers!
Voilà ce que le voulais vous dire tout a l'heure.
Et maintenant, désorganisons les éléments!

(Il fait un signe de son bident. Tonnerre. La nuit arrive subitement. Le décor prend une couleur sinistre. Orage. Lorsque l'orage est fini, il ajoute)

Ici, voilà comment on désorganise les éléments.

EURYDICE
Dieux puissants! Est-ce que le vais mourir?

ARISTÉE
Entièrement!
Lasciate ogni speranza!

(Il rit d'un rire strident.)

EURYDICE
Et cependant, je ne souffre pas.

ARISTÉE
(bas)
Je t'expliquerai pourquoi.

EURYDICE
Ah ! c'est étrange

ARISTÉE
C'est logique!

N° 6 Invocation a la Mort

EURYDICE
La mort m'apparaît souriante,
qui vient me frapper près de toi...
Elle m'attire, elle me tente…
Mon, je t'appelle, emporte moi!...
Mon ton ivresse me pénètre,
ton froid ne me fait pas souffrir,
il semble que je vais renaître,
oui, renaître au bau de mourir!

ARISTÉE
(lui tâtant le pouls)
Ça y est! Une larme, et partons!
Ah! avant de partir,
abusons de notre divinité
pour jeter un dernier défi au mari!

N° 6 bis Mélodrame

(Aristée étends son bident sur la tête d'Eurydice qui se réveille et se dresse comme dominée. Il lui donne et bident et montrent du geste la cabane d'Orphée)

Voilà une plume et tout ce qu'il faut pour écrire!

(Eurydice écrit sur la porte ces quatre vers qui se tracent en lettres de feu.)

EURYDICE
Je quitte la maison parce que je suis morte.
Aristée est Pluton et le diable m'emporte!

ARISTÉE
La rime n'est pas riche...
mais la richesse ne fait pas le bonheur!

(Armé de son bident, i1 fascine Eurydice et la force à gagner le milieu du théâtre où elle s'agenouille.)

Le fakir!
Le vrai fakir!
J'en fais ce que je veux!
Et maintenant, aux sombres bords!

(Ils disparaissent tous deux dans une trappe Orphée rentre par la droite. Il gagne sa maison et sur le point d'entrer s'arrête frappé par l'inscription.)

ORPHÉE
Que vois-je ? L'écriture de ma femme!

(lisant)

Je quitte la maison parce que je suis morte,
Aristée est Pluton et le diable m'emporte!
Comment, elle est…
Oh! Mais ce n'est pas possible!

(Il entre dans sa cabane et en ressort immédiatement.)

Mais si! Elle est bien morte, puisqu'elle le dit elle-même!…
Ah! merci, merci, Jupin!

N° 7 Final

ORPHÉE
Libre! ô bonheur ! ô joie extrême!
Courons conter le fait à la nymphe que j'aime!

LE CHOEUR
(en coulisse)
Anathème, anathème,
sur celui qui sans pitié,
anathème, anathème,
refuse une larme même à sa moitié.

ORPHÉE
Etranges cris ! Encore ces voix!
De tous les côtés à la fois!
Quel phénomène d'acoustique!

LE CHOEUR
(en coulisse)
Anathème, etc.

(Orphée éperdu traverse les blés et gravit le sentier qui mène au temple. Les portes du temple s'ouvrent et laissent voir l'Opinion Publique. Elle descend, suivre de son cortège et du Conseil Municipal.)

ORPHÉE
Ciel! l'Opinion Publique qui me poursuit déjà!

LE CHOEUR
Ciel! l'Opinion Publique qui le poursuit déjà!

L'OPINION PUBLIQUE
C'est l'Opinion Publique
qui proclame qu'elle sait
qui peut dans un sentier oblique
saisir la trace d'un forait,
qui dit à la main sacrilège
dans le blé tu semas le piège!
Halte là! Çà n'peut pas s'passer,
non, ça n'peut pas s'passer comm'ça!

LE CHOEUR
Halte la! Ça n'peut pas s'passer,
non, ça n'peut pas s'passer comm'çà!

L'OPINION PUBLIQUE
Epoux indigne, ma colère
te suivra de toutes façons,
je veux te mettre en la misère,
te faire perdre tes leçons
et du crépuscule à l'aurore
troublant tes nuits, crier encore
Halte là! etc.

LE CHOEUR
Halte là! Etc.

L'OPINION PUBLIQUE
Viens! à l'Opinion c'est en vain qu'on résiste!

LE CHOEUR
Pars! À l'Opinion c'est en vain qu'on résiste!

ORPHÉE
Grâce!

L'OPINION PUBLIQUE
Pour te soustraire à ma sévérité
et pour servir d'exemple à la postérité,
un seul moyen te reste!

ORPHÉE
Et lequel, dis?

L'OPINION PUBLIQUE
Bédane, c'est de courir après ta femme!

ORPHÉE
Mais ne je l'aime pas!

L'OPINION PUBLIQUE
L'exemple à tous yeux
n'en sera que plus glorieux!

ORPHÉE
Fut-il jamais un sort plus triste!

L'OPINION PUBLIQUE
Cours, cours après ta femme!

LE CHOEUR
Cours, cours après ta femme!

ORPHÉE
A ton implacable voix
il faut céder, je le vois.
Mais avant d'être l'époux,
je suis orphéoniste,
à mes élèves studieux
permets qu'au moins je fasse mes adieux!

L'OPINION PUBLIQUE
C'est un bon sentiment, il ne peut que me plaire.

ORPHÉE
Dans un petit moment, j'aurai fait mon affaire.
A moi, mes amis ! Ecoutez un peu!
Votre professeur veut vous dire adieu!

(Les élèves d'Orphée entrent et préludent sur leurs violons.)

Quelle attention délicate!
C'est ma dernière cantate!

L'OPINION PUBLIQUE
Ah! ces adieux sont vraiment touchants,
et ce sont là de charmants enfants!
La la la la...

LE CHOEUR
Ces adieux sont vraiment touchants,
il avait là de charmants enfants!
La la la la, etc.

ORPHÉE
Adieu, mes chers enfants,
adieu jeunes élèves,
les destins sont vraiment changeants,
je pars pour le pays des rêves
on ne fait pas toujours ce qu'on veut et voilà!
Quand vous vous marierez, vous comprendrez cela.

LES ENFANTS
Adieu, Maestro,
partez donc presto!
Adieu, Maestro,
le temps est très beau,
le temps est beau,
n'allez pas là-haut
oublier Toto,
Lolo ni Coco.
Oui, partez donc presto!
O grand Maestro!

ORPHÉE
Ah ! mes enfants, mes chers enfants!

LES ENFANTS
Adieu, Maestro, etc.

L'OPINION PUBLIQUE
Allons! c'est le moment!
Trêve a l'attendrissement!

ORPHÉE
C'est le moment!

LE CHOEUR, LES ENFANTS
C'est le moment!

L'OPINION PUBLIQUE
Viens! c'est l'honneur qui t'appelle,
et l'honneur passe avant l'amour…
Viens! Je serai ton compagnon fidèle
pendant l'aller et le retour!

TOUS
Va! C'est l'honneur qui t'appelle,
et l'honneur passe avant l'amour…
Bénis donc le guide fidèle
qui te suivra jusqu'au retour.
Va! C'est l'honneur, etc.
PREMIERE ACTE


La campagne aux environs de Thêbes

(Au fond des blés et des bleuets A gauche au premier plan la cabane d`Aristée surmontée de cette enseigne: « Aristée, fabricant de miel, gros et détail, dépôt au Mont Hymene…» A droite, un premier plan, la cabane d`Orphée avec cette inscription: «Orphée, directeur de l orphéon de Thèbes, leçons au mois et au cachet » Des sentiers travenient les blés et conduisent à un temple placé sur une petite colline au troisième plan à gauche ce plan est praticable. Au lever du le rideau le théâtre est vide: des bergers et des bergères entrent par la gauche.)

N° 1 Choeur des bergers et scène du conseil municipal

LES BERGERES
Voici la douzième heure,
que chacun retourne en sa demeure.
Allons, rentrons nos blancs moutons.

LES BERGERS
Voici la douzième heure,
retournons en notre demeure.
Allons, rentrons nos blancs moutons

UN LICTEUR
Place, place au conseil municipal qui casse, qui passe.

TOUS
Place, place!

(Entrée du conseil municipal)

LE CONSEIL
Conseil municipal de la ville de Thébes,
nous sommes les gardiens du bonheur pastoral,
nous soignons les enfants, dirigeons les éphèbes,
bref, nous sommes un bon conseil municipal.

LE CHOEUR
Honneur, honneur à nos doyens!
Honneur, honneur à nos anciens!

LE CONSEIL
Merci, merci mes chers entants,
vos anciens de vous sont contents.

LE CHOEUR
Honneur, honneur à nos doyens!
Honneur, honneur à nos anciens!

LE CONSEIL
Vos anciens de vous etc.

(L'Opinion Publique paraît précède de licteurs. Elle est armée d'un fouet)

LE LICTEUR
(annoncent)
L'Opinion Publique!

L'OPINION PUBLIQUE
(sur une mélodée)
Qui je suis? Du théâtre antique j'ai perfectionné le chœur; je suis l'Opinion Publique, un personnage symbolique, ce qu'on appelle un raisonneur.
La choeur antique an confidence se chargeait d'expliquer aux gens ce qu'ils avaient compris d'avance quand ils étaient intelligents.
Moi, je fais mieux: j'agis moi-même, et, prenant part à l'action, de la palme ou de l'anathème je fais la distribution.
Que prenne garde à moi la femme qui voudrait tromper son époux, et que se garde aussi l'époux qui ferait des traits à sa femme!.
C'est aux Personnages du drame que je parle, rassurez-vous!
Voici venir notre Eurydice je pars… mais je suis toujours là, prêt à sortir de la coulisse comme un Deus ex machina.

(L'Opinion Publique suive de tout son cortège remonte vers le temple. Les veilllards l'accompagnent en reprenant le chœur. Les bergers sortent par les côtés. Le théâtre reste vide. Seule, au milieu des blés, on aperçoit Eurydice qui cueille des fleurs et en fait une guirlande.)

N° 2 Couplets du Berger Joli

EURYDICE
La femme dont le coeur rêve n'a pas de sommeil:
chaque jour elle se lève avec le soleil.
Le matin de fleurs plus belles les prés sont brodes.
Mais ces fleurs pour qui sont-elles?
Vous le demandez? Vous le demandez?
Pour qui? Ah! ah! ah! ah!
N'en dites rien à mon mari,
Car c'est pour le berger joli qui loge ici.

(Elle s'approche avec inquiétude de la cabane d'Aristée et suspend à sa porte une guirlande)

Chaque jour ainsi j'apporte au berger galant
de beaux bleuets, qu'à sa porte j'accroche en tremblant,
et mon pauvre coeur palpite
à bonds saccadés;
pour qui donc bat-il si vite?
Vous le demandez ? Vous le demandez?
Pour qui? Ah! ah! ah! ah!
N'en dites rien à mon mari,
car c'est pour le berger joli qui loge ici.

(Elle entrouvre le porte de la cabane et regarde un innant a l'intérieur pendant ce temps, Orphée paraît à gauche, prenant à la main son violon. Eurydice prend le reste des fleurs qu'elle tient dans sa robe et les jette dans la cabane.)

ORPHÉE
Que vois-je?
N'est-ce pas la nymphe Maquilla,
la belle nymphe que j'adore? Seule?...
Révélons ma présence par ce trait qu'elle aime tant!

(Il joue une phrase passionnée sur son violine. Eurydice se retourne)

EURYDICE
Mon mari!

ORPHÉE
Ma femme!... Imbécile!...
Dépêchons-nous de crier avant elle!...
Ah! je vous y prends, Madame...
A qui donc jetiez-vous ces fleurs,
s'il vous plaît?

EURYDICE
Ces fleurs? Au vent! Et vous mon tendre ami,
à qui jetiez vous ce chant passionne
de votre… crin-crin?

ORPHÉE
Mon violon!...
Ne touchez pas à cette corde, Madame!

EURYDICE
Il m'ennuie comme vos vers votre violon!...
Allez charmer de ses sons les bergères de troisième ordres dont vous raffolez.
Quant à moi, j'aime aujourd'hui ce berger, il m'aime, rien ne me séparera d'Aristée!

N° 3. Duo du Concerto

ORPHÉE
Ah! c'est ainsi!

EURYDICE
Oui, mon ami.

ORPHÉE
Tu me trompes comme mari?

EURYDICE
Oui, mon ami!

ORPHÉE
Tu me dédaignes comme artiste?

EURYDICE
Oui, mon ami!

ORPHÉE
Tu n'aimes pas le violoniste?

EURYDICE
Non, mon ami,
Le violoniste
me paraît triste;
l'instrumentiste
est assommant,
et l'instrument
me déplaît souverainement.

ORPHÉE
Ah! de ton insolence
je dois tirer vengeance!

EURYDICE
Et comment, je vous prie?

ORPHÉE
Je vais ma tendre amie
vous jouer aussitôt
une œuvre de génie,
mon dernier concerto!

EURYDICE
Grâce, grâce, je t'en supplie!

ORPHÉE
Non, non, pas de retard,
c'est le comble de l'art,
il dure une heure un quart!

EURYDICE
Miséricorde, une heure un quart!

ORPHÉE
Une heure un quart,
c'est le comble de l'art.

EURYDICE
Je n'écouterai pas.

ORPHÉE
Si, tu m'écouteras!

EURYDICE
Non, non, non, non, non!

(Orphée joue sur son violon)

Grâce, grâce, ah!
C'est déplorable,
c'est effroyable,
c'est assommant,
c'est irritant!

ORPHÉE
C'est adorable,
c'est délectable,
c'est ravissant,
c'est entraînant.
Ah! c'est charmant,
c'est ravissant!
Ecoutez encore ce motif,
langoureux, expressif!

EURYDICE
La, la, la, la, la!
C'est assommant,
c'est irritant!
La la la, la, la!
Non, je ne veux rien entendre.

ORPHÉE
Ah ! c'est doux, ah ! c'est tendre!

EURYDICE
Non, non, non, non,
c'est horrible,
c'est terrible!

ORPHÉE
Quel trémolo!
Presto, presto!
Largo, largo!
Pizzicato, pizzicato!
Presto, presto!
Amoroso! Agitato!

EURYDICE
C'est terrible, c'est terrible!
Ah! Seigneur, quel supplice!
C'est fini, le voilà parti!
O Vénus, sois-moi propice,
délivre-moi de mon mari.
A la bonne heure! Séparons-nous donc!

ORPHÉE
Je le ferais de bon cœur se cela ne devait pas nuire a ma considération.
Je suis esclave de l'opinion publique j'ai besoin du monde, je ne veux pas le heurter. Mais je me suis mis en tête de pourfendre chacun de vos adorateurs.

EURYDICE
(riant)
Avec votre archet?

ORPHÉE:
Non, Madame, je crois inutile de vous apprendre le moyen que j'ai choisi pour attraper le maraudeur.

EURYDICE
Le maraudeur!

ORPHÉE
Oui... cet espèce de berger d'aventure.

EURYDICE
Aristée?

ORPHÉE
Précisément ! Eh bien, qu'il vous suffise de savoir ceci: je ne lui conseille pas de continuer à folâtrer dans les blés que voilà!

EURYDICE
Et qui l'en empêchera?

ORPHÉE
Oui?...
Certaine petite surprise que j'ai semée à son intention dans ces blonds épis.

(Il sort.)

EURYDICE
Que veut-il dire avec sa surprise?
Et ses blonds épis ?
C est que ce vilain homme est capable de tout…
Quelque piège peut-être!
Courons au-devant d'Aristée!…
Les autres. Cela m'est égal, mais lui.
Courons!

(Elle sort à gauche. Le théâtre se remplit de bergers et de bergères qui dansent un ballet pastoral. Après le ballet, on entend le son d'un chalumeau et tous les bergers s'arrêtent suivant des yeux Aristée qui descend la colline.)

N° 4. Ballet Pastoral

N° 5 Chanson D'Aristée

ARISTÉE
Moi; je suis Aristée. un berger d'Arcadie,
un fabricant de miel, ivre de mélodie,
sachant se contenter des plaisirs innocents
que les dieux ont permis â l'habitant des champs.
Voir voltiger sous les treilles
entre terre et ciel
les essaims de mes abeilles
butinant leur miel,
voir le lever de l'aurore
et chaque matin
se dire: je veux encore
le revoir demain.
Voilà la fête
d'une âme honnête,
le vrai bonheur
d'un tendre coeur.
Ah!
Voir bondir dans la plaine
les petits moutons,
accrochant leur blanche laine
â tous les buissons,
voir sommeiller la bergère
tandis qu'à pas lents,
le berger qu'elle préfère
vient et la surprend!
Voilà la fête
d'une âme honnête,
le vrai bonheur
d'un tendre coeur
Ah!

(Il regarde avec précaution avoir de lui.)

Voilà ! Voilà ce que je dis pour inspirer de la confiance!
Oui, je chante les petits moutons,
mais si vous saviez qui je suis en réalité,
et quels projets infernaux je médite!
Je vous dirai cela tout à l'heure.

(Les bergers se retirent)

N° 5 bis. Sortie des Bergers

(Eurydice s'approche)

Voici la tendre Eurydice!
N'avons pas l'air d'avoir passé dans les blés!

(Il remonte.)

EURYDICE
(entrant)
Ah! Le voici! J'arrive à temps!
Aristée, mon beau berger, prends garde!
Ne bouge pas!

ARISTÉE
Comment, ne bouge pas!

(Il fait un pas vers les blés.)

EURYDICE
Aristée!
Au nom de mon amour, n'approche pas!

ARISTÉE
Comment?

EURYDICE
Mon mari sait tout! Il nous aura espionnés!
Et il a semé des serpents dans ces blés,
témoins ordinaires de nos innocentes amours…

ARISTÉE
(à part)
Est-il bête, l'animal!
Il veut me surprendre et il me fast prévenir!
Réparons sa maladresse…

(haut)

Allons donc !
Regarde comme je me moque de ses reptiles! Regarde!

(Il trottine dans les blés.)

EURYDICE
Aristée! Ton amour et ton courage t'emportent!
Aristée! Tu cours â la Mort!

ARISTÉE
Il n'y a pas de danger!

EURYDICE
Eh bien, alors, je veux mourir avec toi!

ARISTÉE
(à part)
Allons donc!

(Ils marchent dans les blés, à la rencontre l'un de l'autre Eurydice s'arrête tout à coup, un pied en l'air.)

N° 5 ter Mélodrame

EURYDICE
Aie!

ARISTÉE
Crac! Çà y est!

EURYDICE
Je suis mordue!...

ARISTÉE
(tout bas)
Et plus que tu ne crois!
Complètement mordue!

(Il la prend dans ses bras et la dépose sur le banc, à gauche.)

Maintenant, Pluton, redeviens toi-même!
Une, deux, trois!

(Son costume de berger disparaît, il est vêtu en dieu des enfers. Il s'adresse au public.)

Pas berger du tout!
Pluton, roi des Enfers!
Voilà ce que le voulais vous dire tout a l'heure.
Et maintenant, désorganisons les éléments!

(Il fait un signe de son bident. Tonnerre. La nuit arrive subitement. Le décor prend une couleur sinistre. Orage. Lorsque l'orage est fini, il ajoute)

Ici, voilà comment on désorganise les éléments.

EURYDICE
Dieux puissants! Est-ce que le vais mourir?

ARISTÉE
Entièrement!
Lasciate ogni speranza!

(Il rit d'un rire strident.)

EURYDICE
Et cependant, je ne souffre pas.

ARISTÉE
(bas)
Je t'expliquerai pourquoi.

EURYDICE
Ah ! c'est étrange

ARISTÉE
C'est logique!

N° 6 Invocation a la Mort

EURYDICE
La mort m'apparaît souriante,
qui vient me frapper près de toi...
Elle m'attire, elle me tente…
Mon, je t'appelle, emporte moi!...
Mon ton ivresse me pénètre,
ton froid ne me fait pas souffrir,
il semble que je vais renaître,
oui, renaître au bau de mourir!

ARISTÉE
(lui tâtant le pouls)
Ça y est! Une larme, et partons!
Ah! avant de partir,
abusons de notre divinité
pour jeter un dernier défi au mari!

N° 6 bis Mélodrame

(Aristée étends son bident sur la tête d'Eurydice qui se réveille et se dresse comme dominée. Il lui donne et bident et montrent du geste la cabane d'Orphée)

Voilà une plume et tout ce qu'il faut pour écrire!

(Eurydice écrit sur la porte ces quatre vers qui se tracent en lettres de feu.)

EURYDICE
Je quitte la maison parce que je suis morte.
Aristée est Pluton et le diable m'emporte!

ARISTÉE
La rime n'est pas riche...
mais la richesse ne fait pas le bonheur!

(Armé de son bident, i1 fascine Eurydice et la force à gagner le milieu du théâtre où elle s'agenouille.)

Le fakir!
Le vrai fakir!
J'en fais ce que je veux!
Et maintenant, aux sombres bords!

(Ils disparaissent tous deux dans une trappe Orphée rentre par la droite. Il gagne sa maison et sur le point d'entrer s'arrête frappé par l'inscription.)

ORPHÉE
Que vois-je ? L'écriture de ma femme!

(lisant)

Je quitte la maison parce que je suis morte,
Aristée est Pluton et le diable m'emporte!
Comment, elle est…
Oh! Mais ce n'est pas possible!

(Il entre dans sa cabane et en ressort immédiatement.)

Mais si! Elle est bien morte, puisqu'elle le dit elle-même!…
Ah! merci, merci, Jupin!

N° 7 Final

ORPHÉE
Libre! ô bonheur ! ô joie extrême!
Courons conter le fait à la nymphe que j'aime!

LE CHOEUR
(en coulisse)
Anathème, anathème,
sur celui qui sans pitié,
anathème, anathème,
refuse une larme même à sa moitié.

ORPHÉE
Etranges cris ! Encore ces voix!
De tous les côtés à la fois!
Quel phénomène d'acoustique!

LE CHOEUR
(en coulisse)
Anathème, etc.

(Orphée éperdu traverse les blés et gravit le sentier qui mène au temple. Les portes du temple s'ouvrent et laissent voir l'Opinion Publique. Elle descend, suivre de son cortège et du Conseil Municipal.)

ORPHÉE
Ciel! l'Opinion Publique qui me poursuit déjà!

LE CHOEUR
Ciel! l'Opinion Publique qui le poursuit déjà!

L'OPINION PUBLIQUE
C'est l'Opinion Publique
qui proclame qu'elle sait
qui peut dans un sentier oblique
saisir la trace d'un forait,
qui dit à la main sacrilège
dans le blé tu semas le piège!
Halte là! Çà n'peut pas s'passer,
non, ça n'peut pas s'passer comm'ça!

LE CHOEUR
Halte la! Ça n'peut pas s'passer,
non, ça n'peut pas s'passer comm'çà!

L'OPINION PUBLIQUE
Epoux indigne, ma colère
te suivra de toutes façons,
je veux te mettre en la misère,
te faire perdre tes leçons
et du crépuscule à l'aurore
troublant tes nuits, crier encore
Halte là! etc.

LE CHOEUR
Halte là! Etc.

L'OPINION PUBLIQUE
Viens! à l'Opinion c'est en vain qu'on résiste!

LE CHOEUR
Pars! À l'Opinion c'est en vain qu'on résiste!

ORPHÉE
Grâce!

L'OPINION PUBLIQUE
Pour te soustraire à ma sévérité
et pour servir d'exemple à la postérité,
un seul moyen te reste!

ORPHÉE
Et lequel, dis?

L'OPINION PUBLIQUE
Bédane, c'est de courir après ta femme!

ORPHÉE
Mais ne je l'aime pas!

L'OPINION PUBLIQUE
L'exemple à tous yeux
n'en sera que plus glorieux!

ORPHÉE
Fut-il jamais un sort plus triste!

L'OPINION PUBLIQUE
Cours, cours après ta femme!

LE CHOEUR
Cours, cours après ta femme!

ORPHÉE
A ton implacable voix
il faut céder, je le vois.
Mais avant d'être l'époux,
je suis orphéoniste,
à mes élèves studieux
permets qu'au moins je fasse mes adieux!

L'OPINION PUBLIQUE
C'est un bon sentiment, il ne peut que me plaire.

ORPHÉE
Dans un petit moment, j'aurai fait mon affaire.
A moi, mes amis ! Ecoutez un peu!
Votre professeur veut vous dire adieu!

(Les élèves d'Orphée entrent et préludent sur leurs violons.)

Quelle attention délicate!
C'est ma dernière cantate!

L'OPINION PUBLIQUE
Ah! ces adieux sont vraiment touchants,
et ce sont là de charmants enfants!
La la la la...

LE CHOEUR
Ces adieux sont vraiment touchants,
il avait là de charmants enfants!
La la la la, etc.

ORPHÉE
Adieu, mes chers enfants,
adieu jeunes élèves,
les destins sont vraiment changeants,
je pars pour le pays des rêves
on ne fait pas toujours ce qu'on veut et voilà!
Quand vous vous marierez, vous comprendrez cela.

LES ENFANTS
Adieu, Maestro,
partez donc presto!
Adieu, Maestro,
le temps est très beau,
le temps est beau,
n'allez pas là-haut
oublier Toto,
Lolo ni Coco.
Oui, partez donc presto!
O grand Maestro!

ORPHÉE
Ah ! mes enfants, mes chers enfants!

LES ENFANTS
Adieu, Maestro, etc.

L'OPINION PUBLIQUE
Allons! c'est le moment!
Trêve a l'attendrissement!

ORPHÉE
C'est le moment!

LE CHOEUR, LES ENFANTS
C'est le moment!

L'OPINION PUBLIQUE
Viens! c'est l'honneur qui t'appelle,
et l'honneur passe avant l'amour…
Viens! Je serai ton compagnon fidèle
pendant l'aller et le retour!

TOUS
Va! C'est l'honneur qui t'appelle,
et l'honneur passe avant l'amour…
Bénis donc le guide fidèle
qui te suivra jusqu'au retour.
Va! C'est l'honneur, etc.



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