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Méditation.

Deuxième Tableau

(Avant le jour. Sur une place, devant la maison de Thaïs. Sous le portique, au premier plan, une petite statuette d'Éros, sur une stèle; devant l'image une lampe allumée. La lune éclaire encore la place. Au bas des degrés du portique Athanaël, couché sur le pavé. Au fond, à droite, une maison dans laquelle sont réuni Nicias et ses amis de plaisir. Les fenêtres de cette maison sont éclairées. On entend vaguement une musique de fête. Thaïs paraît; elle prend la lampe qu'elle élève au dessus de sa tête pour voir sur la place. Elle descend ainsi les degrés. Elle aperçoit Athanaël, repose la lampe où elle l'a prise et revient vers lui.)

THAÏS
(se penche vers Athanaël, mystérieusement, à voix basse)
Père, Dieu m'a parlé par ta voix! Me voici!

ATHANAËL
(qui s'est levé, de même, à voix basse)
Thaïs, Dieu t'attendait!

THAÏS
(toujours à voix basse; avec humilité)
Ta parole est restée en mon coeur comme un baume divin;
j'ai prié, j'ai pleuré! Il s'est fait en mon âme une grande lumière;
ayant vu le néant de toute volupté,
(avec soumission)
vers toi je viens ainsi que tu l'as commandé.

ATHANAËL
Va, courage, ô ma soeur! L'aube du repos se lève!

THAÏS
(humblement)
Que faut-il faire!

ATHANAËL
Non loin d'ici, vers l'occident,
il est un monastère où des femmes élues
vivent pareilles à des anges
dans un parfait recueillement,
(bien chanté)
pauvres, pour que Jésus les aime,
modestes, pour qu'il les regarde, chastes,
(très expressif)
pour qu'il les épouse! C'est là que je te conduirai.
A leur pieuse mère, Albine, je te consacrerai!

THAÏS
Albine, fille des Césars!

ATHANAËL
(simplement)
Et la servante la plus pure du Christ!
(avec mystère)
Là, je t'enfermerai dans l'étroite cellule
jusqu'au jour où Jésus te viendra délivrer!
(avec enthousiasme)
Va! N'en doute pas! Il viendra lui-même,
et quel tressaillement dans la chair de ton âme
quand tu sentiras sur tes yeux se poser ses doigts de lumière,
(avec âme)
afin d'en essuyer les pleurs!

THAÏS
(avec joie)
Emmène-moi, mon père!

ATHANAËL
Oui!
(avec autorité, avec violence)
Mais, d'abord, anéantis ce qui fut l'impure Thaïs,
ton palais, tes richesses, tout ce qui proclame ta honte!
Brûle tout! Anéantis tout!

THAÏS
(résignée)
Père, qu'il en soit ainsi.
(Elle se dirige vers la maison, puis s'arrête avec un sourire devant la petite image d'Éros.) Je ne veux rien garder de mon passé, rien... que cela... (prenant et apportant dans ses bras l'image qu'elle présente à Athanaël)

Cette image d'ivoire, cet enfant, d'un travail antique et merveilleux, c'est Éros!
(tendre et chaste)
C'est l'amour! Considère, ô mon père,
que nous ne le pouvons traite cruellement.
L'amour est une vertu rare,
J'ai péché, non par lui, mais plutôt contre lui.
Ah! Je ne pleure pas de l'avoir eu pour maître,
mais d'avoir méconnu sa volonté.
Il défend
(très expressif)
qu'une femme se donne, à qui ne vient point en son nom,
et c'est pour cette loi qu'il convient qu'on l'honore.
(simplement)
Prends-le, pour le placer dans quelque monastère,
et ceux qui le verront se tourneront vers Dieu!
(sans presser)
Car l'amour nous élève aux célestes pensées.
(simplement)
Quand Nicias m'aimait, il m'offrit cette image.

ATHANAËL
(avec une explosion de colère)
Nicias! Nicias! Ah! maudis la source empoisonnée
d'où te vient ce présent! Qu'il soit anéanti!
(Il a saisi la statuette qu'il jette violemment sur le pavé où elle se brise. Il en chasse les débris du pied.)
Et tout le reste à la flamme, à l'abîme!
Viens, Thaïs! Que tout ce qui fut toi,
retourne à la poussière, à l'éternel oubli!

THAÏS et ATHANAËL
(la tête baissé, toute tremblante)
Que tout ce qui fut moi (toi) retourne à la poussière,
à l'éternel oubli! Viens! Viens!

(Ils entrent dans la maison. Quand Thaïs et Athanaël sont sortis, paraissent Nicias et tous les personnages du 2e tableau. Ils descendent joyeusement, en tumulte, de la maison du fond. Nicias les mène, très animé, comme un peu étourdi par l'ivresse.)

NICIAS
(à haute voix, à tous)
Suivez-moi tous, amis! La nuit n'est pas finie! Venez! Venez!
Le jeu m'a rendu trente fois le prix dont je payais la beauté de Thaïs!
Donc, rejouissons-nous encor! encor! encor! encor!

CROBYLE, MYRTALE, AMIES ET AMIS DE NICIAS
Encor! encor! encor! Evohé! Evohé!

NICIAS
(à des serviteurs)
Appelez les danseuse d'Asie, le Psylles et les baladins!
(à ses amis)
Faisons durer jusqu'à l'aurore les danses, les jeux et les cris!
Allumons des flambeaux!

CROBYLE, MYRTALE, AMIES ET AMIS DE NICIAS
(gaiment)
Allumons des flambeaux!
Faisons honte au soleil!

NICIAS
Qu'on jette là d'épais tapis! A mes côtés, Crobyle, et toi, Myrtale!

NICIAS, CROBYLE, MYRTALE, AMIES ET AMIS DE NICIAS
Evohé! Evohé!

NICIAS
Rien n'est vrai que la vie! Rien n'est sage que la folie!

BALLET

NICIAS
(à l'apparition de La Charmeuse, à tous)
Voilà l'Incomparable!
(à Crobyle)
Prends la lyre, Crobyle,
(à Myrtale)
et toi prends la cithare Myrtale!
Et toutes deux chantez le cantique de la Beauté!

(La Charmeuse danse. Crobyle et Myrtale chantent en s'accompagnant de leurs instruments tandis que
La Charmeuse développe en poses lentes et formule des pas légers jetant à travers le chant des deux esclaves les fusées de sa voix.)

CROBYLE et MYRTALE
Celle qui vient est plus belle
Que la reine de Saba qui dansait sur des miroirs!

LA CHARMEUSE
(Elle chante.)
Ah!

(Elle danse.)

CROBYLE et MYRTALE
Et de l'ombre de ses voiles
Partent les traits de sa voix
Comme des flèches de feu!

LA CHARMEUSE
(Elle chante.)
Ah!

(La Charmeuse danse.)

CROBYLE et MYRTALE
Elle a le teint d'ambre pâle.
Elle vient aérienne!
Comme une idole impassible,
Elle va!

LA CHARMEUSE
(Elle chante.)
Ah!

(La Charmeuse danse.)

CROBYLE et MYRTALE
Elle entraîne, elle caresse.
Ses regards jettent de chaînes,
Ses beaux regards alanguis
Qui font les hommes captifs.
Sans rien savoir de son pouvoir,
Elle entraîne,
Elle caresse,
Elle a le charme mortel!

LA CHARMEUSE
(Elle chante.)
Ah!

CHOEUR
Evohé! Evohé! Evohé! Evohé! Evohé! Evohé!

(Athanaël, paraît au seuil de la maison une torche allumé à la main.)

NICIAS
(avec surprise et gaîté)
Eh! c'est lui! Athanaël!

CROBYLE, MYRTALE, AMIES ET AMIS DE NICIAS
(avec surprise et gaîté)
Athanaël!

NICIAS CROBYLE, MYRTALE, AMIES ET AMIS DE NICIAS
(ironiquement)
Salut sage des sages! Thaïs à donc désarmé ta raison?
Ah! ah! voyez sa face glorieuse!
(en riant aux éclats)
Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah!

ATHANAËL
(jetant la torche qui s'éteint sur le sol, sévère)
Ah! taisez-vous! Thaïs est l'épouse de Dieu, elle n'est plus à vous!
La Thaïs infernale est morte à tout jamais,
Et la Thaïs nouvelle, la voici!

(Paraît Thaïs, les cheveux défaits, vêtue d'une tunique de laine. Ses esclaves la suivent attristés, regardant vers la maison d'où, dès ce moment, montent de légères fumées que vont bientôt suivre des lueurs d'incendie et des flammes selon le mouvement de l'action. La foule attirée par les cris et les rires envahit la place progressivement.)

ATHANAËL
(à Thaïs)
Viens, ma soeur, et fuyons à jamais cette ville!

NICIAS (1er GROUPE)
(Crobyle et Myrtale avec les Soprani, tous s'interposant)
Jamais! Non! Jamais! Non!
L'emmener! Que dit-il? Non! Jamais! Non!

2e GROUPE (LES AMIS DE NICIAS)
(tous s'interposant)
L'emmener! Que dit-il? Non! Jamais!
L'emmener! Que dit-il? Non!

THAÏS
Il dit vrai!

NICIAS
Thaïs! Tu nous quitterais! Est-ce possible!

(Nicias a pris le bras de Thaïs.)

ATHANAËL
(la lui arrachant)
Impie! Crains de mourir, si tu touches à celle-ci!
Elle est sa crée! Elle est la part de Dieu!
(prenant Thaïs près de lui et voulant s'éloigner)
Passage!

NICIAS ET LA FOULE
Non! Non! Non!

ATHANAËL
Passage!

NICIAS ET LA FOULE
Non! Que lui veut donc cet homme!
Qu'il retourne au désert!
(un petit groupe menaçant Athanaël)
Va-t-en! Cynocéphale!
Nous rependre Thaïs!

NICIAS
(suppliant Thaïs)
Thaïs! Ne pars pas! Reste!
O Thaïs! Ne part pas! Reste!

LA FOULE
(1er Groupe)
Eh! de qui vivrons-nous!
(Les femmes affolées désignant la maison incendiée.)
Ah! Mes colliers! Mes bijoux!
Eh! qui donc nous paiera
Pour qui donc sont les lois!
Il nous vole Thaïs!
Qu'elle reste!
Et lui qu'on l'assomme!
Aux corbeaux! Au gibet!
A l'égout! Aux corbeaux!

LA FOULE
(2e Groupe)
Mes robes! Mes chevaux!
Eh! qui donc nous paiera
Pour qui donc sont les lois!
Il nous vole Thaïs!
Qu'elle reste!
Et lui qu'on l'assomme!
Aux corbeaux! Au gibet!
A l'égout! Aux corbeaux!

LA FOULE
(les femmes)
La flamme! L'incendie! La flamme!
La palais brûle!
(un homme du peuple)
Tiens! satyre, à toi!

LA FOULE
(jetant une pierre à Athanaël qu'il blesse au front) (rires)
Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah!

THAÏS et ATHANAËL
(l'un près de l'autre, debout, très calmes, regardant la foule menaçante. L'incendie augmente.)
Ah! Mourons, si c'est notre heure!
Achetons en un instant,
une éternelle allégresse au prix de tout notre sang!

NICIAS
Ah! Par pitié! Reste avec nous! Thaïs! Thaïs!
Ne pars pas! Reste avec nous, par pitié!

LA FOULE
(rires, tous lui jettent des pierres)
Ah!
(avec effroi)
La flamme! L'incendie! A mort! Il brûle le palais!
L'infâme! A mort! A mort!

NICIAS
(défendant Thaïs contre la foule)
Non! Non! Non!
(parvenant à s'interposer)
Arrêtez! Par tous les Dieux!
Voilà de quoi vous apaiser!

(Nicias a puisé dans son escarcelle et jette l'or à poignées. La foule se précipite sur l'or qu'elle se dispute à grands cris.)

LA FOULE
De l'or!

NICIAS
(à Athanaël et à Thaïs)
Allez!
(avec émotion)
Adieu, Thaïs! En vain tu m'oublieras.
Ton souvenir sera le parfum de mon âme!

THAÏS
(avec âme)
Ah! Pour jamais, adieu!

NICIAS
Pour jamais, adieu!

ATHANAËL
(entraîne Thaïs)
Viens! Et pour jamais!

(Nicias jette de nouveau l'or. Nouvelles clameurs de la foule. Athanaël et Thaïs s'enfuient. Le palais s'écroule.)

LA FOULE
De l'or!

(La Toile s'est baissée rapidement.)
Méditation.

Deuxième Tableau

(Avant le jour. Sur une place, devant la maison de Thaïs. Sous le portique, au premier plan, une petite statuette d'Éros, sur une stèle; devant l'image une lampe allumée. La lune éclaire encore la place. Au bas des degrés du portique Athanaël, couché sur le pavé. Au fond, à droite, une maison dans laquelle sont réuni Nicias et ses amis de plaisir. Les fenêtres de cette maison sont éclairées. On entend vaguement une musique de fête. Thaïs paraît; elle prend la lampe qu'elle élève au dessus de sa tête pour voir sur la place. Elle descend ainsi les degrés. Elle aperçoit Athanaël, repose la lampe où elle l'a prise et revient vers lui.)

THAÏS
(se penche vers Athanaël, mystérieusement, à voix basse)
Père, Dieu m'a parlé par ta voix! Me voici!

ATHANAËL
(qui s'est levé, de même, à voix basse)
Thaïs, Dieu t'attendait!

THAÏS
(toujours à voix basse; avec humilité)
Ta parole est restée en mon coeur comme un baume divin;
j'ai prié, j'ai pleuré! Il s'est fait en mon âme une grande lumière;
ayant vu le néant de toute volupté,
(avec soumission)
vers toi je viens ainsi que tu l'as commandé.

ATHANAËL
Va, courage, ô ma soeur! L'aube du repos se lève!

THAÏS
(humblement)
Que faut-il faire!

ATHANAËL
Non loin d'ici, vers l'occident,
il est un monastère où des femmes élues
vivent pareilles à des anges
dans un parfait recueillement,
(bien chanté)
pauvres, pour que Jésus les aime,
modestes, pour qu'il les regarde, chastes,
(très expressif)
pour qu'il les épouse! C'est là que je te conduirai.
A leur pieuse mère, Albine, je te consacrerai!

THAÏS
Albine, fille des Césars!

ATHANAËL
(simplement)
Et la servante la plus pure du Christ!
(avec mystère)
Là, je t'enfermerai dans l'étroite cellule
jusqu'au jour où Jésus te viendra délivrer!
(avec enthousiasme)
Va! N'en doute pas! Il viendra lui-même,
et quel tressaillement dans la chair de ton âme
quand tu sentiras sur tes yeux se poser ses doigts de lumière,
(avec âme)
afin d'en essuyer les pleurs!

THAÏS
(avec joie)
Emmène-moi, mon père!

ATHANAËL
Oui!
(avec autorité, avec violence)
Mais, d'abord, anéantis ce qui fut l'impure Thaïs,
ton palais, tes richesses, tout ce qui proclame ta honte!
Brûle tout! Anéantis tout!

THAÏS
(résignée)
Père, qu'il en soit ainsi.
(Elle se dirige vers la maison, puis s'arrête avec un sourire devant la petite image d'Éros.) Je ne veux rien garder de mon passé, rien... que cela... (prenant et apportant dans ses bras l'image qu'elle présente à Athanaël)

Cette image d'ivoire, cet enfant, d'un travail antique et merveilleux, c'est Éros!
(tendre et chaste)
C'est l'amour! Considère, ô mon père,
que nous ne le pouvons traite cruellement.
L'amour est une vertu rare,
J'ai péché, non par lui, mais plutôt contre lui.
Ah! Je ne pleure pas de l'avoir eu pour maître,
mais d'avoir méconnu sa volonté.
Il défend
(très expressif)
qu'une femme se donne, à qui ne vient point en son nom,
et c'est pour cette loi qu'il convient qu'on l'honore.
(simplement)
Prends-le, pour le placer dans quelque monastère,
et ceux qui le verront se tourneront vers Dieu!
(sans presser)
Car l'amour nous élève aux célestes pensées.
(simplement)
Quand Nicias m'aimait, il m'offrit cette image.

ATHANAËL
(avec une explosion de colère)
Nicias! Nicias! Ah! maudis la source empoisonnée
d'où te vient ce présent! Qu'il soit anéanti!
(Il a saisi la statuette qu'il jette violemment sur le pavé où elle se brise. Il en chasse les débris du pied.)
Et tout le reste à la flamme, à l'abîme!
Viens, Thaïs! Que tout ce qui fut toi,
retourne à la poussière, à l'éternel oubli!

THAÏS et ATHANAËL
(la tête baissé, toute tremblante)
Que tout ce qui fut moi (toi) retourne à la poussière,
à l'éternel oubli! Viens! Viens!

(Ils entrent dans la maison. Quand Thaïs et Athanaël sont sortis, paraissent Nicias et tous les personnages du 2e tableau. Ils descendent joyeusement, en tumulte, de la maison du fond. Nicias les mène, très animé, comme un peu étourdi par l'ivresse.)

NICIAS
(à haute voix, à tous)
Suivez-moi tous, amis! La nuit n'est pas finie! Venez! Venez!
Le jeu m'a rendu trente fois le prix dont je payais la beauté de Thaïs!
Donc, rejouissons-nous encor! encor! encor! encor!

CROBYLE, MYRTALE, AMIES ET AMIS DE NICIAS
Encor! encor! encor! Evohé! Evohé!

NICIAS
(à des serviteurs)
Appelez les danseuse d'Asie, le Psylles et les baladins!
(à ses amis)
Faisons durer jusqu'à l'aurore les danses, les jeux et les cris!
Allumons des flambeaux!

CROBYLE, MYRTALE, AMIES ET AMIS DE NICIAS
(gaiment)
Allumons des flambeaux!
Faisons honte au soleil!

NICIAS
Qu'on jette là d'épais tapis! A mes côtés, Crobyle, et toi, Myrtale!

NICIAS, CROBYLE, MYRTALE, AMIES ET AMIS DE NICIAS
Evohé! Evohé!

NICIAS
Rien n'est vrai que la vie! Rien n'est sage que la folie!

BALLET

NICIAS
(à l'apparition de La Charmeuse, à tous)
Voilà l'Incomparable!
(à Crobyle)
Prends la lyre, Crobyle,
(à Myrtale)
et toi prends la cithare Myrtale!
Et toutes deux chantez le cantique de la Beauté!

(La Charmeuse danse. Crobyle et Myrtale chantent en s'accompagnant de leurs instruments tandis que
La Charmeuse développe en poses lentes et formule des pas légers jetant à travers le chant des deux esclaves les fusées de sa voix.)

CROBYLE et MYRTALE
Celle qui vient est plus belle
Que la reine de Saba qui dansait sur des miroirs!

LA CHARMEUSE
(Elle chante.)
Ah!

(Elle danse.)

CROBYLE et MYRTALE
Et de l'ombre de ses voiles
Partent les traits de sa voix
Comme des flèches de feu!

LA CHARMEUSE
(Elle chante.)
Ah!

(La Charmeuse danse.)

CROBYLE et MYRTALE
Elle a le teint d'ambre pâle.
Elle vient aérienne!
Comme une idole impassible,
Elle va!

LA CHARMEUSE
(Elle chante.)
Ah!

(La Charmeuse danse.)

CROBYLE et MYRTALE
Elle entraîne, elle caresse.
Ses regards jettent de chaînes,
Ses beaux regards alanguis
Qui font les hommes captifs.
Sans rien savoir de son pouvoir,
Elle entraîne,
Elle caresse,
Elle a le charme mortel!

LA CHARMEUSE
(Elle chante.)
Ah!

CHOEUR
Evohé! Evohé! Evohé! Evohé! Evohé! Evohé!

(Athanaël, paraît au seuil de la maison une torche allumé à la main.)

NICIAS
(avec surprise et gaîté)
Eh! c'est lui! Athanaël!

CROBYLE, MYRTALE, AMIES ET AMIS DE NICIAS
(avec surprise et gaîté)
Athanaël!

NICIAS CROBYLE, MYRTALE, AMIES ET AMIS DE NICIAS
(ironiquement)
Salut sage des sages! Thaïs à donc désarmé ta raison?
Ah! ah! voyez sa face glorieuse!
(en riant aux éclats)
Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah!

ATHANAËL
(jetant la torche qui s'éteint sur le sol, sévère)
Ah! taisez-vous! Thaïs est l'épouse de Dieu, elle n'est plus à vous!
La Thaïs infernale est morte à tout jamais,
Et la Thaïs nouvelle, la voici!

(Paraît Thaïs, les cheveux défaits, vêtue d'une tunique de laine. Ses esclaves la suivent attristés, regardant vers la maison d'où, dès ce moment, montent de légères fumées que vont bientôt suivre des lueurs d'incendie et des flammes selon le mouvement de l'action. La foule attirée par les cris et les rires envahit la place progressivement.)

ATHANAËL
(à Thaïs)
Viens, ma soeur, et fuyons à jamais cette ville!

NICIAS (1er GROUPE)
(Crobyle et Myrtale avec les Soprani, tous s'interposant)
Jamais! Non! Jamais! Non!
L'emmener! Que dit-il? Non! Jamais! Non!

2e GROUPE (LES AMIS DE NICIAS)
(tous s'interposant)
L'emmener! Que dit-il? Non! Jamais!
L'emmener! Que dit-il? Non!

THAÏS
Il dit vrai!

NICIAS
Thaïs! Tu nous quitterais! Est-ce possible!

(Nicias a pris le bras de Thaïs.)

ATHANAËL
(la lui arrachant)
Impie! Crains de mourir, si tu touches à celle-ci!
Elle est sa crée! Elle est la part de Dieu!
(prenant Thaïs près de lui et voulant s'éloigner)
Passage!

NICIAS ET LA FOULE
Non! Non! Non!

ATHANAËL
Passage!

NICIAS ET LA FOULE
Non! Que lui veut donc cet homme!
Qu'il retourne au désert!
(un petit groupe menaçant Athanaël)
Va-t-en! Cynocéphale!
Nous rependre Thaïs!

NICIAS
(suppliant Thaïs)
Thaïs! Ne pars pas! Reste!
O Thaïs! Ne part pas! Reste!

LA FOULE
(1er Groupe)
Eh! de qui vivrons-nous!
(Les femmes affolées désignant la maison incendiée.)
Ah! Mes colliers! Mes bijoux!
Eh! qui donc nous paiera
Pour qui donc sont les lois!
Il nous vole Thaïs!
Qu'elle reste!
Et lui qu'on l'assomme!
Aux corbeaux! Au gibet!
A l'égout! Aux corbeaux!

LA FOULE
(2e Groupe)
Mes robes! Mes chevaux!
Eh! qui donc nous paiera
Pour qui donc sont les lois!
Il nous vole Thaïs!
Qu'elle reste!
Et lui qu'on l'assomme!
Aux corbeaux! Au gibet!
A l'égout! Aux corbeaux!

LA FOULE
(les femmes)
La flamme! L'incendie! La flamme!
La palais brûle!
(un homme du peuple)
Tiens! satyre, à toi!

LA FOULE
(jetant une pierre à Athanaël qu'il blesse au front) (rires)
Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah! Ah!

THAÏS et ATHANAËL
(l'un près de l'autre, debout, très calmes, regardant la foule menaçante. L'incendie augmente.)
Ah! Mourons, si c'est notre heure!
Achetons en un instant,
une éternelle allégresse au prix de tout notre sang!

NICIAS
Ah! Par pitié! Reste avec nous! Thaïs! Thaïs!
Ne pars pas! Reste avec nous, par pitié!

LA FOULE
(rires, tous lui jettent des pierres)
Ah!
(avec effroi)
La flamme! L'incendie! A mort! Il brûle le palais!
L'infâme! A mort! A mort!

NICIAS
(défendant Thaïs contre la foule)
Non! Non! Non!
(parvenant à s'interposer)
Arrêtez! Par tous les Dieux!
Voilà de quoi vous apaiser!

(Nicias a puisé dans son escarcelle et jette l'or à poignées. La foule se précipite sur l'or qu'elle se dispute à grands cris.)

LA FOULE
De l'or!

NICIAS
(à Athanaël et à Thaïs)
Allez!
(avec émotion)
Adieu, Thaïs! En vain tu m'oublieras.
Ton souvenir sera le parfum de mon âme!

THAÏS
(avec âme)
Ah! Pour jamais, adieu!

NICIAS
Pour jamais, adieu!

ATHANAËL
(entraîne Thaïs)
Viens! Et pour jamais!

(Nicias jette de nouveau l'or. Nouvelles clameurs de la foule. Athanaël et Thaïs s'enfuient. Le palais s'écroule.)

LA FOULE
De l'or!

(La Toile s'est baissée rapidement.)



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