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Acte I

Scène I

(Une grande cour dans l'intérieur de palais d'Hérode à Jérusalem dans le lointain Le Mer Morte entourée des collines de la Judée.
C'est l'aurore - presque la nuit encore; des chefs sont endormis à terre près de la barrière qui sépare le palais de la vallée où les caravanes reposent en attendant le jour.

RIDEAU

Le jour paraît)
(les chefs s'éveillent, se lèvent et appellent les marchands.)


CHEFS
(en scène)
Alerte! Levez-vous!
Le palais est ouvert!
Alerte! Vous tous qui venez du désert,
Alerte! Alerte! Debout!

LES ESCLAVES et LES MARCHANDS
(L'esclaves dans les coulisses)
Alerte! Le palais est ouvert!
Alerte! Le palais est ouvert!


(les esclaves portant de lourds fardeau gravissent lentement la côte.)

LES ESCLAVES et LES MARCHANDS
Voici que le jour se lève,
Nous avons touché le but.
Notre voyage s'achève,
Ô Jérusalem! Jérusalem, salut!

LES ESCLAVES
Au bord des claires fontaines

LES MARCHANDS
Au bord des claires fontaines

LES ESCLAVES et LES MARCHANDS
Nous pourrons nous rafraîchir,
Quand de plus chaudes haleines
Sur les sables vont courir!
Notre voyage s'achève!
Ô Jérusalem! Jérusalem, salut

CHEFS
(avec autorité, aux esclaves)
Que dès l'abord on remarque
Dans ce que vous apportez,
Les dons offerts au Tétrarque
Par ses nombreuses cités!
Séparez l'or et les baumes,
Les ivoires et l'argent!


(les esclaves ouvrent les ballots et étalent les présents, les parfums et les étoffes.)

ESCLAVES
Voici l'ambre de Judée!
Voici les parfums d'Ophir!
Voici les pistaches, d'Idumée!
L'ambre de Judée! Les parfums d'Ophir!

CHEFS
Séparez l'or et l'argent!
Rangez l'encens, les arômes!
Séparez l'or et l'argent!

MARCHANDS

(Ténors - 1er Groupe, avec orgueil)
Nous arrivons des plus lointaines villes
Sans fatiguer nos chevaux de Saron!

(Basses - 2e Groupe, de même)
Mais no chevaux ne sont pas moins agiles;
Nous avons pris cette pourpre à Sidon!

1er Groupe
Ah! le Samaritain! Ah! le Samaritain! Nous chevaux ont des ailes!

2e Groupe
(avec mépris)
Ah! le Pharisien! Ah! le Pharisien! Comme les sauterelles
Des rives du Jourdain!

LES ESCLAVES, LE MARCHANDS et LE CHEFS
(les esclaves se mêlant à la dispute)
Quoi! cette indigne race
Ose nous outrager!
D'une pareille audace
Nous saurons nous venger!
Va! va! Samaritain! Samaritain! Samaritain!
Nous acceptons la lutte! Samaritain! Samaritain!
Nous acceptons la lutte!

MARCHANDS
Croient-ils vraiment nous égaler?
Quoi! cette indigne race
Ose nous outrager!

ESCLAVES
Croient-ils vraiment les égaler?
Samaritain! Nous acceptions la lutte!
Nous saurons nous venger!

CHEFS
Croient-ils vraiment les égaler? Pharisien!
En acceptant le lutte, Ils sauront se venger!

LES ESCLAVES, LES CHEFS et LES MARCHANDS
D'une pareille audace
Ils sauront se venger!
Va! va! Samaritain!
(Pharisien!)
Croient-ils vraiment nous égaler!
(tous, avec respect et criante)
Le Chaldéen!

PHANUEL
(sévèrement)
Encore une dispute!
Eh! quoi! toujours se quereller?
(sombre)
Le monde est inquiet, la patrie est en larmes.
Et les voilà! les voilà contre eux-mêmes,
contre eux tournant leurs armes!
Les insensés! les insensés!
Les débiles humains
Ils en viennent aux mains!
Ils restent sourds à la voix immortelle,
à la voix immortelle
Qui leur répète: Amour! Pardon!
Vie éternelle! Amour! Pardon!
Amour! Vie éternelle!

LES ESCLAVES, LES MARCHANDS et LES CHEFS
L'avenir est trompeur!
Faut-il ouvrir son coeur à l'espérance vaine?

PHANUEL
Non! Contre les Romains la révolte est prochaine...
J'arrive de pays lointains
Où les actes suivront de très près les paroles.
Bientôt tout changera, les lois et les symboles!

LES ESCLAVES, LES MARCHANDS et LES CHEFS
Jusqu'à ce jour ce qu'on nous a promis
N'allège pas le joug des ennemis!

PHANUEL
(avec amertume et découragement)
Soit! N'espèrez donc rien! rien! pour suivez votre route...
Pour moi, j'attends... j'attends, calme et sans doute,
Des jours meilleurs, des jours meilleurs,
J'attends des jours meilleurs pour notre humanité!
pour notre humanité!


(Les marchands et les esclaves descendent à la ville. Les chefs entrent dans le palais. Phanuel considère tristement la caravane qui s'éloigne. Salomé sort par la gauche du Palais, inquiète, indécise; elle aperçoit Phanuel et s'approche de lui.)

PHANUEL
(avec surprise)
Ah! Salomé! dans ce palais quelle destinée t'amène?
(à part)
Ignore-t'elle encor de quel sang elle est née?
(à Salomé)
Pourquoi de Siloé as-tu quitté les bords heureux?

SALOMÉ
(triste et simple)
Phanuel...sans cesse...je cherche ma mère!
Une voix me criait: espère!
Cours à Jérusalem!
Je ne l'ai pas trouvée hélas!
Et je reste seule ici-bas!
(expressif)
Celui dont la parole efface toutes peines,
Le Prophète est ici! c'est vers lui que je vais!
Il est doux, il est bon, sa parole est sereine:
Il parle... tout se tait...
Plus léger sur la plaine
L'air attentif passe sans bruit...
Il parle...
(avec ardeur)
Ah! quand reviendra-t-il? quand pourrai-je l'entendre?
Je souffrais... j'étais seule et mon coeur s'est calmé
En écoutant sa voix mélodieuse et tendre,
Mon coeur s'est calmé!
(avec élan et amour)
Prophète bien aimé, puis-je vivre sans toi!
Prophète bien aimé, puis-je vivre... vivre sans toi!
C'est là! dans ce désert où la foule étonnée
Avait suivi ses pas,
(poco a poco appassionato)
Qu'il m'accueillit un jour, enfant abandonnée!
Et qu'il m'ouvrit ses bras!
Il est doux, il est bon,
Sa parole est sereine,
Il parle... tout se tait... plus léger sur la plaine...
L'air attentif passe sans bruit...
Il parle!
(avec ardeur)
Ah! quand reviendra-t-il?
Quand pourrai-je l'entendre?
Je souffrais... j'étais seule et mon coeur s'est calmé
En écoutant sa voix mélodieuse et tendre,
Mon coeur s'est calmé!
(avec élan et amour)
Prophète bien aimé, puis-je vivre sans toi!
Prophète bien aimé, puis-je vivre... vivre sans toi!
Ah! quand reviendra-t-il? quand pourrai-je l'entendre!
Prophète bien-aimé, puis-je vivre sans toi!
la caravane au loin, dans la vallée)

CHOEUR
Jérusalem! Jérusalem salut! ville fortunée!
Jérusalem, salut! Jérusalem! Jérusalem!

PHANUEL
(à Salomé)
Tu le veux!
Pars, enfant, la foi t'éclaire
Elle te guidera!
Et dans ce palais veillera
Un ami fidèle et sincère! adieu! Salomé...

SALOMÉ
(s'éloignant)
Phanuel! adieu!


(Phanuel est allé vers la balustrade, il accompagne Salomé du regard, puis il s'éloigne.)


Scène II


(Par la droite du jardin paraissent les Esclaves du Roi qui, sous la conduite de leurs gardiens, se dirigent vers le Palais. C'est la Promenade des Danseuses du Palais. Hérode entre précipitamment par la porte qui a précédemment livré passage à Salomé; d'un regard inquiet il parcourt les groupes des Danseuses qui s'éloignent, et voit que Salomé n'est plus parmi elles.)


HÉRODE
Elle a fui le palais...
Elle a quitté ces lieux...et soudain l'angoisse a pénétré mon âme!
Déesse ou femme au charme séducteur!
Forme à peine entrevue et qui déjà m'es chère,
Reviens encor! reviens, rêve enchanteur!
Salomé! Salomé! ah! reviens! je te veux! c'est ma voix qui t'implore!
Salomé! Salomé!
Quelle ivresse ineffable illumine mes cieux!
Mon rayon de soleil c'est l'éclat de tes yeux! c'est toi! toi que j'attends! je te veux, je t'adore!
Salomé! Salomé! je te veux reviens!



Scène III


(Hérodiade paraît, pâle, égarée.)

HÉRODIADE
(à Hérode)
Venge-moi d'une suprême offense!
C'est de toi, de toi seul que j'attends ma vengeance!
J'allais ce matin au désert,
Quand un homme à peine couvert,
Le front menaçant, la voix brève.
(la voix entrecoupée)
Se dresse... au milieu... du chemin!
comme un vent d'orage se lève,
Sa voix invoquant le destin,
Me poursuit... me trouble... et m'outrage!
Tremble, me dit-il! tremble, Jézabel!!
Que de fléaux sont ton ouvrage!
Il faut en rendre compte au ciel?
Va, la colère du prophète a fait appel aux nations:
Bientôt tu courberas la tête
Devant leurs malédictions!

HÉRODE
(impatient)
Quel est cet homme?

HÉRODIADE
C'est Jean! c'est l'apôtre infâme
Qui prêche le baptême et la nouvelle foi!

HÉRODE
(brusquement)
Que puis-je? que veux-tu de moi!

HÉRODIADE
(avec énergie)
C'est sa tête que je réclame!

HÉRODE
(avec horreur)
Dieux!

HÉRODIADE
(s'adoucissant)
Hérode! Hérode!
(suppliante)
Ne me refuse pas!
Ne me refuse pas!
Hérode... Rappelle-toi!
(avec une tendresse suppliante)
Ne me refuse pas!
Toi! mon seul bien!
Pour qui j'ai tout quitté, mon pays et ma fille;
N'es-tu pas mon soutien,
Et ma seul famille?
Ne me refuse pas! Ne me refuse pas!
Rappelle-toi!
Rappelle-toi le Tibrè avec ses bords ombreux,
Nous vivions sans compter les heures fugitives,
Nos timides baisers étaient nos seuls aveux.
Nous n'avions pour témoins que les vagues plaintives!
Le soir, sous les grands pins, nos serments répétés
Eveillaient des échos inconnus à la terre,
Et l'astre de la nuit, dans ses molles clartés,
Enveloppait nos coeurs d'amour... et de mystère!
Hérode! Hérode! Hérode!
Ne me refuse pas; toi, mon seul bien!
Pour qui j'ai tout quitté mon pays et ma fille;
N'es-tu pas mon soutien,
Et ma seule famille?
Ne me refuse pas! Ne me refuse pas!
Rappelle-toi! Hérode! Hérode!
Ah! Ne me refuse pas!
Pour toi j'ai tout quitté, mon pays et ma fille...
Ne me refuse pas! Rappelle-toi!

HÉRODE
(la repoussant)
Non! je ne puis, je dois céder à la raison!
Aimé des Juifs, consolant leur misère;
Cet homme est fort, partout on le révère...

HÉRODIADE
(méprisante)
Ah! la peur te conseille!

HÉRODE
(violent)
Et toi c'est le démon!

HÉRODIADE
(de même)
Quel nouveau favori t'inspire!

HÉRODE
(terrible et résolu)
Je prétends demeurer seul maître dans l'empire!

HÉRODIADE
(avec rage)
Tu ne m'aimes plus!
Soit! seule j'accomplirai ce que j'ai résolu!

HÉRODE
Va laisse-moi!

HÉRODIADE
Jean!
(Jean est entré sur les dernières paroles d'Hérodiade.)
Je te frapperai!

JEAN
(s'avançant calme et terrible)
Frappe donc!

HÉRODE et HÉRODIADE
(avec un cri d'épouvante à la vue de Jean)
Ah! Toujours lui!

HÉRODIADE
(avec terreur, à Hérode)
Vois! Dans ton palais il me poursuit!
Sa malédiction me frappe de terreur!
Hélas! ne prendrais-tu pitié de ma douleur
Toujours lui!
Dans ton palais, dans ton palais, il me poursuit!
Hélas! prends pitié de ma douleur!
Fuyons! j'ai peur!
Sa malédiction me frappe de terreur!
Toujours lui!
Dans ton palais, dans ton palais il me poursuit!
Hélas prends pitié de ma douleur!

HÉRODE
(avec terreur, à lui-même)
Ah! Dans mon palais il la poursuit!
C'est lui! Ô terreur!
C'est lui! Ô terreur!
Toujours lui!
Dans mon palais, dans mon palais, il la poursuit!
Ah! sa voix me frappe de terreur!
Ô terreur! C'est lui!
Ô terreur! Toujours lui!
Dans mon palais, dans mon palais il la poursuit
Ah! sa voix me frappe de terreur!

JEAN
(d'une voix éclatante)
Jézabel! Jézabel!! Jézabel!!!
Pas de pitié!
Jézabel! Jézabel!! Jézabel!!!
Frappe donc! pour toi, non, jamais de pitié!
Nul ne prendra jamais pitié de ta douleur!
Jézabel! Jézabel!! Jézabel!!!
Pour toi, non jamais... jamais de pitié!

HÉRODE
(à Jean très énergique)
Homme! cesse de menacer!

JEAN
(à Hérodiade, bravant Hérode)
Jézabel!! Sur toi malheur!

HÉRODIADE
(éperdue)
Ah! fuyons! Vois ma terreur!

HÉRODE
Crains ma fureur!


(Hérode entraîne Hérodiade palpitante. Ils entrent précipitamment dans le palais comme fuyant avec terreur devant le geste de malédiction de Jean.)


Scène IV

JEAN
(les regardant s'éloigner)
Calmez donc vos fureurs:
Allez, ne parlez pas d'offense,
Vous que le Seigneur tient déjà dans sa balance!
(Salomé apparaît. Elle s'élance vers Jean et tombe à ses genoux.)

SALOMÉ
(avec joie)
Jean! je te revois!

JEAN
(avec bonté)
Enfant! que me veux-tu?

SALOMÉ
(avec transport)
Ce que je veux ô Jean!
(tendre et émue)
Ce que je veux...te dire que je t'aime,

JEAN
Salomé...

SALOMÉ
...que je t'aime

JEAN
...qu'ai-je entendu?

SALOMÉ
Et que je t'appartiens! que je vis par toi-même...
Qu'au son de ta voix tout mon être est suspendu!
Je t'appartiens! je t'aime!
Loin de toi je souffrais...ah! je souffrais! et me voilà guérie!
Dans ton regard est ma patrie...
Mon visage est baigné de larmes...
Et mon coeur tressaille de bonheur!

JEAN
(la soutenant)
Que me veut ta splendeur dans l'ombre de ma vie?
Que ferait ta jeunesse à peine épanouie,
Dans les pierres de mon chemin?
Pour toi c'est la saison où les voeux moins timides
Appellent des baisers sur des baisers sur les lèvres avides!
Pour toi c'est la saison d'aimer! d'aimer!
Pour moi tout autre est le destin!
Non! je ne veux pas t'entendre!
Non je ne veux pas t'entendre!
Laisse-moi! éloigne-toi!
Pauvre âme naïve et tendre! va, laisse-moi!
Pauvre âme naïve et tendre!
Va! âme naïve et tendre!
Va! pauvre âme éloigne-toi! Va-t'en!

SALOMÉ
(avec élan)
Ah! je veux t'aimer sur terre!

JEAN
(la repoussant avec tristesse)
Non! Jamais! je ne veux pas t'entendre!

SALOMÉ
(avec ardeur)
Non! l'amour n'est pas un blasphème!
C'est ton amour que je veux!
Je t'aime! c'est toi seul que j'aime!
Qu'à tes genoux s'épande l'or de mes cheveux! oui, c'est toi seul que j'aime!
C'est toi! toi seul, que j'aime! ô Jean!

JEAN
(éperdu)
Jamais!
(inspiré)
Aime-moi donc alors, mais comme on aime en songe!
Dans la mystique ardeur où l'idéal te plonge,
Transfigure l'amour qui consume tes sens!
Bannis tous les transports d'un sentiment profane,
Élève ton âme jusqu'au ciel, qu'elle plane
Au milieu des parfums d'un nuageux encens!
Enfant, regarde cette aurore
De vie et d'immortalité! Regarde!
N'entends-tu pas les saints cantiques
Qui prennent leur essor
Et les voeux des âmes mystiques
Ouvrant leurs ailes d'or!
Enfant, regarde cette aurore!
La foi nouvelle est près d'éclore!
Enfant, regarde cette aurore
De vie et d'immortalité!

SALOMÉ
(ravie)
Ah! je t'écoute! je t'adore!
L'éclat de tes yeux plus resplendissant que l'aurore
Illumine les cieux!
Je t'écoute, je t'adore!
Je t'aime! je t'adore!
Je t'aime! je t'adore! je t'appartiens

JEAN
Enfant, c'est la foi nouvelle et la vie!
C'est la foi nouvelle et l'immortalité!
C'est l'immortalité!
Regarde cette aurore!
Regarde! cette aurore! ô vérité!


(Jean se délivre des bras de Salomé qui tombe à genoux en levant les mains vers le ciel.)


RIDEAU
Acte I

Scène I

(Une grande cour dans l'intérieur de palais d'Hérode à Jérusalem dans le lointain Le Mer Morte entourée des collines de la Judée.
C'est l'aurore - presque la nuit encore; des chefs sont endormis à terre près de la barrière qui sépare le palais de la vallée où les caravanes reposent en attendant le jour.

RIDEAU

Le jour paraît)
(les chefs s'éveillent, se lèvent et appellent les marchands.)


CHEFS
(en scène)
Alerte! Levez-vous!
Le palais est ouvert!
Alerte! Vous tous qui venez du désert,
Alerte! Alerte! Debout!

LES ESCLAVES et LES MARCHANDS
(L'esclaves dans les coulisses)
Alerte! Le palais est ouvert!
Alerte! Le palais est ouvert!


(les esclaves portant de lourds fardeau gravissent lentement la côte.)

LES ESCLAVES et LES MARCHANDS
Voici que le jour se lève,
Nous avons touché le but.
Notre voyage s'achève,
Ô Jérusalem! Jérusalem, salut!

LES ESCLAVES
Au bord des claires fontaines

LES MARCHANDS
Au bord des claires fontaines

LES ESCLAVES et LES MARCHANDS
Nous pourrons nous rafraîchir,
Quand de plus chaudes haleines
Sur les sables vont courir!
Notre voyage s'achève!
Ô Jérusalem! Jérusalem, salut

CHEFS
(avec autorité, aux esclaves)
Que dès l'abord on remarque
Dans ce que vous apportez,
Les dons offerts au Tétrarque
Par ses nombreuses cités!
Séparez l'or et les baumes,
Les ivoires et l'argent!


(les esclaves ouvrent les ballots et étalent les présents, les parfums et les étoffes.)

ESCLAVES
Voici l'ambre de Judée!
Voici les parfums d'Ophir!
Voici les pistaches, d'Idumée!
L'ambre de Judée! Les parfums d'Ophir!

CHEFS
Séparez l'or et l'argent!
Rangez l'encens, les arômes!
Séparez l'or et l'argent!

MARCHANDS

(Ténors - 1er Groupe, avec orgueil)
Nous arrivons des plus lointaines villes
Sans fatiguer nos chevaux de Saron!

(Basses - 2e Groupe, de même)
Mais no chevaux ne sont pas moins agiles;
Nous avons pris cette pourpre à Sidon!

1er Groupe
Ah! le Samaritain! Ah! le Samaritain! Nous chevaux ont des ailes!

2e Groupe
(avec mépris)
Ah! le Pharisien! Ah! le Pharisien! Comme les sauterelles
Des rives du Jourdain!

LES ESCLAVES, LE MARCHANDS et LE CHEFS
(les esclaves se mêlant à la dispute)
Quoi! cette indigne race
Ose nous outrager!
D'une pareille audace
Nous saurons nous venger!
Va! va! Samaritain! Samaritain! Samaritain!
Nous acceptons la lutte! Samaritain! Samaritain!
Nous acceptons la lutte!

MARCHANDS
Croient-ils vraiment nous égaler?
Quoi! cette indigne race
Ose nous outrager!

ESCLAVES
Croient-ils vraiment les égaler?
Samaritain! Nous acceptions la lutte!
Nous saurons nous venger!

CHEFS
Croient-ils vraiment les égaler? Pharisien!
En acceptant le lutte, Ils sauront se venger!

LES ESCLAVES, LES CHEFS et LES MARCHANDS
D'une pareille audace
Ils sauront se venger!
Va! va! Samaritain!
(Pharisien!)
Croient-ils vraiment nous égaler!
(tous, avec respect et criante)
Le Chaldéen!

PHANUEL
(sévèrement)
Encore une dispute!
Eh! quoi! toujours se quereller?
(sombre)
Le monde est inquiet, la patrie est en larmes.
Et les voilà! les voilà contre eux-mêmes,
contre eux tournant leurs armes!
Les insensés! les insensés!
Les débiles humains
Ils en viennent aux mains!
Ils restent sourds à la voix immortelle,
à la voix immortelle
Qui leur répète: Amour! Pardon!
Vie éternelle! Amour! Pardon!
Amour! Vie éternelle!

LES ESCLAVES, LES MARCHANDS et LES CHEFS
L'avenir est trompeur!
Faut-il ouvrir son coeur à l'espérance vaine?

PHANUEL
Non! Contre les Romains la révolte est prochaine...
J'arrive de pays lointains
Où les actes suivront de très près les paroles.
Bientôt tout changera, les lois et les symboles!

LES ESCLAVES, LES MARCHANDS et LES CHEFS
Jusqu'à ce jour ce qu'on nous a promis
N'allège pas le joug des ennemis!

PHANUEL
(avec amertume et découragement)
Soit! N'espèrez donc rien! rien! pour suivez votre route...
Pour moi, j'attends... j'attends, calme et sans doute,
Des jours meilleurs, des jours meilleurs,
J'attends des jours meilleurs pour notre humanité!
pour notre humanité!


(Les marchands et les esclaves descendent à la ville. Les chefs entrent dans le palais. Phanuel considère tristement la caravane qui s'éloigne. Salomé sort par la gauche du Palais, inquiète, indécise; elle aperçoit Phanuel et s'approche de lui.)

PHANUEL
(avec surprise)
Ah! Salomé! dans ce palais quelle destinée t'amène?
(à part)
Ignore-t'elle encor de quel sang elle est née?
(à Salomé)
Pourquoi de Siloé as-tu quitté les bords heureux?

SALOMÉ
(triste et simple)
Phanuel...sans cesse...je cherche ma mère!
Une voix me criait: espère!
Cours à Jérusalem!
Je ne l'ai pas trouvée hélas!
Et je reste seule ici-bas!
(expressif)
Celui dont la parole efface toutes peines,
Le Prophète est ici! c'est vers lui que je vais!
Il est doux, il est bon, sa parole est sereine:
Il parle... tout se tait...
Plus léger sur la plaine
L'air attentif passe sans bruit...
Il parle...
(avec ardeur)
Ah! quand reviendra-t-il? quand pourrai-je l'entendre?
Je souffrais... j'étais seule et mon coeur s'est calmé
En écoutant sa voix mélodieuse et tendre,
Mon coeur s'est calmé!
(avec élan et amour)
Prophète bien aimé, puis-je vivre sans toi!
Prophète bien aimé, puis-je vivre... vivre sans toi!
C'est là! dans ce désert où la foule étonnée
Avait suivi ses pas,
(poco a poco appassionato)
Qu'il m'accueillit un jour, enfant abandonnée!
Et qu'il m'ouvrit ses bras!
Il est doux, il est bon,
Sa parole est sereine,
Il parle... tout se tait... plus léger sur la plaine...
L'air attentif passe sans bruit...
Il parle!
(avec ardeur)
Ah! quand reviendra-t-il?
Quand pourrai-je l'entendre?
Je souffrais... j'étais seule et mon coeur s'est calmé
En écoutant sa voix mélodieuse et tendre,
Mon coeur s'est calmé!
(avec élan et amour)
Prophète bien aimé, puis-je vivre sans toi!
Prophète bien aimé, puis-je vivre... vivre sans toi!
Ah! quand reviendra-t-il? quand pourrai-je l'entendre!
Prophète bien-aimé, puis-je vivre sans toi!
la caravane au loin, dans la vallée)

CHOEUR
Jérusalem! Jérusalem salut! ville fortunée!
Jérusalem, salut! Jérusalem! Jérusalem!

PHANUEL
(à Salomé)
Tu le veux!
Pars, enfant, la foi t'éclaire
Elle te guidera!
Et dans ce palais veillera
Un ami fidèle et sincère! adieu! Salomé...

SALOMÉ
(s'éloignant)
Phanuel! adieu!


(Phanuel est allé vers la balustrade, il accompagne Salomé du regard, puis il s'éloigne.)


Scène II


(Par la droite du jardin paraissent les Esclaves du Roi qui, sous la conduite de leurs gardiens, se dirigent vers le Palais. C'est la Promenade des Danseuses du Palais. Hérode entre précipitamment par la porte qui a précédemment livré passage à Salomé; d'un regard inquiet il parcourt les groupes des Danseuses qui s'éloignent, et voit que Salomé n'est plus parmi elles.)


HÉRODE
Elle a fui le palais...
Elle a quitté ces lieux...et soudain l'angoisse a pénétré mon âme!
Déesse ou femme au charme séducteur!
Forme à peine entrevue et qui déjà m'es chère,
Reviens encor! reviens, rêve enchanteur!
Salomé! Salomé! ah! reviens! je te veux! c'est ma voix qui t'implore!
Salomé! Salomé!
Quelle ivresse ineffable illumine mes cieux!
Mon rayon de soleil c'est l'éclat de tes yeux! c'est toi! toi que j'attends! je te veux, je t'adore!
Salomé! Salomé! je te veux reviens!



Scène III


(Hérodiade paraît, pâle, égarée.)

HÉRODIADE
(à Hérode)
Venge-moi d'une suprême offense!
C'est de toi, de toi seul que j'attends ma vengeance!
J'allais ce matin au désert,
Quand un homme à peine couvert,
Le front menaçant, la voix brève.
(la voix entrecoupée)
Se dresse... au milieu... du chemin!
comme un vent d'orage se lève,
Sa voix invoquant le destin,
Me poursuit... me trouble... et m'outrage!
Tremble, me dit-il! tremble, Jézabel!!
Que de fléaux sont ton ouvrage!
Il faut en rendre compte au ciel?
Va, la colère du prophète a fait appel aux nations:
Bientôt tu courberas la tête
Devant leurs malédictions!

HÉRODE
(impatient)
Quel est cet homme?

HÉRODIADE
C'est Jean! c'est l'apôtre infâme
Qui prêche le baptême et la nouvelle foi!

HÉRODE
(brusquement)
Que puis-je? que veux-tu de moi!

HÉRODIADE
(avec énergie)
C'est sa tête que je réclame!

HÉRODE
(avec horreur)
Dieux!

HÉRODIADE
(s'adoucissant)
Hérode! Hérode!
(suppliante)
Ne me refuse pas!
Ne me refuse pas!
Hérode... Rappelle-toi!
(avec une tendresse suppliante)
Ne me refuse pas!
Toi! mon seul bien!
Pour qui j'ai tout quitté, mon pays et ma fille;
N'es-tu pas mon soutien,
Et ma seul famille?
Ne me refuse pas! Ne me refuse pas!
Rappelle-toi!
Rappelle-toi le Tibrè avec ses bords ombreux,
Nous vivions sans compter les heures fugitives,
Nos timides baisers étaient nos seuls aveux.
Nous n'avions pour témoins que les vagues plaintives!
Le soir, sous les grands pins, nos serments répétés
Eveillaient des échos inconnus à la terre,
Et l'astre de la nuit, dans ses molles clartés,
Enveloppait nos coeurs d'amour... et de mystère!
Hérode! Hérode! Hérode!
Ne me refuse pas; toi, mon seul bien!
Pour qui j'ai tout quitté mon pays et ma fille;
N'es-tu pas mon soutien,
Et ma seule famille?
Ne me refuse pas! Ne me refuse pas!
Rappelle-toi! Hérode! Hérode!
Ah! Ne me refuse pas!
Pour toi j'ai tout quitté, mon pays et ma fille...
Ne me refuse pas! Rappelle-toi!

HÉRODE
(la repoussant)
Non! je ne puis, je dois céder à la raison!
Aimé des Juifs, consolant leur misère;
Cet homme est fort, partout on le révère...

HÉRODIADE
(méprisante)
Ah! la peur te conseille!

HÉRODE
(violent)
Et toi c'est le démon!

HÉRODIADE
(de même)
Quel nouveau favori t'inspire!

HÉRODE
(terrible et résolu)
Je prétends demeurer seul maître dans l'empire!

HÉRODIADE
(avec rage)
Tu ne m'aimes plus!
Soit! seule j'accomplirai ce que j'ai résolu!

HÉRODE
Va laisse-moi!

HÉRODIADE
Jean!
(Jean est entré sur les dernières paroles d'Hérodiade.)
Je te frapperai!

JEAN
(s'avançant calme et terrible)
Frappe donc!

HÉRODE et HÉRODIADE
(avec un cri d'épouvante à la vue de Jean)
Ah! Toujours lui!

HÉRODIADE
(avec terreur, à Hérode)
Vois! Dans ton palais il me poursuit!
Sa malédiction me frappe de terreur!
Hélas! ne prendrais-tu pitié de ma douleur
Toujours lui!
Dans ton palais, dans ton palais, il me poursuit!
Hélas! prends pitié de ma douleur!
Fuyons! j'ai peur!
Sa malédiction me frappe de terreur!
Toujours lui!
Dans ton palais, dans ton palais il me poursuit!
Hélas prends pitié de ma douleur!

HÉRODE
(avec terreur, à lui-même)
Ah! Dans mon palais il la poursuit!
C'est lui! Ô terreur!
C'est lui! Ô terreur!
Toujours lui!
Dans mon palais, dans mon palais, il la poursuit!
Ah! sa voix me frappe de terreur!
Ô terreur! C'est lui!
Ô terreur! Toujours lui!
Dans mon palais, dans mon palais il la poursuit
Ah! sa voix me frappe de terreur!

JEAN
(d'une voix éclatante)
Jézabel! Jézabel!! Jézabel!!!
Pas de pitié!
Jézabel! Jézabel!! Jézabel!!!
Frappe donc! pour toi, non, jamais de pitié!
Nul ne prendra jamais pitié de ta douleur!
Jézabel! Jézabel!! Jézabel!!!
Pour toi, non jamais... jamais de pitié!

HÉRODE
(à Jean très énergique)
Homme! cesse de menacer!

JEAN
(à Hérodiade, bravant Hérode)
Jézabel!! Sur toi malheur!

HÉRODIADE
(éperdue)
Ah! fuyons! Vois ma terreur!

HÉRODE
Crains ma fureur!


(Hérode entraîne Hérodiade palpitante. Ils entrent précipitamment dans le palais comme fuyant avec terreur devant le geste de malédiction de Jean.)


Scène IV

JEAN
(les regardant s'éloigner)
Calmez donc vos fureurs:
Allez, ne parlez pas d'offense,
Vous que le Seigneur tient déjà dans sa balance!
(Salomé apparaît. Elle s'élance vers Jean et tombe à ses genoux.)

SALOMÉ
(avec joie)
Jean! je te revois!

JEAN
(avec bonté)
Enfant! que me veux-tu?

SALOMÉ
(avec transport)
Ce que je veux ô Jean!
(tendre et émue)
Ce que je veux...te dire que je t'aime,

JEAN
Salomé...

SALOMÉ
...que je t'aime

JEAN
...qu'ai-je entendu?

SALOMÉ
Et que je t'appartiens! que je vis par toi-même...
Qu'au son de ta voix tout mon être est suspendu!
Je t'appartiens! je t'aime!
Loin de toi je souffrais...ah! je souffrais! et me voilà guérie!
Dans ton regard est ma patrie...
Mon visage est baigné de larmes...
Et mon coeur tressaille de bonheur!

JEAN
(la soutenant)
Que me veut ta splendeur dans l'ombre de ma vie?
Que ferait ta jeunesse à peine épanouie,
Dans les pierres de mon chemin?
Pour toi c'est la saison où les voeux moins timides
Appellent des baisers sur des baisers sur les lèvres avides!
Pour toi c'est la saison d'aimer! d'aimer!
Pour moi tout autre est le destin!
Non! je ne veux pas t'entendre!
Non je ne veux pas t'entendre!
Laisse-moi! éloigne-toi!
Pauvre âme naïve et tendre! va, laisse-moi!
Pauvre âme naïve et tendre!
Va! âme naïve et tendre!
Va! pauvre âme éloigne-toi! Va-t'en!

SALOMÉ
(avec élan)
Ah! je veux t'aimer sur terre!

JEAN
(la repoussant avec tristesse)
Non! Jamais! je ne veux pas t'entendre!

SALOMÉ
(avec ardeur)
Non! l'amour n'est pas un blasphème!
C'est ton amour que je veux!
Je t'aime! c'est toi seul que j'aime!
Qu'à tes genoux s'épande l'or de mes cheveux! oui, c'est toi seul que j'aime!
C'est toi! toi seul, que j'aime! ô Jean!

JEAN
(éperdu)
Jamais!
(inspiré)
Aime-moi donc alors, mais comme on aime en songe!
Dans la mystique ardeur où l'idéal te plonge,
Transfigure l'amour qui consume tes sens!
Bannis tous les transports d'un sentiment profane,
Élève ton âme jusqu'au ciel, qu'elle plane
Au milieu des parfums d'un nuageux encens!
Enfant, regarde cette aurore
De vie et d'immortalité! Regarde!
N'entends-tu pas les saints cantiques
Qui prennent leur essor
Et les voeux des âmes mystiques
Ouvrant leurs ailes d'or!
Enfant, regarde cette aurore!
La foi nouvelle est près d'éclore!
Enfant, regarde cette aurore
De vie et d'immortalité!

SALOMÉ
(ravie)
Ah! je t'écoute! je t'adore!
L'éclat de tes yeux plus resplendissant que l'aurore
Illumine les cieux!
Je t'écoute, je t'adore!
Je t'aime! je t'adore!
Je t'aime! je t'adore! je t'appartiens

JEAN
Enfant, c'est la foi nouvelle et la vie!
C'est la foi nouvelle et l'immortalité!
C'est l'immortalité!
Regarde cette aurore!
Regarde! cette aurore! ô vérité!


(Jean se délivre des bras de Salomé qui tombe à genoux en levant les mains vers le ciel.)


RIDEAU



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