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Acte IV

1er Tableau

Scène XIII

(Sorte de crypte ronde creusée jusqu'un tuf; à gauche, sur un stèle, une lampe funéraire brûle dans une coquille de bronze, faisant un demi cercle de clarté douteuse au milieu de laquelle se trouve Jean. Jean est assis dans une attitude de résignation contemplative.)

JEAN
Ne pouvant réprimer les élans de la foi
Leur impuissante rage a frappé ton prophète,
Seigneur! ta volonté soit faite,
Je me repose en toi!
Adieu donc,
Vains objets qui nous charment sur terre!
Salut! Salut! premiers rayons de l'immortalité!
L'infini m'appelle et m'éclaire,
Je meurs pour la justice et pour la liberté!
Je ne regrette rien de ma prison d'argile
Fuyant l'humanité je vais calme et tranquille
M'envelopper d'éternité!
Je ne regrette rien, et pourtant... ô faiblesse! je songe à cette enfant!
Je songe à cette enfant dont les traits radieux sont présents à mes yeux!
Souvenir qui m'oppresse!
Souvenir... qui m'oppresse! toujours... je songe à cette enfant!
Seigneur! si je suis ton fils,
Seigneur! si je suis ton fils,
Dis-moi pourquoi,
Dis-moi pourquoi
Tu souffres que l'amour vienne ébranler ma foi?
Et si je sors meurtri, vaincu de cette lutte,
Qui l'a permis? à qui la faute de la chute?
Souvenir...qui m'oppresse!
Seigneur! si je suis ton fils!
Dis-moi pourquoi,
(avec élan et désespérance)
dis-moi pourquoi
Tu souffres que l'amour vienne ébranler ma foi?
Seigneur! suis-je ton fils? suis-je ton fils?
O Seigneur! O Seigneur!
(Il retombe accablé)
(Salomé apparait dans le souterrain, il semble qu'elle soit guidée par les derniers accents de Jean)
(avec un cri)
Salomé!

SALOMÉ
(de même)
Jean!

JEAN
(attendri)
C'est toi! toi! dans ce sombre lieu!
(avec tendresse)
Mais...qu'as-tu donc?
Salomé...tu frisonnes...

SALOMÉ
Oui, Jean: c'est de bonheur!
C'est de bonheur!

JEAN
(avec élan)
Ah! c'est donc vrai, Seigneur, que tu pardonnes!
(avec amour)
Que je puis respirer cette enivrante fleur.

SALOMÉ
(palpitante et presque sans force)
Mon coeur se brise... et j'ai peur de l'entendre!
jusqu'à moi... tu veux descendre...
Jean! mon coeur se brise!
Jean! tu m'aimes!
Jusqu'à moi tu veux bien descendre
Ah! de bonheur je frissonne!
Et j'ai peur de l'entendre, murmurer: je t'aime!

JEAN
La presser sur ma bouche et murmurer:
Je t'aime!
Ces mots ne sont pas un blasphème.
Tu m'as donné la voix pour te nommer, Seigneur!
Et l'âme pour aimer!
Ah! j'ai peur de l'entendre!
Seigneur, c'est donc vrai, que je puis respirer cette enivrante fleur!
Seigneur!
Seigneur! oui, je puis respirer cette enivrante fleur!
la presser sur ma bouche et murmurer:je t'aime!

LE PEUPLE
(à l'extérieur)
Mort au Prophète! mort au Prophète! mort au Prophète!

SALOMÉ
(avec terreur)
C'est le supplice qui s'apprête!

JEAN
(avec désespoir)
S'élever jusqu'au ciel et retomber si tôt!
Pars! Salomé! Pars! il le faut!

SALOMÉ
(avec courage et tendresse)
Te quitter! moi?
(avec enthousiasme)
quand le ciel nous appelle!
Ô Jean! te quitter! te quitter! non! jamais!
(douce et résignée)
Ami, la mort n'est pas cruelle,
Qui nous prends tous les deux,
qui nous prends tous les deux et va nous réunir!
Si Dieu l'avait permis, l'âme heureuse, et ravie,
A tes côtés, j'aurais passé ma vie!
Dieu ne l'a pas voulu!
(avec volonté)
Je saurai donc mourir
Près de toi... près de toi, dans tes bras!
Ô sublime martyr! je veux mourir...
Près de toi... dans tes bras... près de toi!
je veux mourir! près de toi! dans tes bras!

JEAN
(résistant encore)
Non! Dieu n'accepte pas ton sacrifice!

SALOMÉ
(suppliante)
Hélas! hélas!

JEAN
Non!

SALOMÉ
...si c'est un rêve!
Jean! ô Jean! ne me réveille pas!

JEAN
(avec émotion)
Il est beau de mourir en s'aimant ma chère âme!
(inspiré)
Quand nos jours s'éteindront comme une chaste flamme,
Notre amour, dans le ciel rayonnant de clarté,
Trouvera le mystère et l'immortalité! et l'immortalité!

SALOMÉ
(inspirée)
Quand nos jours s'éteindront

SALOMÉ et JEAN
... comme une chaste flamme,

SALOMÉ
... notre amour dans le ciel

SALOMÉ et JEAN
... rayonnant de clarté,

SALOMÉ
Trouvera le mystère

SALOMÉ ET JEAN
C'est l'immortalité! c'est l'immortalité!
(avec enthousiasme)
Il est beau de mourir, de mourir en s'animant, ma chère âme!
Quand nos jours s'éteindront pour jamais!
Notre amour dans le ciel trouvera le mystère et l'immortalité!
(avec ivresse)
Transport de l'amour, embrase-nous! embrase-nous toujours!!


(Jean et Salomé se tiennent enlacés. Le Grand Prêtre paraît suivi de Gardes et des esclaves éthiopiens du Tétrarque.)

LE GRAND PRÊTRE
(à Jean)
Jean! ton heure est venue!
Hérodiade veut qu'on te mène au supplice...
(à Salomé)
Enfant, rends grâce au Roi!
Pour toi... pour ta jeunesse, il brave la justice
Et t'appelle au palais!

SALOMÉ
(les esclaves s'emparent de Salomé qui tend les bras vers Jean, et résiste désespérément.)
Jean! non! laissez-moi!


(Dans un suprême effort elle parvient à s'élancer dans les bras de Jean.)

JEAN
Allons! allons! j'attends la mort!

SALOMÉ
Jamais! Ah!


(Les esclaves noirs emmènent de force Salomé que le Grande Prêtre accompagne. Jean va, de lui même, se remettre aux mains des Prêtres et des gardes).


RIDEAU

Fin du 1er Tableau du 4e Acte.




2d Tableau

Scène XIV

Une Grande Salle du Palais

(Aux colonnes de marbre sont pendus des boucliers d'or, des éperons de trirèmes et des lampadaires d'argent.Un vélarium d'azur est tendu au-dessus de cette salle à ciel ouvert. A travers les portiques on aperçoit Jérusalem. Fanfares à l'extérieur. Les chefs et les soldats de l'armée Romaine célèbrent leur conquête et la grandeur de Rome.)



CHEFS ET SOLDATS ROMAINS
Romains! Romains! nous sommes Romains!
A ce nom seul le monde entier frémit de crainte!
Devant Jérusalem, devant la cité sainte,
Arrêtons-nous en souverains!
Arrêtons-nous en souverains!
Nos aigles d'un coup d'aile étendent notre gloire
A travers la plaine et les mers!
Et nous parcourons, nous parcourons l'univers
Et marquant tous nos pas, en marquant tous nos pas, avec une victoire!
Romains! Romains! nous sommes Romains!
A ce nom seul le monde entier frémit de crainte!
Devant Jérusalem, devant la cité sainte,
Arrêtons-nous en souverains! arrêtons-nous en souverains! en souverains!


(des esclaves apportent des amphores et des coupes.)

HUIT CORYPHÉES
Patrie!

TOUS RÉUNIS
Patrie!

HUIT CORYPHÉES
Pour toi mère chérie
Nous versons, nous versons notre sang!

TOUS RÉUNIS
Pour toi mère chérie,
Nous versons, nous versons notre sang!

HUIT CORYPHÉES
Patrie!

TOUS RÉUNIS
Patrie!
Rome, de nous sois fière!
Rome, de nous sois fière!
Et toi, Tibère, regarde tes enfants!
Regarde! nos fronts ont l'auréole
Des César triomphants!
(Fanfares sur la scène)
des Césars triomphants!
Nous monterons au Capitole! au Capitole!
Romains! Romains! nous sommes Romains!
A ce nom seul le monde entier frémit de crainte!
Devant Jérusalem! devant la cité sainte!
Arrêtons-nous en souverains!
Arrêtons-nous en souverains!
Nos aigles étendent notre gloire
A travers la plaine et les mers
Et nous parcourons, parcourons l'univers
En marquant tous nos pas!
En marquant tous nos pas! avec une victoire!
Romains! Romains! nous sommes Romains!


(Entrée de Vitellius, d'Hérode et d'Hérodiade, suivis de la cour.)

LA FOULE
Hérode, gloire à toi!
Gloire à toi! Vitellius!


Ballet


LES ÉGYPTIENNES
LES BABYLONIENNES
LES GAULOISES
LES PHÉNICIENNES

FINAL




Scène XV

(Salomé, les cheveux épars et s'arrachant des mains des esclaves éthiopiens, se précipite sur la scène. Phanuel, la suit. Une grande agitation se produit: Hérode, Hérodiade et Vitellius quittent leurs places.)

SALOMÉ
(avec égarement, aux assistants)
Pourquoi me retirer cette faveur suprême,
Le bonheur de mourir avec celui que j'aime?

HÉRODE
(à part)
Elle me doit la vie, et c'est lui seul qu'elle aime!

HÉRODIADE
(à part)
Quel trouble m'envahit... puis-je oublier qu'il l'aime!

PHANUEL
Espère-t'elle sauver celui qu'elle aime?

LA FOULE
Elle espère sauver le Prophète!

VITELLIUS
Au prophète qu'elle aime
Pourra-t'il faire grâce?

SALOMÉ
(s'adressant tour à tour à Hérode et à Hérodiade)
Qu'il vive, qu'il vive! sois clément et doux!
Salomé te prie à genoux!
Non, c'est toi qu'elle implore, ô Reine, vois mes larmes...
Une femme comprend de pareilles alarmes:
Pitié! si tu fus mère!
Pitié! si tu fus mère!
Grâce pour lui! grâce pour lui! grâce!

HÉRODIADE
(frissonnant à ce mot)
Ah! que dis-tu? tais-toi! quel souvenir! c'est vrai ...
dieux puissants! dieux puissants! je suis mère!

SALOMÉ
(à Hérodiade, avec un grand sentiment)
Si je vous fais pitié! laissez vous émouvoir!
connaissez ma misère! écoutez-moi!

HÉRODIADE
(à part)
Quel souvenir! oui, je suis mère!

SALOMÉ
Lorsque m'abandonnait une mère inhumaine
C'est lui qui m'accueillit et consola ma peine!
Si je vous fais pitié! laissez-vous émouvoir!
Ô Reine, écoutez-moi! connaissez ma misère!
Ô Reine, écoutez-moi!
Laissez-vous émouvoir!

HÉRODIADE
(avec une extrême tendresse)
Ses pleurs ont calmé ma fureur!
De l'enfant oublié est le spectre vengeur!
Oui, Comme cette enfant ma fille eut été belle!

SALOMÉ
Avez pitié!

HÉRODIADE
Sa voix me rappelle, sa voix!

SALOMÉ
Écoutez moi;

HÉRODIADE
Le remords me crie: C'est elle!

SALOMÉ
(avec violence)
Pour un hymen infâme,
Ma mère, je l'ai su,
Ma mère a brisé l'âme
Du pauvre enfant perdu!

HÉRODIADE
(avec angoisse)
Dieux! elle maudit sa
(avec un accent déchirant)
mère!

SALOMÉ
(à Hérodiade)
Laissez-vous émouvoir! voyez mon désespoir! connaissez ma misère!
Connaissez ma misère! pitié!
Voyez mes larmes! et ma misère! voyez mes larmes
Grâce pour lui! grâce pour lui!

HÉRODE
(à Salomé)
Viens! je te tends les bras! enfant,
ne t'en vas pas! à toi, ma vie entière! ne t'en vas pas!
A toi ma vie entière! ne t'en vas pas! je t'aime, enfant!
ne me fuis pas! à toi ma vie, à toi! ah! viens!

VITELLIUS et PHANUEL
(à Hérodiade)
Laissez-vous émouvoir voyez son désespoir et sa misère!
Voyez son désespoir!
Pitié pour lui! pitié pour lui! grâce!

LA FOULE
Grâce!


(Au moment ou Hérodiade, anxieuse, va parler, le Bourreau paraît tenant à la main un glaive teint de sang.)

SALOMÉ
(avec un cri terrible)
Ah!

LA FOULE
(avec respect et terreur)
Le Prophète est mort!

SALOMÉ
(à Hérodiade)
Il est mort de ta main! tu mourras donc aussi!


(Elle fait un effort désespéré, tire un poignard de sa ceinture et se précipite sur Hérodiade.)

HÉRODIADE
(avec épouvante)
Grâce, je suis ta mère!

HÉRODE, VITELLIUS, PHANUEL et LA FOULE
Sa Mère!

SALOMÉ
Ah! Reine détestée,
S'il est vrai que tes flancs odieux m'aient portée...
Tiens! reprends ton sang et ma vie!


(elle se frappe et meurt.)

HÉRODE
(avec un cri, la recevant dans ses bras)
Salomé!

HÉRODIADE
(avec désespoir se jetant sur elle.)
Ma fille!

HÉRODE
Morte!

VITELLIUS, PHANUEL et LA FOULE
Jour d'horreur!


RIDEAU


F I N
Acte IV

1er Tableau

Scène XIII

(Sorte de crypte ronde creusée jusqu'un tuf; à gauche, sur un stèle, une lampe funéraire brûle dans une coquille de bronze, faisant un demi cercle de clarté douteuse au milieu de laquelle se trouve Jean. Jean est assis dans une attitude de résignation contemplative.)

JEAN
Ne pouvant réprimer les élans de la foi
Leur impuissante rage a frappé ton prophète,
Seigneur! ta volonté soit faite,
Je me repose en toi!
Adieu donc,
Vains objets qui nous charment sur terre!
Salut! Salut! premiers rayons de l'immortalité!
L'infini m'appelle et m'éclaire,
Je meurs pour la justice et pour la liberté!
Je ne regrette rien de ma prison d'argile
Fuyant l'humanité je vais calme et tranquille
M'envelopper d'éternité!
Je ne regrette rien, et pourtant... ô faiblesse! je songe à cette enfant!
Je songe à cette enfant dont les traits radieux sont présents à mes yeux!
Souvenir qui m'oppresse!
Souvenir... qui m'oppresse! toujours... je songe à cette enfant!
Seigneur! si je suis ton fils,
Seigneur! si je suis ton fils,
Dis-moi pourquoi,
Dis-moi pourquoi
Tu souffres que l'amour vienne ébranler ma foi?
Et si je sors meurtri, vaincu de cette lutte,
Qui l'a permis? à qui la faute de la chute?
Souvenir...qui m'oppresse!
Seigneur! si je suis ton fils!
Dis-moi pourquoi,
(avec élan et désespérance)
dis-moi pourquoi
Tu souffres que l'amour vienne ébranler ma foi?
Seigneur! suis-je ton fils? suis-je ton fils?
O Seigneur! O Seigneur!
(Il retombe accablé)
(Salomé apparait dans le souterrain, il semble qu'elle soit guidée par les derniers accents de Jean)
(avec un cri)
Salomé!

SALOMÉ
(de même)
Jean!

JEAN
(attendri)
C'est toi! toi! dans ce sombre lieu!
(avec tendresse)
Mais...qu'as-tu donc?
Salomé...tu frisonnes...

SALOMÉ
Oui, Jean: c'est de bonheur!
C'est de bonheur!

JEAN
(avec élan)
Ah! c'est donc vrai, Seigneur, que tu pardonnes!
(avec amour)
Que je puis respirer cette enivrante fleur.

SALOMÉ
(palpitante et presque sans force)
Mon coeur se brise... et j'ai peur de l'entendre!
jusqu'à moi... tu veux descendre...
Jean! mon coeur se brise!
Jean! tu m'aimes!
Jusqu'à moi tu veux bien descendre
Ah! de bonheur je frissonne!
Et j'ai peur de l'entendre, murmurer: je t'aime!

JEAN
La presser sur ma bouche et murmurer:
Je t'aime!
Ces mots ne sont pas un blasphème.
Tu m'as donné la voix pour te nommer, Seigneur!
Et l'âme pour aimer!
Ah! j'ai peur de l'entendre!
Seigneur, c'est donc vrai, que je puis respirer cette enivrante fleur!
Seigneur!
Seigneur! oui, je puis respirer cette enivrante fleur!
la presser sur ma bouche et murmurer:je t'aime!

LE PEUPLE
(à l'extérieur)
Mort au Prophète! mort au Prophète! mort au Prophète!

SALOMÉ
(avec terreur)
C'est le supplice qui s'apprête!

JEAN
(avec désespoir)
S'élever jusqu'au ciel et retomber si tôt!
Pars! Salomé! Pars! il le faut!

SALOMÉ
(avec courage et tendresse)
Te quitter! moi?
(avec enthousiasme)
quand le ciel nous appelle!
Ô Jean! te quitter! te quitter! non! jamais!
(douce et résignée)
Ami, la mort n'est pas cruelle,
Qui nous prends tous les deux,
qui nous prends tous les deux et va nous réunir!
Si Dieu l'avait permis, l'âme heureuse, et ravie,
A tes côtés, j'aurais passé ma vie!
Dieu ne l'a pas voulu!
(avec volonté)
Je saurai donc mourir
Près de toi... près de toi, dans tes bras!
Ô sublime martyr! je veux mourir...
Près de toi... dans tes bras... près de toi!
je veux mourir! près de toi! dans tes bras!

JEAN
(résistant encore)
Non! Dieu n'accepte pas ton sacrifice!

SALOMÉ
(suppliante)
Hélas! hélas!

JEAN
Non!

SALOMÉ
...si c'est un rêve!
Jean! ô Jean! ne me réveille pas!

JEAN
(avec émotion)
Il est beau de mourir en s'aimant ma chère âme!
(inspiré)
Quand nos jours s'éteindront comme une chaste flamme,
Notre amour, dans le ciel rayonnant de clarté,
Trouvera le mystère et l'immortalité! et l'immortalité!

SALOMÉ
(inspirée)
Quand nos jours s'éteindront

SALOMÉ et JEAN
... comme une chaste flamme,

SALOMÉ
... notre amour dans le ciel

SALOMÉ et JEAN
... rayonnant de clarté,

SALOMÉ
Trouvera le mystère

SALOMÉ ET JEAN
C'est l'immortalité! c'est l'immortalité!
(avec enthousiasme)
Il est beau de mourir, de mourir en s'animant, ma chère âme!
Quand nos jours s'éteindront pour jamais!
Notre amour dans le ciel trouvera le mystère et l'immortalité!
(avec ivresse)
Transport de l'amour, embrase-nous! embrase-nous toujours!!


(Jean et Salomé se tiennent enlacés. Le Grand Prêtre paraît suivi de Gardes et des esclaves éthiopiens du Tétrarque.)

LE GRAND PRÊTRE
(à Jean)
Jean! ton heure est venue!
Hérodiade veut qu'on te mène au supplice...
(à Salomé)
Enfant, rends grâce au Roi!
Pour toi... pour ta jeunesse, il brave la justice
Et t'appelle au palais!

SALOMÉ
(les esclaves s'emparent de Salomé qui tend les bras vers Jean, et résiste désespérément.)
Jean! non! laissez-moi!


(Dans un suprême effort elle parvient à s'élancer dans les bras de Jean.)

JEAN
Allons! allons! j'attends la mort!

SALOMÉ
Jamais! Ah!


(Les esclaves noirs emmènent de force Salomé que le Grande Prêtre accompagne. Jean va, de lui même, se remettre aux mains des Prêtres et des gardes).


RIDEAU

Fin du 1er Tableau du 4e Acte.




2d Tableau

Scène XIV

Une Grande Salle du Palais

(Aux colonnes de marbre sont pendus des boucliers d'or, des éperons de trirèmes et des lampadaires d'argent.Un vélarium d'azur est tendu au-dessus de cette salle à ciel ouvert. A travers les portiques on aperçoit Jérusalem. Fanfares à l'extérieur. Les chefs et les soldats de l'armée Romaine célèbrent leur conquête et la grandeur de Rome.)



CHEFS ET SOLDATS ROMAINS
Romains! Romains! nous sommes Romains!
A ce nom seul le monde entier frémit de crainte!
Devant Jérusalem, devant la cité sainte,
Arrêtons-nous en souverains!
Arrêtons-nous en souverains!
Nos aigles d'un coup d'aile étendent notre gloire
A travers la plaine et les mers!
Et nous parcourons, nous parcourons l'univers
Et marquant tous nos pas, en marquant tous nos pas, avec une victoire!
Romains! Romains! nous sommes Romains!
A ce nom seul le monde entier frémit de crainte!
Devant Jérusalem, devant la cité sainte,
Arrêtons-nous en souverains! arrêtons-nous en souverains! en souverains!


(des esclaves apportent des amphores et des coupes.)

HUIT CORYPHÉES
Patrie!

TOUS RÉUNIS
Patrie!

HUIT CORYPHÉES
Pour toi mère chérie
Nous versons, nous versons notre sang!

TOUS RÉUNIS
Pour toi mère chérie,
Nous versons, nous versons notre sang!

HUIT CORYPHÉES
Patrie!

TOUS RÉUNIS
Patrie!
Rome, de nous sois fière!
Rome, de nous sois fière!
Et toi, Tibère, regarde tes enfants!
Regarde! nos fronts ont l'auréole
Des César triomphants!
(Fanfares sur la scène)
des Césars triomphants!
Nous monterons au Capitole! au Capitole!
Romains! Romains! nous sommes Romains!
A ce nom seul le monde entier frémit de crainte!
Devant Jérusalem! devant la cité sainte!
Arrêtons-nous en souverains!
Arrêtons-nous en souverains!
Nos aigles étendent notre gloire
A travers la plaine et les mers
Et nous parcourons, parcourons l'univers
En marquant tous nos pas!
En marquant tous nos pas! avec une victoire!
Romains! Romains! nous sommes Romains!


(Entrée de Vitellius, d'Hérode et d'Hérodiade, suivis de la cour.)

LA FOULE
Hérode, gloire à toi!
Gloire à toi! Vitellius!


Ballet


LES ÉGYPTIENNES
LES BABYLONIENNES
LES GAULOISES
LES PHÉNICIENNES

FINAL




Scène XV

(Salomé, les cheveux épars et s'arrachant des mains des esclaves éthiopiens, se précipite sur la scène. Phanuel, la suit. Une grande agitation se produit: Hérode, Hérodiade et Vitellius quittent leurs places.)

SALOMÉ
(avec égarement, aux assistants)
Pourquoi me retirer cette faveur suprême,
Le bonheur de mourir avec celui que j'aime?

HÉRODE
(à part)
Elle me doit la vie, et c'est lui seul qu'elle aime!

HÉRODIADE
(à part)
Quel trouble m'envahit... puis-je oublier qu'il l'aime!

PHANUEL
Espère-t'elle sauver celui qu'elle aime?

LA FOULE
Elle espère sauver le Prophète!

VITELLIUS
Au prophète qu'elle aime
Pourra-t'il faire grâce?

SALOMÉ
(s'adressant tour à tour à Hérode et à Hérodiade)
Qu'il vive, qu'il vive! sois clément et doux!
Salomé te prie à genoux!
Non, c'est toi qu'elle implore, ô Reine, vois mes larmes...
Une femme comprend de pareilles alarmes:
Pitié! si tu fus mère!
Pitié! si tu fus mère!
Grâce pour lui! grâce pour lui! grâce!

HÉRODIADE
(frissonnant à ce mot)
Ah! que dis-tu? tais-toi! quel souvenir! c'est vrai ...
dieux puissants! dieux puissants! je suis mère!

SALOMÉ
(à Hérodiade, avec un grand sentiment)
Si je vous fais pitié! laissez vous émouvoir!
connaissez ma misère! écoutez-moi!

HÉRODIADE
(à part)
Quel souvenir! oui, je suis mère!

SALOMÉ
Lorsque m'abandonnait une mère inhumaine
C'est lui qui m'accueillit et consola ma peine!
Si je vous fais pitié! laissez-vous émouvoir!
Ô Reine, écoutez-moi! connaissez ma misère!
Ô Reine, écoutez-moi!
Laissez-vous émouvoir!

HÉRODIADE
(avec une extrême tendresse)
Ses pleurs ont calmé ma fureur!
De l'enfant oublié est le spectre vengeur!
Oui, Comme cette enfant ma fille eut été belle!

SALOMÉ
Avez pitié!

HÉRODIADE
Sa voix me rappelle, sa voix!

SALOMÉ
Écoutez moi;

HÉRODIADE
Le remords me crie: C'est elle!

SALOMÉ
(avec violence)
Pour un hymen infâme,
Ma mère, je l'ai su,
Ma mère a brisé l'âme
Du pauvre enfant perdu!

HÉRODIADE
(avec angoisse)
Dieux! elle maudit sa
(avec un accent déchirant)
mère!

SALOMÉ
(à Hérodiade)
Laissez-vous émouvoir! voyez mon désespoir! connaissez ma misère!
Connaissez ma misère! pitié!
Voyez mes larmes! et ma misère! voyez mes larmes
Grâce pour lui! grâce pour lui!

HÉRODE
(à Salomé)
Viens! je te tends les bras! enfant,
ne t'en vas pas! à toi, ma vie entière! ne t'en vas pas!
A toi ma vie entière! ne t'en vas pas! je t'aime, enfant!
ne me fuis pas! à toi ma vie, à toi! ah! viens!

VITELLIUS et PHANUEL
(à Hérodiade)
Laissez-vous émouvoir voyez son désespoir et sa misère!
Voyez son désespoir!
Pitié pour lui! pitié pour lui! grâce!

LA FOULE
Grâce!


(Au moment ou Hérodiade, anxieuse, va parler, le Bourreau paraît tenant à la main un glaive teint de sang.)

SALOMÉ
(avec un cri terrible)
Ah!

LA FOULE
(avec respect et terreur)
Le Prophète est mort!

SALOMÉ
(à Hérodiade)
Il est mort de ta main! tu mourras donc aussi!


(Elle fait un effort désespéré, tire un poignard de sa ceinture et se précipite sur Hérodiade.)

HÉRODIADE
(avec épouvante)
Grâce, je suis ta mère!

HÉRODE, VITELLIUS, PHANUEL et LA FOULE
Sa Mère!

SALOMÉ
Ah! Reine détestée,
S'il est vrai que tes flancs odieux m'aient portée...
Tiens! reprends ton sang et ma vie!


(elle se frappe et meurt.)

HÉRODE
(avec un cri, la recevant dans ses bras)
Salomé!

HÉRODIADE
(avec désespoir se jetant sur elle.)
Ma fille!

HÉRODE
Morte!

VITELLIUS, PHANUEL et LA FOULE
Jour d'horreur!


RIDEAU


F I N



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