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ACTE III


(Le théâtre représente le Pré-aux-Clercs, qui s'étend jusqu'aux bords de la Seine. A gauche, sur le premier plan, un cabaret où sont assis des étudiants catholiques et des jeunes filles; à droite, un autre cabaret devant lequel des soldats huguenots boivent et jouent aux dés. Sur le second plan, à gauche, l'entrée d'une chapelle. Au milieu, un arbre immense qui ombrage la prairie. Au lever du rideau, des clercs de la Basoche et des grisettes sont assis sur des chaises et causent entre eux. D'autres se promènent. Ouvriers, marchands, musiciens ambulants, moines, bourgeois et bourgeoises. l1 est six heures du soir, au mois d'août)

CHOEUR DES PROMENEURS
C'est le jour du dimanche,
c'est le jour du repos;
dans une gaieté franche
oublions nos travaux!
C'est le jour du dimanche...
Tra la la la la la...

SOLDATS HUGUENOTS
Rataplan, rataplan plan plan

BOIS-ROSE, SOLDATS
Prenant son sabre de batailles,
qui fait crouler forts et murailles...
il a dit: Soldats de la foi
suivez-moi! suivez-moi!
Je suis votre vieux capitaine, rataplan,
à la victoire je vous mène, rataplan,
ou je vous mène en paradis, mes amis!

SOLDATS
Rataplan, rataplan...
Vive la guerre!
Buvons, amis,
à notre père,
à Coligny!
Vive la guerre
Vive Coligny!
Vive Coligny!

(Nevers, Saint-Bris, Valentine, jeunes filles et dames catholiques marchent vers la chapelle)

JEUNES FILLES ET DAMES CATHOLIQUES
Vierge Marie, soyez bénie
Votre voix prie. Ave!
pour les pécheurs, Ave!
Reine de grâce,
pour vous s'efface
jusqu'à la trace
de nos douleurs. Ah!

MARCEL
Le seigneur de Saint-Bris?

D'HOMMES CATHOLIQUES
(faible)
Tu ne peux lui parler.

MARCEL
Pourquoi donc?

HOMMES CATHOLIQUES
Incline ton front!

MARCEL
Et pourquoi le ferais-je?
Dieu n'est pas là, je pense.

(Marcel sort)

HOMMES CATHOLIQUES
Impie!

BOIS-ROSE
Il a raison!

BOIS-ROSE, SOLDATS
Rataplan, rataplan...

FEMMES CATHOLIQUES
Vierge Marie,
soyez bénie!
Votre voix prie
pour le pécheur.

BOIS-ROSE, SOLDATS
Vive la guerre!
Buvons, amis,
à notre père,
à Coligny!

D'HOMMES CATHOLIQUES
Profanes! Impies!
dont les âmes sont endurcies!

CHOEUR
Oh! profanes, impies
qu'on devrait brûler en plein air,
en attendant les feux d'enfer.

SOLDATS
Rataplan, rataplan...

(Des bohémiens arrivent)

DEUX BOHEMIENNES
Venez, venez, venez,
vous qui voulez savoir d'avance
si le destin vous sourira,
payez, payez, et ma science
à juste prix vous le dira.
De la Bohème
enfants joyeux,
le ciel lui-même
s'ouvre à nos yeux!
Beautés coquettes,
seigneurs galantsjeunes fillettes
jeunes amants.
Tra la la la...

ETUDIANTS, SOLDATS
Gentilles Bohémiennes,
venez danser avec nous,
oui gentilles Bohémiennes,
venez danser avec nous.

Ballet

(Nevers, Saint-Bris et Maurevert sorts de la chapelle)

NEVERS
(à Saint-Bris)
Pour remplir un voeu solennel,
jusqu'à ce soir au pied du saint autel,
Valentine demande à rester en prière!
J'obéis! et suivi de mes nombreux amis,
je reviendrai chercher l'épouse qui m'est chère
pour la conduire en pompe à mon logis.

SAINT-BRIS
Ainsi par cet illustre et noble mariage
des refus de Raoul je puis braver l'outrage,
mais non pas l'oublier, et s'il s'offre à mes coups...

MARCEL
Au seigneur de Saint-Bris
que cela soit remis,
a dit mon maître; et moi qui...

SAINT-BRIS
Donne!
Raoul! Raoul! Il revient donc enfin!

MARCEL
Avec la Reine!
Tous les trois nous venons
de quitter la Touraine
nous entrons dans Paris.

SAINT-BRIS
Et j'en rends grâce au ciel!
Il m'ose défier, il m'envoie un cartel.

MARCEL
Grand Dieu! Quel mot viens-je d'entendre?

SAINT-BRIS
Aujourd'hui même, au Pré-aux-Clercs,
quand les ombres du soirrendent
ces lieux déserts il viendra!

MAUREVERT
C'est ici tantôt qu'il doit se rendre.

SAINT-BRIS
Un Dieu vengeur l'amène!
Il n'en sortira pas!
Nous l'attendrons!

(avec voix faible, à Mauvert)

Cachons ce cartel à mon gendre,
un jour d'hymen il ne doit pas
courir la chance des combats.

MAUREVERT
Ni vous non plus!
Pour frapper un impie,
il est d'autres moyens que le ciel justifie!

SAINT-BRIS
Et lesquels?

MAUREVERT
Dieu le veut!
Venez, et devant lui
vous saurez les projets
que l'on forme aujourd'hui.

UN ARCHER
Rentrez, habitants de Paris.
Tenez-vous clos en vos logis;
que tout bruit meure,
quittez ce lieu
car voici l'heure
du couvre-feu.

CHOEUR
Rentrons, habitants de Paris,
tenons-nous clos en nos logis;
que tout bruit meure,
quittons ce lieu
car voici l'heure
du couvre-feu.

(Tout est désert)

MAUREVERT
(Sortant de la chapelle avec Saint-Bris)
C'est convenu! Tu m'as compris?
Dans une heure, en ces lieux.
Comptez sur nos amis!

(Ils quittent)

VELENTINE
(Sortant de la chapelle)
Ô terreur!
Je tressaille
au seul bruit de mes pas!
Mes sens égarés
ne m’abusent-ils pas?
Derrière ce pilier,
cachée à tous les yeux,
je viens d'entendre, hélas
ce complot odieux!
Ses jours sont menacés!
Ah! je dois l'y soustraire!
Non pas pour lui, mon Dieu,
mais pour l'honneur d'un père.
Mais comment prévenir Raoul?

(Marcel retourne)

MARCEL
Je l'attendrai!
Je serai du combat
et s'il meurt, je mourrai!
Dans la nuit où seul je veille,
ah! quel bruit frappe mon oreille?
La prudence me conseille;
ah! guettons de loin sans bouger!

VELENTINE
Ah! grand Dieu, vois ma détresse!
C'est l'endroit et l'heure presse!
Mais comment, par quelle adresse
du danger le prévenir?

MARCEL
Qui va là?

VELENTINE
O bonheur! c'est la voix du bon Marcel!
Chut! Marcel!

MARCEL
A cette heure, à cette place,
Quoi! mon nom? Qui va là?

VELENTINE
Viens ici!

MARCEL
Halte-là!
Le mot d'ordre! ou qu'on meure!

VELENTINE
Raoul!

MARCEL
Raoul? Bien cela!
Avancez! - Une Femme!
Et voilée!

VELENTINE
As-tu peur?

MARCEL
Qui? Moi? moi, peur? moi?
Non, non, non, tu le sais,
je suis Marcel,
le vieux glaive d'Israël,
la terreur de vos Babel!

VELENTINE
Ecoute-moi!
Raoul en ces lieux doit se rendre.

MARCEL
C'est vrai

VELENTINE
Pour un duel.

MARCEL
C'est vrai... contre un damné,
pour venger son honneur.
Dieu saura le défendre.

VELENTINE
Qu'il vienne au combat
que bien accompagné.
Ah! l'ingrat d'une offense mortelle
a blessé mon coeur tendre et fidèle.
Et pourtant son image cruelle
vit encor dans mon coeur égaré.
Je veux donc lui sauver cette vie,
comme un jour il sauva son amie!

MARCEL
Je courrai l'avertir, le sauver
le défendre!
Insensé, j'oubliais
qu'il n'est plus au logis!
En partant dans ces lieux
il m'a dit de l'attendre.
Où le joindre à présent?
Et comment lui donner cet avis?

VELENTINE
Puis, s'il faut l'oublier, je mourrai!

MARCEL
Si pendant mon absence,
contre lui tout à coup,
cette bande s'élance,
par le fer meurtrier assailli,
sans défense, appelant son Marcel,
c'en est fait... il mourra!
Ah! restons, oui restons!
Mais, à moi seul que pourra tout mon zèle?
Ah! Mourir sur son corps, en serviteur fidèle!

VELENTINE
Ah! s'il faut l'oublier, je mourrai!
Oui, l'ingrat a blessé mon coeur tendre,
et pourtant son image vit dans mon coeur!

MARCEL
Dieu puissant, vois mes pleurs, mon angoisse mortelle,
prends pitié d'un vieillard qui t'adore,
Dieu puissant, prends pitié!
Vois mon angoisse! Pitié! pitié!

VELENTINE
Tu m'as comprise; adieu!

MARCEL
Non! quelle es-tu? J'attends.

VELENTINE
Je suis...

MARCEL
Qui?

VELENTINE
Je suis ... une femme, ô Marcel,
qui l'adore et qui mourra
mais en sauvant ses jours!

MARCEL
Se peut-il? Vraiment?

VELENTINE
Ah! tu ne peux éprouver ni comprendre
ces tourments que nul mot ne sait rendre,
ces combats où la foi, l'amour tendre,
le devoir, tour à tour sont vainqueurs!
Pour sauver une tête si chère,
je trahis et l'honneur et mon père!
Mais j'implore un pardon, et j'espère
en ce Dieu qui connaît tous les coeurs!

MARCEL
Ne te repens pas, noble fille,
d'un dévouement où l'honneur brille,
ne pleure pas; Marcel, ma fille,
te bénit du fond du coeur.
D'un vieillard l'humble prière
est un baume salutaire;
Dieu m'exaucera, j'espère,
en te versant sa faveur!

VELENTINE
Tu ne peux éprouver
ni comprendre ces tourments...

MARCEL
On me disait que la femme
a l'oeil aussi faux que l'âme;
mais sa candeur, cette flamme,
vient tout droit du paradis!
Ne pleure pas, pauvre fille,
non, non, ne pleure pas!

VELENTINE
...mais j'espère en ce Dieu
qui connaît tous les coeurs.

(Valentine entre dans la chapelle)

MARCEL
Un danger le menace, et j'ignore lequel;
alerte, vieilles jambes!
Sauvons Benjamin de sa perte!

(Il voit à Raoul et Saint –Bris)

Ciel! c'est lui! et Judas!

SAINT-BRIS
(à Raoul)
En même temps que nous
se trouver au combat, c'est bien!

RAOUL
Quoi! doutiez-vous de mon exactitude?

MARCEL
Et comment de ce traître déjouer les desseins?

RAOUL SAINT- BRIS
C'est toi, mon bon Marcel?

MARCEL
Oui.

(Tranquillement, à Raoul)

Un ange est descendu,
annonçant la tempête;
mon maître, un piège est sous vos pas.

RAOUL
Perds-tu la tête, Marcel?

(à Saint-Bris et l’accompagne)

De ce loyal combat dont vous êtes témoins,
réglez les lois, messieurs, je m'en fie à vos soins.
En mon bon droit j'ai confiance!

TAVANNES, DE RETZ
J'ai confiance!

COSSE, MERU
J'ai confiance!

TOUS
En mon bon droit j'ai confiance!

RAOUL
Pour me venger de son offense...

TOUS
... que le fer seul juge entre nous!
Je veux raison de son outrage,
et bonne épée et bon courage.
Chacun pour soi!
Et Dieu pour tous!

RAOUL
En mon bon droit, j'ai confiance!

TAVANNES, DE RETZ, COSSE, MERU
J'ai confiance!

MARCEL
(Pour lui, pleurant)
Ah! quel chagrin pour ma vieillesse!
Pleure, Marcel! Dieu nous délaisse!
Pauvre Raoul! ils l'ont trahi!
Pitié, mon Dieu! sauvez mon fils!

TAVANNES, DE RETZ, COSSE, MERU
Quoi qu'il advienne ou qu'il arrive
marchant l'un sur l'autre à la fois
à nombre égal, trois contre trois,
jusqu'à ce que la mort s'ensuive,
oui, nous battrons.

RAOUL, TAVANNES, COSSE
C'est convenu. Saint-Bris,

DE RETZ, MERU
C'est entendu.

MARCEL
(Pleurant)
Pauvre Raoul! ils l'ont trahi!
Pitié, mon Dieu, sauvez mon fils!

TAVANNES, COSSE
(Témoins de Saint-Bris)
Que nul autre que nous ne puisse
au combat ici prendre part.

DE RETZ, MERU
(Témoins de Raoul)
Nul autre que nous ne doit au combat
ici prendre part, non, non.

RAOUL, TAVANNES, COSSE
C'est convenu.

SAINT-BRIS, DE RETZ, MERU
C'est entendu.

TAVANNES
A qui tombera sous...

TOUS
... ni merci, ni trêve!

RAOUL, TAVANNES, COSSE
C'est convenu.

SAINT-BRIS, DE RETZ, MERU
C'est entendu.

RAOUL
C'est convenu.

SAINT-BRIS
C'est entendu.

TOUS
En mon bon droit j'ai confiance
pour me venger de son offense;
que le fer seul juge entre nous.

MERU, SAINT-BRIS
Ah! je les vois trembler d'avance!

LES AUTRES
Méprisons pareille offense!

MERU, SAINT-BRIS
Plus de valeur, moins de prudence!

LES AUTRES
Félons, vite en défense!

TOUS
De ce combat j'attends la fin!

MERU, SAINT-BRIS
Ah! je les vois trembler d'avance!

LES AUTRES
Ah! méprisons pareille offense!

COSSE, MERU, SAINT-BRIS
Que sous nos coups il tombe enfin!

RAOUL, TAVANNES, De Retz
Allons, messieurs, la dague en main!

TOUS
Que sous nos coups...

MERU, SAINT-BRIS
Oui, n'écoutons que notre rage!

LES AUTRES
Et bonne épée et bon courage!
Chacun pour soi,
Qu'ils tombent sous nos coups.

DE RETZ, SAINT-BRIS
Du ciel ils bravent le courroux!
Le ciel contre eux nous encourage!

TOUS
En garde, en garde!
Qu'ils tombent, il faut qu'ils tombent sous nos coups!

MARCEL
Arrêtez! Entendez-vous ces pas? Dans l'ombre
je ne puis distinguer leur force
ni leur nombre!

(Criant à l’extérieure)

Vous qui marchez dans la nuit,
ici que voulez-vous?

MAUREVERT
Que t'importe?

(Il regarde à Raoul)

Que vois-je, ô ciel? et quelle perfidie!
Des huguenots dont la fureur impie
ose à nombre inégal
attaquer dans ces lieux un des nôtres!
A moi, à moi, défenseurs du vrai Dieu!

MARCEL
C'est une trahison! Monstres!
Dieu vous regarde!

SOLDATS HUGUENOTS
(Dans la taverne)
Rataplan, rataplan plan, plan
Vive la guerre! Buvons, amis, oui!

MARCEL
(Il frappe la porte de la taverne)
Coligny! Défenseurs de la foi,
tout Israël est en émoi!
Victoire! Enfin tu rends, mon Dieu!
la victoire à nos armes!

SAINT-BRIS
(Vers la taverne où se trouvent les étudiants)
A moi! à moi! Braves étudiants
accourez! Accourez!
Trahison! Perfidie! venez!

UN ETUDIANT
(à gauche)
Oui, tous!

SOLDATS HUGUENOTS
ETUDIANTS CATHOLIQUES
Nous voilà, nous voilà,
nous voilà, félons, arrière!

ETUDIANTS CATHOLIQUES
Tournez bride, tournez bride, cavaliers!

SOLDATS HUGUENOTS
A vos classes! à vos classes, écoliers!

ETUDIANTS CATHOLIQUES
Marmotteurs de prière,
régiment de sorciers!

SOLDATS HUGUENOTS
Rengainez la rapière,
soldats de bénitiers!

ETUDIANTS CATHOLIQUES
Bel honneur de calviniste!

SOLDATS HUGUENOTS
Loyauté de papiste!

ETUDIANTS CATHOLIQUES
Les païens au fagot!

SOLDATS HUGUENOTS
Au diable tout bigot!

TOUS
Tout bigot, tout bigot!
Les païens au fagot!

FEMMES CATHOLIQUES
Souper à la caserne avec des mécréants!

FEMMES HUGUENOTES
Danser à la taverne
avec des étudiants!

FEMMES CATHOLIQUES
Ah! Cachez-vous donc, éhontées!

FEMMES HUGUENOTES
Taisez-vous donc, effrontées!

FEMMES CATHOLIQUES
Bijoux de huguenot!

FEMMES HUGUENOTES
Mignonnes de cagot!

TOUTES
Taisez-vous, cachez-vous...
Nos têtes sont montées!
Gare à vous! Plus un mot!

SOLDATS
Rengainez la rapière,
écoliers, à vos classes!
Loyauté de papiste!
Mort à qui nous résiste!
Dieu le veut! Plus un mot, non!

FEMMES CATHOLIQUES
Bijoux de huguenots,
gare à vous! Plus un mot!
Ehontées, cachez-vous!
Nos têtes sont montées!
Taisez-vous donc!
Ah! Plus un mot!

ETUDIANTS
Marmotteurs de prières,
cavaliers, tournez bride!
Honneur de calviniste!
Mort à qui nous résiste!
Plus un mot!

FEMMES HUGUENOTES
Mignonnes de cagot!
gare à vous! Plus un mot!
Taisez-vous, effrontées!
Nos têtes sont montées!
Cachez-vous donc! Ah! plus un mot!

TOUS
Mort à qui nous résiste!
Ah! Dieu le veut!
Plus un mot, car Dieu le veut!

(La règne Marguerite arrive)

URBAIN
Arrêtez! Respectez la reine de Navarre!

MARGUERITE
Quoi! même dans Paris, sous les yeux de mon frère,
des deux partis il faut redouter les excès!
Et je ne puis le soir rentrer dans mon palais
sans trouver sous mes pas la discorde et la guerre!

SAINT-BRIS
Qui faut-il accuser?
Ceux dont la trahison
nous force à demander justice.

RAOUL
(désignant Saint-Bris)
La faute en est à lui, qui, sans droit, sans raison,
du plus lâche attentat s'est rendu le complice.

MARGUERITE
O ciel! qui dois-je croire?
et d'un pareil soupçon, quelles preuves?

MARCEL
(désignant Saint-Bris et Maurevert)
Je peux vous les faire connaître;
ce sont eux qui voulaient assassiner mon maître.

SAINT-BRIS
Mensonge! mensonge!

MARCEL
(Désignant a Valentine qui sort de la chapelle)
Une femme en ces lieux
tantôt m'a révélé ce complot odieux
et cette femme, la voici!

SAINT-BRIS
Ma fille!...
Ah! perfidie!

RAOUL
Et comment se peut-il?

MARGUERITE
Raoul, vous saurez tout!

VELENTINE
Madame, au nom du ciel!

RAOUL
Et cette perfidie dont je fus témoin,
chez Nevers, sous mes yeux!

MARGUERITE
Elle y venait pour rompre un hymen odieux!

SAINT-BRIS
Et depuis ce matin,
d'un autre elle est la femme!

CHOEUR
D'un autre?

SOLDATS
Ah! grand Dieu!

SAINT-BRIS
Mais écoutez!
De l'époux triomphant le cortège s'empresse!
Oui, j'entends éclater des accents d'allégresse!
De l'époux triomphant le cortège s'empresse;
appareil digne enfin des Saint-Bris, des Nevers!

NEVERS
(Nervers et son cortège arrivent)
Noble dame,
venez près d'un époux dont l'amour vous réclame.
Votre voeu satisfait, que les miens vous soient chers!
Venez pour célébrer cette heureuse journée;
l'amitié vous attend au banquet d'hyménée,
où vous suit un captif orgueilleux de ses fers!

MARGUERITE, URBAIN
SAINT-BRIS, CHOEUR
Au banquet où le ciel leur apprête
de longs jours, tous pareils à ce jour,
leur palais, rayonnant pour la fête,
du bonheur deviendra le séjour.
Autour d'eux que la danse s'enchaîne!
Que le chant au festin les entraîne!
Allons, vive à jamais la plus belle!
Dansez tous, en chantant leur amour!
Vive, vive la plus belle! Vive!

CHOEUR
Non, plus de paix,
non, non, plus de trêve,
et que la lutte s’achève ici,
il faudra décider par la glaive,
oui, par la glaive de notre sort!
Ah! oui, c’est trop de clémence,
c’est trop, oui, c’est trop de patience,
et e n’ai qu’une seule espérance:
Vengeance ou mort!
ACTE III


(Le théâtre représente le Pré-aux-Clercs, qui s'étend jusqu'aux bords de la Seine. A gauche, sur le premier plan, un cabaret où sont assis des étudiants catholiques et des jeunes filles; à droite, un autre cabaret devant lequel des soldats huguenots boivent et jouent aux dés. Sur le second plan, à gauche, l'entrée d'une chapelle. Au milieu, un arbre immense qui ombrage la prairie. Au lever du rideau, des clercs de la Basoche et des grisettes sont assis sur des chaises et causent entre eux. D'autres se promènent. Ouvriers, marchands, musiciens ambulants, moines, bourgeois et bourgeoises. l1 est six heures du soir, au mois d'août)

CHOEUR DES PROMENEURS
C'est le jour du dimanche,
c'est le jour du repos;
dans une gaieté franche
oublions nos travaux!
C'est le jour du dimanche...
Tra la la la la la...

SOLDATS HUGUENOTS
Rataplan, rataplan plan plan

BOIS-ROSE, SOLDATS
Prenant son sabre de batailles,
qui fait crouler forts et murailles...
il a dit: Soldats de la foi
suivez-moi! suivez-moi!
Je suis votre vieux capitaine, rataplan,
à la victoire je vous mène, rataplan,
ou je vous mène en paradis, mes amis!

SOLDATS
Rataplan, rataplan...
Vive la guerre!
Buvons, amis,
à notre père,
à Coligny!
Vive la guerre
Vive Coligny!
Vive Coligny!

(Nevers, Saint-Bris, Valentine, jeunes filles et dames catholiques marchent vers la chapelle)

JEUNES FILLES ET DAMES CATHOLIQUES
Vierge Marie, soyez bénie
Votre voix prie. Ave!
pour les pécheurs, Ave!
Reine de grâce,
pour vous s'efface
jusqu'à la trace
de nos douleurs. Ah!

MARCEL
Le seigneur de Saint-Bris?

D'HOMMES CATHOLIQUES
(faible)
Tu ne peux lui parler.

MARCEL
Pourquoi donc?

HOMMES CATHOLIQUES
Incline ton front!

MARCEL
Et pourquoi le ferais-je?
Dieu n'est pas là, je pense.

(Marcel sort)

HOMMES CATHOLIQUES
Impie!

BOIS-ROSE
Il a raison!

BOIS-ROSE, SOLDATS
Rataplan, rataplan...

FEMMES CATHOLIQUES
Vierge Marie,
soyez bénie!
Votre voix prie
pour le pécheur.

BOIS-ROSE, SOLDATS
Vive la guerre!
Buvons, amis,
à notre père,
à Coligny!

D'HOMMES CATHOLIQUES
Profanes! Impies!
dont les âmes sont endurcies!

CHOEUR
Oh! profanes, impies
qu'on devrait brûler en plein air,
en attendant les feux d'enfer.

SOLDATS
Rataplan, rataplan...

(Des bohémiens arrivent)

DEUX BOHEMIENNES
Venez, venez, venez,
vous qui voulez savoir d'avance
si le destin vous sourira,
payez, payez, et ma science
à juste prix vous le dira.
De la Bohème
enfants joyeux,
le ciel lui-même
s'ouvre à nos yeux!
Beautés coquettes,
seigneurs galantsjeunes fillettes
jeunes amants.
Tra la la la...

ETUDIANTS, SOLDATS
Gentilles Bohémiennes,
venez danser avec nous,
oui gentilles Bohémiennes,
venez danser avec nous.

Ballet

(Nevers, Saint-Bris et Maurevert sorts de la chapelle)

NEVERS
(à Saint-Bris)
Pour remplir un voeu solennel,
jusqu'à ce soir au pied du saint autel,
Valentine demande à rester en prière!
J'obéis! et suivi de mes nombreux amis,
je reviendrai chercher l'épouse qui m'est chère
pour la conduire en pompe à mon logis.

SAINT-BRIS
Ainsi par cet illustre et noble mariage
des refus de Raoul je puis braver l'outrage,
mais non pas l'oublier, et s'il s'offre à mes coups...

MARCEL
Au seigneur de Saint-Bris
que cela soit remis,
a dit mon maître; et moi qui...

SAINT-BRIS
Donne!
Raoul! Raoul! Il revient donc enfin!

MARCEL
Avec la Reine!
Tous les trois nous venons
de quitter la Touraine
nous entrons dans Paris.

SAINT-BRIS
Et j'en rends grâce au ciel!
Il m'ose défier, il m'envoie un cartel.

MARCEL
Grand Dieu! Quel mot viens-je d'entendre?

SAINT-BRIS
Aujourd'hui même, au Pré-aux-Clercs,
quand les ombres du soirrendent
ces lieux déserts il viendra!

MAUREVERT
C'est ici tantôt qu'il doit se rendre.

SAINT-BRIS
Un Dieu vengeur l'amène!
Il n'en sortira pas!
Nous l'attendrons!

(avec voix faible, à Mauvert)

Cachons ce cartel à mon gendre,
un jour d'hymen il ne doit pas
courir la chance des combats.

MAUREVERT
Ni vous non plus!
Pour frapper un impie,
il est d'autres moyens que le ciel justifie!

SAINT-BRIS
Et lesquels?

MAUREVERT
Dieu le veut!
Venez, et devant lui
vous saurez les projets
que l'on forme aujourd'hui.

UN ARCHER
Rentrez, habitants de Paris.
Tenez-vous clos en vos logis;
que tout bruit meure,
quittez ce lieu
car voici l'heure
du couvre-feu.

CHOEUR
Rentrons, habitants de Paris,
tenons-nous clos en nos logis;
que tout bruit meure,
quittons ce lieu
car voici l'heure
du couvre-feu.

(Tout est désert)

MAUREVERT
(Sortant de la chapelle avec Saint-Bris)
C'est convenu! Tu m'as compris?
Dans une heure, en ces lieux.
Comptez sur nos amis!

(Ils quittent)

VELENTINE
(Sortant de la chapelle)
Ô terreur!
Je tressaille
au seul bruit de mes pas!
Mes sens égarés
ne m’abusent-ils pas?
Derrière ce pilier,
cachée à tous les yeux,
je viens d'entendre, hélas
ce complot odieux!
Ses jours sont menacés!
Ah! je dois l'y soustraire!
Non pas pour lui, mon Dieu,
mais pour l'honneur d'un père.
Mais comment prévenir Raoul?

(Marcel retourne)

MARCEL
Je l'attendrai!
Je serai du combat
et s'il meurt, je mourrai!
Dans la nuit où seul je veille,
ah! quel bruit frappe mon oreille?
La prudence me conseille;
ah! guettons de loin sans bouger!

VELENTINE
Ah! grand Dieu, vois ma détresse!
C'est l'endroit et l'heure presse!
Mais comment, par quelle adresse
du danger le prévenir?

MARCEL
Qui va là?

VELENTINE
O bonheur! c'est la voix du bon Marcel!
Chut! Marcel!

MARCEL
A cette heure, à cette place,
Quoi! mon nom? Qui va là?

VELENTINE
Viens ici!

MARCEL
Halte-là!
Le mot d'ordre! ou qu'on meure!

VELENTINE
Raoul!

MARCEL
Raoul? Bien cela!
Avancez! - Une Femme!
Et voilée!

VELENTINE
As-tu peur?

MARCEL
Qui? Moi? moi, peur? moi?
Non, non, non, tu le sais,
je suis Marcel,
le vieux glaive d'Israël,
la terreur de vos Babel!

VELENTINE
Ecoute-moi!
Raoul en ces lieux doit se rendre.

MARCEL
C'est vrai

VELENTINE
Pour un duel.

MARCEL
C'est vrai... contre un damné,
pour venger son honneur.
Dieu saura le défendre.

VELENTINE
Qu'il vienne au combat
que bien accompagné.
Ah! l'ingrat d'une offense mortelle
a blessé mon coeur tendre et fidèle.
Et pourtant son image cruelle
vit encor dans mon coeur égaré.
Je veux donc lui sauver cette vie,
comme un jour il sauva son amie!

MARCEL
Je courrai l'avertir, le sauver
le défendre!
Insensé, j'oubliais
qu'il n'est plus au logis!
En partant dans ces lieux
il m'a dit de l'attendre.
Où le joindre à présent?
Et comment lui donner cet avis?

VELENTINE
Puis, s'il faut l'oublier, je mourrai!

MARCEL
Si pendant mon absence,
contre lui tout à coup,
cette bande s'élance,
par le fer meurtrier assailli,
sans défense, appelant son Marcel,
c'en est fait... il mourra!
Ah! restons, oui restons!
Mais, à moi seul que pourra tout mon zèle?
Ah! Mourir sur son corps, en serviteur fidèle!

VELENTINE
Ah! s'il faut l'oublier, je mourrai!
Oui, l'ingrat a blessé mon coeur tendre,
et pourtant son image vit dans mon coeur!

MARCEL
Dieu puissant, vois mes pleurs, mon angoisse mortelle,
prends pitié d'un vieillard qui t'adore,
Dieu puissant, prends pitié!
Vois mon angoisse! Pitié! pitié!

VELENTINE
Tu m'as comprise; adieu!

MARCEL
Non! quelle es-tu? J'attends.

VELENTINE
Je suis...

MARCEL
Qui?

VELENTINE
Je suis ... une femme, ô Marcel,
qui l'adore et qui mourra
mais en sauvant ses jours!

MARCEL
Se peut-il? Vraiment?

VELENTINE
Ah! tu ne peux éprouver ni comprendre
ces tourments que nul mot ne sait rendre,
ces combats où la foi, l'amour tendre,
le devoir, tour à tour sont vainqueurs!
Pour sauver une tête si chère,
je trahis et l'honneur et mon père!
Mais j'implore un pardon, et j'espère
en ce Dieu qui connaît tous les coeurs!

MARCEL
Ne te repens pas, noble fille,
d'un dévouement où l'honneur brille,
ne pleure pas; Marcel, ma fille,
te bénit du fond du coeur.
D'un vieillard l'humble prière
est un baume salutaire;
Dieu m'exaucera, j'espère,
en te versant sa faveur!

VELENTINE
Tu ne peux éprouver
ni comprendre ces tourments...

MARCEL
On me disait que la femme
a l'oeil aussi faux que l'âme;
mais sa candeur, cette flamme,
vient tout droit du paradis!
Ne pleure pas, pauvre fille,
non, non, ne pleure pas!

VELENTINE
...mais j'espère en ce Dieu
qui connaît tous les coeurs.

(Valentine entre dans la chapelle)

MARCEL
Un danger le menace, et j'ignore lequel;
alerte, vieilles jambes!
Sauvons Benjamin de sa perte!

(Il voit à Raoul et Saint –Bris)

Ciel! c'est lui! et Judas!

SAINT-BRIS
(à Raoul)
En même temps que nous
se trouver au combat, c'est bien!

RAOUL
Quoi! doutiez-vous de mon exactitude?

MARCEL
Et comment de ce traître déjouer les desseins?

RAOUL SAINT- BRIS
C'est toi, mon bon Marcel?

MARCEL
Oui.

(Tranquillement, à Raoul)

Un ange est descendu,
annonçant la tempête;
mon maître, un piège est sous vos pas.

RAOUL
Perds-tu la tête, Marcel?

(à Saint-Bris et l’accompagne)

De ce loyal combat dont vous êtes témoins,
réglez les lois, messieurs, je m'en fie à vos soins.
En mon bon droit j'ai confiance!

TAVANNES, DE RETZ
J'ai confiance!

COSSE, MERU
J'ai confiance!

TOUS
En mon bon droit j'ai confiance!

RAOUL
Pour me venger de son offense...

TOUS
... que le fer seul juge entre nous!
Je veux raison de son outrage,
et bonne épée et bon courage.
Chacun pour soi!
Et Dieu pour tous!

RAOUL
En mon bon droit, j'ai confiance!

TAVANNES, DE RETZ, COSSE, MERU
J'ai confiance!

MARCEL
(Pour lui, pleurant)
Ah! quel chagrin pour ma vieillesse!
Pleure, Marcel! Dieu nous délaisse!
Pauvre Raoul! ils l'ont trahi!
Pitié, mon Dieu! sauvez mon fils!

TAVANNES, DE RETZ, COSSE, MERU
Quoi qu'il advienne ou qu'il arrive
marchant l'un sur l'autre à la fois
à nombre égal, trois contre trois,
jusqu'à ce que la mort s'ensuive,
oui, nous battrons.

RAOUL, TAVANNES, COSSE
C'est convenu. Saint-Bris,

DE RETZ, MERU
C'est entendu.

MARCEL
(Pleurant)
Pauvre Raoul! ils l'ont trahi!
Pitié, mon Dieu, sauvez mon fils!

TAVANNES, COSSE
(Témoins de Saint-Bris)
Que nul autre que nous ne puisse
au combat ici prendre part.

DE RETZ, MERU
(Témoins de Raoul)
Nul autre que nous ne doit au combat
ici prendre part, non, non.

RAOUL, TAVANNES, COSSE
C'est convenu.

SAINT-BRIS, DE RETZ, MERU
C'est entendu.

TAVANNES
A qui tombera sous...

TOUS
... ni merci, ni trêve!

RAOUL, TAVANNES, COSSE
C'est convenu.

SAINT-BRIS, DE RETZ, MERU
C'est entendu.

RAOUL
C'est convenu.

SAINT-BRIS
C'est entendu.

TOUS
En mon bon droit j'ai confiance
pour me venger de son offense;
que le fer seul juge entre nous.

MERU, SAINT-BRIS
Ah! je les vois trembler d'avance!

LES AUTRES
Méprisons pareille offense!

MERU, SAINT-BRIS
Plus de valeur, moins de prudence!

LES AUTRES
Félons, vite en défense!

TOUS
De ce combat j'attends la fin!

MERU, SAINT-BRIS
Ah! je les vois trembler d'avance!

LES AUTRES
Ah! méprisons pareille offense!

COSSE, MERU, SAINT-BRIS
Que sous nos coups il tombe enfin!

RAOUL, TAVANNES, De Retz
Allons, messieurs, la dague en main!

TOUS
Que sous nos coups...

MERU, SAINT-BRIS
Oui, n'écoutons que notre rage!

LES AUTRES
Et bonne épée et bon courage!
Chacun pour soi,
Qu'ils tombent sous nos coups.

DE RETZ, SAINT-BRIS
Du ciel ils bravent le courroux!
Le ciel contre eux nous encourage!

TOUS
En garde, en garde!
Qu'ils tombent, il faut qu'ils tombent sous nos coups!

MARCEL
Arrêtez! Entendez-vous ces pas? Dans l'ombre
je ne puis distinguer leur force
ni leur nombre!

(Criant à l’extérieure)

Vous qui marchez dans la nuit,
ici que voulez-vous?

MAUREVERT
Que t'importe?

(Il regarde à Raoul)

Que vois-je, ô ciel? et quelle perfidie!
Des huguenots dont la fureur impie
ose à nombre inégal
attaquer dans ces lieux un des nôtres!
A moi, à moi, défenseurs du vrai Dieu!

MARCEL
C'est une trahison! Monstres!
Dieu vous regarde!

SOLDATS HUGUENOTS
(Dans la taverne)
Rataplan, rataplan plan, plan
Vive la guerre! Buvons, amis, oui!

MARCEL
(Il frappe la porte de la taverne)
Coligny! Défenseurs de la foi,
tout Israël est en émoi!
Victoire! Enfin tu rends, mon Dieu!
la victoire à nos armes!

SAINT-BRIS
(Vers la taverne où se trouvent les étudiants)
A moi! à moi! Braves étudiants
accourez! Accourez!
Trahison! Perfidie! venez!

UN ETUDIANT
(à gauche)
Oui, tous!

SOLDATS HUGUENOTS
ETUDIANTS CATHOLIQUES
Nous voilà, nous voilà,
nous voilà, félons, arrière!

ETUDIANTS CATHOLIQUES
Tournez bride, tournez bride, cavaliers!

SOLDATS HUGUENOTS
A vos classes! à vos classes, écoliers!

ETUDIANTS CATHOLIQUES
Marmotteurs de prière,
régiment de sorciers!

SOLDATS HUGUENOTS
Rengainez la rapière,
soldats de bénitiers!

ETUDIANTS CATHOLIQUES
Bel honneur de calviniste!

SOLDATS HUGUENOTS
Loyauté de papiste!

ETUDIANTS CATHOLIQUES
Les païens au fagot!

SOLDATS HUGUENOTS
Au diable tout bigot!

TOUS
Tout bigot, tout bigot!
Les païens au fagot!

FEMMES CATHOLIQUES
Souper à la caserne avec des mécréants!

FEMMES HUGUENOTES
Danser à la taverne
avec des étudiants!

FEMMES CATHOLIQUES
Ah! Cachez-vous donc, éhontées!

FEMMES HUGUENOTES
Taisez-vous donc, effrontées!

FEMMES CATHOLIQUES
Bijoux de huguenot!

FEMMES HUGUENOTES
Mignonnes de cagot!

TOUTES
Taisez-vous, cachez-vous...
Nos têtes sont montées!
Gare à vous! Plus un mot!

SOLDATS
Rengainez la rapière,
écoliers, à vos classes!
Loyauté de papiste!
Mort à qui nous résiste!
Dieu le veut! Plus un mot, non!

FEMMES CATHOLIQUES
Bijoux de huguenots,
gare à vous! Plus un mot!
Ehontées, cachez-vous!
Nos têtes sont montées!
Taisez-vous donc!
Ah! Plus un mot!

ETUDIANTS
Marmotteurs de prières,
cavaliers, tournez bride!
Honneur de calviniste!
Mort à qui nous résiste!
Plus un mot!

FEMMES HUGUENOTES
Mignonnes de cagot!
gare à vous! Plus un mot!
Taisez-vous, effrontées!
Nos têtes sont montées!
Cachez-vous donc! Ah! plus un mot!

TOUS
Mort à qui nous résiste!
Ah! Dieu le veut!
Plus un mot, car Dieu le veut!

(La règne Marguerite arrive)

URBAIN
Arrêtez! Respectez la reine de Navarre!

MARGUERITE
Quoi! même dans Paris, sous les yeux de mon frère,
des deux partis il faut redouter les excès!
Et je ne puis le soir rentrer dans mon palais
sans trouver sous mes pas la discorde et la guerre!

SAINT-BRIS
Qui faut-il accuser?
Ceux dont la trahison
nous force à demander justice.

RAOUL
(désignant Saint-Bris)
La faute en est à lui, qui, sans droit, sans raison,
du plus lâche attentat s'est rendu le complice.

MARGUERITE
O ciel! qui dois-je croire?
et d'un pareil soupçon, quelles preuves?

MARCEL
(désignant Saint-Bris et Maurevert)
Je peux vous les faire connaître;
ce sont eux qui voulaient assassiner mon maître.

SAINT-BRIS
Mensonge! mensonge!

MARCEL
(Désignant a Valentine qui sort de la chapelle)
Une femme en ces lieux
tantôt m'a révélé ce complot odieux
et cette femme, la voici!

SAINT-BRIS
Ma fille!...
Ah! perfidie!

RAOUL
Et comment se peut-il?

MARGUERITE
Raoul, vous saurez tout!

VELENTINE
Madame, au nom du ciel!

RAOUL
Et cette perfidie dont je fus témoin,
chez Nevers, sous mes yeux!

MARGUERITE
Elle y venait pour rompre un hymen odieux!

SAINT-BRIS
Et depuis ce matin,
d'un autre elle est la femme!

CHOEUR
D'un autre?

SOLDATS
Ah! grand Dieu!

SAINT-BRIS
Mais écoutez!
De l'époux triomphant le cortège s'empresse!
Oui, j'entends éclater des accents d'allégresse!
De l'époux triomphant le cortège s'empresse;
appareil digne enfin des Saint-Bris, des Nevers!

NEVERS
(Nervers et son cortège arrivent)
Noble dame,
venez près d'un époux dont l'amour vous réclame.
Votre voeu satisfait, que les miens vous soient chers!
Venez pour célébrer cette heureuse journée;
l'amitié vous attend au banquet d'hyménée,
où vous suit un captif orgueilleux de ses fers!

MARGUERITE, URBAIN
SAINT-BRIS, CHOEUR
Au banquet où le ciel leur apprête
de longs jours, tous pareils à ce jour,
leur palais, rayonnant pour la fête,
du bonheur deviendra le séjour.
Autour d'eux que la danse s'enchaîne!
Que le chant au festin les entraîne!
Allons, vive à jamais la plus belle!
Dansez tous, en chantant leur amour!
Vive, vive la plus belle! Vive!

CHOEUR
Non, plus de paix,
non, non, plus de trêve,
et que la lutte s’achève ici,
il faudra décider par la glaive,
oui, par la glaive de notre sort!
Ah! oui, c’est trop de clémence,
c’est trop, oui, c’est trop de patience,
et e n’ai qu’une seule espérance:
Vengeance ou mort!



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