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(Le théâtre représente un palais. La Gloire et la Sagesse vantent les mérites de Louis XIV, le «maître absolu de cent peuples divers». Elles chantent la «douceur de ses lois» et ses «glorieux exploits». Les deux allégories qui se «partagent son grand cœur» déclarent leur amour pour ce «sage roi». Elles introduisent ensuite la tragédie qu'on donnera pour lui et «qui verra Renaud... voler là où la Gloire appelle son courage»)

PROLOGUE
(Le Théâtre représente un Palais.)

LA GLOIRE, LA SAGESSE & leur Suite

Ouverture

LA GLOIRE
Tout doit céder dans l'Univers
A l'auguste héros que j'aime.
L'effort des ennemis, les glaces des hivers,
Les rochers, les fleuves, les mers,
Rien n'arrête l'ardeur de sa valeur extrême.

LA SAGESSE
Tout doit céder dans l'Univers
A l'auguste héros que j'aime.
Il sait l'art de tenir tous les monstres aux fers;
II est maître absolu de cent peuples divers,
Et plus maître encore de lui-même.

LA GLOIRE & LA SAGESSE
Tout doit céder dans l'Univers
A l'auguste héros que j'aime.

LA SAGESSE & sa suite
Chantons, chantons la douceur de ses lois.

LA GLOIRE & sa suite
Chantons, chantons ses glorieux exploits.

LA GLOIRE & LA SAGESSE
D'une égale tendresse,
Nous aimons le même vainqueur.

LA SAGESSE
Fière Gloire, c'est vous...

LA GLOIRE
...C'est vous, douce Sagesse...

LA GLOIRE & LA SAGESSE
C'est vous qui partagez avec moi son grand cœur.

LA GLOIRE
Je l'emportais sur vous tant qu'a duré la guerre ;
Mais dans la paix vous l'emportez sur moi :
Vous réglez en secret, avec ce sage roi,
Le destin de toute la terre.

LA SAGESSE
La Victoire a suivi ce héros en tous lieux ;
Mais, pour montrer son amour pour la Gloire,
II se sert encore mieux
De la Paix que de la Victoire.
Au milieu du repos qu'il assure aux humains,
II fait tomber, sous ses puissantes mains,
Un monstre qu'on a cru si longtemps invincible.
On voit dans ses travaux combien il est sensible
Pour votre immortelle beauté :
II prévient vos désirs, il passe votre attente ;
L'amour dont il vous aime incessamment s'augmente,
Et n'a jamais tant éclaté.
Qu'un vain désir de préférence
N'altère point l'intelligence
Que ce héros entre nous veut former :
Disputons seulement à qui sait mieux l'aimer.

LA GLOIRE & LA SAGESSE
Disputons seulement à qui sait mieux l'aimer.
Dès qu'on le voit paraître,
De quel cœur n'est-il point le maître ?
Qu'il est doux de suivre ses pas !
Peut-on le connaître
Et ne l'aimer pas ?

LE CHŒUR
Dès qu'on le voit paraître, etc.

(La suite de la GLOIRE et celle de la SAGESSE témoignent, par des danses, la joie qu'elles ont de voir ces deux divinités dans une intelligence parfaite.)

Entrée

Menuet
Gavotte en Rondeau

LA SAGESSE
Suivons notre héros ; que rien ne nous sépare ;
II nous invite aux jeux qu'on lui prépare :
Nous y verrons Renaud, malgré la volupté
Suivre un conseil fidèle et sage ;
Nous le verrons sortir du palais enchanté,
Où, par l'amour d'Armide, il était arrêté,
Et voler où la Gloire appelle son courage.
Le grand roi, qui partage entre nous ses désirs,
Aime à nous voir, même dans ses plaisirs.

LA GLOIRE
Que l'éclat de son nom s'étende au bout du monde.
Réunissons nos voix ;
Que chacun nous réponde.

LA GLOIRE & LA SAGESSE
Chantons, chantons la douceur de ses lois,
Chantons, chantons ses glorieux exploits.

TOUS
Que l'éclat de son nom, etc.

Entrée
Menuets I & II

CHOEUR
Que dans le temple de Mémoire
Son nom soit pour jamais gravé;
C'est à lui qu'il est réservé
D'unir la Sagesse et la Gloire.

Ouvreture (reprise)


ACTE I


(Le théâtre représente une place publique de la ville de Damas, ornée d'un arc de triomphe)

Scène 1

(Armide et ses deux confidentes)

Duo

PHENICE
Dans un jour de triomphe, au milieu des plaisirs,
Qui peut vous inspirer une sombre tristesse?
La gloire, la grandeur, la beauté, la jeunesse,
Tous les biens comblent vos désirs.

SIDONIE
Vous inspirez une fatale flamme
Que vous ne ressentez jamais;
L'amour n'ose troubler la paix
Qui règne dans votre âme.

PHENICE, SIDONIE
Quel sort a plus d'appas!
Et qui peut être heureux si vous ne l'êtes pas!

PHENICE
Si la guerre aujourd'hui fait craindre ses ravages,
C'est aux bords du Jourdain
qu'ils doivent s'arrêter.

PHENICE, SIDONIE
Nos tranquilles rivages
N'ont rien à redouter.

SIDONIE
Nos tranquilles rivages
N'ont rien à redouter.
Les enfers, s'il le faut, prendront pour nous les armes,
Et vous pouvez leur imposer la loi.

PHENICE
Vos yeux n'ont eu besoin que de leurs propres charmes
Pour affaiblir le camp de Godefroi.

PHENICE, SIDONIE
Ses plus vaillants guerriers
contre vous sans défense
Sont tombés en votre puissance!

ARMIDE
Je ne triomphe pas du plus vaillant de tous!
Renaud, pour qui ma haine a tant de violence,
L'indomptable Renaud échappe à mon courroux!
Tout le camp ennemi pour moi devint sensible,
Et lui seul, toujours invincible,
Fit gloire de me voir d'un oeil indifférent.
Il est dans l'âge aimable où sans effort on aime...
Non, je ne puis manquer, sans un dépit extrême,
La conquête d'un coeur si superbe et si grand!

SIDONIE
Qu'importe
qu'un captif manque à votre victoire?
On en voit dans vos fers assez d'autres témoins;
Et pour un esclave de moins,
Un triomphe si beau perdra peu de sa gloire.

PHENICE
Pourquoi voulez-vous songer
A ce qui peut vous déplaire?
Il est plus sûr de se venger
Par l'oubli que par la colère.

PHENICE, SIDONIE
Il est plus sûr de se venger
Par l'oubli que par la colère.

ARMIDE
Les enfers ont prédit cent fois
Que contre ce guerrier
nos armes seront vaines,
Et qu'il vaincra nos plus grands rois:
Ah! Qu'il me serait doux de l'accabler de chaînes,
Et d'arrêter le cours de ses exploits!
Que je le hais!
Que son mépris m'outrage!
Qu'il sera fier d'éviter l'esclavage
Où je tiens tant d'autres héros!
Incessamment son importune image
Malgré moi trouble mon repos.
Un songe affreux m'inspire une frayeur nouvelle
Contre ce funeste ennemi.
J'ai cru le voir, j'en ai frémi!
J'ai cru qu'il me frappait d'une atteinte mortelle,
Je suis tombée aux pieds de ce cruel vainqueur.
Rien, rien ne fléchissait sa rigueur;
Et par un charme inconcevable,
je me sentais contrainte à le trouver aimable
Dans le fatal moment qu'il me perçait le coeur.

SIDONIE
Vous troublez-vous d'une image légère
Que le sommeil produit?
Le beau jour qui vous luit
Doit dissiper cette vaine chimère,
Ainsi qu'il a détruit
Les ombres de la nuit.

Scène 2

(Hidraot et sa suite entrent. Armide, Fenice y Sidonia.)

HIDRAOT
Armide, que le sang qui m'unit avec vous
Me rend sensible aux soins
que l'on prend pour vous plaire!
Que votre triomphe m'est doux!
Que j'aime à voir briller
le beau jour qui l'éclaire!
Je n'aurais plus de voeux à faire,
Si vous choisissiez un époux.
Je vois de près la mort qui me menace,
Et bientôt l'âge qui me glace
Va m'accabler de son pesant fardeau:
C'est le dernier bien où j'aspire
Que de voir votre hymen promettre à cet empire
Des rois formés d'un sang si beau;
Sans me plaindre du sort, je cesserai de vivre,
Si ce doux espoir peut me suivre
Dans l'affreuse nuit du tombeau.

ARMIDE
La chaîne de l'hymen m'étonne,
Je crains ses plus aimables noeuds.
Ah! Qu'un coeur devient malheureux,
Quand la liberté l'abandonne!
La chaîne de l'hymen etc.

HIDRAOT
Pour vous, quand il vous plaît,
tout l'enfer est armé.
Vous êtes plus savante
en mon art que moi-même:
Des grands rois à vos pieds
mettent leur diadème;
Qui vous voit un moment
est pour jamais charmé.
Pouvez-vous mieux goûter votre bonheur extrême
Qu'avec un époux qui vous aime
Et qui soit digne d'être aimé?
Pour vous, quand il vous plaît etc.

ARMIDE
Contre mes ennemis, à mon gré je déchaîne
Le noir empire des enfers,
L'amour met les rois dans mes fers.
Je suis de mille amants maîtresse souveraine;
Mais je fais mon plus grand bonheur
D'être maîtresse de mon coeur.

HIDRAOT
Bornez-vous vos désirs à la gloire cruelle
Des maux que fait votre beauté?
Ne ferez-vous jamais votre félicité
Du bonheur d'un amant fidèle?

ARMIDE
Si je dois m'engager un jour,
Au moins vous devez croire
Qu'il faudra que ce soit la gloire
Qui livre mon coeur à l'amour.
Pour devenir mon maître,
Ce n'est pas assez d'être roi:
Ce sera la valeur qui me fera connaître
Celui qui mérite ma foi.
Le vainqueur de Renaud,
si quelqu'un le peut être,
Sera digne de moi.

Scène 3

(Hidraot, Armide, Fenice, Sidonia. Les peuples du Royaume de Damas entrent et manifestent leur joie par des danses et des chants: la beauté d'Armide a vaincu les chevaliers du camp de Godefroi)

HIDRAOT, CORYPHEES
Armide est encor plus aimable
Qu'elle n'est redoutable:
Que son triomphe est glorieux!

PEUPLES DE DAMAS
Armide est encor plus aimable etc.

HIDRAOT, CORYPHEES
Ses charmes les plus forts sont ceux de ses beaux yeux.

LES PEUPLES DE DAMAS
Ses charmes les plus forts sont ceux de ses beaux yeux.
Elle n'a pas besoin d'emprunter l'art terrible
Qui sait, quand il lui plain, faire armer les enfers.

HIDRAOT, CORYPHEES
PEUPLES DE DAMAS
Sa beauté trouve tout possible:
Nos plus fiers ennemis gémissent
dans ses fers.
Armide est encor plus aimable etc.

PEUPLES DE DAMAS
Suivons Armide, et chantons sa victoire,
Tout l'univers retentit de sa gloire.

PHENICE
Nos ennemis, affaiblis et troublés,
N'étendront plus le progrès de leurs armes;
Ah! Quel bonheur! Nos désirs sont comblés,
Sans nous coûter ni de sang ni de larmes.

SIDONIE
L'ardent amour, qui la suit en tous lieux,
S'attache aux coeurs
qu'elle veut qu'il enflamme;
Il est content de régner dans ses yeux,
Et n'ose encor passer jusqu'à son âme.

LES PEUPLES DE DAMAS
Suivons Armide, et chantons sa victoire,
Tout l'univers retentit de sa gloire.

Danse

(Triumph d'Armide est interrompue par l'arrivée de Aronte qui avait été commandé pour escorter les prisonniers et les blessés reviennent messieurs, tenant une épée brisée.)

Scène 4

ARONTE
Ô ciel! Ô disgrâce cruelle!
Je conduisais vos captifs avec soin;
J'ai tout tenté pour vous marquer mon zèle,
Mon sang qui coule en est témoin!

ARMIDE
Mais, où sont mes captifs?

ARONTE
Un guerrier indomptable
Les a délivrés tous.

ARMIDE, HIDRAOT
Un seul guerrier!

SIDONIE, PHENICE
Un seul guerrier!

ARMIDE, HIDRAOT
Que dites-vous?

SIDONIE, PHENICE
Que dites-vous?

PEUPLES DE DAMAS
Un seul guerrier! Ciel!

ARMIDE, HIDRAOT
PHENICE, SIDONIE
Ciel! Ciel!

ARONTE
De nos ennemis, c'est le plus redoutable,
Nos plus vaillants soldats
sont tombés sous ses coups;
Rien ne peut résister à sa valeur extrême...

ARMIDE
O Ciel! C'est Renaud!

ARONTE
C'est lui-même!

ARMIDE, SIDONIE, PHENICE,
HIDRAOT, ARONTE, PEUPLES DE DAMAS
Poursuivons jusqu'au trépas
L'ennemi qui nous offense!
Qu'il n'échappe pas
A notre vengeance.
(Le théâtre représente un palais. La Gloire et la Sagesse vantent les mérites de Louis XIV, le «maître absolu de cent peuples divers». Elles chantent la «douceur de ses lois» et ses «glorieux exploits». Les deux allégories qui se «partagent son grand cœur» déclarent leur amour pour ce «sage roi». Elles introduisent ensuite la tragédie qu'on donnera pour lui et «qui verra Renaud... voler là où la Gloire appelle son courage»)

PROLOGUE
(Le Théâtre représente un Palais.)

LA GLOIRE, LA SAGESSE & leur Suite

Ouverture

LA GLOIRE
Tout doit céder dans l'Univers
A l'auguste héros que j'aime.
L'effort des ennemis, les glaces des hivers,
Les rochers, les fleuves, les mers,
Rien n'arrête l'ardeur de sa valeur extrême.

LA SAGESSE
Tout doit céder dans l'Univers
A l'auguste héros que j'aime.
Il sait l'art de tenir tous les monstres aux fers;
II est maître absolu de cent peuples divers,
Et plus maître encore de lui-même.

LA GLOIRE & LA SAGESSE
Tout doit céder dans l'Univers
A l'auguste héros que j'aime.

LA SAGESSE & sa suite
Chantons, chantons la douceur de ses lois.

LA GLOIRE & sa suite
Chantons, chantons ses glorieux exploits.

LA GLOIRE & LA SAGESSE
D'une égale tendresse,
Nous aimons le même vainqueur.

LA SAGESSE
Fière Gloire, c'est vous...

LA GLOIRE
...C'est vous, douce Sagesse...

LA GLOIRE & LA SAGESSE
C'est vous qui partagez avec moi son grand cœur.

LA GLOIRE
Je l'emportais sur vous tant qu'a duré la guerre ;
Mais dans la paix vous l'emportez sur moi :
Vous réglez en secret, avec ce sage roi,
Le destin de toute la terre.

LA SAGESSE
La Victoire a suivi ce héros en tous lieux ;
Mais, pour montrer son amour pour la Gloire,
II se sert encore mieux
De la Paix que de la Victoire.
Au milieu du repos qu'il assure aux humains,
II fait tomber, sous ses puissantes mains,
Un monstre qu'on a cru si longtemps invincible.
On voit dans ses travaux combien il est sensible
Pour votre immortelle beauté :
II prévient vos désirs, il passe votre attente ;
L'amour dont il vous aime incessamment s'augmente,
Et n'a jamais tant éclaté.
Qu'un vain désir de préférence
N'altère point l'intelligence
Que ce héros entre nous veut former :
Disputons seulement à qui sait mieux l'aimer.

LA GLOIRE & LA SAGESSE
Disputons seulement à qui sait mieux l'aimer.
Dès qu'on le voit paraître,
De quel cœur n'est-il point le maître ?
Qu'il est doux de suivre ses pas !
Peut-on le connaître
Et ne l'aimer pas ?

LE CHŒUR
Dès qu'on le voit paraître, etc.

(La suite de la GLOIRE et celle de la SAGESSE témoignent, par des danses, la joie qu'elles ont de voir ces deux divinités dans une intelligence parfaite.)

Entrée

Menuet
Gavotte en Rondeau

LA SAGESSE
Suivons notre héros ; que rien ne nous sépare ;
II nous invite aux jeux qu'on lui prépare :
Nous y verrons Renaud, malgré la volupté
Suivre un conseil fidèle et sage ;
Nous le verrons sortir du palais enchanté,
Où, par l'amour d'Armide, il était arrêté,
Et voler où la Gloire appelle son courage.
Le grand roi, qui partage entre nous ses désirs,
Aime à nous voir, même dans ses plaisirs.

LA GLOIRE
Que l'éclat de son nom s'étende au bout du monde.
Réunissons nos voix ;
Que chacun nous réponde.

LA GLOIRE & LA SAGESSE
Chantons, chantons la douceur de ses lois,
Chantons, chantons ses glorieux exploits.

TOUS
Que l'éclat de son nom, etc.

Entrée
Menuets I & II

CHOEUR
Que dans le temple de Mémoire
Son nom soit pour jamais gravé;
C'est à lui qu'il est réservé
D'unir la Sagesse et la Gloire.

Ouvreture (reprise)


ACTE I


(Le théâtre représente une place publique de la ville de Damas, ornée d'un arc de triomphe)

Scène 1

(Armide et ses deux confidentes)

Duo

PHENICE
Dans un jour de triomphe, au milieu des plaisirs,
Qui peut vous inspirer une sombre tristesse?
La gloire, la grandeur, la beauté, la jeunesse,
Tous les biens comblent vos désirs.

SIDONIE
Vous inspirez une fatale flamme
Que vous ne ressentez jamais;
L'amour n'ose troubler la paix
Qui règne dans votre âme.

PHENICE, SIDONIE
Quel sort a plus d'appas!
Et qui peut être heureux si vous ne l'êtes pas!

PHENICE
Si la guerre aujourd'hui fait craindre ses ravages,
C'est aux bords du Jourdain
qu'ils doivent s'arrêter.

PHENICE, SIDONIE
Nos tranquilles rivages
N'ont rien à redouter.

SIDONIE
Nos tranquilles rivages
N'ont rien à redouter.
Les enfers, s'il le faut, prendront pour nous les armes,
Et vous pouvez leur imposer la loi.

PHENICE
Vos yeux n'ont eu besoin que de leurs propres charmes
Pour affaiblir le camp de Godefroi.

PHENICE, SIDONIE
Ses plus vaillants guerriers
contre vous sans défense
Sont tombés en votre puissance!

ARMIDE
Je ne triomphe pas du plus vaillant de tous!
Renaud, pour qui ma haine a tant de violence,
L'indomptable Renaud échappe à mon courroux!
Tout le camp ennemi pour moi devint sensible,
Et lui seul, toujours invincible,
Fit gloire de me voir d'un oeil indifférent.
Il est dans l'âge aimable où sans effort on aime...
Non, je ne puis manquer, sans un dépit extrême,
La conquête d'un coeur si superbe et si grand!

SIDONIE
Qu'importe
qu'un captif manque à votre victoire?
On en voit dans vos fers assez d'autres témoins;
Et pour un esclave de moins,
Un triomphe si beau perdra peu de sa gloire.

PHENICE
Pourquoi voulez-vous songer
A ce qui peut vous déplaire?
Il est plus sûr de se venger
Par l'oubli que par la colère.

PHENICE, SIDONIE
Il est plus sûr de se venger
Par l'oubli que par la colère.

ARMIDE
Les enfers ont prédit cent fois
Que contre ce guerrier
nos armes seront vaines,
Et qu'il vaincra nos plus grands rois:
Ah! Qu'il me serait doux de l'accabler de chaînes,
Et d'arrêter le cours de ses exploits!
Que je le hais!
Que son mépris m'outrage!
Qu'il sera fier d'éviter l'esclavage
Où je tiens tant d'autres héros!
Incessamment son importune image
Malgré moi trouble mon repos.
Un songe affreux m'inspire une frayeur nouvelle
Contre ce funeste ennemi.
J'ai cru le voir, j'en ai frémi!
J'ai cru qu'il me frappait d'une atteinte mortelle,
Je suis tombée aux pieds de ce cruel vainqueur.
Rien, rien ne fléchissait sa rigueur;
Et par un charme inconcevable,
je me sentais contrainte à le trouver aimable
Dans le fatal moment qu'il me perçait le coeur.

SIDONIE
Vous troublez-vous d'une image légère
Que le sommeil produit?
Le beau jour qui vous luit
Doit dissiper cette vaine chimère,
Ainsi qu'il a détruit
Les ombres de la nuit.

Scène 2

(Hidraot et sa suite entrent. Armide, Fenice y Sidonia.)

HIDRAOT
Armide, que le sang qui m'unit avec vous
Me rend sensible aux soins
que l'on prend pour vous plaire!
Que votre triomphe m'est doux!
Que j'aime à voir briller
le beau jour qui l'éclaire!
Je n'aurais plus de voeux à faire,
Si vous choisissiez un époux.
Je vois de près la mort qui me menace,
Et bientôt l'âge qui me glace
Va m'accabler de son pesant fardeau:
C'est le dernier bien où j'aspire
Que de voir votre hymen promettre à cet empire
Des rois formés d'un sang si beau;
Sans me plaindre du sort, je cesserai de vivre,
Si ce doux espoir peut me suivre
Dans l'affreuse nuit du tombeau.

ARMIDE
La chaîne de l'hymen m'étonne,
Je crains ses plus aimables noeuds.
Ah! Qu'un coeur devient malheureux,
Quand la liberté l'abandonne!
La chaîne de l'hymen etc.

HIDRAOT
Pour vous, quand il vous plaît,
tout l'enfer est armé.
Vous êtes plus savante
en mon art que moi-même:
Des grands rois à vos pieds
mettent leur diadème;
Qui vous voit un moment
est pour jamais charmé.
Pouvez-vous mieux goûter votre bonheur extrême
Qu'avec un époux qui vous aime
Et qui soit digne d'être aimé?
Pour vous, quand il vous plaît etc.

ARMIDE
Contre mes ennemis, à mon gré je déchaîne
Le noir empire des enfers,
L'amour met les rois dans mes fers.
Je suis de mille amants maîtresse souveraine;
Mais je fais mon plus grand bonheur
D'être maîtresse de mon coeur.

HIDRAOT
Bornez-vous vos désirs à la gloire cruelle
Des maux que fait votre beauté?
Ne ferez-vous jamais votre félicité
Du bonheur d'un amant fidèle?

ARMIDE
Si je dois m'engager un jour,
Au moins vous devez croire
Qu'il faudra que ce soit la gloire
Qui livre mon coeur à l'amour.
Pour devenir mon maître,
Ce n'est pas assez d'être roi:
Ce sera la valeur qui me fera connaître
Celui qui mérite ma foi.
Le vainqueur de Renaud,
si quelqu'un le peut être,
Sera digne de moi.

Scène 3

(Hidraot, Armide, Fenice, Sidonia. Les peuples du Royaume de Damas entrent et manifestent leur joie par des danses et des chants: la beauté d'Armide a vaincu les chevaliers du camp de Godefroi)

HIDRAOT, CORYPHEES
Armide est encor plus aimable
Qu'elle n'est redoutable:
Que son triomphe est glorieux!

PEUPLES DE DAMAS
Armide est encor plus aimable etc.

HIDRAOT, CORYPHEES
Ses charmes les plus forts sont ceux de ses beaux yeux.

LES PEUPLES DE DAMAS
Ses charmes les plus forts sont ceux de ses beaux yeux.
Elle n'a pas besoin d'emprunter l'art terrible
Qui sait, quand il lui plain, faire armer les enfers.

HIDRAOT, CORYPHEES
PEUPLES DE DAMAS
Sa beauté trouve tout possible:
Nos plus fiers ennemis gémissent
dans ses fers.
Armide est encor plus aimable etc.

PEUPLES DE DAMAS
Suivons Armide, et chantons sa victoire,
Tout l'univers retentit de sa gloire.

PHENICE
Nos ennemis, affaiblis et troublés,
N'étendront plus le progrès de leurs armes;
Ah! Quel bonheur! Nos désirs sont comblés,
Sans nous coûter ni de sang ni de larmes.

SIDONIE
L'ardent amour, qui la suit en tous lieux,
S'attache aux coeurs
qu'elle veut qu'il enflamme;
Il est content de régner dans ses yeux,
Et n'ose encor passer jusqu'à son âme.

LES PEUPLES DE DAMAS
Suivons Armide, et chantons sa victoire,
Tout l'univers retentit de sa gloire.

Danse

(Triumph d'Armide est interrompue par l'arrivée de Aronte qui avait été commandé pour escorter les prisonniers et les blessés reviennent messieurs, tenant une épée brisée.)

Scène 4

ARONTE
Ô ciel! Ô disgrâce cruelle!
Je conduisais vos captifs avec soin;
J'ai tout tenté pour vous marquer mon zèle,
Mon sang qui coule en est témoin!

ARMIDE
Mais, où sont mes captifs?

ARONTE
Un guerrier indomptable
Les a délivrés tous.

ARMIDE, HIDRAOT
Un seul guerrier!

SIDONIE, PHENICE
Un seul guerrier!

ARMIDE, HIDRAOT
Que dites-vous?

SIDONIE, PHENICE
Que dites-vous?

PEUPLES DE DAMAS
Un seul guerrier! Ciel!

ARMIDE, HIDRAOT
PHENICE, SIDONIE
Ciel! Ciel!

ARONTE
De nos ennemis, c'est le plus redoutable,
Nos plus vaillants soldats
sont tombés sous ses coups;
Rien ne peut résister à sa valeur extrême...

ARMIDE
O Ciel! C'est Renaud!

ARONTE
C'est lui-même!

ARMIDE, SIDONIE, PHENICE,
HIDRAOT, ARONTE, PEUPLES DE DAMAS
Poursuivons jusqu'au trépas
L'ennemi qui nous offense!
Qu'il n'échappe pas
A notre vengeance.



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