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ACTE IV


(Au camp. Même décoration qu'au premier acte. Trois tables servies parmi les tentes: une au troisième plan, face au public; les deux autres à droite et à gauche, un peu obliquement)

Scène Première

(Népomuc, Grog, Le Prince Paul, Boum, Puck, seigneurs, dames de la cour, les deux huissiers, soldats, paysannes La fin d' un grand déjeuner. Népomuc, Boum, le prince Paul, Puck et Grog sont assis à la table du milieu. Les dames de la cour sont aux deux tables de côté, les seigneurs sont debout derrière elles. Des soldats et des paysannes garnissent le fond. Les huissiers versent à boire)

CHŒUR
Au repas comme à la bataille,
Tapons ferme et grisons-nous tous:
Chantons, buvons, faisons ripaille,
En l’honneur des nouveaux époux!

BOUM
(au prince Paul)
Notre aimable maîtresse
À vos désirs se rend enfin!
Et nous buvons, Altesse,
En votre honneur le vin du Rhin!

CHŒUR
Oui, nous buvons, Altesse,
En votre honneur le vin du Rhin!

LE PRINCE PAUL
C’est vraiment chose singulière,
Ne trouvez-vous pas, mes amis?
Hier soir on ne m’aimait guère,
Et ce matin même je suis marié!

CHŒUR
Marié!

LE PRINCE PAUL
De cet hymen si tôt bâclé
Je suis encor époustouflé!

CHŒUR
Epoustouflé!

REPRISE DU CHŒUR
Au repas comme à la bataille,
Tapons ferme et grisons nous tous;
Chantons, buvons, faisons ripaille,
En l’honneur des nouveaux époux!

(La Grande-duchesse entre par le fond, elle descend la colline, suivie de ses demoiselles d’honneur et de ses pages)

Scène Seconde

LA GRANDE-DUCHESSE
Messieurs, je vous salue.

PUCK
Messieurs, je vous salue.
Ah! La Grande-duchesse!

LE PRINCE PAUL
Vite, un verre pour Son Altesse!

BOUM
Nous buvons au bonheur
des augustes époux!

LA GRANDE-DUCHESSE
(le verre à la main)
Eh bien, mes chers amis,
je vais boire avec vous!
Il était un de mes aïeux
Lequel, si j’ai bonne mémoire,
Se vantait d’être un des fameux
Parmi les gens qui savaient boire.

CHŒUR
Se vantait d’être un des fameux
Parmi les gens qui savaient boire!

LA GRANDE-DUCHESSE
Le verre qu’il avait tenait
Un peu plus qu’une tonne entière;
Et son échanson lui versait,
Nuit et jour, du vin dans ce verre.

CHŒUR
Et son échanson lui versait,
Nuit et jour, du vin dans ce verre!

LA GRANDE-DUCHESSE
Ah! mon aïeul, comme il buvait!
Et quel grand verre il vous avait!

CHŒUR
Ah! comme autrefois l’on buvait!
Et quel grand verre on vous avait!

LA GRANDE-DUCHESSE
Un jour, on ne sait pas comment,
Il le laissa tomber par terre:
"Ah! fit-il douloureusement,
Voilà que j’ai cassé mon verre!"

CHŒUR
"Ah! fit-il douloureusement,
Voilà que j’ai cassé mon verre!"

LA GRANDE-DUCHESSE
Quand on le voulut remplacer:
"Non, dit-il, ce n’est plus le nôtre"
Et mieux il aima trépasser
Que boire jamais dans un autre!

CHŒUR
Et mieux il aima trépasser
Que boire jamais dans un autre!

LA GRANDE-DUCHESSE
Ah! mon aïeul, comme il buvait!
Et quel grand verre il vous avait!

CHŒUR
Ah! comme autrefois l’on buvait!
Et quel grand verre on vous avait!

LE PRINCE PAUL
Ah! Ma chère femme!

LA GRANDE-DUCHESSE
Eh bien, mon cher mari?

LE PRINCE PAUL
Enfin, nous sommes donc unis!
Nous sommes donc l’un à l’autre!

LA GRANDE-DUCHESSE
Sans doute sans doute.

LE PRINCE PAUL
Et c’est au baron Grog que je dois
Dites donc, ma chérie,
Il faudra trouver un moyen
De nous acquitter envers lui.

LA GRANDE-DUCHESSE
C’est votre avis?

LE PRINCE PAUL
C’est mon avis.

LA GRANDE-DUCHESSE
(regardant Grog)
Je n’ai rien à vous refuser
Mais que puis-je faire maintenant?
Toutes les faveurs
Dont je pouvais disposer,
Ne les ai-je pas amoncelées
Sur une autre tête?
Baron Puck. Général Boum.

PUCK ET BOUM
Altesse?

LA GRANDE-DUCHESSE
Qu’est devenu le général Fritz?
Vous m’aviez assuré
Que je le trouverais au camp.

PUCK
Le général ne peut tarder à venir.
Pour ne pas sortir du programme
Tracé par Votre Altesse,
Pour rester dans la fantaisie
Nous lui avons, le général et moi,
Fait une petite farce.

LA GRANDE-DUCHESSE
Quelle farce?

BOUM
Je vais vous dire.
J’avais, depuis dix ans,
L’habitude d’aller
Tous les mardis soir
Chez la dame de Roc-à-Pic.

LA GRANDE-DUCHESSE
Oh!

BOUM
Chut! Hier, mardi,
Cette dame m’a écrit:
"Ne venez pas ce soir
Il se doute enfin de quelque chose
Il vous attend avec
Sa canne et quelques amis"
Cela m’a donné une idée.
J’ai dit au général Fritz:
"Rendez-vous immédiatement
Au château de Roc-à-Pic;
Vous y trouverez la quarante-troisième
Du cinquante-deuxième
Et la cinquante-deuxième
Du quarante-troisième"

LA GRANDE-DUCHESSE
Et il est allé au château?

PUCK
Il y est allé et,
Au lieu de la quarante-troisième
Du cinquante-deuxième
Et la cinquante-deuxième
Du quarante-troisième,
Il aura trouvé le mari.

GROG
Et sa canne.

BOUM
Une heure pour aller
Chez la dame,
Une demi-heure
Pour causer avec le mari,
Et deux heures pour revenir au camp...
Le général Fritz ne doit pas être loin.

CRIS
(au dehors)
Le général! le général!

BOUM
(à la Grande-Duchesse)
Quand je vous le disais!

(A ce moment, Wanda accourt par le fond à gauche)

Scène Troisième

WANDA
Voici revenir mon pauvre homme!
Dans quel état! ah!
Voyez comme,
En courant après les hauts faits,
Il a déchiré ses effets!

CHŒUR
Il a déchiré ses effets!

(Fritz entre tout effaré par le fond à gauche; il est dans un état pitoyable: plus d’épaulettes, le panache tout déplumé, le sabre tordu à la main)

FRITZ
(à La Grande-Duchesse)
Eh bien, Altesse, me voilà!
Hô la la!
Et ce qui m’est arrivé là,
Hô la la!
Peut me compter pour un combat,
Car on m’a mis dans un pitoyable état!
De votre fameux sabre
on a fait le tir’ bouchon que voilà!
Hô la la!
Eh! bédam’!
Voilà le grief
De votre général en chef!

CHŒUR
(se moquant de lui)
Eh! bédam’!
Voilà le grief du général en chef!

FRITZ
J’arrive et je trouve un mari,
Sapristi!
Qui me dit: "Venez par ici, mon ami"
Je lui réponds d’un ton poli: "me voici!"
Aussitôt, à bras raccourci,
Le traître tombe sur Bibi!
J’en suis encor tout étourdi, sapristi!
Eh! Bédam’!
Voilà le grief
De votre général en chef!

CHŒUR
Eh! bédam’!
Voilà le grief du général en chef!

LA GRANDE-DUCHESSE
(à Fritz)
Vous n’avez pas d’autre explication
À me donner de votre conduite?

FRITZ
Comment d’autre explication...
Il me semble pourtant...

LA GRANDE-DUCHESSE
Ainsi, au lieu de venir vous mettre
À la tête de mon armée,
Comme je vous en avais donné l’ordre,
Vous vous êtes amusé
À porter le trouble dans un ménage!

FRITZ
Eh bien, par exemple!

LA GRANDE-DUCHESSE
C’est haute trahison, monsieur,
Et dans quelle tenue
Osez-vous paraître à mes yeux?

FRITZ
Puisque je vous dis.

LA GRANDE-DUCHESSE
Et le sabre de mon père!
Dans quel état l’avez-vous mis?

FRITZ
C’est l’autre, avec sa canne!

BOUM
(à Fritz)
Mauvais soldat!

FRITZ
Qu’est-ce qu’il dit, celui-là?
Qu’est-ce qu’il dit?

PUCK
(à la Grande-Duchesse)
Il me semble qu’il n’y
A qu’une chose à faire, Altesse.
C’est de réunir un petit conseil de guerre...
Et de le juger là séance tenante.

FRITZ
Un conseil de guerre?

LA GRANDE-DUCHESSE
(l’imitant)
Eh! bédame!

FRITZ
Si vous vous figurez que je répondrai...
On ne peut m’interroger
Qu’en présence de toute
La noblesse du duché.
Je suis Comte d'Avallvintlkatt-
Schopp-Vergismein-niclit!

LA GRANDE-DUCHESSE
En vérité? On ne peut pas vous juger,
Parce que vous êtes
Comte d'Avallvintlkatt-
Schopp-Vergismein-niclit ?
Eh bien, vous ne l’êtes plus.

FRITZ
Eh bien, à la bonne heure!

LA GRANDE-DUCHESSE
Qu’en dites-vous, colonel?

FRITZ
Je croyais être général.

LA GRANDE-DUCHESSE
J’ai dit: colonel.

FRITZ
Eh bien, à la bonne heure!
Capitaine, si vous voulez?

LA GRANDE-DUCHESSE
Capitaine, je le veux bien.

FRITZ
Pourquoi pas lieutenant?

LA GRANDE-DUCHESSE
Lieutenant soit!

FRITZ
Et puis sergent, n’est-ce pas?

LA GRANDE-DUCHESSE
Sergent, c’est entendu.

FRITZ
Oh bien! Par exemple!

LA GRANDE-DUCHESSE
Pourquoi t’arrêtes-tu?
Il y a caporal encore.

FRITZ
Oui, caporal et puis, simple soldat.

LA GRANDE-DUCHESSE
Simple soldat tu l’as dit!

FRITZ
Simple soldat?

LA GRANDE-DUCHESSE
Pas autre chose.

BOUM
(à Fritz)
Je te l’avais promis,
Que je te rattraperais,
Mauvais soldat hou! Hou!

FRITZ
Ah! simple soldat!
Eh bien, puisque c’est comme
Ça, je donne ma démission.

LA GRANDE-DUCHESSE
Eh bien! je l’accepte.

FRITZ
Eh bien! je vous remercie.
Bonsoir, alors!
Viens, ma Wanda.

LA GRANDE-DUCHESSE
Enfin ces grades ces honneurs
Je puis en disposer!

BOUM
(à part)
Quel espoir!

LA GRANDE-DUCHESSE
(au prince Paul)
Prince, je puis suivre le conseil
Que vous me donniez tout à l’heure
Baron Grog, approchez.

GROG
(s’approchant)
Altesse!

LA GRANDE-DUCHESSE
(enlevant le panache du chapeau de Fritz et le donnant à Grog)
A vous le panache! prenez le panache!

BOUM
(à part)
O rage!

LA GRANDE-DUCHESSE
(prenant le sabre et le remettant à Grog)
A vous le sabre de mon père!
Prenez le sabre de mon père!

BOUM
(à part)
O fureur!

LA GRANDE-DUCHESSE
À vous, baron,
À vous tous les pouvoirs
Civils et militaires!

GROG
Merci, Altesse,
Ma femme vous bénira.

LA GRANDE-DUCHESSE
(stupéfaite)
Vous avez dit?

GROG
J’ai dit que ma femme vous bénirait.

LA GRANDE-DUCHESSE
(au prince Paul)
Il a une femme!

LE PRINCE PAUL
(d’un air radieux)
Mais, oui, ma chérie,
Le baron a une femme et trois enfants.

GROG
Quatre, mon Prince,
Pendant mon séjour ici,
Il m’en est survenu un quatrième.

LA GRANDE-DUCHESSE
Une femme et quatre enfants!
Baron Grog!

GROG
Altesse?

LA GRANDE-DUCHESSE
Rendez le panache! rendez le sabre!

(Elle les lui reprend)

Reprenez le panache, général Boum!

BOUM
(à part)
Cette fois-ci, je le ferai visser.

LA GRANDE-DUCHESSE
(à Puck)
Baron Puck!
Prenez ce tire bouchon
Nous vous nommons
Conservateur du sabre de mon père!

PUCK
(à part)
Je vais en faire faire un autre.

FRITZ
Eh! Ça va bien!
Ils ont tous quelque chose
Et moi,
Je n’ai rien que mes coups de bâton.

LA GRANDE-DUCHESSE
Voyons,
Je suis bonne qu’est-ce que tu veux?

FRITZ
Être maître d’école dans mon village.

LA GRANDE-DUCHESSE
Tu sais lire?

FRITZ
Non... c’est pour apprendre.

LA GRANDE-DUCHESSE
(riant)
Eh bien, tu es nommé!

FRITZ
Eh bien, je vous remercie!

LA GRANDE-DUCHESSE
(se tournant vers Grog)
Quant à vous, baron Grog.

GROG
Altesse?

LA GRANDE-DUCHESSE
Ce soir même,
Vous retournerez à la cour de l’électeur,
Notre beau-père.

GROG
Comment?

LA GRANDE-DUCHESSE
Vous y annoncerez notre bonheur
Car je suis heureuse
D’avoir épousé le prince,
Bien heureuse!

(Elle serre le bras du prince Paul)

LE PRINCE PAUL
(jetant un petit cri)
Aïe!

LA GRANDE-DUCHESSE
Qu’est-ce que vous voulez y faire?

(a part, regardant Fritz et Grog)

Quand on n’a pas ce que l’on aime,
Il faut aimer ce que l’on a.

BOUM
(à part)
Enfin, j’ai repris le panache!

PUCK
(à part)
Enfin, j’ai repris le pouvoir!

LE PRINCE PAUL
(à la Grande-Duchesse)
Enfin, l’hymen à vous m’attache!

GROG
Enfin, chers enfants,
Je vais vous revoir!

WANDA
(à Fritz)
Retournons dans notre chaumière.

FRITZ
Oui, rentrons chez nous et voilà!

LA GRANDE-DUCHESSE
(à part, regardant le prince Paul)
À la guerre comme à la guerre!
Le bonheur est peut-être là!

FRITZ
Eh bien! je renonce aux combats,
Mais, pour défendre la patrie,
Je promets des petits soldats!

(à Wanda)

Viens-tu nous en, ma bonne amie?

CHŒUR
Il promet des petits soldats,
Qui défendront notre patrie!

LA GRANDE-DUCHESSE
Après avoir, tant bien que mal,
Joué son rôle, on se marie.
C’est imprévu, mais c’est moral!
Ainsi finit la comédie.

CHŒUR
C’est imprévu, mais c’est moral!
Ainsi finit la comédie.

LA GRANDE-DUCHESSE
Ah! mon aïeul, s’il me voyait,
Ah! quel plaisir ça lui ferait!

CHŒUR
Ah! son aïeul, s’il la voyait,
Ah! quel plaisir ça lui ferait!
ACTE IV


(Au camp. Même décoration qu'au premier acte. Trois tables servies parmi les tentes: une au troisième plan, face au public; les deux autres à droite et à gauche, un peu obliquement)

Scène Première

(Népomuc, Grog, Le Prince Paul, Boum, Puck, seigneurs, dames de la cour, les deux huissiers, soldats, paysannes La fin d' un grand déjeuner. Népomuc, Boum, le prince Paul, Puck et Grog sont assis à la table du milieu. Les dames de la cour sont aux deux tables de côté, les seigneurs sont debout derrière elles. Des soldats et des paysannes garnissent le fond. Les huissiers versent à boire)

CHŒUR
Au repas comme à la bataille,
Tapons ferme et grisons-nous tous:
Chantons, buvons, faisons ripaille,
En l’honneur des nouveaux époux!

BOUM
(au prince Paul)
Notre aimable maîtresse
À vos désirs se rend enfin!
Et nous buvons, Altesse,
En votre honneur le vin du Rhin!

CHŒUR
Oui, nous buvons, Altesse,
En votre honneur le vin du Rhin!

LE PRINCE PAUL
C’est vraiment chose singulière,
Ne trouvez-vous pas, mes amis?
Hier soir on ne m’aimait guère,
Et ce matin même je suis marié!

CHŒUR
Marié!

LE PRINCE PAUL
De cet hymen si tôt bâclé
Je suis encor époustouflé!

CHŒUR
Epoustouflé!

REPRISE DU CHŒUR
Au repas comme à la bataille,
Tapons ferme et grisons nous tous;
Chantons, buvons, faisons ripaille,
En l’honneur des nouveaux époux!

(La Grande-duchesse entre par le fond, elle descend la colline, suivie de ses demoiselles d’honneur et de ses pages)

Scène Seconde

LA GRANDE-DUCHESSE
Messieurs, je vous salue.

PUCK
Messieurs, je vous salue.
Ah! La Grande-duchesse!

LE PRINCE PAUL
Vite, un verre pour Son Altesse!

BOUM
Nous buvons au bonheur
des augustes époux!

LA GRANDE-DUCHESSE
(le verre à la main)
Eh bien, mes chers amis,
je vais boire avec vous!
Il était un de mes aïeux
Lequel, si j’ai bonne mémoire,
Se vantait d’être un des fameux
Parmi les gens qui savaient boire.

CHŒUR
Se vantait d’être un des fameux
Parmi les gens qui savaient boire!

LA GRANDE-DUCHESSE
Le verre qu’il avait tenait
Un peu plus qu’une tonne entière;
Et son échanson lui versait,
Nuit et jour, du vin dans ce verre.

CHŒUR
Et son échanson lui versait,
Nuit et jour, du vin dans ce verre!

LA GRANDE-DUCHESSE
Ah! mon aïeul, comme il buvait!
Et quel grand verre il vous avait!

CHŒUR
Ah! comme autrefois l’on buvait!
Et quel grand verre on vous avait!

LA GRANDE-DUCHESSE
Un jour, on ne sait pas comment,
Il le laissa tomber par terre:
"Ah! fit-il douloureusement,
Voilà que j’ai cassé mon verre!"

CHŒUR
"Ah! fit-il douloureusement,
Voilà que j’ai cassé mon verre!"

LA GRANDE-DUCHESSE
Quand on le voulut remplacer:
"Non, dit-il, ce n’est plus le nôtre"
Et mieux il aima trépasser
Que boire jamais dans un autre!

CHŒUR
Et mieux il aima trépasser
Que boire jamais dans un autre!

LA GRANDE-DUCHESSE
Ah! mon aïeul, comme il buvait!
Et quel grand verre il vous avait!

CHŒUR
Ah! comme autrefois l’on buvait!
Et quel grand verre on vous avait!

LE PRINCE PAUL
Ah! Ma chère femme!

LA GRANDE-DUCHESSE
Eh bien, mon cher mari?

LE PRINCE PAUL
Enfin, nous sommes donc unis!
Nous sommes donc l’un à l’autre!

LA GRANDE-DUCHESSE
Sans doute sans doute.

LE PRINCE PAUL
Et c’est au baron Grog que je dois
Dites donc, ma chérie,
Il faudra trouver un moyen
De nous acquitter envers lui.

LA GRANDE-DUCHESSE
C’est votre avis?

LE PRINCE PAUL
C’est mon avis.

LA GRANDE-DUCHESSE
(regardant Grog)
Je n’ai rien à vous refuser
Mais que puis-je faire maintenant?
Toutes les faveurs
Dont je pouvais disposer,
Ne les ai-je pas amoncelées
Sur une autre tête?
Baron Puck. Général Boum.

PUCK ET BOUM
Altesse?

LA GRANDE-DUCHESSE
Qu’est devenu le général Fritz?
Vous m’aviez assuré
Que je le trouverais au camp.

PUCK
Le général ne peut tarder à venir.
Pour ne pas sortir du programme
Tracé par Votre Altesse,
Pour rester dans la fantaisie
Nous lui avons, le général et moi,
Fait une petite farce.

LA GRANDE-DUCHESSE
Quelle farce?

BOUM
Je vais vous dire.
J’avais, depuis dix ans,
L’habitude d’aller
Tous les mardis soir
Chez la dame de Roc-à-Pic.

LA GRANDE-DUCHESSE
Oh!

BOUM
Chut! Hier, mardi,
Cette dame m’a écrit:
"Ne venez pas ce soir
Il se doute enfin de quelque chose
Il vous attend avec
Sa canne et quelques amis"
Cela m’a donné une idée.
J’ai dit au général Fritz:
"Rendez-vous immédiatement
Au château de Roc-à-Pic;
Vous y trouverez la quarante-troisième
Du cinquante-deuxième
Et la cinquante-deuxième
Du quarante-troisième"

LA GRANDE-DUCHESSE
Et il est allé au château?

PUCK
Il y est allé et,
Au lieu de la quarante-troisième
Du cinquante-deuxième
Et la cinquante-deuxième
Du quarante-troisième,
Il aura trouvé le mari.

GROG
Et sa canne.

BOUM
Une heure pour aller
Chez la dame,
Une demi-heure
Pour causer avec le mari,
Et deux heures pour revenir au camp...
Le général Fritz ne doit pas être loin.

CRIS
(au dehors)
Le général! le général!

BOUM
(à la Grande-Duchesse)
Quand je vous le disais!

(A ce moment, Wanda accourt par le fond à gauche)

Scène Troisième

WANDA
Voici revenir mon pauvre homme!
Dans quel état! ah!
Voyez comme,
En courant après les hauts faits,
Il a déchiré ses effets!

CHŒUR
Il a déchiré ses effets!

(Fritz entre tout effaré par le fond à gauche; il est dans un état pitoyable: plus d’épaulettes, le panache tout déplumé, le sabre tordu à la main)

FRITZ
(à La Grande-Duchesse)
Eh bien, Altesse, me voilà!
Hô la la!
Et ce qui m’est arrivé là,
Hô la la!
Peut me compter pour un combat,
Car on m’a mis dans un pitoyable état!
De votre fameux sabre
on a fait le tir’ bouchon que voilà!
Hô la la!
Eh! bédam’!
Voilà le grief
De votre général en chef!

CHŒUR
(se moquant de lui)
Eh! bédam’!
Voilà le grief du général en chef!

FRITZ
J’arrive et je trouve un mari,
Sapristi!
Qui me dit: "Venez par ici, mon ami"
Je lui réponds d’un ton poli: "me voici!"
Aussitôt, à bras raccourci,
Le traître tombe sur Bibi!
J’en suis encor tout étourdi, sapristi!
Eh! Bédam’!
Voilà le grief
De votre général en chef!

CHŒUR
Eh! bédam’!
Voilà le grief du général en chef!

LA GRANDE-DUCHESSE
(à Fritz)
Vous n’avez pas d’autre explication
À me donner de votre conduite?

FRITZ
Comment d’autre explication...
Il me semble pourtant...

LA GRANDE-DUCHESSE
Ainsi, au lieu de venir vous mettre
À la tête de mon armée,
Comme je vous en avais donné l’ordre,
Vous vous êtes amusé
À porter le trouble dans un ménage!

FRITZ
Eh bien, par exemple!

LA GRANDE-DUCHESSE
C’est haute trahison, monsieur,
Et dans quelle tenue
Osez-vous paraître à mes yeux?

FRITZ
Puisque je vous dis.

LA GRANDE-DUCHESSE
Et le sabre de mon père!
Dans quel état l’avez-vous mis?

FRITZ
C’est l’autre, avec sa canne!

BOUM
(à Fritz)
Mauvais soldat!

FRITZ
Qu’est-ce qu’il dit, celui-là?
Qu’est-ce qu’il dit?

PUCK
(à la Grande-Duchesse)
Il me semble qu’il n’y
A qu’une chose à faire, Altesse.
C’est de réunir un petit conseil de guerre...
Et de le juger là séance tenante.

FRITZ
Un conseil de guerre?

LA GRANDE-DUCHESSE
(l’imitant)
Eh! bédame!

FRITZ
Si vous vous figurez que je répondrai...
On ne peut m’interroger
Qu’en présence de toute
La noblesse du duché.
Je suis Comte d'Avallvintlkatt-
Schopp-Vergismein-niclit!

LA GRANDE-DUCHESSE
En vérité? On ne peut pas vous juger,
Parce que vous êtes
Comte d'Avallvintlkatt-
Schopp-Vergismein-niclit ?
Eh bien, vous ne l’êtes plus.

FRITZ
Eh bien, à la bonne heure!

LA GRANDE-DUCHESSE
Qu’en dites-vous, colonel?

FRITZ
Je croyais être général.

LA GRANDE-DUCHESSE
J’ai dit: colonel.

FRITZ
Eh bien, à la bonne heure!
Capitaine, si vous voulez?

LA GRANDE-DUCHESSE
Capitaine, je le veux bien.

FRITZ
Pourquoi pas lieutenant?

LA GRANDE-DUCHESSE
Lieutenant soit!

FRITZ
Et puis sergent, n’est-ce pas?

LA GRANDE-DUCHESSE
Sergent, c’est entendu.

FRITZ
Oh bien! Par exemple!

LA GRANDE-DUCHESSE
Pourquoi t’arrêtes-tu?
Il y a caporal encore.

FRITZ
Oui, caporal et puis, simple soldat.

LA GRANDE-DUCHESSE
Simple soldat tu l’as dit!

FRITZ
Simple soldat?

LA GRANDE-DUCHESSE
Pas autre chose.

BOUM
(à Fritz)
Je te l’avais promis,
Que je te rattraperais,
Mauvais soldat hou! Hou!

FRITZ
Ah! simple soldat!
Eh bien, puisque c’est comme
Ça, je donne ma démission.

LA GRANDE-DUCHESSE
Eh bien! je l’accepte.

FRITZ
Eh bien! je vous remercie.
Bonsoir, alors!
Viens, ma Wanda.

LA GRANDE-DUCHESSE
Enfin ces grades ces honneurs
Je puis en disposer!

BOUM
(à part)
Quel espoir!

LA GRANDE-DUCHESSE
(au prince Paul)
Prince, je puis suivre le conseil
Que vous me donniez tout à l’heure
Baron Grog, approchez.

GROG
(s’approchant)
Altesse!

LA GRANDE-DUCHESSE
(enlevant le panache du chapeau de Fritz et le donnant à Grog)
A vous le panache! prenez le panache!

BOUM
(à part)
O rage!

LA GRANDE-DUCHESSE
(prenant le sabre et le remettant à Grog)
A vous le sabre de mon père!
Prenez le sabre de mon père!

BOUM
(à part)
O fureur!

LA GRANDE-DUCHESSE
À vous, baron,
À vous tous les pouvoirs
Civils et militaires!

GROG
Merci, Altesse,
Ma femme vous bénira.

LA GRANDE-DUCHESSE
(stupéfaite)
Vous avez dit?

GROG
J’ai dit que ma femme vous bénirait.

LA GRANDE-DUCHESSE
(au prince Paul)
Il a une femme!

LE PRINCE PAUL
(d’un air radieux)
Mais, oui, ma chérie,
Le baron a une femme et trois enfants.

GROG
Quatre, mon Prince,
Pendant mon séjour ici,
Il m’en est survenu un quatrième.

LA GRANDE-DUCHESSE
Une femme et quatre enfants!
Baron Grog!

GROG
Altesse?

LA GRANDE-DUCHESSE
Rendez le panache! rendez le sabre!

(Elle les lui reprend)

Reprenez le panache, général Boum!

BOUM
(à part)
Cette fois-ci, je le ferai visser.

LA GRANDE-DUCHESSE
(à Puck)
Baron Puck!
Prenez ce tire bouchon
Nous vous nommons
Conservateur du sabre de mon père!

PUCK
(à part)
Je vais en faire faire un autre.

FRITZ
Eh! Ça va bien!
Ils ont tous quelque chose
Et moi,
Je n’ai rien que mes coups de bâton.

LA GRANDE-DUCHESSE
Voyons,
Je suis bonne qu’est-ce que tu veux?

FRITZ
Être maître d’école dans mon village.

LA GRANDE-DUCHESSE
Tu sais lire?

FRITZ
Non... c’est pour apprendre.

LA GRANDE-DUCHESSE
(riant)
Eh bien, tu es nommé!

FRITZ
Eh bien, je vous remercie!

LA GRANDE-DUCHESSE
(se tournant vers Grog)
Quant à vous, baron Grog.

GROG
Altesse?

LA GRANDE-DUCHESSE
Ce soir même,
Vous retournerez à la cour de l’électeur,
Notre beau-père.

GROG
Comment?

LA GRANDE-DUCHESSE
Vous y annoncerez notre bonheur
Car je suis heureuse
D’avoir épousé le prince,
Bien heureuse!

(Elle serre le bras du prince Paul)

LE PRINCE PAUL
(jetant un petit cri)
Aïe!

LA GRANDE-DUCHESSE
Qu’est-ce que vous voulez y faire?

(a part, regardant Fritz et Grog)

Quand on n’a pas ce que l’on aime,
Il faut aimer ce que l’on a.

BOUM
(à part)
Enfin, j’ai repris le panache!

PUCK
(à part)
Enfin, j’ai repris le pouvoir!

LE PRINCE PAUL
(à la Grande-Duchesse)
Enfin, l’hymen à vous m’attache!

GROG
Enfin, chers enfants,
Je vais vous revoir!

WANDA
(à Fritz)
Retournons dans notre chaumière.

FRITZ
Oui, rentrons chez nous et voilà!

LA GRANDE-DUCHESSE
(à part, regardant le prince Paul)
À la guerre comme à la guerre!
Le bonheur est peut-être là!

FRITZ
Eh bien! je renonce aux combats,
Mais, pour défendre la patrie,
Je promets des petits soldats!

(à Wanda)

Viens-tu nous en, ma bonne amie?

CHŒUR
Il promet des petits soldats,
Qui défendront notre patrie!

LA GRANDE-DUCHESSE
Après avoir, tant bien que mal,
Joué son rôle, on se marie.
C’est imprévu, mais c’est moral!
Ainsi finit la comédie.

CHŒUR
C’est imprévu, mais c’est moral!
Ainsi finit la comédie.

LA GRANDE-DUCHESSE
Ah! mon aïeul, s’il me voyait,
Ah! quel plaisir ça lui ferait!

CHŒUR
Ah! son aïeul, s’il la voyait,
Ah! quel plaisir ça lui ferait!



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