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ACTE SECOND.
La scène est dans l’île de Scyros , et le théâtre représente la ville principale de l’île.

SCENE PREMIERE
CÉPHISE, STRATON

CÉPHISE
Alceste ne vient point, et nous devons attendre.

STRATON
Que peut-elle prétendre?
Pourquoi se tourmenter ici mal à propos?
Ses cris ont beau se faire entendre,
Peut-être son époux a péri dans les flots,
Et nous sommes enfin dans l’île de Scyros.

CÉPHISE
Tu ne te plaindras point que j’en use de même;
Je t’ai donné peu d’embarras,
Tu vois comme je suis tes pas.

STRATON
Tu sais dissimuler une colère extrême.

CÉPHISE
Et si je te disais que c’est toi seul que j’aime?

STRATON
Tu le dirais en vain, je ne te croirais pas.

CÉPHISE
Crois-moi, si j’ai feint de changer
C’était pour te mieux engager.

Un rival n’est pas inutile,
Il réveille l’ardeur et les soins d’un amant;
Une conquête facile
Donne peu d’empressement,
Et l’Amour tranquille
S’endort aisément.

STRATON
Non, non, ne tente point une seconde ruse,
Je vois plus clair que tu ne crois.
On excuse d’abord un amant qu’on abuse,
Mais la sottise est sans excuse
De se laisser tromper deux fois.

CÉPHISE
N’est-il aucun moyen d’apaiser ta colère?

STRATON
Consens à m’épouser et sans retardement.

CÉPHISE
Une si grande affaire
Ne se fait pas si promptement.
Un hymen qu’on diffère
N’en est que plus charmant.

STRATON
Un hymen qui peut plaire
Ne coûte guère,
Et c’est un nœud bientôt formé;
Rien n’est plus aisé que de faire
Un époux d’un amant aimé.

CÉPHISE
Je t’aime d’une amour sincère;
Et s’il est nécessaire,
Je m’offre à t’en faire un serment.

STRATON
Amusement, amusement.

CÉPHISE
L’injuste enlèvement d’Alceste
Attire dans ces lieux une guerre funeste,
Les plus braves des Grecs s’arment pour son secours;
Au milieu des cris et des larmes,
L’Hymen a peu de charmes;
Attendons de tranquilles jours.
Le bruit affreux des armes
Effarouche bien les Amours.

STRATON
Discours, discours, discours.
Tu n’as qu’à m’épouser pour m’ôter tout ombrage,
Pourquoi différer davantage?
A quoi servent tant de façons?

CÉPHISE
Rends-moi la liberté pour m’épouser sans crainte;
Un hymen fait avec contrainte
Est un mauvais moyen de finir tes soupçons.

STRATON
Chansons, chansons, chansons.


SCENE SECONDE
LYCOMÈDE, ALCESTE, STRATON, CÉPHISE, Soldats de Lycomède

LYCOMÈDE
Allons, allons, la plainte est vaine.

ALCESTE
Ah! quelle rigueur inhumaine!

LYCOMÈDE
Allons, je suis sourd à vos cris,
Je me venge de vos mépris.

ALCESTE
Quoi? vous serez inexorable?

LYCOMÈDE
Cruelle, vous m’avez appris
A devenir impitoyable.

ALCESTE
Est-ce ainsi que l’Amour a su vous émouvoir?
Est-ce ainsi que pour moi votre âme est attendrie?

LYCOMÈDE
L’amour se change en Furie,
Quand il est au désespoir.
Puisque je perds toute espérance,
Je veux désespérer mon rival à son tour;
Et les douceurs de la vengeance
Ont de quoi consoler des rigueurs de l’Amour.

ALCESTE
Voyez la douleur qui m’accable.

LYCOMÈDE
Vous avez sans pitié regardé ma douleur.
Vous m’avez rendu misérable,
Vous partagerez mon malheur.

ALCESTE
Admète avait mon cœur dès ma plus tendre enfance;
Nous ne connaissions pas l’Amour ni sa puissance,
Lorsque d’un nœud fatal il vint nous enchaîner;
Ce n’est pas une grande offense
Que le refus d’un cœur qui n’est plus à donner.

LYCOMÈDE
Est-ce aux amants qu’on désespère
A devoir rien examiner?
Non, je ne puis vous pardonner
D’avoir trop su me plaire.
Que ne m’ont point coûté vos funestes attraits!
Ils ont mis dans mon cœur une cruelle flamme,
Ils ont arraché de mon âme
L’innocence et la paix.
Non, ingrate, non, inhumaine,
Non, quelle que soit votre peine,
Non, je ne vous rendrai jamais
Tous les maux que vous m’avez faits.

STRATON
Voici l’ennemi qui s’avance
En diligence.

LYCOMÈDE
Préparons-nous
A nous défendre.

ALCESTE
Ah, cruel, que n’épargnez-vous
Le sang qu’on va répandre!

LYCOMÈDE et ses soldats
Périssons tous,
Plutôt que de nous rendre.

Lycomède contraint Alceste d’entrer dans la ville, Céphise la suit, et les soldats de Lycomède ferment la porte de la ville aussitôt qu’ils y sont entrés.


SCENE TROISIEME
ADMÈTE, ALCIDE, LYCHAS, Soldats assiégeants

ADMÈTE et ALCIDE
Marchez, marchez, marchez.
Approchez, amis, approchez.
Marchez, marchez, marchez.
Hâtons-nous de punir des traîtres,
Rendons-nous maîtres
Des murs qui les tiennent cachés.
Marchez, marchez, marchez.


SCENE QUATRIEME
LYCOMÈDE, STRATON, Soldats assiégés ; ADMÈTE, ALCIDE, LYCHAS, Soldats assiégeants
LYCOMÈDE sur les remparts
Ne prétendez pas nous surprendre,
Venez, nous allons vous attendre;
Nous ferons tous notre devoir
Pour vous bien recevoir.

STRATON et les Soldats assiégés
Nous ferons tous notre devoir
Pour vous bien recevoir.

ADMÈTE
Perfide, évite un sort funeste,
On te pardonne tout si tu veux rendre Alceste.

LYCOMÈDE
J’aime mieux mourir, s’il le faut,
Que de céder jamais cet Objet plein de charmes.

ADMÈTE et ALCIDE
A l’assaut, à l’assaut.

LYCOMÈDE et STRATON
Aux armes, aux armes.

LES ASSIÉGEANTS
A l’assaut, à l’assaut.

LES ASSIÉGÉS
Aux armes, aux armes.

ADMÈTE, ALCIDE, et LYCOMÈDE
A moi, compagnons, à moi.

ADMÈTE et LYCOMÈDE
A moi, suivez votre Roi.

ALCIDE
C’est Alcide
Qui vous guide.

ADMÈTE, ALCIDE, et LYCOMÈDE
A moi, compagnons, à moi.

On fait avancer des béliers et autres machines de guerre pour battre la place.

TOUS ENSEMBLE
Donnons, donnons, de toutes parts.

LES ASSIÉGEANTS
Que chacun à l’envi combatte.
Que l’on abatte
Les tours, et les remparts.

TOUS ENSEMBLE
Donnons, donnons de toutes parts.

LES ASSIÉGÉS
Que les ennemis, pêle-mêle,
Trébuchent sous l’affreuse grêle
De nos flèches, et de nos dards.

TOUS
Donnons, donnons de toutes parts.
Courage, courage, courage,
Ils sont à nous, ils sont à nous.

ALCIDE
C’est trop disputer l’avantage,
Je vais vous ouvrir un passage,
Suivez-moi tous, suivez-moi tous.

TOUS ENSEMBLE
Courage, courage, courage,
Ils sont à nous, ils sont à nous.

Les assiégés, voyant leurs remparts à demi abattus, et la porte de la ville enfoncée, font un dernier effort dans une sortie pour repousser les assiégeants.

LES ASSIÉGEANTS
Achevons d’emporter la place;
L’ennemi commence à plier.
Main basse, main basse, main basse.

LES ASSIÉGÉS rendant les armes
Quartier, quartier, quartier.

LES ASSIÉGEANTS
La ville est prise.

LES ASSIÉGÉS
Quartier, quartier, quartier.

LYCHAS terrassant STRATON
Il faut rendre Céphise.

STRATON
Je suis ton prisonnier,
Quartier, quartier, quartier.


SCENE CINQUIEME
PHÉRÈS armé, et marchant avec peine
Courage enfants, je suis à vous;
Mon bras va seconder vos coups.
Mais c’en est déjà fait et l’on a pris la ville;
La faiblesse de l’âge a retardé mes pas.
La Valeur devient inutile,
Quand la force n’y répond pas.

Que la vieillesse est lente,
Les efforts qu’elle tente
Sont toujours impuissants;
C’est une charge bien pesante
Qu’un fardeau de quatre-vingts ans.


SCENE SIXIEME
ALCIDE, ALCESTE, CÉPHISE, PHÉRÈS, LYCHAS, STRATON enchaîné

ALCIDE A PHÉRÈS
Rendez à votre fils cette aimable Princesse.

PHÉRÈS
Ce don de votre main serait encor plus doux.

ALCIDE
Allez, allez la rendre à son heureux époux.

ALCESTE
Tout est soumis, la guerre cesse;
Seigneur, pourquoi me laissez-vous?
Quel nouveau soin vous presse?

ALCIDE
Vous n’avez rien à redouter,
Je vais chercher ailleurs des tyrans à dompter.

ALCESTE
Les nœuds d’une amitié pressante
Ne retiendront-ils point votre âme impatiente?
Et la Gloire toujours vous doit-elle emporter?

ALCIDE
Gardez-vous bien de m’arrêter.

ALCESTE
C’est votre Valeur triomphante
Qui fait le sort charmant que nous allons goûter;
Quelque douceur que l’on ressente,
Un ami tel que vous l’augmente;
Voulez-vous si tôt nous quitter?

ALCIDE
Gardez-vous bien de m’arrêter.
Laissez, laissez-moi fuir un charme qui m’enchante;
Non, toute ma vertu n’est pas assez puissante
Pour répondre d’y résister.
Non, encore une fois, Princesse trop charmante,
Gardez-vous bien de m’arrêter.


SCENE SEPTIEME
ALCESTE, PHÉRÈS, CÉPHISE

A TROIS
Cherchons Admète promptement.

ALCESTE
Peut-on chercher ce qu’on aime
Avec trop d’empressement?
Quand l’amour est extrême,
Le moindre éloignement
Est un cruel tourment.

ALCESTE, PHÉRÈS, et CÉPHISE
Cherchons Admète promptement.


SCENE HUITIEME
ADMÈTE blessé, CLÉANTE, ALCESTE, PHÉRÈS, CÉPHISE, Soldats

ALCESTE
O Dieux! quel spectacle funeste!

CLÉANTE
Le Chef des ennemis mourant, et terrassé,
De sa rage expirante a ramassé le reste;
Le Roi vient d’en être blessé.

ADMÈTE
Je meurs, charmante Alceste,
Mon sort est assez doux
Puisque je meurs pour vous.

ALCESTE
C’est pour vous voir mourir que le Ciel me délivre!

ADMÈTE
Avec le nom de votre époux
J’eusse été trop heureux de vivre;
Mon sort est assez doux
Puisque je meurs pour vous.

ALCESTE
Est-ce là cet Hymen si doux, si plein d’appas,
Qui nous promettait tant de charmes?
Fallait-il que si tôt l’aveugle sort des armes
Tranchât des nœuds si beaux par un affreux trépas?
Est-ce là cet Hymen si doux, si plein d’appas,
Qui nous promettait tant de charmes?

ADMÈTE
Belle Alceste, ne pleurez pas,
Tout mon sang ne vaut point vos larmes.

ALCESTE
Est-ce là cet Hymen si doux, si plein d’appas,
Qui nous promettait tant de charmes?

ADMÈTE
Alceste, vous pleurez.

ALCESTE
Admète, vous mourez.

ADMÈTE et ALCESTE ensemble
Alceste, vous pleurez;
Admète, vous mourez.

ALCESTE
Se peut-il que le Ciel permette
Que les cœurs d’Alceste et d’Admète
Soient ainsi séparés?

ADMÈTE et ALCESTE
Alceste, vous pleurez,
Admète, vous mourez.


SCENE NEUVIEME
APOLLON, LES ARTS, ADMÈTE, ALCESTE, PHÉRÈS, CÉPHISE, CLÉANTE, Soldats

APOLLON environné des Arts
La lumière aujourd’hui te doit être ravie;
Il n’est qu’un seul moyen de prolonger ton sort;
Le Destin me promet de te rendre à la vie,
Si quelque autre pour toi veut s’offrir à la mort.
Reconnais si quelqu’un t’aime parfaitement;
Sa mort aura pour prix une immortelle gloire:
Pour en conserver la mémoire
Les Arts vont élever un pompeux Monument.

Les Arts qui sont autour d’Apollon se séparent sur des nuages différents, et tous descendent pour élever un Monument superbe, tandis qu’Apollon s’envole.

Fin du second Acte.
ACTE SECOND.
La scène est dans l’île de Scyros , et le théâtre représente la ville principale de l’île.

SCENE PREMIERE
CÉPHISE, STRATON

CÉPHISE
Alceste ne vient point, et nous devons attendre.

STRATON
Que peut-elle prétendre?
Pourquoi se tourmenter ici mal à propos?
Ses cris ont beau se faire entendre,
Peut-être son époux a péri dans les flots,
Et nous sommes enfin dans l’île de Scyros.

CÉPHISE
Tu ne te plaindras point que j’en use de même;
Je t’ai donné peu d’embarras,
Tu vois comme je suis tes pas.

STRATON
Tu sais dissimuler une colère extrême.

CÉPHISE
Et si je te disais que c’est toi seul que j’aime?

STRATON
Tu le dirais en vain, je ne te croirais pas.

CÉPHISE
Crois-moi, si j’ai feint de changer
C’était pour te mieux engager.

Un rival n’est pas inutile,
Il réveille l’ardeur et les soins d’un amant;
Une conquête facile
Donne peu d’empressement,
Et l’Amour tranquille
S’endort aisément.

STRATON
Non, non, ne tente point une seconde ruse,
Je vois plus clair que tu ne crois.
On excuse d’abord un amant qu’on abuse,
Mais la sottise est sans excuse
De se laisser tromper deux fois.

CÉPHISE
N’est-il aucun moyen d’apaiser ta colère?

STRATON
Consens à m’épouser et sans retardement.

CÉPHISE
Une si grande affaire
Ne se fait pas si promptement.
Un hymen qu’on diffère
N’en est que plus charmant.

STRATON
Un hymen qui peut plaire
Ne coûte guère,
Et c’est un nœud bientôt formé;
Rien n’est plus aisé que de faire
Un époux d’un amant aimé.

CÉPHISE
Je t’aime d’une amour sincère;
Et s’il est nécessaire,
Je m’offre à t’en faire un serment.

STRATON
Amusement, amusement.

CÉPHISE
L’injuste enlèvement d’Alceste
Attire dans ces lieux une guerre funeste,
Les plus braves des Grecs s’arment pour son secours;
Au milieu des cris et des larmes,
L’Hymen a peu de charmes;
Attendons de tranquilles jours.
Le bruit affreux des armes
Effarouche bien les Amours.

STRATON
Discours, discours, discours.
Tu n’as qu’à m’épouser pour m’ôter tout ombrage,
Pourquoi différer davantage?
A quoi servent tant de façons?

CÉPHISE
Rends-moi la liberté pour m’épouser sans crainte;
Un hymen fait avec contrainte
Est un mauvais moyen de finir tes soupçons.

STRATON
Chansons, chansons, chansons.


SCENE SECONDE
LYCOMÈDE, ALCESTE, STRATON, CÉPHISE, Soldats de Lycomède

LYCOMÈDE
Allons, allons, la plainte est vaine.

ALCESTE
Ah! quelle rigueur inhumaine!

LYCOMÈDE
Allons, je suis sourd à vos cris,
Je me venge de vos mépris.

ALCESTE
Quoi? vous serez inexorable?

LYCOMÈDE
Cruelle, vous m’avez appris
A devenir impitoyable.

ALCESTE
Est-ce ainsi que l’Amour a su vous émouvoir?
Est-ce ainsi que pour moi votre âme est attendrie?

LYCOMÈDE
L’amour se change en Furie,
Quand il est au désespoir.
Puisque je perds toute espérance,
Je veux désespérer mon rival à son tour;
Et les douceurs de la vengeance
Ont de quoi consoler des rigueurs de l’Amour.

ALCESTE
Voyez la douleur qui m’accable.

LYCOMÈDE
Vous avez sans pitié regardé ma douleur.
Vous m’avez rendu misérable,
Vous partagerez mon malheur.

ALCESTE
Admète avait mon cœur dès ma plus tendre enfance;
Nous ne connaissions pas l’Amour ni sa puissance,
Lorsque d’un nœud fatal il vint nous enchaîner;
Ce n’est pas une grande offense
Que le refus d’un cœur qui n’est plus à donner.

LYCOMÈDE
Est-ce aux amants qu’on désespère
A devoir rien examiner?
Non, je ne puis vous pardonner
D’avoir trop su me plaire.
Que ne m’ont point coûté vos funestes attraits!
Ils ont mis dans mon cœur une cruelle flamme,
Ils ont arraché de mon âme
L’innocence et la paix.
Non, ingrate, non, inhumaine,
Non, quelle que soit votre peine,
Non, je ne vous rendrai jamais
Tous les maux que vous m’avez faits.

STRATON
Voici l’ennemi qui s’avance
En diligence.

LYCOMÈDE
Préparons-nous
A nous défendre.

ALCESTE
Ah, cruel, que n’épargnez-vous
Le sang qu’on va répandre!

LYCOMÈDE et ses soldats
Périssons tous,
Plutôt que de nous rendre.

Lycomède contraint Alceste d’entrer dans la ville, Céphise la suit, et les soldats de Lycomède ferment la porte de la ville aussitôt qu’ils y sont entrés.


SCENE TROISIEME
ADMÈTE, ALCIDE, LYCHAS, Soldats assiégeants

ADMÈTE et ALCIDE
Marchez, marchez, marchez.
Approchez, amis, approchez.
Marchez, marchez, marchez.
Hâtons-nous de punir des traîtres,
Rendons-nous maîtres
Des murs qui les tiennent cachés.
Marchez, marchez, marchez.


SCENE QUATRIEME
LYCOMÈDE, STRATON, Soldats assiégés ; ADMÈTE, ALCIDE, LYCHAS, Soldats assiégeants
LYCOMÈDE sur les remparts
Ne prétendez pas nous surprendre,
Venez, nous allons vous attendre;
Nous ferons tous notre devoir
Pour vous bien recevoir.

STRATON et les Soldats assiégés
Nous ferons tous notre devoir
Pour vous bien recevoir.

ADMÈTE
Perfide, évite un sort funeste,
On te pardonne tout si tu veux rendre Alceste.

LYCOMÈDE
J’aime mieux mourir, s’il le faut,
Que de céder jamais cet Objet plein de charmes.

ADMÈTE et ALCIDE
A l’assaut, à l’assaut.

LYCOMÈDE et STRATON
Aux armes, aux armes.

LES ASSIÉGEANTS
A l’assaut, à l’assaut.

LES ASSIÉGÉS
Aux armes, aux armes.

ADMÈTE, ALCIDE, et LYCOMÈDE
A moi, compagnons, à moi.

ADMÈTE et LYCOMÈDE
A moi, suivez votre Roi.

ALCIDE
C’est Alcide
Qui vous guide.

ADMÈTE, ALCIDE, et LYCOMÈDE
A moi, compagnons, à moi.

On fait avancer des béliers et autres machines de guerre pour battre la place.

TOUS ENSEMBLE
Donnons, donnons, de toutes parts.

LES ASSIÉGEANTS
Que chacun à l’envi combatte.
Que l’on abatte
Les tours, et les remparts.

TOUS ENSEMBLE
Donnons, donnons de toutes parts.

LES ASSIÉGÉS
Que les ennemis, pêle-mêle,
Trébuchent sous l’affreuse grêle
De nos flèches, et de nos dards.

TOUS
Donnons, donnons de toutes parts.
Courage, courage, courage,
Ils sont à nous, ils sont à nous.

ALCIDE
C’est trop disputer l’avantage,
Je vais vous ouvrir un passage,
Suivez-moi tous, suivez-moi tous.

TOUS ENSEMBLE
Courage, courage, courage,
Ils sont à nous, ils sont à nous.

Les assiégés, voyant leurs remparts à demi abattus, et la porte de la ville enfoncée, font un dernier effort dans une sortie pour repousser les assiégeants.

LES ASSIÉGEANTS
Achevons d’emporter la place;
L’ennemi commence à plier.
Main basse, main basse, main basse.

LES ASSIÉGÉS rendant les armes
Quartier, quartier, quartier.

LES ASSIÉGEANTS
La ville est prise.

LES ASSIÉGÉS
Quartier, quartier, quartier.

LYCHAS terrassant STRATON
Il faut rendre Céphise.

STRATON
Je suis ton prisonnier,
Quartier, quartier, quartier.


SCENE CINQUIEME
PHÉRÈS armé, et marchant avec peine
Courage enfants, je suis à vous;
Mon bras va seconder vos coups.
Mais c’en est déjà fait et l’on a pris la ville;
La faiblesse de l’âge a retardé mes pas.
La Valeur devient inutile,
Quand la force n’y répond pas.

Que la vieillesse est lente,
Les efforts qu’elle tente
Sont toujours impuissants;
C’est une charge bien pesante
Qu’un fardeau de quatre-vingts ans.


SCENE SIXIEME
ALCIDE, ALCESTE, CÉPHISE, PHÉRÈS, LYCHAS, STRATON enchaîné

ALCIDE A PHÉRÈS
Rendez à votre fils cette aimable Princesse.

PHÉRÈS
Ce don de votre main serait encor plus doux.

ALCIDE
Allez, allez la rendre à son heureux époux.

ALCESTE
Tout est soumis, la guerre cesse;
Seigneur, pourquoi me laissez-vous?
Quel nouveau soin vous presse?

ALCIDE
Vous n’avez rien à redouter,
Je vais chercher ailleurs des tyrans à dompter.

ALCESTE
Les nœuds d’une amitié pressante
Ne retiendront-ils point votre âme impatiente?
Et la Gloire toujours vous doit-elle emporter?

ALCIDE
Gardez-vous bien de m’arrêter.

ALCESTE
C’est votre Valeur triomphante
Qui fait le sort charmant que nous allons goûter;
Quelque douceur que l’on ressente,
Un ami tel que vous l’augmente;
Voulez-vous si tôt nous quitter?

ALCIDE
Gardez-vous bien de m’arrêter.
Laissez, laissez-moi fuir un charme qui m’enchante;
Non, toute ma vertu n’est pas assez puissante
Pour répondre d’y résister.
Non, encore une fois, Princesse trop charmante,
Gardez-vous bien de m’arrêter.


SCENE SEPTIEME
ALCESTE, PHÉRÈS, CÉPHISE

A TROIS
Cherchons Admète promptement.

ALCESTE
Peut-on chercher ce qu’on aime
Avec trop d’empressement?
Quand l’amour est extrême,
Le moindre éloignement
Est un cruel tourment.

ALCESTE, PHÉRÈS, et CÉPHISE
Cherchons Admète promptement.


SCENE HUITIEME
ADMÈTE blessé, CLÉANTE, ALCESTE, PHÉRÈS, CÉPHISE, Soldats

ALCESTE
O Dieux! quel spectacle funeste!

CLÉANTE
Le Chef des ennemis mourant, et terrassé,
De sa rage expirante a ramassé le reste;
Le Roi vient d’en être blessé.

ADMÈTE
Je meurs, charmante Alceste,
Mon sort est assez doux
Puisque je meurs pour vous.

ALCESTE
C’est pour vous voir mourir que le Ciel me délivre!

ADMÈTE
Avec le nom de votre époux
J’eusse été trop heureux de vivre;
Mon sort est assez doux
Puisque je meurs pour vous.

ALCESTE
Est-ce là cet Hymen si doux, si plein d’appas,
Qui nous promettait tant de charmes?
Fallait-il que si tôt l’aveugle sort des armes
Tranchât des nœuds si beaux par un affreux trépas?
Est-ce là cet Hymen si doux, si plein d’appas,
Qui nous promettait tant de charmes?

ADMÈTE
Belle Alceste, ne pleurez pas,
Tout mon sang ne vaut point vos larmes.

ALCESTE
Est-ce là cet Hymen si doux, si plein d’appas,
Qui nous promettait tant de charmes?

ADMÈTE
Alceste, vous pleurez.

ALCESTE
Admète, vous mourez.

ADMÈTE et ALCESTE ensemble
Alceste, vous pleurez;
Admète, vous mourez.

ALCESTE
Se peut-il que le Ciel permette
Que les cœurs d’Alceste et d’Admète
Soient ainsi séparés?

ADMÈTE et ALCESTE
Alceste, vous pleurez,
Admète, vous mourez.


SCENE NEUVIEME
APOLLON, LES ARTS, ADMÈTE, ALCESTE, PHÉRÈS, CÉPHISE, CLÉANTE, Soldats

APOLLON environné des Arts
La lumière aujourd’hui te doit être ravie;
Il n’est qu’un seul moyen de prolonger ton sort;
Le Destin me promet de te rendre à la vie,
Si quelque autre pour toi veut s’offrir à la mort.
Reconnais si quelqu’un t’aime parfaitement;
Sa mort aura pour prix une immortelle gloire:
Pour en conserver la mémoire
Les Arts vont élever un pompeux Monument.

Les Arts qui sont autour d’Apollon se séparent sur des nuages différents, et tous descendent pour élever un Monument superbe, tandis qu’Apollon s’envole.

Fin du second Acte.



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