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PROLOGUE
Le théâtre représente le Mont Parnasse;
Apollon y est assis accompagné de neuf Muses qui sont aussi assises
des deux côtés.

Apollon
Muses, préparons nos concerts;
Le plus grand roy de l'univers
Vient d'assurer le repos de la terre,
Sur cet heureux vallon
Il répand ses bienfaits.
Après avoir chanté les fureurs de la guerre,
Chantons les douceurs de la paix.

Les Muses
Après avoir chanté les fureurs de la guerre,
Chantons les douceurs de la paix.

Apollon
Par cet auguste roy la discorde est bannie;
pour tous les Dieux sa gloire a tant d'appas
Que Pan luy-même, oubliant nos débats,
Vient icy de nos chants augmenter l'harmonie;
Bacchus ainsi que luy va se joindre avec nous
Pour rendre nos accords plus charmants et plus doux.
Bacchus entre icy d'un côté accompagné d'Oegipans et
de Ménades, et Pan entre de l'autre côté, suivy de Bergers
et de Bergères.

Bacchus
Du fameux bord de l'Inde où toujours la victoire
Rangea les peuples sous ma loy,
Je viens prendre part à la gloire
D'un vainqueur aussi grand que moy.

Pan
J'ay quitté les forêts où je tiens mon empire
Pour venir comme vous
Admirer ce héros.
Nos plaines et nos bois luy doivent leur repos;
C'est par luy seul que tout respire.

Choeur d'Apollon et des Muses qui chantent avec le choeur de Bacchus et de Pan.
Chantons, chantons le plus grand des mortels.
Chantons, chantons un roy digne de nos autels.
Par luy tous nos champs refleurissent,
Les tranquilles plaisirs
Par luy sont de retour.
De son nom seul nos échos retentissent.
Si l'on soupire encor ce n'est plus que d'amour.
Tout rit dans nos douces retraites,
Rien ne vient plus troubler le son de nos musettes.

(Un Berger chante ce menuet alternativement après les instruments.)
Un berger
Pourquoy n'avoir pas le coeur tendre?
Rien n'est si doux que d'aimer;
Peut-on aisément s'en défendre?
Non, non, non, l'amour doit tout charmer.
Que sert la fierté dans les belles.
Tout aime enfin à son tour,
Veut-on des rigueurs éternelles?
Non, non, non, rien n'échappe à l'amour.

(Entrée des Aegipans et des Ménades.)
Pan
Tout est paisible sur la terre
Voicy l'heureux temps des Amours

Bacchus
Ils n'ont plus à craindre la guerre
Qui des amants troublait les plus beaux jours.

Pan
Aymez, Bergers, Aymez, Bergères,
Suivez suivez vos plus tendres désirs.

Bacchus
Si l'amour a des maux, il a mille plaisirs
Qui rendent ses peines légères.

Pan et Bacchus
Si l'amour a des maux, il a mille plaisirs
Qui rendent ses peines légères.

Apollon
Quittez, quittez de si vaines chansons,
Il faut par de plus nobles sons
Honorer en ce jour le héros de la France.
Transformons-nous en ce moment
Et dans un spectacle charmant,
Célébrons à ses yeux l'heureux évènement
Qui jadis au Parnasse a donné la naissance.
Allons, pour ce grand Roy redoublez vos efforts;
Préparez vos plus doux accords.

Choeur d'Apollon, des Muses, de Bacchus et de Pan
Pour ce grand Roy redoublons nos efforts;
Préparons nos plus doux accords.

Fin du Prologue


ACTE I
(Le Théâtre représente la ville de Patare, Capitale du Royaume de Lycie.)
Scène Première
Sténobée, Argie

Sténobée
Non, les soulèvements d'une ville rebelle
Ne m'ont point fait quitter Argos,
C'est l'Amour seul fatal à mon repos,
C'est le cruel Amour qui dans ces lieux m'appelle.
Prétus n'est plus et désormais
sa mort me rend maîtresse de mon sort,
Je puis donner un diadème
Et viens en cette cour faire un dernier effort
Sur le coeur d'un ingrat que j'ayme.

Argie
Quoy! de Bellérophon l'outrageante froideur
Ne peut de cet amour dégager votre coeur?

Sténobée
Hélas! à quel excès je portay ma vengeance
Je l'accusay malgré son innocence
De vouloir m'inspirer une coupable ardeur.
Ce fut pour luy ravir et l'honneur et la vie
Que Prétus l'envoya chez le Roy de Lycie
Et quels troubles alors ne sentit point mon coeur!
En vain quand l'Amour est extrême
On veut perdre un ingrat qui nous ose outrager
On prend dans ses malheurs plus de part que luy-même
Hélas hélas quand il se faut venger de ce qu'on aime
Qu'il en coûte, qu'il en coûte de se venger.

Argie
Ne redoutez plus rien ce héros invincible
Aux plus affreux périls tant de fois exposé,
A sa valeur a trouvé tout possible,
Quel triomphe pour vous s'il vous était aisé
de rendre enfin son coeur sensible!

Sténobée
Du moins Bellérophon n'a jamais rien aimé,
C'est à la gloire qu'il se donne
Et son coeur peut être charmé
par les offres de ma couronne.
Espoir qui séduisez les amants malheureux
Pourquoy pourquoi suspendre ma vengeance?
Je scay je scay combien vous êtes dangeureux,
Je scay que vous allez entretenir mes feux
Et redoubler leur violence,
Cependant vous rentrez dans mon coeur amoureux
Et je sens qu'avec nous il est d'intelligence.
Espoir qui séduisez les amants malheureux
Pourquoy pourquoi suspendre ma vengeance?

Scène 2
Sténobée, Philonoë, Argie

Philonoë
Reine, vous scavez qu'en ce jour
Je reçois un époux de la main de mon père;
J'attends le choix qu'il doit faire
Entre tous ces amants
Qui remplissent sa cour,
Obtenez qu'il n'en délibère
Que de concert avec l'Amour.
Qu'il est doux de trouver
Dans un amant qu'on aime
Un époux que l'on doit aimer;

Sténobée
Quoy! Princesse, à l'Amour vous auriez pu vous rendre?

Philonoë
En vain, j'ai voulu m'en défendre.

Sténobée
Et qui donc aimez-vous?

Philonoë
Un héros que les Dieux
Ont fait des conquérants l'exemple glorieux,
Estimé dans la paix redouté dans la guerre,
Il est et la terreur et l'Amour de la terre.
Qui pour chercher à vaincre il court dans les hasards,
A ses premiers efforts ses ennemis se rendent
Et s'il aime, il n'est point de coeurs qui se défendent
De ses premiers regards.

Sténobée
ah! c'est Bellérophon!

Philonoë
C'est lui, je le confesse,
Ne condamnez point ma tendresse,
Quand mille exploirs fameux parlent pour un amant,
Peut-on résister un moment?
Après avoir vaincu deux nations guerrières,
Bellérophon a même en ces lieux fortunés
Les Amazones prisonnières
Et les Solymes enchainés?
Il possède mon coeur,
Il peut tout sur mon âme;
Reine, favorisez une si belle flamme.

Scène 3
Sténobée, Argie

Sténobée
C'en est fait! l'outrage est trop grand,
Si ses cruels refus faisaient tort à ma gloire,
Du moins il m'était doux de croire
Que mon coeur soupirait pour un indifférent,
Mais il aime, et c'est là ce qui me désespère.
Une autre a fait ce que je n'ay pu faire
Venez! haine, vengeance et versez dans mon coeur
Votre poison le plus funeste
Vous ne sauriez m'inspirer trop d'horreur
Pour un ingrat que je déteste
Suivons, suivons ce désespoir
Il faut pour venger mon outrage
Qu'Amisodar serve ma rage,
Son art dans les Enfers luy donne tout pouvoir,
Il en peut évoquer quelques monstre effroyable
Qui porte le ravage et la flamme en ces lieux.
Il m'aime et si sur luy je veux jeter les yeux...

Argie
Le roy vient, contraignez l'ennui qui vous accable.

Scène 4
Le Roy, Sténobée, Argie, suite du Roy

Le Roy
Contre Béellérophon j'ai fait jusqu’à ce jour
Ce que Prétus devait attendre
De l'aveugle zèle d'un gendre
Vous vouliez comme luy qu'il périt de ma cour;
D'abord sans connaître son crime
J'abandonnay sa tête aux rigueurs de son sort;
Prétus croyant sa perte légitime,
C'était assez pour répondre sa mort
Mais enfein il est temps de vous ouvrir mon âme.
Après qu'il s'est rendu l'appuy de mes Etats,
Je veux me conserver son bras,
Ma fille est l'objet de sa flamme,
Aujourd'hui de ma main elle attend un époux,
C'est luy que je choisis?

Sténobée
Ciel! que me dites-vous?
Choisir Bellérophon Eh! qui l'aurait pu croire!

Le Roy
Ses exploits l'ont rendu digne de cette gloire.

Sténobée
Songez que Prétus vous demande sa mort!

Le Roy
Les Dieux ne m'ont point fait arbitre de son sort.

Sténobée
Quoy! vous soutenez une coupable.

Le Roy
Quoy! votre haine est implacable!

Sténobée
Ah! cessez de vous obstiner

Le Roy
Malgré votre jalouse envie

Sténobée
Malgré vos soins pour lui sauver la vie

Le Roy
Il mérite le prix que je veux lui donner

Sténobée
Il mérite la mort que je veux lui donner
A ce bruit éclatant, je connais qu'il s'avance;
Je ne vous dis plus rien, mais vous devez songer
Que si vous négliger le soin de ma vengeance
Je suis reine, Et puis me venger.

Scène 5
Le Roy, Bellérophon, troupe d'Amazones et de Solymes.

Le Roy
Venez, venez goûter les doux fruits de la gloire
Qui dans tout l'univers vous fait tant de jaloux.

Bellérophon
Seigneur, quand on combat pour vous,
N'est-on pas sûr de la victoire!

Le Roy
Après avoir rangé deux peuples sous mes lois;
Prince, votre rare vaillance
Demeurerait sans récompense
Si ma fille n'était le prix de vos exploits;
Vous l'aimez, elle vous aime,
Soyez heureus, j'y consens.

Bellérophon
Ah! Seigneir, puis-je encore me connaître moi-même!

Le Roy
La valeur obtient tout des coeurs reconnaissants:
Un héros que la gloire élève
N'est qu'à lui demi récompensé,
Et c'est peu si l'Amour n'achève
Ce que la gloire a commencé

Bellérophon
Surpris de tant d'honneurs,
Je ne puis que me taire;
Quel service assez grand pouvait les mériter!
J'eusse été trop téméraire
Si j'eusse osé m'en flatter,
Moy, qu'un fère a chassé d'Empire
Où mon père Glaucus avait donné la loy.

Le Roy
Etre l'appuy de mon empire;
C'est mériter assez d'y régner après moy.
Qu'aucun ne garde icy des sujets de tristesse,
A vos captifs je rends la liberté.

Bellérophon
Faites tous voir allégresse
En sortant de captivité.

(Le Roy et Bellérophon étant sortis, ceux qui ont conduit les Amazones et les Solymes leur otent les fers et rendent l'épée aux unes et la lance aux autres.)

Choeur
Quand un vainqueur est tout brillant de gloire
Qu'il est doux de porter ses fers
Celuy qui nous soumet
Commande à la victoire,
Il soumettra tout l'univers
Disons cent fois ce qu'on ne peut trop dire:
Heureux qui vit sous son empire.
Faisons cesser nos alarmes,
Goutons les biens que rend la liberté
Celuy dont chacun craint les armes
A fait finir notre captivité
Un sort si plein de charmes
Met notre gloire enfin en sureté,
Rompons le cours de nos larmes
Nos déplaisirs ont assez éclaté.
PROLOGUE
Le théâtre représente le Mont Parnasse;
Apollon y est assis accompagné de neuf Muses qui sont aussi assises
des deux côtés.

Apollon
Muses, préparons nos concerts;
Le plus grand roy de l'univers
Vient d'assurer le repos de la terre,
Sur cet heureux vallon
Il répand ses bienfaits.
Après avoir chanté les fureurs de la guerre,
Chantons les douceurs de la paix.

Les Muses
Après avoir chanté les fureurs de la guerre,
Chantons les douceurs de la paix.

Apollon
Par cet auguste roy la discorde est bannie;
pour tous les Dieux sa gloire a tant d'appas
Que Pan luy-même, oubliant nos débats,
Vient icy de nos chants augmenter l'harmonie;
Bacchus ainsi que luy va se joindre avec nous
Pour rendre nos accords plus charmants et plus doux.
Bacchus entre icy d'un côté accompagné d'Oegipans et
de Ménades, et Pan entre de l'autre côté, suivy de Bergers
et de Bergères.

Bacchus
Du fameux bord de l'Inde où toujours la victoire
Rangea les peuples sous ma loy,
Je viens prendre part à la gloire
D'un vainqueur aussi grand que moy.

Pan
J'ay quitté les forêts où je tiens mon empire
Pour venir comme vous
Admirer ce héros.
Nos plaines et nos bois luy doivent leur repos;
C'est par luy seul que tout respire.

Choeur d'Apollon et des Muses qui chantent avec le choeur de Bacchus et de Pan.
Chantons, chantons le plus grand des mortels.
Chantons, chantons un roy digne de nos autels.
Par luy tous nos champs refleurissent,
Les tranquilles plaisirs
Par luy sont de retour.
De son nom seul nos échos retentissent.
Si l'on soupire encor ce n'est plus que d'amour.
Tout rit dans nos douces retraites,
Rien ne vient plus troubler le son de nos musettes.

(Un Berger chante ce menuet alternativement après les instruments.)
Un berger
Pourquoy n'avoir pas le coeur tendre?
Rien n'est si doux que d'aimer;
Peut-on aisément s'en défendre?
Non, non, non, l'amour doit tout charmer.
Que sert la fierté dans les belles.
Tout aime enfin à son tour,
Veut-on des rigueurs éternelles?
Non, non, non, rien n'échappe à l'amour.

(Entrée des Aegipans et des Ménades.)
Pan
Tout est paisible sur la terre
Voicy l'heureux temps des Amours

Bacchus
Ils n'ont plus à craindre la guerre
Qui des amants troublait les plus beaux jours.

Pan
Aymez, Bergers, Aymez, Bergères,
Suivez suivez vos plus tendres désirs.

Bacchus
Si l'amour a des maux, il a mille plaisirs
Qui rendent ses peines légères.

Pan et Bacchus
Si l'amour a des maux, il a mille plaisirs
Qui rendent ses peines légères.

Apollon
Quittez, quittez de si vaines chansons,
Il faut par de plus nobles sons
Honorer en ce jour le héros de la France.
Transformons-nous en ce moment
Et dans un spectacle charmant,
Célébrons à ses yeux l'heureux évènement
Qui jadis au Parnasse a donné la naissance.
Allons, pour ce grand Roy redoublez vos efforts;
Préparez vos plus doux accords.

Choeur d'Apollon, des Muses, de Bacchus et de Pan
Pour ce grand Roy redoublons nos efforts;
Préparons nos plus doux accords.

Fin du Prologue


ACTE I
(Le Théâtre représente la ville de Patare, Capitale du Royaume de Lycie.)
Scène Première
Sténobée, Argie

Sténobée
Non, les soulèvements d'une ville rebelle
Ne m'ont point fait quitter Argos,
C'est l'Amour seul fatal à mon repos,
C'est le cruel Amour qui dans ces lieux m'appelle.
Prétus n'est plus et désormais
sa mort me rend maîtresse de mon sort,
Je puis donner un diadème
Et viens en cette cour faire un dernier effort
Sur le coeur d'un ingrat que j'ayme.

Argie
Quoy! de Bellérophon l'outrageante froideur
Ne peut de cet amour dégager votre coeur?

Sténobée
Hélas! à quel excès je portay ma vengeance
Je l'accusay malgré son innocence
De vouloir m'inspirer une coupable ardeur.
Ce fut pour luy ravir et l'honneur et la vie
Que Prétus l'envoya chez le Roy de Lycie
Et quels troubles alors ne sentit point mon coeur!
En vain quand l'Amour est extrême
On veut perdre un ingrat qui nous ose outrager
On prend dans ses malheurs plus de part que luy-même
Hélas hélas quand il se faut venger de ce qu'on aime
Qu'il en coûte, qu'il en coûte de se venger.

Argie
Ne redoutez plus rien ce héros invincible
Aux plus affreux périls tant de fois exposé,
A sa valeur a trouvé tout possible,
Quel triomphe pour vous s'il vous était aisé
de rendre enfin son coeur sensible!

Sténobée
Du moins Bellérophon n'a jamais rien aimé,
C'est à la gloire qu'il se donne
Et son coeur peut être charmé
par les offres de ma couronne.
Espoir qui séduisez les amants malheureux
Pourquoy pourquoi suspendre ma vengeance?
Je scay je scay combien vous êtes dangeureux,
Je scay que vous allez entretenir mes feux
Et redoubler leur violence,
Cependant vous rentrez dans mon coeur amoureux
Et je sens qu'avec nous il est d'intelligence.
Espoir qui séduisez les amants malheureux
Pourquoy pourquoi suspendre ma vengeance?

Scène 2
Sténobée, Philonoë, Argie

Philonoë
Reine, vous scavez qu'en ce jour
Je reçois un époux de la main de mon père;
J'attends le choix qu'il doit faire
Entre tous ces amants
Qui remplissent sa cour,
Obtenez qu'il n'en délibère
Que de concert avec l'Amour.
Qu'il est doux de trouver
Dans un amant qu'on aime
Un époux que l'on doit aimer;

Sténobée
Quoy! Princesse, à l'Amour vous auriez pu vous rendre?

Philonoë
En vain, j'ai voulu m'en défendre.

Sténobée
Et qui donc aimez-vous?

Philonoë
Un héros que les Dieux
Ont fait des conquérants l'exemple glorieux,
Estimé dans la paix redouté dans la guerre,
Il est et la terreur et l'Amour de la terre.
Qui pour chercher à vaincre il court dans les hasards,
A ses premiers efforts ses ennemis se rendent
Et s'il aime, il n'est point de coeurs qui se défendent
De ses premiers regards.

Sténobée
ah! c'est Bellérophon!

Philonoë
C'est lui, je le confesse,
Ne condamnez point ma tendresse,
Quand mille exploirs fameux parlent pour un amant,
Peut-on résister un moment?
Après avoir vaincu deux nations guerrières,
Bellérophon a même en ces lieux fortunés
Les Amazones prisonnières
Et les Solymes enchainés?
Il possède mon coeur,
Il peut tout sur mon âme;
Reine, favorisez une si belle flamme.

Scène 3
Sténobée, Argie

Sténobée
C'en est fait! l'outrage est trop grand,
Si ses cruels refus faisaient tort à ma gloire,
Du moins il m'était doux de croire
Que mon coeur soupirait pour un indifférent,
Mais il aime, et c'est là ce qui me désespère.
Une autre a fait ce que je n'ay pu faire
Venez! haine, vengeance et versez dans mon coeur
Votre poison le plus funeste
Vous ne sauriez m'inspirer trop d'horreur
Pour un ingrat que je déteste
Suivons, suivons ce désespoir
Il faut pour venger mon outrage
Qu'Amisodar serve ma rage,
Son art dans les Enfers luy donne tout pouvoir,
Il en peut évoquer quelques monstre effroyable
Qui porte le ravage et la flamme en ces lieux.
Il m'aime et si sur luy je veux jeter les yeux...

Argie
Le roy vient, contraignez l'ennui qui vous accable.

Scène 4
Le Roy, Sténobée, Argie, suite du Roy

Le Roy
Contre Béellérophon j'ai fait jusqu’à ce jour
Ce que Prétus devait attendre
De l'aveugle zèle d'un gendre
Vous vouliez comme luy qu'il périt de ma cour;
D'abord sans connaître son crime
J'abandonnay sa tête aux rigueurs de son sort;
Prétus croyant sa perte légitime,
C'était assez pour répondre sa mort
Mais enfein il est temps de vous ouvrir mon âme.
Après qu'il s'est rendu l'appuy de mes Etats,
Je veux me conserver son bras,
Ma fille est l'objet de sa flamme,
Aujourd'hui de ma main elle attend un époux,
C'est luy que je choisis?

Sténobée
Ciel! que me dites-vous?
Choisir Bellérophon Eh! qui l'aurait pu croire!

Le Roy
Ses exploits l'ont rendu digne de cette gloire.

Sténobée
Songez que Prétus vous demande sa mort!

Le Roy
Les Dieux ne m'ont point fait arbitre de son sort.

Sténobée
Quoy! vous soutenez une coupable.

Le Roy
Quoy! votre haine est implacable!

Sténobée
Ah! cessez de vous obstiner

Le Roy
Malgré votre jalouse envie

Sténobée
Malgré vos soins pour lui sauver la vie

Le Roy
Il mérite le prix que je veux lui donner

Sténobée
Il mérite la mort que je veux lui donner
A ce bruit éclatant, je connais qu'il s'avance;
Je ne vous dis plus rien, mais vous devez songer
Que si vous négliger le soin de ma vengeance
Je suis reine, Et puis me venger.

Scène 5
Le Roy, Bellérophon, troupe d'Amazones et de Solymes.

Le Roy
Venez, venez goûter les doux fruits de la gloire
Qui dans tout l'univers vous fait tant de jaloux.

Bellérophon
Seigneur, quand on combat pour vous,
N'est-on pas sûr de la victoire!

Le Roy
Après avoir rangé deux peuples sous mes lois;
Prince, votre rare vaillance
Demeurerait sans récompense
Si ma fille n'était le prix de vos exploits;
Vous l'aimez, elle vous aime,
Soyez heureus, j'y consens.

Bellérophon
Ah! Seigneir, puis-je encore me connaître moi-même!

Le Roy
La valeur obtient tout des coeurs reconnaissants:
Un héros que la gloire élève
N'est qu'à lui demi récompensé,
Et c'est peu si l'Amour n'achève
Ce que la gloire a commencé

Bellérophon
Surpris de tant d'honneurs,
Je ne puis que me taire;
Quel service assez grand pouvait les mériter!
J'eusse été trop téméraire
Si j'eusse osé m'en flatter,
Moy, qu'un fère a chassé d'Empire
Où mon père Glaucus avait donné la loy.

Le Roy
Etre l'appuy de mon empire;
C'est mériter assez d'y régner après moy.
Qu'aucun ne garde icy des sujets de tristesse,
A vos captifs je rends la liberté.

Bellérophon
Faites tous voir allégresse
En sortant de captivité.

(Le Roy et Bellérophon étant sortis, ceux qui ont conduit les Amazones et les Solymes leur otent les fers et rendent l'épée aux unes et la lance aux autres.)

Choeur
Quand un vainqueur est tout brillant de gloire
Qu'il est doux de porter ses fers
Celuy qui nous soumet
Commande à la victoire,
Il soumettra tout l'univers
Disons cent fois ce qu'on ne peut trop dire:
Heureux qui vit sous son empire.
Faisons cesser nos alarmes,
Goutons les biens que rend la liberté
Celuy dont chacun craint les armes
A fait finir notre captivité
Un sort si plein de charmes
Met notre gloire enfin en sureté,
Rompons le cours de nos larmes
Nos déplaisirs ont assez éclaté.



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