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ACTE III
Scène 1
Sténobée, Argie

Argie
Que vous faites couler et de sang et de larmes!
Dans ces tristes climats
Tout tremble, tout est en alarmes;
On voit régner partout l'image du trépas,
Et le monstre animé par la force des charmes
Marque de mille morts la trace de ses pas.

Sténobée
Lieux désolés et remplis de carnage,
Campagnes où le monstre a semé tant d'horreur,
Ne me reprochez point ma jalouse fureur,
Dont votre embrasement est le fatal ouvrage.
L'amour désespéré qui règne dans mon coeur
Vous venge assez de ce ravage.

Argie
Quoy! vous ne goûtez point la secrète douceur
D'avoir troublé l'hymen qui vous outrage!

Sténobée
Impuissante vengeance inutile secours!
De quoy peux-tu servir, quand on aime toujours!
Les plus cruels transports que la fureur inspire
Consolent mal un Amour outragé.
Ce malheureux Amour, après s'être vengé,
N'en fait pas moins sentir son tyrannique empire.

Scène 2
Sténobée, Le Roy

Le Roy
Que de malheurs accablent la Lycie!
Si le ciel luy gardait de si funeste coups,
Avant qu'il fit sur elle éclater son courroux;
Que ne m'a-t-il ôté la vie!
Je ne vois en tous que des marques d'effroy,
Que des objets qui m'épouvantent;
Et je partage comme roy
Les maux que sujets ressentent.

Sténobée
Quand vous voyez vos peuples abattus,
Reconnaissez du Ciel la justice suprême;
Vous n'avez pas vengé l'injure de Rétus,
Il la venge luy-même.
Bellérophon victorieux
Cause tous les malheurs dont votre coeur soupire;
C'est contre luy seul que les Dieux
Ont envoyé le monstre furieux
Qui désole tout votre empire,
Que sa valeur en délivre ces lieux
Puisque son crime vous l'attire.

Scène 3
Bellérophon, Le Roy

Bellérophon
Vous venez consulter l'oracle d'Apollon!

Le Roy
Je viens luy demander ce qu'il faut que j'espère;
De mes états c'est le Dieu tutélaire;
Il écoute ma voix,
Quand j'implore son nom.

Bellérophon
Ce Dieu qui chérit la Lycie
Dans ses malheurs voudra la secourir
Et l'encens qu'en ce lieu vous luy venez offrir
Rendra du Ciel la colère adoucie.
Mais, quand le monstre immole à sa fureur
Tout le sang qu'il trouve à répandre,
Verrai-je sans rien entreprendre,
Que par luy dans ces lieux tout soit remply d'horreur.

Le Roy
Ah! Prince, songez-vous que trois monstres ensemble
Sont unis dans ce monstre affreux!
A son aspect il n'est rien qui ne tremble;
De sa brûlante haleine il pousse mille feux.

Bellérophon
Ces trois monstres unis n'ont rien qui m'épouvante,
Plus le combat coûte au vainqueur,
Plus la victoire est éclatante
Et c'est ce qui flatte un grand coeur.

Scène 4
Philonoë, Bellérophon, Le Roy

Philonoë
Seigneur, à votre voix je viens joindre la mienne,
Aux voeux que vous offrez je viens mêler mes pleurs
Et demander au Ciel que la Lycie obtienne
La fin de ses malheurs.

Le Roy
Contre le monstre qui les cause
Bellérophon veut employer son bras:
Consentirez-vous qu'il s'expose?

Philonoë
Ah! vous-même, Seigneur, vous n'y consentez pas;
Souffrirez-vous qu'il coure où la mort est certaine?

Bellérophon
On court à la victoire en s'exposant pour vous,
Croyez-en l'ardeur qui m'entraîne.
Hélas! sans les frayeurs dont la Lycie est pleine
Je serais déjà votre époux?

Philonoë
Espérons tout des Dieux un violent orage
Amène quelquefois le calme le plus doux.

Le Roy
Le temple s'ouvre, Entrons et par un juste hommage
Méritons que le Ciel apaise son courroux.

Scène 5
Philonoë, Bellérophon, Le Roy, Le sacrificateur, Minsitre du temple, Choeur de peuple.

Choeur
Le malheur qui nous accable
Demande un Dieu favorable
Entends-nous grand Apollon.
Par la défaite du serpent Python,
Par l'éclat de la gloire
Qui suivit ta victoire,
Viens nous secourir,
Hâte-toi sauve-nous, ou bien nous allons périr.

Le sacrificateur
Reçois, grand Apollon,
Reçois ce sacrifice,
Fais que le Ciel nous soit propice!

Choeur de peuple
D'un coeur soumis nous t'adressons nos voeux;
Ecoute écoute un peuple malheureux!

Le sacrificateur
Par ce vin répandu fais cesser nos alarmes,
Arrête le cours de nos larmes;
Tu vois quel triste sort nous accable aujourd'huy,
Prête-nous ton appuy.
Vous, qu'à me seconder, un zèle ardent anime,
Avancez, il est temps d'immoler la victime.

Choeur de peuple
Dieux, qui connaissaiez nos malheurs,
Laissez vous toucher de nos pleurs!

Sacrificateur
Espérons, respérons,
Je ne voy que signes favorables;
Nos veoux au ciel doivent être agréables?

Choeur de peuple
Après un augure si doux,
Tâchons de mériter que les Dieux soient pour nous.
(Le peuple donne icy à l'entour du feu et chante ensuite ce premier complot.)
Montrons notre allégresse
Ne parlons plus de chagrin
Renonçons à la tristesse,
Nos malheurs sont prendre fin
Quand le ciel est proprice à nos voeux.
Bannissons l'ennuy qui nous presse.
Nous allons être heureux
Le Ciel veut qu'on espère
Ne parlons plus de chagrin
Notre hommage a su luy plaire,
Tout s'est déclaré pour nous.
Bannissons les soupirs de ces lieux.
Ne craignons plus rien de contraire,
Nos maux ont touché les Dieux.

Le Sacrificateur
Tout m'apprend qu'Apollon
Dans nos voeux s'intéresse;
Redoublez à l'envy vos marques d'allégresse.

Choeur de peuple
Assez de pleurs ont suivy nos malheurs
De notre zèle vois l'ardeur fidèle,
C'est en toy seul que notre espoir est mis,
Viens de nos maux adoucir les atteintes,
Finis nos plaintes,
Calme nos craintes,
Fléchis pour nous les Destins ennemis.
L'Amour languit troublé de nos alarmes;
Rappelle icy tous ses charmes
Toy que ses traits ont tant de fois soumis.
Un monstre affreux nous rend tous malheureux;
Fais de sa rage cesser le ravage,
C'est en toy seul que notre espoir est mis.
Viens de nos maux adoucir les attenites,
Finis nos plaintes...

Le sacrificateur
Digne fils de la terre et du plus grand des Dieux,
Parle et daigne régler le destin de ces lieux.

(L'autel qui a paru s'enfonce et la Pythie sort de son antre, les cheveux épars. En même temps, on entend de grands éclats de tonnerre: le Temple tremble et on le voit tout brillant d'éclairs.)

La Pythie
Gardez tous un silence extrême,
Apollon vous entend et va parler luy-même.
Son approche déjà fait briller les éclairs;
Entendez résonner les sifflements des airs.
Ecoutez le bruit du tonnerre!
Voyez trembler et le temple et la terre;
IL va paraître, je le voy
A son aspect frémissez comme moy.

(La Pythie se penche vers la terre, tandis qu'Apollon paraît en statue d'or et prononce l'oracle qui suit.)

Apollon
Que votre crainte cesse?
Un des fils de Neptune apaisera pour vous le céleste courroux.
Pour l'en récompenser il faut que la Princesse le prenne pour époux.

(La Pythie s'enfonce dans l'antre d'où elle est sortie. Apollon disparaît et le peuple se retire.)

Apollon
Vous l'avez entendu,
Je n'ay rien à vous dire;
Je plains vos déplaisirs,
Comme vous j'en souire;
Mais rien n'est préférable au repos de ces lieux;
Soumettons-nous aux Dieux.

Scène 7
Philonoë, Bellérophon

Bellérophon
Dans quel accablement cet oracle me laisse!

Philonoë
Ah! cruelle surprise!

Bellérophon
O funeste revers! Quoi! je vous perds belle preincesse!

Philonoë
Quoi! Bellérophon je vous perds!

Bellérophon et Philonoë
Hélas! n'avons-nous eu le destin favorable
Que pour mieux ressentir le coup qui nous accable

Bellérophon
Mes voeux allaient être contents

Philonoë
Jamais sort n'eût été plus heureux que le nôtre.

Bellérophon et Philonoë
Qui croirait que deux coeurs si tendres si constants
Ne fussent pas destinés l'un pour l'autre

Bellérophon
Vous ne serez donc point à moy,
Quel prix d'un ardeur si fidèle!

Philonoë
N'y pensons plus!

Bellérophon
Quoy! vous pouvez, cruelle,
Engager ailleurs votre foy?

Philonoë
Brisez, brisez une fatale chaîne.
Quand j'ay reçu l'hommage de vos voeux
Je croyais que le ciel consentirait sans peine
Que l'hymen nous rendrait herueux;
Et je n'attendais pas l'oracle rigoureux
Qui nous sacrifie à sa haîne.

Bellérophon
Non, non, quoiqu'il ait ordonné
On ne verra jamais que ma flamme s'éteigne.
Je n'examine point ce qu'il faut que je craigne
De l'oracle fatal qui vient d'être donné,
Que le destin jaloux d'une flamme si belle
Me porte encor des coups plus rigoureux;
Au moins je puis être fidèle
Si je ne saurais être heureux!

Philonoë
Se peut-il que le ciel contre un amour si tendre
Exerce toutes ses rigueurs

Bellérophon
De ses ordres cruels l'amour doit-il dépendre

Philonoë
Aimons-nous malgré nos malheurs
Ce n'est pas au destin à séparer les coeurs.
ACTE III
Scène 1
Sténobée, Argie

Argie
Que vous faites couler et de sang et de larmes!
Dans ces tristes climats
Tout tremble, tout est en alarmes;
On voit régner partout l'image du trépas,
Et le monstre animé par la force des charmes
Marque de mille morts la trace de ses pas.

Sténobée
Lieux désolés et remplis de carnage,
Campagnes où le monstre a semé tant d'horreur,
Ne me reprochez point ma jalouse fureur,
Dont votre embrasement est le fatal ouvrage.
L'amour désespéré qui règne dans mon coeur
Vous venge assez de ce ravage.

Argie
Quoy! vous ne goûtez point la secrète douceur
D'avoir troublé l'hymen qui vous outrage!

Sténobée
Impuissante vengeance inutile secours!
De quoy peux-tu servir, quand on aime toujours!
Les plus cruels transports que la fureur inspire
Consolent mal un Amour outragé.
Ce malheureux Amour, après s'être vengé,
N'en fait pas moins sentir son tyrannique empire.

Scène 2
Sténobée, Le Roy

Le Roy
Que de malheurs accablent la Lycie!
Si le ciel luy gardait de si funeste coups,
Avant qu'il fit sur elle éclater son courroux;
Que ne m'a-t-il ôté la vie!
Je ne vois en tous que des marques d'effroy,
Que des objets qui m'épouvantent;
Et je partage comme roy
Les maux que sujets ressentent.

Sténobée
Quand vous voyez vos peuples abattus,
Reconnaissez du Ciel la justice suprême;
Vous n'avez pas vengé l'injure de Rétus,
Il la venge luy-même.
Bellérophon victorieux
Cause tous les malheurs dont votre coeur soupire;
C'est contre luy seul que les Dieux
Ont envoyé le monstre furieux
Qui désole tout votre empire,
Que sa valeur en délivre ces lieux
Puisque son crime vous l'attire.

Scène 3
Bellérophon, Le Roy

Bellérophon
Vous venez consulter l'oracle d'Apollon!

Le Roy
Je viens luy demander ce qu'il faut que j'espère;
De mes états c'est le Dieu tutélaire;
Il écoute ma voix,
Quand j'implore son nom.

Bellérophon
Ce Dieu qui chérit la Lycie
Dans ses malheurs voudra la secourir
Et l'encens qu'en ce lieu vous luy venez offrir
Rendra du Ciel la colère adoucie.
Mais, quand le monstre immole à sa fureur
Tout le sang qu'il trouve à répandre,
Verrai-je sans rien entreprendre,
Que par luy dans ces lieux tout soit remply d'horreur.

Le Roy
Ah! Prince, songez-vous que trois monstres ensemble
Sont unis dans ce monstre affreux!
A son aspect il n'est rien qui ne tremble;
De sa brûlante haleine il pousse mille feux.

Bellérophon
Ces trois monstres unis n'ont rien qui m'épouvante,
Plus le combat coûte au vainqueur,
Plus la victoire est éclatante
Et c'est ce qui flatte un grand coeur.

Scène 4
Philonoë, Bellérophon, Le Roy

Philonoë
Seigneur, à votre voix je viens joindre la mienne,
Aux voeux que vous offrez je viens mêler mes pleurs
Et demander au Ciel que la Lycie obtienne
La fin de ses malheurs.

Le Roy
Contre le monstre qui les cause
Bellérophon veut employer son bras:
Consentirez-vous qu'il s'expose?

Philonoë
Ah! vous-même, Seigneur, vous n'y consentez pas;
Souffrirez-vous qu'il coure où la mort est certaine?

Bellérophon
On court à la victoire en s'exposant pour vous,
Croyez-en l'ardeur qui m'entraîne.
Hélas! sans les frayeurs dont la Lycie est pleine
Je serais déjà votre époux?

Philonoë
Espérons tout des Dieux un violent orage
Amène quelquefois le calme le plus doux.

Le Roy
Le temple s'ouvre, Entrons et par un juste hommage
Méritons que le Ciel apaise son courroux.

Scène 5
Philonoë, Bellérophon, Le Roy, Le sacrificateur, Minsitre du temple, Choeur de peuple.

Choeur
Le malheur qui nous accable
Demande un Dieu favorable
Entends-nous grand Apollon.
Par la défaite du serpent Python,
Par l'éclat de la gloire
Qui suivit ta victoire,
Viens nous secourir,
Hâte-toi sauve-nous, ou bien nous allons périr.

Le sacrificateur
Reçois, grand Apollon,
Reçois ce sacrifice,
Fais que le Ciel nous soit propice!

Choeur de peuple
D'un coeur soumis nous t'adressons nos voeux;
Ecoute écoute un peuple malheureux!

Le sacrificateur
Par ce vin répandu fais cesser nos alarmes,
Arrête le cours de nos larmes;
Tu vois quel triste sort nous accable aujourd'huy,
Prête-nous ton appuy.
Vous, qu'à me seconder, un zèle ardent anime,
Avancez, il est temps d'immoler la victime.

Choeur de peuple
Dieux, qui connaissaiez nos malheurs,
Laissez vous toucher de nos pleurs!

Sacrificateur
Espérons, respérons,
Je ne voy que signes favorables;
Nos veoux au ciel doivent être agréables?

Choeur de peuple
Après un augure si doux,
Tâchons de mériter que les Dieux soient pour nous.
(Le peuple donne icy à l'entour du feu et chante ensuite ce premier complot.)
Montrons notre allégresse
Ne parlons plus de chagrin
Renonçons à la tristesse,
Nos malheurs sont prendre fin
Quand le ciel est proprice à nos voeux.
Bannissons l'ennuy qui nous presse.
Nous allons être heureux
Le Ciel veut qu'on espère
Ne parlons plus de chagrin
Notre hommage a su luy plaire,
Tout s'est déclaré pour nous.
Bannissons les soupirs de ces lieux.
Ne craignons plus rien de contraire,
Nos maux ont touché les Dieux.

Le Sacrificateur
Tout m'apprend qu'Apollon
Dans nos voeux s'intéresse;
Redoublez à l'envy vos marques d'allégresse.

Choeur de peuple
Assez de pleurs ont suivy nos malheurs
De notre zèle vois l'ardeur fidèle,
C'est en toy seul que notre espoir est mis,
Viens de nos maux adoucir les atteintes,
Finis nos plaintes,
Calme nos craintes,
Fléchis pour nous les Destins ennemis.
L'Amour languit troublé de nos alarmes;
Rappelle icy tous ses charmes
Toy que ses traits ont tant de fois soumis.
Un monstre affreux nous rend tous malheureux;
Fais de sa rage cesser le ravage,
C'est en toy seul que notre espoir est mis.
Viens de nos maux adoucir les attenites,
Finis nos plaintes...

Le sacrificateur
Digne fils de la terre et du plus grand des Dieux,
Parle et daigne régler le destin de ces lieux.

(L'autel qui a paru s'enfonce et la Pythie sort de son antre, les cheveux épars. En même temps, on entend de grands éclats de tonnerre: le Temple tremble et on le voit tout brillant d'éclairs.)

La Pythie
Gardez tous un silence extrême,
Apollon vous entend et va parler luy-même.
Son approche déjà fait briller les éclairs;
Entendez résonner les sifflements des airs.
Ecoutez le bruit du tonnerre!
Voyez trembler et le temple et la terre;
IL va paraître, je le voy
A son aspect frémissez comme moy.

(La Pythie se penche vers la terre, tandis qu'Apollon paraît en statue d'or et prononce l'oracle qui suit.)

Apollon
Que votre crainte cesse?
Un des fils de Neptune apaisera pour vous le céleste courroux.
Pour l'en récompenser il faut que la Princesse le prenne pour époux.

(La Pythie s'enfonce dans l'antre d'où elle est sortie. Apollon disparaît et le peuple se retire.)

Apollon
Vous l'avez entendu,
Je n'ay rien à vous dire;
Je plains vos déplaisirs,
Comme vous j'en souire;
Mais rien n'est préférable au repos de ces lieux;
Soumettons-nous aux Dieux.

Scène 7
Philonoë, Bellérophon

Bellérophon
Dans quel accablement cet oracle me laisse!

Philonoë
Ah! cruelle surprise!

Bellérophon
O funeste revers! Quoi! je vous perds belle preincesse!

Philonoë
Quoi! Bellérophon je vous perds!

Bellérophon et Philonoë
Hélas! n'avons-nous eu le destin favorable
Que pour mieux ressentir le coup qui nous accable

Bellérophon
Mes voeux allaient être contents

Philonoë
Jamais sort n'eût été plus heureux que le nôtre.

Bellérophon et Philonoë
Qui croirait que deux coeurs si tendres si constants
Ne fussent pas destinés l'un pour l'autre

Bellérophon
Vous ne serez donc point à moy,
Quel prix d'un ardeur si fidèle!

Philonoë
N'y pensons plus!

Bellérophon
Quoy! vous pouvez, cruelle,
Engager ailleurs votre foy?

Philonoë
Brisez, brisez une fatale chaîne.
Quand j'ay reçu l'hommage de vos voeux
Je croyais que le ciel consentirait sans peine
Que l'hymen nous rendrait herueux;
Et je n'attendais pas l'oracle rigoureux
Qui nous sacrifie à sa haîne.

Bellérophon
Non, non, quoiqu'il ait ordonné
On ne verra jamais que ma flamme s'éteigne.
Je n'examine point ce qu'il faut que je craigne
De l'oracle fatal qui vient d'être donné,
Que le destin jaloux d'une flamme si belle
Me porte encor des coups plus rigoureux;
Au moins je puis être fidèle
Si je ne saurais être heureux!

Philonoë
Se peut-il que le ciel contre un amour si tendre
Exerce toutes ses rigueurs

Bellérophon
De ses ordres cruels l'amour doit-il dépendre

Philonoë
Aimons-nous malgré nos malheurs
Ce n'est pas au destin à séparer les coeurs.



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