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ACTE 4
(Le theatre change, et represente les champs elysées.)

SCENE 1
(Quatorze ombres heureuses chantantes. Six ombres joüants la flutte.)

Choeur des ombres heureuses.
Loin d' icy, loin de nous,
Tristes ennuis, importunes allarmes :
Gardez-vous, gardez-vous
D' interrompre la paix dont nous goûtons les charmes ;
Gardez-vous, gardez-vous
De troubler un bonheur si doux.

Deux ombres heureuses.
O ! Bienheureuse vie !
Vous ne nous serez point ravie.
O ! Doux plaisirs dont nos voeux sont comblés !
Vous ne serez jamais troublés.

Deux autres ombres heureuses.
Ah!que ces demeures sont belles !
Que nous y passons d' heureux jours !
Quelle felicité pour les amants fidelles !
Icy les amours éternelles
Ont toujours les douceurs des nouvelles amours.
Ah!que ces demeures sont belles !
Que nous y passons d' heureux jours.

Deux autres ombres heureuses.
Dans ces beaux lieux, tout nous enchante,
Les plaisirs y suivent nos pas ;
Et plus on en jouit, plus le desir augmente
D' en goûter les appas

Le choeur des ombres heureuses.
O bien-heureuse vie !
Vous ne nous serez point ravie.
O ! Doux plaisirs dont nos voeux sont comblés !
Vous ne serez jamais troublés.

SCENE 2
Proserpine, Ascalaphe, les ombres heureuses.

Proserpine
Ma chere liberté, que vous aviez d' attraits !
En vous perdant, helas ! Que mon ame est atteinte
De douleur, de trouble, et de crainte !
Ma chere liberté, que vous aviez d' attraits !
Faut-il vous perdre pour jamais ?
Ombres que j' interromps, souffrez ma triste plainte,
Ce n' est pas pour mon coeur que vos plaisirs sont faits :
Plaignez-vous avec moy du dieu qui m' a contrainte
De troubler la douceur de vostre heureuse paix.
Ma chere liberté que vous aviez d' attraits !
En vous perdant, helas ! Que mon ame est atteinte !
De douleur, de trouble, et de crainte !
Ma chere liberté que vous aviez d' attraits !
Faut-il vous perdre pour jamais ?

Ascalaphe
Aimez qui vous aime,
Rien n' est si charmant.
Pluton n' est pas un dieu sujet au changement,
Il vous offre son coeur avec son diadème.
Aimez qui vous aime,
Rien n' est si charmant.

(Les ombres repettent ces deux derniers vers.)

Proserpine
Que n' est-il satisfait de sa grandeur supresme,
J’étois heureuse sans amant ;
Mon coeur se contentoit de regner sur luy-mesme.

Ascalaphe & Les Ombres
Aimez qui vous aime;
Rien n' est si charmant.

Proserpine
Ah ! Sans la liberté, sans sa douceur extresme,
Tout autre bien est un cruel tourment.

Ascalaphe & Les Ombres
Aaimez qui vous aime,
Rien n' est si charmant.

SCENE 3
Arethuse, Alphée, Proserpine, Ascalaphe

Proserpine
Est-ce une illusion dont le charme m' abus?
Est-ce toy, ma chere Arethuse?

Arethuse.
Pluton veut qu' avec vous nous demeurions icy ;
Nous suivons sans effort la loy qu' il nous impose.

ALPHÉE.
Ce dieu veut soulager le chagrin qu' il vous cause,
et croit que par nos soins il peut estre adoucy.

ARÉTHUSE.
Il attend pour vous voir que de vostre colere
les premiers transports soient calmez.

ALPHÉE & ARÉTHUSE.
Le dieu que vous charmez
ne songe qu' à vous plaire.

Proserpine
Que devient pour l' amour ton mespris éclatant ?
Cet amant prés de toy gouste un bonheur paisible.

Arethuse
Rien n' est impossible
A l' amour constant.
En vain je presumois tant
D' avoir un coeur invincible,
Rien n' est impossible
A l' amour constant.

Alphée.
Qu' un amant fidele est content
D' engager ce qu' il aime à devenir sensible !

Alphée et Arethuse.
Rien n' est impossible
A l' amour constant.

Ascalaphe
Pluton pourra trouver un favorable instant
Où son amour pour vous déviendra moins terrible.

Ascalaphe, Arethuse et Alphée.
Rien n' est impossible
A l' amour constant.
Voyez ce beau sejour, ces charmantes campagnes,
Ces vallons escartés, ces paisibles forests.

Proserpine
Ne reverray-je plus Ceres ?
Ne reverray-je plus mes fidelles compagnes ?

Ascalaphe
Vous avez par malheur goûté de quelques grains
D' un fruit de ces lieux sousterrains.

Alphée et Arethuse.
Pluton le sçait, il vient de nous le dire.

Ascalaphe
J' ay pris soin de l' en avertir.
Par l' arrest du destin, le dieu de cet empire
Peut vous voir desormais autant qu' il le desire.

Alphée, Arethuse et Ascalaphe.
Jamais s' il n' y veut consentir,
Du sejour des enfers vous ne pourrez sortir.

Proserpine
Je ne verray jamais la lumiere celeste !
Dans une ardente soif, par un secours funeste,
C' est toy qui m' as monstré ce fruit si dangereux :
Tu m' as caché l' arrest du destin rigoureux ;
Perfide, c' est toy qui m' abuse,
Et c' est toy-mesme qui m' accuse ?
Ah ! Du moins, le destin exaucera les voeux
De ma juste vangeance :
Tu ne surprendras plus la credule innocence ;
Tu seras un objet affreux,
Et d' un presage malheureux ;
Va, cruel, va languir dans l' horreur des tenebres ;
Va; deviens, s' il se peut, aussi triste que moy.
Que tes cris soient des cris funebres ;
Que le sombre chagrin, que le mortel effroy ;
Ne se lassent jamais de voler apres toy.

(Ascalaphe se transforme en hibou, et s' envole.)

SCENE 4
Pluton, Proserpine

Proserpine
Venez-vous contre moy deffendre un temeraire ?

Pluton
Vostre pouvoir icy ne sera point borné ;
On n' est point innocent quand on peut vous déplaire :
Épuisez, s' il se peut, sur cet infortuné,
Tous les traits de vostre colere.

Proserpine
Tout ressent ici-bas mon trouble et ma terreur :
Les ombres sans trembler ne peuvent plus m' entendre,
Ne souffrez pas que ma fureur
De cet heureux sejour, fasse un sejour d' horreur,
A la clarté du ciel, hastez-vous de me rendre.

Pluton
Ne regrettez point tant la lumiere des cieux.
Des astres faits pour nous esclairent ces beaux lieux ;
Jamais un verdoyant feuillage
Ne cesse de parer les arbres de nos bois,
Sans cesse dans nos champs nous trouvons à la fois
Des fruits, des fleurs, et de l' ombrage,
Et le temps affreux des frimas
Est la seule saison que l' on n' y connoist pas.

Proserpine
Mon triste coeur ne peut connaistre
La douceur des appas qu' on voit icy paraistre,
Helas ! Ces lieux si beaux où je frémis d' effroy,
Sont toujours les enfers pour moy.

Pluton
Je suis roy des enfers, Neptune est le roy de l' onde,
Nous regardons avec des yeux jaloux
Jupiter plus heureux que nous ;
Son sceptre est le premier des trois sceptres du monde.
Mais si de vostre coeur j' estois victorieux,
Je serois plus content d' adorer vos beaux yeux
Au milieu des enfers dans une paix profonde,
Que Jupiter le plus heureux des dieux
N' est content d' estre roy de la terre et des cieux.

Proserpine
Que deviendra Ceres à qui je suis si chere ?
Quelle surprise ! Helas ! Quelle douleur amere !
Helas !

Pluton
Ne donnerez-vous
Des soupirs qu' à vostre mere ?
Aimez, beauté trop severe,
Les soupirs d' amour sont doux.

Proserpine
D' un insensible coeur que pouvez-vous attendre ?

Pluton
J' ignorois le pouvoir des traits qui m' ont surpris,
Mon coeur ne connoissoit rien de doux ny de tendre.
Ne pourray-je vous apprendre
Ce que vous m' avez apris ?

Proserpine
Dieu cruel ! Vous n' aimez que les pleurs et les cris.
Deviez-vous aux enfers me contraindre à descendre ?
Vous m' ostez le bonheur qui m' estoit destiné ?

Pluton
Est-ce à moy qu' il faut vous en prendre ?
Accusez-en l' amour que vous m' avez donné.

Proserpine
Voulez-vous me causer d' eternelles allarmes ?

Pluton
Voulez-vous me causer d' eternels desplaisirs ?

Proserpine
Laissez-moy suivre en paix mes innocens desirs.

Pluton
Laissez-moy la douceur de voir toujours vos charmes

Proserpine
Voyez couler mes larmes.

Pluton
Écoutez mes soupirs.

Pluton et Proserpine ensemble.
Pluton
Mon amour fidelle
Ne touche point vostre coeur ?
Ah ! Quelle rigueur !

Proserpine
Ma douleur mortelle
Ne touche point vostre coeur ?
Ah ! Quelle rigueur !

Pluton
N' importe, fussiez-vous cent fois plus inhumaine,
Mon amour entreprend de vaincre vostre haine.

SCENE 5
Pluton, Proserpine, choeur d' ombres bien-heureuses. Choeur de divinitez infernales.
Quatorze divinitez infernales de la suite de Pluton, chantantes. Les trois juges des enfers. Quatre divinitez infernales dançantes. Quatre ombres heureuses dançantes.

Pluton
Que l' on suspende icy les tourments éternels
Des plus criminels :
Qu' aux enfers en ce jour tout soit exempt de peine.
Vous, qu' un heureux repos suit apres le trespas,
Et vous, dieux, mes sujets, venez, hastez vos pas,
Rendez hommage à vostre reine :
Admirez ses divins appas.
Regnez aimable souveraine,
Regnez à jamais ici-bas.

Les choeurs des ombres heureuses, et des Divinitez infernales.
Rendons hommage à nostre reyne,
Admirons ses divins appas.
Regnez, aimable souveraine,
Regnez à jamais ici-bas.

(Les ombres heureuses et les divinitez infernales rendent hommage à Proserpine, et luy apportent de riches presens : elles témoignent leur joye par leurs dances et par leurs chansons.)

Choeur des ombres heureuses.
C' est assez de regrets ;
C' est verser trop de larmes,
Goûtez les attraits
Du destin plein de charmes,
Pluton aime mieux que Ceres.
Une mere
Vaut-elle un espoux ?
L' amour doit toujours plaire,
Les soins en sont doux.
Un coeur est trop sauvage
S' il change l' usage
D' un bien si charmant,
Et c' est grand dommage
D' en faire un tourment.
Triomphez dans ces lieux :
C' est pour vous que soupire
L' un des plus grands dieux,
Possedez son empire.
Tout cede au pouvoir de vos yeux.
Une mere
Vaut-elle un espoux, etc.

Les choeurs des divinitez infernales et des Ombres heureuses.
Dans les enfers
Tout rit, tout chante ;
On vous doit, beauté charmante,
La douceur de nos concerts.
Un dieu severe
Par vos yeux est enflammé,
Tout son empire vous revere ;
Qu' il est doux d' avoir charmé
Un coeur qui n' a jamais aimé.
Que vos appas
Auront de gloire !
Ils étendent leur victoire
Jusqu' où regne le trespas.
Un dieu severe
Par vos yeux est enflammé,
Tout son empire vous revere ;
Qu' il est doux d' avoir charmé
Un coeur qui n' a jamais aimé.

Fin du quatrième Acte.
ACTE 4
(Le theatre change, et represente les champs elysées.)

SCENE 1
(Quatorze ombres heureuses chantantes. Six ombres joüants la flutte.)

Choeur des ombres heureuses.
Loin d' icy, loin de nous,
Tristes ennuis, importunes allarmes :
Gardez-vous, gardez-vous
D' interrompre la paix dont nous goûtons les charmes ;
Gardez-vous, gardez-vous
De troubler un bonheur si doux.

Deux ombres heureuses.
O ! Bienheureuse vie !
Vous ne nous serez point ravie.
O ! Doux plaisirs dont nos voeux sont comblés !
Vous ne serez jamais troublés.

Deux autres ombres heureuses.
Ah!que ces demeures sont belles !
Que nous y passons d' heureux jours !
Quelle felicité pour les amants fidelles !
Icy les amours éternelles
Ont toujours les douceurs des nouvelles amours.
Ah!que ces demeures sont belles !
Que nous y passons d' heureux jours.

Deux autres ombres heureuses.
Dans ces beaux lieux, tout nous enchante,
Les plaisirs y suivent nos pas ;
Et plus on en jouit, plus le desir augmente
D' en goûter les appas

Le choeur des ombres heureuses.
O bien-heureuse vie !
Vous ne nous serez point ravie.
O ! Doux plaisirs dont nos voeux sont comblés !
Vous ne serez jamais troublés.

SCENE 2
Proserpine, Ascalaphe, les ombres heureuses.

Proserpine
Ma chere liberté, que vous aviez d' attraits !
En vous perdant, helas ! Que mon ame est atteinte
De douleur, de trouble, et de crainte !
Ma chere liberté, que vous aviez d' attraits !
Faut-il vous perdre pour jamais ?
Ombres que j' interromps, souffrez ma triste plainte,
Ce n' est pas pour mon coeur que vos plaisirs sont faits :
Plaignez-vous avec moy du dieu qui m' a contrainte
De troubler la douceur de vostre heureuse paix.
Ma chere liberté que vous aviez d' attraits !
En vous perdant, helas ! Que mon ame est atteinte !
De douleur, de trouble, et de crainte !
Ma chere liberté que vous aviez d' attraits !
Faut-il vous perdre pour jamais ?

Ascalaphe
Aimez qui vous aime,
Rien n' est si charmant.
Pluton n' est pas un dieu sujet au changement,
Il vous offre son coeur avec son diadème.
Aimez qui vous aime,
Rien n' est si charmant.

(Les ombres repettent ces deux derniers vers.)

Proserpine
Que n' est-il satisfait de sa grandeur supresme,
J’étois heureuse sans amant ;
Mon coeur se contentoit de regner sur luy-mesme.

Ascalaphe & Les Ombres
Aimez qui vous aime;
Rien n' est si charmant.

Proserpine
Ah ! Sans la liberté, sans sa douceur extresme,
Tout autre bien est un cruel tourment.

Ascalaphe & Les Ombres
Aaimez qui vous aime,
Rien n' est si charmant.

SCENE 3
Arethuse, Alphée, Proserpine, Ascalaphe

Proserpine
Est-ce une illusion dont le charme m' abus?
Est-ce toy, ma chere Arethuse?

Arethuse.
Pluton veut qu' avec vous nous demeurions icy ;
Nous suivons sans effort la loy qu' il nous impose.

ALPHÉE.
Ce dieu veut soulager le chagrin qu' il vous cause,
et croit que par nos soins il peut estre adoucy.

ARÉTHUSE.
Il attend pour vous voir que de vostre colere
les premiers transports soient calmez.

ALPHÉE & ARÉTHUSE.
Le dieu que vous charmez
ne songe qu' à vous plaire.

Proserpine
Que devient pour l' amour ton mespris éclatant ?
Cet amant prés de toy gouste un bonheur paisible.

Arethuse
Rien n' est impossible
A l' amour constant.
En vain je presumois tant
D' avoir un coeur invincible,
Rien n' est impossible
A l' amour constant.

Alphée.
Qu' un amant fidele est content
D' engager ce qu' il aime à devenir sensible !

Alphée et Arethuse.
Rien n' est impossible
A l' amour constant.

Ascalaphe
Pluton pourra trouver un favorable instant
Où son amour pour vous déviendra moins terrible.

Ascalaphe, Arethuse et Alphée.
Rien n' est impossible
A l' amour constant.
Voyez ce beau sejour, ces charmantes campagnes,
Ces vallons escartés, ces paisibles forests.

Proserpine
Ne reverray-je plus Ceres ?
Ne reverray-je plus mes fidelles compagnes ?

Ascalaphe
Vous avez par malheur goûté de quelques grains
D' un fruit de ces lieux sousterrains.

Alphée et Arethuse.
Pluton le sçait, il vient de nous le dire.

Ascalaphe
J' ay pris soin de l' en avertir.
Par l' arrest du destin, le dieu de cet empire
Peut vous voir desormais autant qu' il le desire.

Alphée, Arethuse et Ascalaphe.
Jamais s' il n' y veut consentir,
Du sejour des enfers vous ne pourrez sortir.

Proserpine
Je ne verray jamais la lumiere celeste !
Dans une ardente soif, par un secours funeste,
C' est toy qui m' as monstré ce fruit si dangereux :
Tu m' as caché l' arrest du destin rigoureux ;
Perfide, c' est toy qui m' abuse,
Et c' est toy-mesme qui m' accuse ?
Ah ! Du moins, le destin exaucera les voeux
De ma juste vangeance :
Tu ne surprendras plus la credule innocence ;
Tu seras un objet affreux,
Et d' un presage malheureux ;
Va, cruel, va languir dans l' horreur des tenebres ;
Va; deviens, s' il se peut, aussi triste que moy.
Que tes cris soient des cris funebres ;
Que le sombre chagrin, que le mortel effroy ;
Ne se lassent jamais de voler apres toy.

(Ascalaphe se transforme en hibou, et s' envole.)

SCENE 4
Pluton, Proserpine

Proserpine
Venez-vous contre moy deffendre un temeraire ?

Pluton
Vostre pouvoir icy ne sera point borné ;
On n' est point innocent quand on peut vous déplaire :
Épuisez, s' il se peut, sur cet infortuné,
Tous les traits de vostre colere.

Proserpine
Tout ressent ici-bas mon trouble et ma terreur :
Les ombres sans trembler ne peuvent plus m' entendre,
Ne souffrez pas que ma fureur
De cet heureux sejour, fasse un sejour d' horreur,
A la clarté du ciel, hastez-vous de me rendre.

Pluton
Ne regrettez point tant la lumiere des cieux.
Des astres faits pour nous esclairent ces beaux lieux ;
Jamais un verdoyant feuillage
Ne cesse de parer les arbres de nos bois,
Sans cesse dans nos champs nous trouvons à la fois
Des fruits, des fleurs, et de l' ombrage,
Et le temps affreux des frimas
Est la seule saison que l' on n' y connoist pas.

Proserpine
Mon triste coeur ne peut connaistre
La douceur des appas qu' on voit icy paraistre,
Helas ! Ces lieux si beaux où je frémis d' effroy,
Sont toujours les enfers pour moy.

Pluton
Je suis roy des enfers, Neptune est le roy de l' onde,
Nous regardons avec des yeux jaloux
Jupiter plus heureux que nous ;
Son sceptre est le premier des trois sceptres du monde.
Mais si de vostre coeur j' estois victorieux,
Je serois plus content d' adorer vos beaux yeux
Au milieu des enfers dans une paix profonde,
Que Jupiter le plus heureux des dieux
N' est content d' estre roy de la terre et des cieux.

Proserpine
Que deviendra Ceres à qui je suis si chere ?
Quelle surprise ! Helas ! Quelle douleur amere !
Helas !

Pluton
Ne donnerez-vous
Des soupirs qu' à vostre mere ?
Aimez, beauté trop severe,
Les soupirs d' amour sont doux.

Proserpine
D' un insensible coeur que pouvez-vous attendre ?

Pluton
J' ignorois le pouvoir des traits qui m' ont surpris,
Mon coeur ne connoissoit rien de doux ny de tendre.
Ne pourray-je vous apprendre
Ce que vous m' avez apris ?

Proserpine
Dieu cruel ! Vous n' aimez que les pleurs et les cris.
Deviez-vous aux enfers me contraindre à descendre ?
Vous m' ostez le bonheur qui m' estoit destiné ?

Pluton
Est-ce à moy qu' il faut vous en prendre ?
Accusez-en l' amour que vous m' avez donné.

Proserpine
Voulez-vous me causer d' eternelles allarmes ?

Pluton
Voulez-vous me causer d' eternels desplaisirs ?

Proserpine
Laissez-moy suivre en paix mes innocens desirs.

Pluton
Laissez-moy la douceur de voir toujours vos charmes

Proserpine
Voyez couler mes larmes.

Pluton
Écoutez mes soupirs.

Pluton et Proserpine ensemble.
Pluton
Mon amour fidelle
Ne touche point vostre coeur ?
Ah ! Quelle rigueur !

Proserpine
Ma douleur mortelle
Ne touche point vostre coeur ?
Ah ! Quelle rigueur !

Pluton
N' importe, fussiez-vous cent fois plus inhumaine,
Mon amour entreprend de vaincre vostre haine.

SCENE 5
Pluton, Proserpine, choeur d' ombres bien-heureuses. Choeur de divinitez infernales.
Quatorze divinitez infernales de la suite de Pluton, chantantes. Les trois juges des enfers. Quatre divinitez infernales dançantes. Quatre ombres heureuses dançantes.

Pluton
Que l' on suspende icy les tourments éternels
Des plus criminels :
Qu' aux enfers en ce jour tout soit exempt de peine.
Vous, qu' un heureux repos suit apres le trespas,
Et vous, dieux, mes sujets, venez, hastez vos pas,
Rendez hommage à vostre reine :
Admirez ses divins appas.
Regnez aimable souveraine,
Regnez à jamais ici-bas.

Les choeurs des ombres heureuses, et des Divinitez infernales.
Rendons hommage à nostre reyne,
Admirons ses divins appas.
Regnez, aimable souveraine,
Regnez à jamais ici-bas.

(Les ombres heureuses et les divinitez infernales rendent hommage à Proserpine, et luy apportent de riches presens : elles témoignent leur joye par leurs dances et par leurs chansons.)

Choeur des ombres heureuses.
C' est assez de regrets ;
C' est verser trop de larmes,
Goûtez les attraits
Du destin plein de charmes,
Pluton aime mieux que Ceres.
Une mere
Vaut-elle un espoux ?
L' amour doit toujours plaire,
Les soins en sont doux.
Un coeur est trop sauvage
S' il change l' usage
D' un bien si charmant,
Et c' est grand dommage
D' en faire un tourment.
Triomphez dans ces lieux :
C' est pour vous que soupire
L' un des plus grands dieux,
Possedez son empire.
Tout cede au pouvoir de vos yeux.
Une mere
Vaut-elle un espoux, etc.

Les choeurs des divinitez infernales et des Ombres heureuses.
Dans les enfers
Tout rit, tout chante ;
On vous doit, beauté charmante,
La douceur de nos concerts.
Un dieu severe
Par vos yeux est enflammé,
Tout son empire vous revere ;
Qu' il est doux d' avoir charmé
Un coeur qui n' a jamais aimé.
Que vos appas
Auront de gloire !
Ils étendent leur victoire
Jusqu' où regne le trespas.
Un dieu severe
Par vos yeux est enflammé,
Tout son empire vous revere ;
Qu' il est doux d' avoir charmé
Un coeur qui n' a jamais aimé.

Fin du quatrième Acte.



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