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PROLOGUE

Le théâtre représente les lieux qu'Urgande et Alquif ont choisis, pour y demeurer enchantés et assoupis avec leur suite. Un éclair et un coup de tonnerre commencent à dissiper l'assoupissement d'Urgand, d'Alquif et de leur suite.

OUVERTURE

URGANDE ET ALQUIF sous un riche pavillon
Ah j'entends un bruit qui nous presse
De nous rassembler tous,
Le charme cesse
Eveillons-nous.

CHŒUR
Le charme cesse…

Les suivants d'Alquif et les suivantes d'Urgande s'éveillent.

URGANDE ET ALQUIF
Esprits, empressés à nous plaire,
Vous, qui veillez ici pour notre sûreté,
Votre soin n'est plus nécessaire,
Vous pouvez désormais partir en liberté.
Que le ciel annonce à la Terre
La fin de cet enchantement,
Brillants éclairs, bruyant tonnerre,
Marquez avec éclat ce bienheureux moment.

CHŒUR
Que le ciel…

Les statues qui soutiennent le pavillon, l'emportent en volant au bruit du tonnerre, et à la lueur des éclairs. Les suivants d'Alquif et les suivantes d'urgande se réjouissent de n'être plus enchantés, et témoignent leur joie en dansant et en chantant.

PREMIER AIR

SECOND AIR (GIGUE)

UNE DES SUIVANTES D'URGANDE
Les plaisirs nous suivront désormais ;
Nous allons voir nos désirs satisfaits.
Vivons sans alarmes,
Vivons tous en paix.
Revenez, reprenez tous vos charmes,
Jeux innocents, revenez pour jamais.
Il est temps que l'aurore vermeille
Cède au soleil, qui marche sur ses pas ;
Tout brille ici-bas.
Il est temps que chacun se réveille ;
L'amour ne dort pas,
Tout sent ses appas.
L'aimable Zéphire
Pour Flore soupire ;
Dans un si beau jour,
Tout parle d'amour.

URGANDE
Lorsqu'Amadis périt, une douleur profonde
Nous fit retirer dans ces lieux.
Un charme assoupissant devait fermer nos yeux,
Jusqu'au temps fortuné que le destin du monde
Dépendrait d'un héros, encore plus glorieux.

ALQUIF
Ce héros triomphant veut que tout soit tranquille
En vain, mille envieux s'arment de toutes parts ;
D'un mot, d'un seul de ses regards
Il sait rendre, à son gré, leur fureur inutile.

URGANDE ET ALQUIF
C'est à lui d'enseigner
Aux maîtres de la terre
Le grand art de la guerre ;
C'est à lui d'enseigner
Le grand art de régner.

CHŒUR
C'est à lui d'enseigner…

URGANDE
Retirons Amadis de la nuit éternelle.
Le ciel nous le permet, un sort nouveau l'appelle
Où son sang régnait autrefois.

ALQUIF
Nous ne saurions choisir de demeure plus belle.
Allons être témoins de la gloire immortelle
D'un roi, l'étonnement des rois,
Et des plus grands héros le plus parfait modèle.

URGANDE ET ALQUIF
Tout l'univers admire ses exploits,
Allons vivre heureux sous ses lois.

CHŒUR
Tout l'univers…
La suite d'Alquif et d'Urgande témoigne leur joie en dansant,
et en chantant.

RONDEAU

UNE DES SUIVANTES D'URGANDE ET LE CHŒUR
Suivons l'amour, c'est lui qui nous mène ;
Tout doit sentir son aimable ardeur.
Un peu d'amour nous fait moins de peine
Que l'embarras de garder notre cœur.
On danse

RONDEAU (reprise)

UNE DES SUIVANTES D'URGANDE ET LE CHŒUR
Malgré nos soins, l'Amour nous enchaîne ;
On ne peut fuir ce charmant vainqueur.
Un peu d'amour nous fait moins de peine
Que l'embarras de garder notre cœur.

URGANDE ET ALQUIF
Volez, tendres amours, Amadis va revivre.
Son grand cœur est fait pour vous suivre.
Volez, volez aimables jeux,
Conduisez Amadis en des climats heureux.

CHŒUR
Volez, tendres amours…
Les Amours et les Jeux volent.


OUVERTURE (reprise)


ACTE I

Le théâtre représente le palais du roi Lisuart, père d'Oriane.

Scène première
AMADIS, FLORESTAN

FLORESTAN
Je reviens dans ces lieux pour y voir ce que j'aime ;
Chaque moment est cher pour moi :
Mais au sang qui nous joint, je sais ce que je dois ;
Je ne puis vous quitter, sans une peine extrême,
Dans la douleur où je vous vois.
Le grand cœur d'Amadis doit être inébranlable ;
Quel malheur peut troubler un héros indomptable,
Vainqueur des fiers tyrans et des monstres affreux…

AMADIS
J'aime, hélas ! c'est assez pour être malheureux.

FLORESTAN
Sans cesse vous volez de victoire en victoire,
Votre grand nom s'étend aussi loin que le jour ;
Si vous vous plaignez de l'amour,
Consolez-vous avec la gloire.

AMADIS
Ah ! que l'amour paraît charmant !
Mais, hélas ! il n'est point de plus cruel tourment.
Que je trouvais d'appas dans ma naissante flamme !
Que j'aimais à former un tendre engagement !
Je payerai bien chèrement
Les trompeuses douceurs qui séduisaient mon âme.
Ah ! que l'amour paraît charmant !
Mais, hélas ! il n'est point de plus cruel tourment.
J'ai choisi la gloire pour guide,
J'ai prétendu marcher sur les traces d'Alcide ;
Heureux ! si j'avais évité
Le charme trop fatal dont il fut enchanté !
Son cœur n'eut que trop de tendresse,
Je suis tombé dans son malheur ;
J'ai mal imité sa valeur,
J'imite trop bien sa faiblesse.
J'aime Oriane, hélas ! je l'aime sans espoir.

FLORESTAN
Elle dépend d'un père, elle suit son devoir.

AMADIS
Oriane m'aimait, je l'aimais sans alarmes.

FLORESTAN
Que vous peut-elle offrir, que d'inutiles larmes ?
L'empereur des Romains sur son trône l'attend.

AMADIS
Je pourrais l'obtenir par la force des armes,
Si son amour était constant ;
Et je croyais son cœur à l'épreuve des charmes
Du trône le plus éclatant.
Fût-il jamais amant plus fidèle et plus tendre,
Fût-il jamais amant plus malheureux que moi ?
La beauté dont je suis la loi
Me bannit, pour jamais, sans me vouloir entendre ;
Hélas! est-ce le prix que je devais attendre
De mon amour et de ma foi ?
Fût-il jamais amant plus fidèle et plus tendre,
Fût-il jamais amant plus malheureux que moi ?

FLORESTAN
Quand on est aimé comme on aime,
C'est une trahison que de se dégager ;
Mais c'est une faiblesse extrême
D'aimer une inconstante, et de ne pas changer.
Vous serez plus heureux dans une amour nouvelle.

AMADIS
Oriane, ingrate et cruelle,
M'accable de mortels ennuis.
Mais j'ai juré de conserver pour elle
Une amour éternelle ;
Tout infortuné que je suis,
J'aime mieux être encore malheureux, qu'infidèle.
C'est trop vous arrêter, allez, suivez l'amour.
Corisande en ces lieux attend votre retour.

FLORESTAN
Vous puis-je abandonner à votre inquiétude ?

AMADIS
Un amour malheureux cherche la solitude.

Scène seconde
CORISANDE, FLORESTAN

RITOURNELLE

CORISANDE
Florestan !

FLORESTAN
Corisande !

CORISANDE ET FLORESTAN
O bienheureux moment
Qui finit mon cruel tourment !
Après la rigueur extrême
D'un fatal éloignement ;
Que c'est un plaisir charmant
De revoir ce que l'on aime !

FLORESTAN
Il faut unir votre cœur et le mien
D'un éternel lien.

CORISANDE
Venez régner aux lieux où je commande.

FLORESTAN
Aimons-nous, belle Corisande,
Et comptons la grandeur pour rien.

CORISANDE ET FLORESTAN
Vous êtes le seul bien
Que mon amour demande.

CORISANDE
Que ne puis-je arrêter l'ardeur,
Qui vous porte à chercher les périls de la guerre !
Que ne vous puis-je offrir l'empire de la terre
Avec l'empire de mon cœur.

FLORESTAN
Trop heureux que l'Amour avec moi vous engage,
Trop heureux de porter vos fers,
J'estime plus cent fois un si doux esclavage
Que l'empire de l'univers.

CORISANDE
Si votre cœur eût été moins sensible
Au tendre amour, qui me tient sous sa loi,
Vous eût-il été possible
De vous éloigner de moi ?

FLORESTAN
Fils d'un roi, dont le nom partout s'est fait connaître,
Et frère d'Amadis, le plus grand des héros,
Pouvais-je demeurer dans un honteux repos ?
Aurais-je démenti le sang qui m'a fait naître ?
Pour mériter de plaire aux yeux qui m'ont charmé,
J'ai cherché tout l'éclat que donne la victoire :
Si j'avais moins aimé la gloire,
Vous ne m'auriez pas tant aimé.

CORISANDE
La loi que fait l'Amour doit être enfin suivie,
Quand on a satisfait la gloire et le devoir.

CORISANDE ET FLORESTAN
C'est ma plus chère envie
De vous aimer toute ma vie.
C'est mon plus doux espoir
De vous aimer et de vous voir.

Scène troisième
ORIANE, FLORESTAN, CORISANDE

CORISANDE
Je revois Florestan, je le revois fidèle.

ORIANE
Ah, qu'il est beau d'aimer d'une amour éternelle.

FLORESTAN
C'est en vain qu'Amadis vous aime constamment,
Et vous l'avez banni, par une loi cruelle.

ORIANE
Non, ne défendez point un si volage amant.
Sa première amour est finie :
Il adore Briolanie.
Le confident de sa nouvelle ardeur
N'a que trop bien su m'en instruire :
Il n'est plus permis à mon cœur
De se laisser séduire.

FLORESTAN
Se peut-il qu'Amadis vous ait manqué de foi !

ORIANE
Ma rivale n'est que trop belle.

CORISANDE
Etes-vous moins aimable qu'elle ?

ORIANE
Elle a l'avantage sur moi
D'être une conquête nouvelle.

FLORESTAN
Amadis est saisi d'un mortel désespoir.

ORIANE
Non, non, ce n'est qu'un artifice
Dont il couvre son injustice,
Il sera trop content de ne me jamais voir.

CORISANDE
L'injustice serait étrange
De vouloir ajouter la feinte au changement :
Du moins un grand cœur, quand il change,
Doit changer sans déguisement.

ORIANE
L'ingrat, un peu plus tard aurait changé son crime !
Je vais devenir la victime
Du devoir, qui règle mon sort.
L'inconstant n'a-t-il pu se faire un peu d'effort ?
De lui-même bientôt son cœur allait dépendre :
Eh ! que n'attendait-il mon hymen, ou ma mort,
Il ne devait plus guère attendre.

FLORESTAN
Amadis punit les ingrats,
L'innocence opprimée a recours à son bras,
La justice trop faible à son secours l'appelle :
Jamais tant de vertu n'a si bien mérité
Une gloire immortelle :
Un héros ennemi de l'infidélité
Peut-il être amant infidèle ?

ORIANE
L'éclat de tant de gloire avait jusqu'à ce jour
Ebloui mon âme crédule.
Ah ! les plus grands héros ne font pas grand scrupule.
D'une infidélité d'amour.
Pourquoi me plaindre d'une offense
Qui met mon cœur en mon pouvoir ?
Que je profite mal d'une heureuse inconstance
Qui m'aide à suivre mon devoir !
Juste dépit, brisez ma chaîne.
J'allais finir mes tristes jours,
Plutôt que de trahir de si belles amours ;
Amadis les trahit sans peine.
Juste dépit, brisez ma chaîne.
C'est à vous seul que j'ai recours.
Hélas ! vous m'agitez d'une colère vaine.
Que je me sens tremblante, inquiète, incertaine !
Que je suis faible encore avec votre secours,
Juste dépit, brisez ma chaîne.

CORISANDE ET FLORESTAN
Non, on ne sort pas aisément
D'un amoureux engagement

ORIANE
Malheureux qui s'engage
Avec un cœur volage

ORIANE, CORISANDE ET FLORESTAN
Trop heureux qui peut s'engager
Pour ne jamais changer.

CORISANDE
Deux partis vont ici disputer la victoire.
Ces jeux guerriers se font à votre gloire.

ORIANE
Que j'ai de peine à cacher mes ennuis !
Ne m'abandonnez pas dans le trouble où je suis.

Scène quatrième
TROUPE DE COMBATTANTS de deux différents partis, ORIANE, FLORESTAN, CORISANDE
Les deux partis font divers combats, et les victorieux portent
les armes qu'ils ont gagnées aux pieds d'Oriane.

MARCHE POUR LE COMBAT DE LA BARRIERE

PREMIER AIR DES COMBATTANTS

SECOND AIR

CHŒUR
Belle Princesse, que vos charmes,
Ont enchanté de cœurs !
Vous forcez les plus fiers vainqueurs
A vous rendre les armes.
Les plus grands rois de l'univers
Font gloire de porter vos fers.

MARCHE POUR LE COMBAT DE LA BARRIERE (reprise)
PROLOGUE

Le théâtre représente les lieux qu'Urgande et Alquif ont choisis, pour y demeurer enchantés et assoupis avec leur suite. Un éclair et un coup de tonnerre commencent à dissiper l'assoupissement d'Urgand, d'Alquif et de leur suite.

OUVERTURE

URGANDE ET ALQUIF sous un riche pavillon
Ah j'entends un bruit qui nous presse
De nous rassembler tous,
Le charme cesse
Eveillons-nous.

CHŒUR
Le charme cesse…

Les suivants d'Alquif et les suivantes d'Urgande s'éveillent.

URGANDE ET ALQUIF
Esprits, empressés à nous plaire,
Vous, qui veillez ici pour notre sûreté,
Votre soin n'est plus nécessaire,
Vous pouvez désormais partir en liberté.
Que le ciel annonce à la Terre
La fin de cet enchantement,
Brillants éclairs, bruyant tonnerre,
Marquez avec éclat ce bienheureux moment.

CHŒUR
Que le ciel…

Les statues qui soutiennent le pavillon, l'emportent en volant au bruit du tonnerre, et à la lueur des éclairs. Les suivants d'Alquif et les suivantes d'urgande se réjouissent de n'être plus enchantés, et témoignent leur joie en dansant et en chantant.

PREMIER AIR

SECOND AIR (GIGUE)

UNE DES SUIVANTES D'URGANDE
Les plaisirs nous suivront désormais ;
Nous allons voir nos désirs satisfaits.
Vivons sans alarmes,
Vivons tous en paix.
Revenez, reprenez tous vos charmes,
Jeux innocents, revenez pour jamais.
Il est temps que l'aurore vermeille
Cède au soleil, qui marche sur ses pas ;
Tout brille ici-bas.
Il est temps que chacun se réveille ;
L'amour ne dort pas,
Tout sent ses appas.
L'aimable Zéphire
Pour Flore soupire ;
Dans un si beau jour,
Tout parle d'amour.

URGANDE
Lorsqu'Amadis périt, une douleur profonde
Nous fit retirer dans ces lieux.
Un charme assoupissant devait fermer nos yeux,
Jusqu'au temps fortuné que le destin du monde
Dépendrait d'un héros, encore plus glorieux.

ALQUIF
Ce héros triomphant veut que tout soit tranquille
En vain, mille envieux s'arment de toutes parts ;
D'un mot, d'un seul de ses regards
Il sait rendre, à son gré, leur fureur inutile.

URGANDE ET ALQUIF
C'est à lui d'enseigner
Aux maîtres de la terre
Le grand art de la guerre ;
C'est à lui d'enseigner
Le grand art de régner.

CHŒUR
C'est à lui d'enseigner…

URGANDE
Retirons Amadis de la nuit éternelle.
Le ciel nous le permet, un sort nouveau l'appelle
Où son sang régnait autrefois.

ALQUIF
Nous ne saurions choisir de demeure plus belle.
Allons être témoins de la gloire immortelle
D'un roi, l'étonnement des rois,
Et des plus grands héros le plus parfait modèle.

URGANDE ET ALQUIF
Tout l'univers admire ses exploits,
Allons vivre heureux sous ses lois.

CHŒUR
Tout l'univers…
La suite d'Alquif et d'Urgande témoigne leur joie en dansant,
et en chantant.

RONDEAU

UNE DES SUIVANTES D'URGANDE ET LE CHŒUR
Suivons l'amour, c'est lui qui nous mène ;
Tout doit sentir son aimable ardeur.
Un peu d'amour nous fait moins de peine
Que l'embarras de garder notre cœur.
On danse

RONDEAU (reprise)

UNE DES SUIVANTES D'URGANDE ET LE CHŒUR
Malgré nos soins, l'Amour nous enchaîne ;
On ne peut fuir ce charmant vainqueur.
Un peu d'amour nous fait moins de peine
Que l'embarras de garder notre cœur.

URGANDE ET ALQUIF
Volez, tendres amours, Amadis va revivre.
Son grand cœur est fait pour vous suivre.
Volez, volez aimables jeux,
Conduisez Amadis en des climats heureux.

CHŒUR
Volez, tendres amours…
Les Amours et les Jeux volent.


OUVERTURE (reprise)


ACTE I

Le théâtre représente le palais du roi Lisuart, père d'Oriane.

Scène première
AMADIS, FLORESTAN

FLORESTAN
Je reviens dans ces lieux pour y voir ce que j'aime ;
Chaque moment est cher pour moi :
Mais au sang qui nous joint, je sais ce que je dois ;
Je ne puis vous quitter, sans une peine extrême,
Dans la douleur où je vous vois.
Le grand cœur d'Amadis doit être inébranlable ;
Quel malheur peut troubler un héros indomptable,
Vainqueur des fiers tyrans et des monstres affreux…

AMADIS
J'aime, hélas ! c'est assez pour être malheureux.

FLORESTAN
Sans cesse vous volez de victoire en victoire,
Votre grand nom s'étend aussi loin que le jour ;
Si vous vous plaignez de l'amour,
Consolez-vous avec la gloire.

AMADIS
Ah ! que l'amour paraît charmant !
Mais, hélas ! il n'est point de plus cruel tourment.
Que je trouvais d'appas dans ma naissante flamme !
Que j'aimais à former un tendre engagement !
Je payerai bien chèrement
Les trompeuses douceurs qui séduisaient mon âme.
Ah ! que l'amour paraît charmant !
Mais, hélas ! il n'est point de plus cruel tourment.
J'ai choisi la gloire pour guide,
J'ai prétendu marcher sur les traces d'Alcide ;
Heureux ! si j'avais évité
Le charme trop fatal dont il fut enchanté !
Son cœur n'eut que trop de tendresse,
Je suis tombé dans son malheur ;
J'ai mal imité sa valeur,
J'imite trop bien sa faiblesse.
J'aime Oriane, hélas ! je l'aime sans espoir.

FLORESTAN
Elle dépend d'un père, elle suit son devoir.

AMADIS
Oriane m'aimait, je l'aimais sans alarmes.

FLORESTAN
Que vous peut-elle offrir, que d'inutiles larmes ?
L'empereur des Romains sur son trône l'attend.

AMADIS
Je pourrais l'obtenir par la force des armes,
Si son amour était constant ;
Et je croyais son cœur à l'épreuve des charmes
Du trône le plus éclatant.
Fût-il jamais amant plus fidèle et plus tendre,
Fût-il jamais amant plus malheureux que moi ?
La beauté dont je suis la loi
Me bannit, pour jamais, sans me vouloir entendre ;
Hélas! est-ce le prix que je devais attendre
De mon amour et de ma foi ?
Fût-il jamais amant plus fidèle et plus tendre,
Fût-il jamais amant plus malheureux que moi ?

FLORESTAN
Quand on est aimé comme on aime,
C'est une trahison que de se dégager ;
Mais c'est une faiblesse extrême
D'aimer une inconstante, et de ne pas changer.
Vous serez plus heureux dans une amour nouvelle.

AMADIS
Oriane, ingrate et cruelle,
M'accable de mortels ennuis.
Mais j'ai juré de conserver pour elle
Une amour éternelle ;
Tout infortuné que je suis,
J'aime mieux être encore malheureux, qu'infidèle.
C'est trop vous arrêter, allez, suivez l'amour.
Corisande en ces lieux attend votre retour.

FLORESTAN
Vous puis-je abandonner à votre inquiétude ?

AMADIS
Un amour malheureux cherche la solitude.

Scène seconde
CORISANDE, FLORESTAN

RITOURNELLE

CORISANDE
Florestan !

FLORESTAN
Corisande !

CORISANDE ET FLORESTAN
O bienheureux moment
Qui finit mon cruel tourment !
Après la rigueur extrême
D'un fatal éloignement ;
Que c'est un plaisir charmant
De revoir ce que l'on aime !

FLORESTAN
Il faut unir votre cœur et le mien
D'un éternel lien.

CORISANDE
Venez régner aux lieux où je commande.

FLORESTAN
Aimons-nous, belle Corisande,
Et comptons la grandeur pour rien.

CORISANDE ET FLORESTAN
Vous êtes le seul bien
Que mon amour demande.

CORISANDE
Que ne puis-je arrêter l'ardeur,
Qui vous porte à chercher les périls de la guerre !
Que ne vous puis-je offrir l'empire de la terre
Avec l'empire de mon cœur.

FLORESTAN
Trop heureux que l'Amour avec moi vous engage,
Trop heureux de porter vos fers,
J'estime plus cent fois un si doux esclavage
Que l'empire de l'univers.

CORISANDE
Si votre cœur eût été moins sensible
Au tendre amour, qui me tient sous sa loi,
Vous eût-il été possible
De vous éloigner de moi ?

FLORESTAN
Fils d'un roi, dont le nom partout s'est fait connaître,
Et frère d'Amadis, le plus grand des héros,
Pouvais-je demeurer dans un honteux repos ?
Aurais-je démenti le sang qui m'a fait naître ?
Pour mériter de plaire aux yeux qui m'ont charmé,
J'ai cherché tout l'éclat que donne la victoire :
Si j'avais moins aimé la gloire,
Vous ne m'auriez pas tant aimé.

CORISANDE
La loi que fait l'Amour doit être enfin suivie,
Quand on a satisfait la gloire et le devoir.

CORISANDE ET FLORESTAN
C'est ma plus chère envie
De vous aimer toute ma vie.
C'est mon plus doux espoir
De vous aimer et de vous voir.

Scène troisième
ORIANE, FLORESTAN, CORISANDE

CORISANDE
Je revois Florestan, je le revois fidèle.

ORIANE
Ah, qu'il est beau d'aimer d'une amour éternelle.

FLORESTAN
C'est en vain qu'Amadis vous aime constamment,
Et vous l'avez banni, par une loi cruelle.

ORIANE
Non, ne défendez point un si volage amant.
Sa première amour est finie :
Il adore Briolanie.
Le confident de sa nouvelle ardeur
N'a que trop bien su m'en instruire :
Il n'est plus permis à mon cœur
De se laisser séduire.

FLORESTAN
Se peut-il qu'Amadis vous ait manqué de foi !

ORIANE
Ma rivale n'est que trop belle.

CORISANDE
Etes-vous moins aimable qu'elle ?

ORIANE
Elle a l'avantage sur moi
D'être une conquête nouvelle.

FLORESTAN
Amadis est saisi d'un mortel désespoir.

ORIANE
Non, non, ce n'est qu'un artifice
Dont il couvre son injustice,
Il sera trop content de ne me jamais voir.

CORISANDE
L'injustice serait étrange
De vouloir ajouter la feinte au changement :
Du moins un grand cœur, quand il change,
Doit changer sans déguisement.

ORIANE
L'ingrat, un peu plus tard aurait changé son crime !
Je vais devenir la victime
Du devoir, qui règle mon sort.
L'inconstant n'a-t-il pu se faire un peu d'effort ?
De lui-même bientôt son cœur allait dépendre :
Eh ! que n'attendait-il mon hymen, ou ma mort,
Il ne devait plus guère attendre.

FLORESTAN
Amadis punit les ingrats,
L'innocence opprimée a recours à son bras,
La justice trop faible à son secours l'appelle :
Jamais tant de vertu n'a si bien mérité
Une gloire immortelle :
Un héros ennemi de l'infidélité
Peut-il être amant infidèle ?

ORIANE
L'éclat de tant de gloire avait jusqu'à ce jour
Ebloui mon âme crédule.
Ah ! les plus grands héros ne font pas grand scrupule.
D'une infidélité d'amour.
Pourquoi me plaindre d'une offense
Qui met mon cœur en mon pouvoir ?
Que je profite mal d'une heureuse inconstance
Qui m'aide à suivre mon devoir !
Juste dépit, brisez ma chaîne.
J'allais finir mes tristes jours,
Plutôt que de trahir de si belles amours ;
Amadis les trahit sans peine.
Juste dépit, brisez ma chaîne.
C'est à vous seul que j'ai recours.
Hélas ! vous m'agitez d'une colère vaine.
Que je me sens tremblante, inquiète, incertaine !
Que je suis faible encore avec votre secours,
Juste dépit, brisez ma chaîne.

CORISANDE ET FLORESTAN
Non, on ne sort pas aisément
D'un amoureux engagement

ORIANE
Malheureux qui s'engage
Avec un cœur volage

ORIANE, CORISANDE ET FLORESTAN
Trop heureux qui peut s'engager
Pour ne jamais changer.

CORISANDE
Deux partis vont ici disputer la victoire.
Ces jeux guerriers se font à votre gloire.

ORIANE
Que j'ai de peine à cacher mes ennuis !
Ne m'abandonnez pas dans le trouble où je suis.

Scène quatrième
TROUPE DE COMBATTANTS de deux différents partis, ORIANE, FLORESTAN, CORISANDE
Les deux partis font divers combats, et les victorieux portent
les armes qu'ils ont gagnées aux pieds d'Oriane.

MARCHE POUR LE COMBAT DE LA BARRIERE

PREMIER AIR DES COMBATTANTS

SECOND AIR

CHŒUR
Belle Princesse, que vos charmes,
Ont enchanté de cœurs !
Vous forcez les plus fiers vainqueurs
A vous rendre les armes.
Les plus grands rois de l'univers
Font gloire de porter vos fers.

MARCHE POUR LE COMBAT DE LA BARRIERE (reprise)



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