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ACTE 2
(Le théâtre change, et représente la Fontaine enchantée de l'Amour, au milieu d'une forêt.)

ACTE 2 SCENE 1.
ANGÉLIQUE, THÉMIRE, suite d' Angélique.

THÉMIRE
Un charme dangereux dans ces bois vous attire;
Il faut en détourner vos pas.
L’Amour règne en ces lieux, évitez ses appas;
Heureux qui peut fuir son empire !

ANGÉLIQUE
Je porte au fond du cœur mon funeste martyre.
Helas ! Où puis-je aller ? Où puis-je fuir ? Helas !
Où l'Amour ne me suive pas ?
Ah ! J' ai banni Médor, ma tristesse est mortelle :
Que ne le pressais-tu de me désobéir ?

THÉMIRE
Je devais vous être fidelle.

ANGÉLIQUE
Pour empêcher ma mort n' osais-tu me trahir ?
O fidélité trop cruelle !
Le trouble de mon cœur ne peut plus se calmer;
Non, je n' espère plus de remède à mes peines.
Merlin, dans ces forêts, enchanta deux fontaines,
Dont l' une fait haïr, et l' autre fait aimer.
C' est la fontaine de la haine
Que je veux chercher en ce jour.
Helas ! Que me sert-il de prendre un long détour ?
Je m' égare en ces bois, et ma recherche est vaine :
Toujours un sort fatal malgré moi me ramène
A la fontaine de l'Amour.

THÉMIRE
Vous devez vous guérir du mal qui vous possède;
N’ayez rien à vous reprocher :
Vous en trouverez le remède,
Si vous le voulez bien chercher.

ANGÉLIQUE
Non, je ne cherche plus la fontaine terrible
Qui fait d'un tendre amour une haine inflexible :
C'est un secours cruel, je n' y puis recourir.
Je haïrais Médor ! Non, il n' est pas possible :
Par ce remède affreux je ne veux point guerir;
Je consens plutôt à mourir.

THÉMIRE, chante avec un suivant et une suivante d' Angélique.
Non, on ne peut trop plaindre
Un cœur qui se laisse enflâmer.
Ah ! Quel tourment d' aimer !
Que le feu d' amour est à craindre !
Qu' il est aisé de l' allumer !
Qu' il est malaisé de l' éteindre !
Non, on ne peut trop plaindre
Un cœur qui se laisse enflâmer.
Ah ! Quel tourment d' aimer !

ANGÉLIQUE
Quelqu' un vient, c' est Roland.

THÉMIRE
Ce guerrier invincible
Abandonne tout pour vous voir.

ANGÉLIQUE
Il se flatte d' un vain espoir :
Cet anneau, quand je veux, peut me rendre invisible.

(Anglélique met dans sa bouche un anneau dont la puissance magique la rend invisible.)

ACTE 2 SCENE 2
ROLAND, ANGÉLIQUE devenue invisible, THÉMIRE, Suite d' Angélique.

ROLAND
Belle Angélique, enfin, je vous trouve en ces lieux.
Ciel ! quel enchantement vous dérobe à mes yeux !
Angélique, charmante Reine,
Mes cris font vainement retentir ces forêts.
Angélique, ingrate, inhumaine!
Quel plaisir trouvez-vous dans mes tristes regrets ?
Angélique, ingrate, inhumaine!
Quel barbare plaisir trouvez-vous dans ma peine ?
(Roland parle à Thémire.)
Quelle cruauté ! Quel mépris !
Tu sais ce que j' ai fait pour elle,
Tu connais mon amour fidelle,
Et tu vois quel en est le prix.
Quelle cruauté ! Quel mépris !

THÉMIRE
Peut-on vous mépriser sans crime ?
La valeur vous a fait un mérite éclatant.
Si vous n' aviez jamais voulu que de l' estime,
Quel mortel serait plus content !

ROLAND
Que devient ma vertu ? ma force est inutile.
Eh ! Que me sert-il aujourd' hui
D' avoir les dons du ciel qu' eut autrefois Achille ?
Je laisse mon roi sans appui;
Il n' a plus désormais que Paris pour azyle :
Les cruels affricains vont triompher de lui.
Je vois le sort affreux de ma triste patrie ;
Elle est prête à tomber sous de barbares loix :
J' entends sa gémissante voix :
Mais c' est vainement qu' elle crie;
Un malheureux amour m' enchante dans ces bois.
Angélique!…en vain je l' appelle ;
Elle est sans pitié la cruelle!
Eh ! Pourquoi tant souffrir ! Pourquoi
N' aurai-je pas pitié de moi ?
C' en est fait, et je veux que l' ingrate le sache ;
C' en est fait pour jamais, mes liens sont rompus :
Non, je ne la chercherai plus;
C' est vainement qu' elle se cache :
Non, je ne veux plus voir sa fatale beauté;
Il ne m' en a que trop coûté.
Le dépit éteint ma flâme.
Heureuse la cruauté
Qui rend la paix à mon âme !
Heureuse la cruauté
Qui me rend la liberté !
Malheureux ! je me flatte, et ma colère est vaine.
Lâche ! Ne puis-je rompre une honteuse chaine ?
Que je sens de troubles secrets !
Mon cœur suit malgré moi de funestes attraits;
Je cède au charme qui m' entraîne.
Angélique, ingrate, inhumaine!
Quel plaisir trouvez-vous dans mes tristes regrets ?
Angélique, ingrate, inhumaine!
Quel barbare plaisir trouvez-vous dans ma peine ?

(Angélique, voyant Roland éloigné, ôte son anneau magique de sa bouche, et se montre à Thémire.)

ACTE 2 SCENE 3
ANGÉLIQUE, THÉMIRE

THÉMIRE
Où dois-je aller ? ... je vous revois.

ANGÉLIQUE
Je ne me cache pas pour toi.

THÉMIRE
Roland vous cherche en vain dans ce lieu solitaire.

ANGÉLIQUE
Mon cœur est engagé; Roland ne peut me plaire;
Quel espoir lui pourrais-je offrir ?
Je le fuis par pitié; je ne saurais mieux faire
Que de l' aider à se guérir.
Où peut être Médor ? le désespoir le presse.
Que ne puis-je le retrouver ?
Au moins j' y veux songer sans cesse.

THÉMIRE
Votre cœur pour Roland devait se réserver...

ANGÉLIQUE
Parle-moi de Médor, ou laisse-moi rêver.
C' est l'Amour qui prend soin lui-même
D' embellir ces aimables lieux ;
Mais je n' y vois pas ce que j' aime;
Rien n' y saurait plaire à mes yeux.

ACTE 2 SCENE 4
MÉDOR, ANGÉLIQUE, THÉMIRE

MÉDOR
Agréables retraites,
L’Amour qui vous a faites
Vous destine aux amants contents.
Je trouble vos douceurs secrètes;
Mais dans mon désespoir mes plaintes indiscrètes
Ne vous troubleront pas longtemps.

ANGÉLIQUE
C' est Médor que je viens d' entendre ! Ciel !

THÉMIRE, voulant arrêter Angélique.
Quoi, vous le verrez ?

ANGÉLIQUE
Eh ! Puis-je m' en défendre ?
C' est trop suivre un cruel devoir.
Je retrouve Médor, l'Amour veut me le rendre;
Je ne puis vivre sans le voir.

MÉDOR
Fontaine, qui d' une eau si pure
Arrosez ces brillantes fleurs,
En vain, votre charmant murmure
Flatte le tourment que j' endure.
Rien ne peut enchanter mes mortelles douleurs :
Ce que j' aime me fuit, et je fuis tout le monde.
Pourquoi traîner plus loin ma vie et mes malheurs?
Ruisseaux, je vais mêler mon sang avec votre onde;
C' est trop peu d' y mêler mes pleurs.

(Médor tire son épée pour s' en frapper et Angélique l' arrête.)

ANGÉLIQUE
Vivez, Médor.

MÉDOR
Reine adorable,
Vous avez trop de soin des jours d' un misérable.

ANGÉLIQUE
Pourquoi courez-vous au trépas ?

MÉDOR
C' est un suplice insuportable
De vivre et de ne vous voir pas.

ANGÉLIQUE
Je croyais que sur vous j' avais plus de puissance.

MÉDOR
Helas ! si vous pouviez savoir
Jusqu' à quel point je vous offense...

ANGÉLIQUE
Rien ne m' offense tant que votre désespoir.

MÉDOR
Je vivrai, si c' est votre envie ;
Je vous vois, mon sort est trop doux :
Mais s' il faut m'éloigner de vous,
Je ne réponds pas de ma vie.

ANGÉLIQUE
Prenez soin de vos jours, Médor, vous le devez;
Il m' en coûte assez cher de les avoir sauvés :
Ils me sont précieux, je vous l' ai fait connaître.

MÉDOR
Généreuse Reine, achevez;
Sans vous puis-je vivre ?

ANGÉLIQUE
Vivez,
A quelque prix que ce puisse être.

MÉDOR
O ciel ! Qu' entends-je !

ANGÉLIQUE
Il n' est plus temps
Que nous craignions tous deux de nous en trop apprendre :
Nous n' en disons que trop; Médor, je vous entends,
Et je vous permets de m' entendre.

MÉDOR
A vos pieds...

ANGÉLIQUE
Levez-vous, j' ai droit de faire un roi.
Je veux unir sous même loi
Votre destinée et la mienne.

MÉDOR
Ah ! plus vous oubliez votre grandeur pour moi,
Plus il faut que je m' en souvienne.

ANGÉLIQUE
Ma gloire murmure en ce jour,
Je vois mon sort trop au dessus du votre :
Mais qui peut empêcher l'Amour
D' unir deux cœurs qu' il a faits l' un pour l' autre ?

MÉDOR
Témoins du désespoir dont mon cœur fut pressé;
Lieux où la mort fut mon unique attente,
Qui l' aurait dit ! qui l' eût jamais pensé
Que vous seriez témoins du bonheur qui m' enchante?

ACTE 2 SCENE 5
L'AMOUR, troupe d'Amours, troupe de Syrènes, troupe de Dieux des eaux, troupe de Nymphes et de Sylvains, troupe d'Amants enchantés, et d'Amantes enchantées.

Chœur des Amours qui sont autour de la fontaine.
Aimez, aimez-vous.

ANGÉLIQUE, MÉDOR, et les Chœurs.
Aimons, aimons-nous.

Chœur des Amours
L’Amour vous appelle.
Que sa flâme est belle !
L’Amour vous appelle tous.
Aimez, aimez-vous.

ANGÉLIQUE, MÉDOR, et les Chœurs.
L’Amour nous appelle,
Que sa flâme est belle !
L’Amour nous appelle tous.
Aimons, aimons-nous.

Chœur des Amours
Il punit un cœur rebelle;
On n' évite point ses coups.

ANGÉLIQUE, MÉDOR, et les chœurs.
Quel bien est plus doux
Qu' un amour fidelle ?

Chœur des Amours
Aimez, aimez-vous.

ANGÉLIQUE, MÉDOR, et les Chœurs.
Aimons, aimons-nous :
L’Amour nous appelle.
Que sa flâme est belle !
L'Amour nous appelle tous :
Aimons, aimons-nous.

(Les amants enchantés, et les amantes enchantées dansent autour de Médor et d'Angélique.)

Deux Amantes enchantées.
Qui goûte de ces eaux ne peut plus se défendre
De suivre d' amoureuses loix :
Goûtons-en, mille et mille fois;
Quand on prend de l' amour, on n' en saurait trop prendre.

Le Petit Chœur
Que pour jamais un nœud charmant nous lie.

Le Grand Chœur
Tendres Amours,
Enchantez-nous toujours.
Triste raison, nous fuyons ton secours.

Le Petit Chœur
O douce vie,
Digne d' envie !

Le Grand Chœur
O jours heureux, que l' on vous trouve courts !

Le Petit Chœur
Sans rien aimer comment peut-on vivre ?

Le Grand Chœur
Que de plaisirs, que de jeux vont nous suivre !

Le Petit Chœur
Tendres Amours,
Enchantez-nous toujours.
Fermons nos cœurs à des flâmes nouvelles.

Le Grand Chœur
Gardons-nous bien d'éteindre un feu si beau.

Le Petit Chœur
Vivons heureux dans des chaines si belles.

Le Grand Chœur
Portons nos fers jusques dans le tombeau.

Le Petit Chœur
O douce vie,
Digne d' envie !

Le Grand Chœur
Tendres Amours,
Enchantez-nous toujours.

(Les amants enchantés, et les amantes enchantées, accompagnent en dansant, Médor et Angélique ; l'Aour et les Amours volent, et leur servent de guides.)
ACTE 2
(Le théâtre change, et représente la Fontaine enchantée de l'Amour, au milieu d'une forêt.)

ACTE 2 SCENE 1.
ANGÉLIQUE, THÉMIRE, suite d' Angélique.

THÉMIRE
Un charme dangereux dans ces bois vous attire;
Il faut en détourner vos pas.
L’Amour règne en ces lieux, évitez ses appas;
Heureux qui peut fuir son empire !

ANGÉLIQUE
Je porte au fond du cœur mon funeste martyre.
Helas ! Où puis-je aller ? Où puis-je fuir ? Helas !
Où l'Amour ne me suive pas ?
Ah ! J' ai banni Médor, ma tristesse est mortelle :
Que ne le pressais-tu de me désobéir ?

THÉMIRE
Je devais vous être fidelle.

ANGÉLIQUE
Pour empêcher ma mort n' osais-tu me trahir ?
O fidélité trop cruelle !
Le trouble de mon cœur ne peut plus se calmer;
Non, je n' espère plus de remède à mes peines.
Merlin, dans ces forêts, enchanta deux fontaines,
Dont l' une fait haïr, et l' autre fait aimer.
C' est la fontaine de la haine
Que je veux chercher en ce jour.
Helas ! Que me sert-il de prendre un long détour ?
Je m' égare en ces bois, et ma recherche est vaine :
Toujours un sort fatal malgré moi me ramène
A la fontaine de l'Amour.

THÉMIRE
Vous devez vous guérir du mal qui vous possède;
N’ayez rien à vous reprocher :
Vous en trouverez le remède,
Si vous le voulez bien chercher.

ANGÉLIQUE
Non, je ne cherche plus la fontaine terrible
Qui fait d'un tendre amour une haine inflexible :
C'est un secours cruel, je n' y puis recourir.
Je haïrais Médor ! Non, il n' est pas possible :
Par ce remède affreux je ne veux point guerir;
Je consens plutôt à mourir.

THÉMIRE, chante avec un suivant et une suivante d' Angélique.
Non, on ne peut trop plaindre
Un cœur qui se laisse enflâmer.
Ah ! Quel tourment d' aimer !
Que le feu d' amour est à craindre !
Qu' il est aisé de l' allumer !
Qu' il est malaisé de l' éteindre !
Non, on ne peut trop plaindre
Un cœur qui se laisse enflâmer.
Ah ! Quel tourment d' aimer !

ANGÉLIQUE
Quelqu' un vient, c' est Roland.

THÉMIRE
Ce guerrier invincible
Abandonne tout pour vous voir.

ANGÉLIQUE
Il se flatte d' un vain espoir :
Cet anneau, quand je veux, peut me rendre invisible.

(Anglélique met dans sa bouche un anneau dont la puissance magique la rend invisible.)

ACTE 2 SCENE 2
ROLAND, ANGÉLIQUE devenue invisible, THÉMIRE, Suite d' Angélique.

ROLAND
Belle Angélique, enfin, je vous trouve en ces lieux.
Ciel ! quel enchantement vous dérobe à mes yeux !
Angélique, charmante Reine,
Mes cris font vainement retentir ces forêts.
Angélique, ingrate, inhumaine!
Quel plaisir trouvez-vous dans mes tristes regrets ?
Angélique, ingrate, inhumaine!
Quel barbare plaisir trouvez-vous dans ma peine ?
(Roland parle à Thémire.)
Quelle cruauté ! Quel mépris !
Tu sais ce que j' ai fait pour elle,
Tu connais mon amour fidelle,
Et tu vois quel en est le prix.
Quelle cruauté ! Quel mépris !

THÉMIRE
Peut-on vous mépriser sans crime ?
La valeur vous a fait un mérite éclatant.
Si vous n' aviez jamais voulu que de l' estime,
Quel mortel serait plus content !

ROLAND
Que devient ma vertu ? ma force est inutile.
Eh ! Que me sert-il aujourd' hui
D' avoir les dons du ciel qu' eut autrefois Achille ?
Je laisse mon roi sans appui;
Il n' a plus désormais que Paris pour azyle :
Les cruels affricains vont triompher de lui.
Je vois le sort affreux de ma triste patrie ;
Elle est prête à tomber sous de barbares loix :
J' entends sa gémissante voix :
Mais c' est vainement qu' elle crie;
Un malheureux amour m' enchante dans ces bois.
Angélique!…en vain je l' appelle ;
Elle est sans pitié la cruelle!
Eh ! Pourquoi tant souffrir ! Pourquoi
N' aurai-je pas pitié de moi ?
C' en est fait, et je veux que l' ingrate le sache ;
C' en est fait pour jamais, mes liens sont rompus :
Non, je ne la chercherai plus;
C' est vainement qu' elle se cache :
Non, je ne veux plus voir sa fatale beauté;
Il ne m' en a que trop coûté.
Le dépit éteint ma flâme.
Heureuse la cruauté
Qui rend la paix à mon âme !
Heureuse la cruauté
Qui me rend la liberté !
Malheureux ! je me flatte, et ma colère est vaine.
Lâche ! Ne puis-je rompre une honteuse chaine ?
Que je sens de troubles secrets !
Mon cœur suit malgré moi de funestes attraits;
Je cède au charme qui m' entraîne.
Angélique, ingrate, inhumaine!
Quel plaisir trouvez-vous dans mes tristes regrets ?
Angélique, ingrate, inhumaine!
Quel barbare plaisir trouvez-vous dans ma peine ?

(Angélique, voyant Roland éloigné, ôte son anneau magique de sa bouche, et se montre à Thémire.)

ACTE 2 SCENE 3
ANGÉLIQUE, THÉMIRE

THÉMIRE
Où dois-je aller ? ... je vous revois.

ANGÉLIQUE
Je ne me cache pas pour toi.

THÉMIRE
Roland vous cherche en vain dans ce lieu solitaire.

ANGÉLIQUE
Mon cœur est engagé; Roland ne peut me plaire;
Quel espoir lui pourrais-je offrir ?
Je le fuis par pitié; je ne saurais mieux faire
Que de l' aider à se guérir.
Où peut être Médor ? le désespoir le presse.
Que ne puis-je le retrouver ?
Au moins j' y veux songer sans cesse.

THÉMIRE
Votre cœur pour Roland devait se réserver...

ANGÉLIQUE
Parle-moi de Médor, ou laisse-moi rêver.
C' est l'Amour qui prend soin lui-même
D' embellir ces aimables lieux ;
Mais je n' y vois pas ce que j' aime;
Rien n' y saurait plaire à mes yeux.

ACTE 2 SCENE 4
MÉDOR, ANGÉLIQUE, THÉMIRE

MÉDOR
Agréables retraites,
L’Amour qui vous a faites
Vous destine aux amants contents.
Je trouble vos douceurs secrètes;
Mais dans mon désespoir mes plaintes indiscrètes
Ne vous troubleront pas longtemps.

ANGÉLIQUE
C' est Médor que je viens d' entendre ! Ciel !

THÉMIRE, voulant arrêter Angélique.
Quoi, vous le verrez ?

ANGÉLIQUE
Eh ! Puis-je m' en défendre ?
C' est trop suivre un cruel devoir.
Je retrouve Médor, l'Amour veut me le rendre;
Je ne puis vivre sans le voir.

MÉDOR
Fontaine, qui d' une eau si pure
Arrosez ces brillantes fleurs,
En vain, votre charmant murmure
Flatte le tourment que j' endure.
Rien ne peut enchanter mes mortelles douleurs :
Ce que j' aime me fuit, et je fuis tout le monde.
Pourquoi traîner plus loin ma vie et mes malheurs?
Ruisseaux, je vais mêler mon sang avec votre onde;
C' est trop peu d' y mêler mes pleurs.

(Médor tire son épée pour s' en frapper et Angélique l' arrête.)

ANGÉLIQUE
Vivez, Médor.

MÉDOR
Reine adorable,
Vous avez trop de soin des jours d' un misérable.

ANGÉLIQUE
Pourquoi courez-vous au trépas ?

MÉDOR
C' est un suplice insuportable
De vivre et de ne vous voir pas.

ANGÉLIQUE
Je croyais que sur vous j' avais plus de puissance.

MÉDOR
Helas ! si vous pouviez savoir
Jusqu' à quel point je vous offense...

ANGÉLIQUE
Rien ne m' offense tant que votre désespoir.

MÉDOR
Je vivrai, si c' est votre envie ;
Je vous vois, mon sort est trop doux :
Mais s' il faut m'éloigner de vous,
Je ne réponds pas de ma vie.

ANGÉLIQUE
Prenez soin de vos jours, Médor, vous le devez;
Il m' en coûte assez cher de les avoir sauvés :
Ils me sont précieux, je vous l' ai fait connaître.

MÉDOR
Généreuse Reine, achevez;
Sans vous puis-je vivre ?

ANGÉLIQUE
Vivez,
A quelque prix que ce puisse être.

MÉDOR
O ciel ! Qu' entends-je !

ANGÉLIQUE
Il n' est plus temps
Que nous craignions tous deux de nous en trop apprendre :
Nous n' en disons que trop; Médor, je vous entends,
Et je vous permets de m' entendre.

MÉDOR
A vos pieds...

ANGÉLIQUE
Levez-vous, j' ai droit de faire un roi.
Je veux unir sous même loi
Votre destinée et la mienne.

MÉDOR
Ah ! plus vous oubliez votre grandeur pour moi,
Plus il faut que je m' en souvienne.

ANGÉLIQUE
Ma gloire murmure en ce jour,
Je vois mon sort trop au dessus du votre :
Mais qui peut empêcher l'Amour
D' unir deux cœurs qu' il a faits l' un pour l' autre ?

MÉDOR
Témoins du désespoir dont mon cœur fut pressé;
Lieux où la mort fut mon unique attente,
Qui l' aurait dit ! qui l' eût jamais pensé
Que vous seriez témoins du bonheur qui m' enchante?

ACTE 2 SCENE 5
L'AMOUR, troupe d'Amours, troupe de Syrènes, troupe de Dieux des eaux, troupe de Nymphes et de Sylvains, troupe d'Amants enchantés, et d'Amantes enchantées.

Chœur des Amours qui sont autour de la fontaine.
Aimez, aimez-vous.

ANGÉLIQUE, MÉDOR, et les Chœurs.
Aimons, aimons-nous.

Chœur des Amours
L’Amour vous appelle.
Que sa flâme est belle !
L’Amour vous appelle tous.
Aimez, aimez-vous.

ANGÉLIQUE, MÉDOR, et les Chœurs.
L’Amour nous appelle,
Que sa flâme est belle !
L’Amour nous appelle tous.
Aimons, aimons-nous.

Chœur des Amours
Il punit un cœur rebelle;
On n' évite point ses coups.

ANGÉLIQUE, MÉDOR, et les chœurs.
Quel bien est plus doux
Qu' un amour fidelle ?

Chœur des Amours
Aimez, aimez-vous.

ANGÉLIQUE, MÉDOR, et les Chœurs.
Aimons, aimons-nous :
L’Amour nous appelle.
Que sa flâme est belle !
L'Amour nous appelle tous :
Aimons, aimons-nous.

(Les amants enchantés, et les amantes enchantées dansent autour de Médor et d'Angélique.)

Deux Amantes enchantées.
Qui goûte de ces eaux ne peut plus se défendre
De suivre d' amoureuses loix :
Goûtons-en, mille et mille fois;
Quand on prend de l' amour, on n' en saurait trop prendre.

Le Petit Chœur
Que pour jamais un nœud charmant nous lie.

Le Grand Chœur
Tendres Amours,
Enchantez-nous toujours.
Triste raison, nous fuyons ton secours.

Le Petit Chœur
O douce vie,
Digne d' envie !

Le Grand Chœur
O jours heureux, que l' on vous trouve courts !

Le Petit Chœur
Sans rien aimer comment peut-on vivre ?

Le Grand Chœur
Que de plaisirs, que de jeux vont nous suivre !

Le Petit Chœur
Tendres Amours,
Enchantez-nous toujours.
Fermons nos cœurs à des flâmes nouvelles.

Le Grand Chœur
Gardons-nous bien d'éteindre un feu si beau.

Le Petit Chœur
Vivons heureux dans des chaines si belles.

Le Grand Chœur
Portons nos fers jusques dans le tombeau.

Le Petit Chœur
O douce vie,
Digne d' envie !

Le Grand Chœur
Tendres Amours,
Enchantez-nous toujours.

(Les amants enchantés, et les amantes enchantées, accompagnent en dansant, Médor et Angélique ; l'Aour et les Amours volent, et leur servent de guides.)



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