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ACTE 3
(Le théâtre change, et represente un port de mer.)

ACTE 3 SCENE 1
MÉDOR, THÉMIRE

MÉDOR
Non, je n' entends vos conseils qu' avec peine,
Pour nuire à mon amour, vous avez tout tenté.

THÉMIRE
Vos jours sont en péril, ils sont chers à ma Reine;
Ne doutez point de ma fidélité.
Roland est dans ces lieux, c' est un rival terrible;
Et votre perte est infaillible,
Si vous vous exposez à son fatal courroux.

MÉDOR
Un malheureux doit voir le trépas sans allarmes.

THÉMIRE
Votre bonheur fera mille jaloux :
Une fière beauté vous a rendu les armes;
Vos deux cœurs sont unis par les nœuds le plus doux.
Ah ! si la vie est sans appas pour vous,
Pour qui peut-elle avoir des charmes ?
Regardez le glorieux sort
Que la Reine avec vous partage.
Ses plus zélés sujets l' attendaient dans ce port ;
Avant que d' en partir, son ordre les engage
A vous rendre un pompeux hommage :
Comme leur souverain, ils vont vous recevoir...

MÉDOR
La Reine m’a quitté; Roland est avec elle.

THÉMIRE
Il la verra fière, et cruelle.

MÉDOR
N' importe, c' est toujours la voir;
Mon inquiétude est mortelle :
Eh ! Ne craint-elle point Roland au désespoir ?

THÉMIRE
Elle le craint pour vous, c' est son unique envie
de mettre, en l' éloignant, vos jours en sûreté.

MÉDOR
S' il faut que ma félicité
Par mon rival me soit ravie,
C' est une cruauté
D' avoir soin de ma vie.

THÉMIRE
De ces sombres chagrins, il faut vous délivrer.

MÉDOR
Je n'ôsais pas espérer
Le bien que l'Amour me donne ;
Un si grand bonheur m'étonne,
Et j' ai peine à m' assûrer
Qu' il puisse longtemps durer.

THÉMIRE
Retirons-nous, Roland s' avance.
S' il a de votre amour la moindre connaissance,
Rien ne vous pourra secourir.

MÉDOR
Je le veux observer, en dussé-je périr.

(Médor se tient à l' écart, et écoute Roland et Angélique.)

ACTE 3 SCENE 2
ROLAND, ANGÉLIQUE

ROLAND
Faut-il encor que je vous aime ?
Je dois rougir de ma faiblesse extrême ;
Ingrate, vous en abusez :
Plus je vous sers, plus vous me méprisez.
Quelle honte à mon cœur d' être encor si fidelle !
Pourquoi vous trouvai-je si belle ?
Non, avec tant d' attraits si charmants et si doux,
Vous ne méritez pas, cruelle!
L'amour que j' ai pour vous.

ANGÉLIQUE
Je n' ai point perdu la mémoire
De ce que je vous dois.
Vous seriez délivré du trouble où je vous vois,
Si vous aviez voulu me croire.
Vous le savez, c' est malgré moi
Qu' un si grand cœur s' obstine à languir sous ma loi;
J' ai fait ce que j' ai pu pour le rendre à la gloire.

ROLAND
Ah ! je ne sais que trop avec quelle rigueur
Vous punissez mon lâche cœur :
Votre mépris éclate, il n' est plus temps de feindre;
Tous les déguisements sont vains.
Je pardonne au mépris du reste des humains;
Je l' ai bien mérité, j' aurais tort de m' en plaindre.
J' abandonne ma gloire, et la laisse ternir;
Je chéris le trait qui me blesse;
De mon égarement je ne puis revenir :
Mais vous causez ma faiblesse,
Est-ce à vous de m' en punir ?

ANGÉLIQUE
Helas !

ROLAND
Dans ce soupir quelle part puis-je prendre ?
Peut-être un soupir si tendre
S' adresse à quelqu' autre amant :
Me le faites-vous entendre
Pour redoubler mon tourment ?
Inhumaine ! ah s' il est possible
Qu' au mépris d' un amour qui n' eut jamais d'égal,
Pour un autre que moi vous deveniez sensible,
Tremblez pour mon heureux rival.
Dans vos yeux inquiets je lis mon infortune;
Ma présence vous importune :
Vous ne songez qu' à me quitter.

ANGÉLIQUE
Si je voulais vous fuir, qui pourrait m' arrêter ?
Je vous ai déja fait connaître
Qu' il m' est aisé de disparaître
Aux regards importuns que je veux éviter.

ROLAND
Ah ! du moins, laissez-moi le seul bien qui me reste;
Laissez-moi la douceur funeste
De voir de si charmants appas.
C' est sans espoir que je suivrai vos pas :
Vous ne serez jamais à mes vœux favorable;
Je vous verrai toujours impitoyable;
Mais le plus grand des maux est de ne vous voir pas.

ANGÉLIQUE
Que ne puis-je vous fuir encore !

ROLAND
Pourquoi craindre qui vous adore ?

ANGÉLIQUE
Helas ! pourquoi m' aimez-vous tant ?
Un Héros indomptable
N' est que trop redoutable
Avec un amour si constant.

ROLAND
Ciel ! ô ciel ! C' est pour moi qu' Angélique soupire !

ANGÉLIQUE
Vous me contraignez d' en trop dire.

ROLAND
Vous m' aimez !

ANGÉLIQUE
Je ne puis l' avouer qu'à regret.
Votre constance est triomphante;
N' en faites point un éclat indiscret :
Épargnez ma fierté mourante;
Contentez-vous d' un triomphe secret.

ROLAND
En des lieux écartés, dans une paix profonde,
Allons jouir du sort qui va combler nos vœux.
Que deux cœurs unis sont heureux
D' oublier le reste du monde!

ANGÉLIQUE
Laissez-moi r' envoyer des peuples empressés
Ddont nous serions embarassés :
Attendez-moi plus loin, j' irai par tout vous suivre;
C' est pour vous seul que je veux vivre.

ACTE 3 SCENE 3
ANGÉLIQUE, MÉDOR, THÉMIRE

MÉDOR
Ah ! je souffre un tourment plus cruel que la mort !

THÉMIRE
Où voulez-vous aller ? que pouvez vous prétendre ?

ANGÉLIQUE
Laisse-moi calmer son transport :
Vois, si Roland ne peut point nous entendre.

(Thémire va du côté où Roland est passé.)

ACTE 3 SCENE 4
ANGÉLIQUE, MÉDOR

MÉDOR
Se peut-il qu' à ses vœux vous aiez répondu ?

ANGÉLIQUE
Voulez-vous m' offencer quand vous devez me plaindre ?
Pour éblouir Roland je suis réduite à feindre;
Il le faut éloigner, ou vous êtes perdu.

MÉDOR
Vous le suivrez ? non, non, que plutôt je périsse.

ANGÉLIQUE
Helas ! Tout le pouvoir humain
Contre lui s' armerait en vain :
Ne nous armons que d' artifice.
Médor, je tremble pour vos jours;
Ils sont dans un péril extrême.
A quoi n' a-t-on pas recours
Pour sauver ce que l' on aime ?

MÉDOR
Roland va m'ôter
L' objet que j' adore :
Qu' ai-je à redouter
Que de vivre encore ?

ANGÉLIQUE
C’est à vous que mon cœur pour jamais s' est donné ;
Je ne rendrai Roland que trop infortuné :
L’Amour lui vendra cher une vaine espérance.
Je puis par cet anneau disparaître à ses yeux ;
Bientôt, vous me verrez ; bientôt, loin de ces lieux
Nos fidelles amours seront en assurance :
Je veux mettre en vos mains ma suprême puissance.

MÉDOR et ANGÉLIQUE
Je ne veux que votre cœur;
C' est l' unique empire
Pour qui je soupire.
Je ne veux que votre cœur;
C' est assez pour mon bonheur.

MÉDOR
Vous me quittez, et je demeure
Troublé du chagrin le plus noir ;
Ma vie est attachée au plaisir de vous voir :
Ne vaut-il pas mieux que je meure
Par la main de Roland que par mon désespoir?

ANGÉLIQUE
Vivez pour moi, qu' il vous souvienne
Que votre destinée est unie à la mienne :
Ma mort suivrait votre trépas.
Evitons un destin tragique ;
Médor ne veut-il pas
Vivre pour Angélique ?

MÉDOR
Si je ne vivais pas pour vous,
Je ne pourrais souffrir la vie.

ANGÉLIQUE
Vivons, l'Amour nous y convie;
Réservons-nous
Pour nous aimer malgré l' envie ;
Réservons-nous
Pour vivre heureux loin des jaloux.
Je ne pourrais souffrir la vie,
Si je ne vivais pas pour vous.

MÉDOR
Vivons, l'Amour nous y convie;
Réservons-nous
Pour un amour si doux.

(Angélique et Médor répètent ensemble ces trois derniers vers.)

ACTE 3 SCENE 5
ANGÉLIQUE, MÉDOR, troupe de peuples de Catay, sujets d' Angélique.

ANGÉLIQUE parlant à ses sujets.
Vous qui voulez faire paraître
Le zèle ardent que vous avez pour moi,
Reconnaissez Médor pour votre maître;
Rendez hommage à votre roi.
(Angélique va retrouver Roland pour l' éloigner du port ou elle veut venir s' embarquer avec Médor.)

ACTE 3 SCENE 6
(Les peuples de Catay, sujets d' Angélique, rendent hommage à Médor ; ils l'élèvent sur un trône, et témoignent par leurs chants et par leurs danses la joie qu' ils ont de le reconnaître pour leur souverain.)

Le Chœur.
C' est Médor qu' une Reine si belle
A choisi pour régner avec elle :
Plus heureux que lui ?

Un des Sujets d' Angélique.
Malgré l' orgueil du grand nom de Reine,
Elle se rend, et l'Amour l' enchaîne ;
De mille et mille amants son cœur s' était sauvé,
Pour l' aimable Médor il était réservé.

Une des Suivantes d' Angélique.
Trop heureux un amant qui s' exempte
Des chagrins d' une ennuyeuse attente !
Que l'Amour pour Médor a fait d' aimables nœuds !
A peine est-il amant qu' il est amant heureux.

Le Chœur
Ses rivaux n' ont plus rien à prétendre :
Que de plaintes se vont faire entendre !
Au premier bruit d' un choix si doux,
Que de rois seront jaloux !
Nous venons tous
Vous présenter notre hommage ;
Régner sur nous
Est votre moindre avantage.
L'Amour donne un bonheur qui vaut mieux mille fois
Que la pompe qui suit les plus superbes rois.

Un des Sujets d' Angélique.
Angélique n' est plus insensible;
Sa fierté se croyait invincible :
Elle fuyait l'Amour, et le fuirait encor,
Sans le charme puissant des regards de Médor.

Le Chœur
Heureux Médor ! quelle gloire
D' avoir remporté
Une entière victoire
Sur tant de fierté !
Quel bonheur est plus rare !
Que vos feux sont beaux !
Que l'Amour vous prépare
De plaisirs nouveaux !
C' est pour vous que sont faits
Les plus doux de ses traits.

Une des Suivantes d' Angélique.
Un cœur si fier est à son tour
Sensible et tendre :
Médor l' obtient, quand son amour
N' osait l' attendre;
Mais un bonheur qu' on n' attend pas
N' en a que plus d' appas.

Le Chœur
Vous portez une riche couronne;
Un objet plein d' attraits vous la donne.

Un des Sujets d' Angélique.
Qu' il est doux d' accorder l' amour et la grandeur !
Quand on peut les unir c' est un parfait bonheur.

Une des Suivantes d' Angélique.
Tendres cœurs, puissiez-vous aimer tranquillement !
Il n' est point de sort plus charmant.

Le Chœur
Que l'Amour en tous lieux vous enchante;
Qu' à jamais votre ardeur soit constante :
Oubliez vos grandeurs plutôt que vos amours;
Votre bonheur dépend de vous aimer toujours.

Aimez, régnez, en dépit de l' envie;
Goûtez les biens les plus doux de la vie.
La Fortune et l'Amour, la Gloire et les Plaisirs,
Puissent-ils à jamais combler tous vos désirs!
Dans la paix, dans la guerre,
Dans tous les climats,
Jusqu' au bout de la terre,
Nous suivrons vos pas.
Puisse l' heureux Médor être un des plus grands rois!
Puisse-t-il rendre heureux ceux qui suivront ses loix!
ACTE 3
(Le théâtre change, et represente un port de mer.)

ACTE 3 SCENE 1
MÉDOR, THÉMIRE

MÉDOR
Non, je n' entends vos conseils qu' avec peine,
Pour nuire à mon amour, vous avez tout tenté.

THÉMIRE
Vos jours sont en péril, ils sont chers à ma Reine;
Ne doutez point de ma fidélité.
Roland est dans ces lieux, c' est un rival terrible;
Et votre perte est infaillible,
Si vous vous exposez à son fatal courroux.

MÉDOR
Un malheureux doit voir le trépas sans allarmes.

THÉMIRE
Votre bonheur fera mille jaloux :
Une fière beauté vous a rendu les armes;
Vos deux cœurs sont unis par les nœuds le plus doux.
Ah ! si la vie est sans appas pour vous,
Pour qui peut-elle avoir des charmes ?
Regardez le glorieux sort
Que la Reine avec vous partage.
Ses plus zélés sujets l' attendaient dans ce port ;
Avant que d' en partir, son ordre les engage
A vous rendre un pompeux hommage :
Comme leur souverain, ils vont vous recevoir...

MÉDOR
La Reine m’a quitté; Roland est avec elle.

THÉMIRE
Il la verra fière, et cruelle.

MÉDOR
N' importe, c' est toujours la voir;
Mon inquiétude est mortelle :
Eh ! Ne craint-elle point Roland au désespoir ?

THÉMIRE
Elle le craint pour vous, c' est son unique envie
de mettre, en l' éloignant, vos jours en sûreté.

MÉDOR
S' il faut que ma félicité
Par mon rival me soit ravie,
C' est une cruauté
D' avoir soin de ma vie.

THÉMIRE
De ces sombres chagrins, il faut vous délivrer.

MÉDOR
Je n'ôsais pas espérer
Le bien que l'Amour me donne ;
Un si grand bonheur m'étonne,
Et j' ai peine à m' assûrer
Qu' il puisse longtemps durer.

THÉMIRE
Retirons-nous, Roland s' avance.
S' il a de votre amour la moindre connaissance,
Rien ne vous pourra secourir.

MÉDOR
Je le veux observer, en dussé-je périr.

(Médor se tient à l' écart, et écoute Roland et Angélique.)

ACTE 3 SCENE 2
ROLAND, ANGÉLIQUE

ROLAND
Faut-il encor que je vous aime ?
Je dois rougir de ma faiblesse extrême ;
Ingrate, vous en abusez :
Plus je vous sers, plus vous me méprisez.
Quelle honte à mon cœur d' être encor si fidelle !
Pourquoi vous trouvai-je si belle ?
Non, avec tant d' attraits si charmants et si doux,
Vous ne méritez pas, cruelle!
L'amour que j' ai pour vous.

ANGÉLIQUE
Je n' ai point perdu la mémoire
De ce que je vous dois.
Vous seriez délivré du trouble où je vous vois,
Si vous aviez voulu me croire.
Vous le savez, c' est malgré moi
Qu' un si grand cœur s' obstine à languir sous ma loi;
J' ai fait ce que j' ai pu pour le rendre à la gloire.

ROLAND
Ah ! je ne sais que trop avec quelle rigueur
Vous punissez mon lâche cœur :
Votre mépris éclate, il n' est plus temps de feindre;
Tous les déguisements sont vains.
Je pardonne au mépris du reste des humains;
Je l' ai bien mérité, j' aurais tort de m' en plaindre.
J' abandonne ma gloire, et la laisse ternir;
Je chéris le trait qui me blesse;
De mon égarement je ne puis revenir :
Mais vous causez ma faiblesse,
Est-ce à vous de m' en punir ?

ANGÉLIQUE
Helas !

ROLAND
Dans ce soupir quelle part puis-je prendre ?
Peut-être un soupir si tendre
S' adresse à quelqu' autre amant :
Me le faites-vous entendre
Pour redoubler mon tourment ?
Inhumaine ! ah s' il est possible
Qu' au mépris d' un amour qui n' eut jamais d'égal,
Pour un autre que moi vous deveniez sensible,
Tremblez pour mon heureux rival.
Dans vos yeux inquiets je lis mon infortune;
Ma présence vous importune :
Vous ne songez qu' à me quitter.

ANGÉLIQUE
Si je voulais vous fuir, qui pourrait m' arrêter ?
Je vous ai déja fait connaître
Qu' il m' est aisé de disparaître
Aux regards importuns que je veux éviter.

ROLAND
Ah ! du moins, laissez-moi le seul bien qui me reste;
Laissez-moi la douceur funeste
De voir de si charmants appas.
C' est sans espoir que je suivrai vos pas :
Vous ne serez jamais à mes vœux favorable;
Je vous verrai toujours impitoyable;
Mais le plus grand des maux est de ne vous voir pas.

ANGÉLIQUE
Que ne puis-je vous fuir encore !

ROLAND
Pourquoi craindre qui vous adore ?

ANGÉLIQUE
Helas ! pourquoi m' aimez-vous tant ?
Un Héros indomptable
N' est que trop redoutable
Avec un amour si constant.

ROLAND
Ciel ! ô ciel ! C' est pour moi qu' Angélique soupire !

ANGÉLIQUE
Vous me contraignez d' en trop dire.

ROLAND
Vous m' aimez !

ANGÉLIQUE
Je ne puis l' avouer qu'à regret.
Votre constance est triomphante;
N' en faites point un éclat indiscret :
Épargnez ma fierté mourante;
Contentez-vous d' un triomphe secret.

ROLAND
En des lieux écartés, dans une paix profonde,
Allons jouir du sort qui va combler nos vœux.
Que deux cœurs unis sont heureux
D' oublier le reste du monde!

ANGÉLIQUE
Laissez-moi r' envoyer des peuples empressés
Ddont nous serions embarassés :
Attendez-moi plus loin, j' irai par tout vous suivre;
C' est pour vous seul que je veux vivre.

ACTE 3 SCENE 3
ANGÉLIQUE, MÉDOR, THÉMIRE

MÉDOR
Ah ! je souffre un tourment plus cruel que la mort !

THÉMIRE
Où voulez-vous aller ? que pouvez vous prétendre ?

ANGÉLIQUE
Laisse-moi calmer son transport :
Vois, si Roland ne peut point nous entendre.

(Thémire va du côté où Roland est passé.)

ACTE 3 SCENE 4
ANGÉLIQUE, MÉDOR

MÉDOR
Se peut-il qu' à ses vœux vous aiez répondu ?

ANGÉLIQUE
Voulez-vous m' offencer quand vous devez me plaindre ?
Pour éblouir Roland je suis réduite à feindre;
Il le faut éloigner, ou vous êtes perdu.

MÉDOR
Vous le suivrez ? non, non, que plutôt je périsse.

ANGÉLIQUE
Helas ! Tout le pouvoir humain
Contre lui s' armerait en vain :
Ne nous armons que d' artifice.
Médor, je tremble pour vos jours;
Ils sont dans un péril extrême.
A quoi n' a-t-on pas recours
Pour sauver ce que l' on aime ?

MÉDOR
Roland va m'ôter
L' objet que j' adore :
Qu' ai-je à redouter
Que de vivre encore ?

ANGÉLIQUE
C’est à vous que mon cœur pour jamais s' est donné ;
Je ne rendrai Roland que trop infortuné :
L’Amour lui vendra cher une vaine espérance.
Je puis par cet anneau disparaître à ses yeux ;
Bientôt, vous me verrez ; bientôt, loin de ces lieux
Nos fidelles amours seront en assurance :
Je veux mettre en vos mains ma suprême puissance.

MÉDOR et ANGÉLIQUE
Je ne veux que votre cœur;
C' est l' unique empire
Pour qui je soupire.
Je ne veux que votre cœur;
C' est assez pour mon bonheur.

MÉDOR
Vous me quittez, et je demeure
Troublé du chagrin le plus noir ;
Ma vie est attachée au plaisir de vous voir :
Ne vaut-il pas mieux que je meure
Par la main de Roland que par mon désespoir?

ANGÉLIQUE
Vivez pour moi, qu' il vous souvienne
Que votre destinée est unie à la mienne :
Ma mort suivrait votre trépas.
Evitons un destin tragique ;
Médor ne veut-il pas
Vivre pour Angélique ?

MÉDOR
Si je ne vivais pas pour vous,
Je ne pourrais souffrir la vie.

ANGÉLIQUE
Vivons, l'Amour nous y convie;
Réservons-nous
Pour nous aimer malgré l' envie ;
Réservons-nous
Pour vivre heureux loin des jaloux.
Je ne pourrais souffrir la vie,
Si je ne vivais pas pour vous.

MÉDOR
Vivons, l'Amour nous y convie;
Réservons-nous
Pour un amour si doux.

(Angélique et Médor répètent ensemble ces trois derniers vers.)

ACTE 3 SCENE 5
ANGÉLIQUE, MÉDOR, troupe de peuples de Catay, sujets d' Angélique.

ANGÉLIQUE parlant à ses sujets.
Vous qui voulez faire paraître
Le zèle ardent que vous avez pour moi,
Reconnaissez Médor pour votre maître;
Rendez hommage à votre roi.
(Angélique va retrouver Roland pour l' éloigner du port ou elle veut venir s' embarquer avec Médor.)

ACTE 3 SCENE 6
(Les peuples de Catay, sujets d' Angélique, rendent hommage à Médor ; ils l'élèvent sur un trône, et témoignent par leurs chants et par leurs danses la joie qu' ils ont de le reconnaître pour leur souverain.)

Le Chœur.
C' est Médor qu' une Reine si belle
A choisi pour régner avec elle :
Plus heureux que lui ?

Un des Sujets d' Angélique.
Malgré l' orgueil du grand nom de Reine,
Elle se rend, et l'Amour l' enchaîne ;
De mille et mille amants son cœur s' était sauvé,
Pour l' aimable Médor il était réservé.

Une des Suivantes d' Angélique.
Trop heureux un amant qui s' exempte
Des chagrins d' une ennuyeuse attente !
Que l'Amour pour Médor a fait d' aimables nœuds !
A peine est-il amant qu' il est amant heureux.

Le Chœur
Ses rivaux n' ont plus rien à prétendre :
Que de plaintes se vont faire entendre !
Au premier bruit d' un choix si doux,
Que de rois seront jaloux !
Nous venons tous
Vous présenter notre hommage ;
Régner sur nous
Est votre moindre avantage.
L'Amour donne un bonheur qui vaut mieux mille fois
Que la pompe qui suit les plus superbes rois.

Un des Sujets d' Angélique.
Angélique n' est plus insensible;
Sa fierté se croyait invincible :
Elle fuyait l'Amour, et le fuirait encor,
Sans le charme puissant des regards de Médor.

Le Chœur
Heureux Médor ! quelle gloire
D' avoir remporté
Une entière victoire
Sur tant de fierté !
Quel bonheur est plus rare !
Que vos feux sont beaux !
Que l'Amour vous prépare
De plaisirs nouveaux !
C' est pour vous que sont faits
Les plus doux de ses traits.

Une des Suivantes d' Angélique.
Un cœur si fier est à son tour
Sensible et tendre :
Médor l' obtient, quand son amour
N' osait l' attendre;
Mais un bonheur qu' on n' attend pas
N' en a que plus d' appas.

Le Chœur
Vous portez une riche couronne;
Un objet plein d' attraits vous la donne.

Un des Sujets d' Angélique.
Qu' il est doux d' accorder l' amour et la grandeur !
Quand on peut les unir c' est un parfait bonheur.

Une des Suivantes d' Angélique.
Tendres cœurs, puissiez-vous aimer tranquillement !
Il n' est point de sort plus charmant.

Le Chœur
Que l'Amour en tous lieux vous enchante;
Qu' à jamais votre ardeur soit constante :
Oubliez vos grandeurs plutôt que vos amours;
Votre bonheur dépend de vous aimer toujours.

Aimez, régnez, en dépit de l' envie;
Goûtez les biens les plus doux de la vie.
La Fortune et l'Amour, la Gloire et les Plaisirs,
Puissent-ils à jamais combler tous vos désirs!
Dans la paix, dans la guerre,
Dans tous les climats,
Jusqu' au bout de la terre,
Nous suivrons vos pas.
Puisse l' heureux Médor être un des plus grands rois!
Puisse-t-il rendre heureux ceux qui suivront ses loix!



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