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ACTE I


(Le théâtre représente les campagnes de la Hollande la aux environs de Dordrech. Au fond on aperçoit la Meusse: à droite un château-fort avec les ponts-levis et tourelles: a gauche fermes et moulins dépendent du château. Du même côte sur le premier plan, des sacs de blé, des tables rustiques, des bancs, etc. Au lever du rideau, le théâtre est vide. Un berger arrive et avec son chalumeau donna l'éveil. Un autre berger arrive, - censé dans les coulisses- lui répond de loin, Alors las portes des cabanes s'ouvrent, les paysans sortent avec leurs outils,
les meuniers avec des sacs de farine sur le dos, etc.)

CHOEUR PASTORAL
La brise es muette.
Le jour es serein!
D'échos en échos,
sonne la clochette
de nos gais troupeaux!

PAYSANS
Trop souvent l'orage
attriste nos coeurs…

CHOEUR
… Attriste nos cours!

PAYSANS
D'un jour, d'un jour sans nuages
goûtons, tous les douceurs,
Ah! Goûtons, etc.

CHOEUR
La brise es muette.
Le jour es serein!
Le vent qui s'arrête,
qu'ici pour nous s'apprête
le repas du matin!
Goûtons les douceurs
d'un jour heureux
goûtons le bonheur
d'un jour heureux!

BERTHE
Mon coeur s'élance et palpite.
L'espoir remplit ce coeur charmé,
doux espoir!
Au ciel d'avance je habite,
je vais revoir mon bien-aimé,
oui, revoir mon bien-aimé!
Légers oiseaux, volez vers sa demeure
et que vos chants lui disent mon amour.
Bientôt vos chants en doux refrains
diront a lui mon amour!
Mon coeur s'élance, etc.
Du moment où l'orpheline
t'aperçut, faveur divine
seul, rêvant, rêvant, sur la colline.
Un regard, regard, changea mon sort!
Aujourd'hui servant nos flammes
vois, ta mère de nos âmes
vient hâter l'heureux accord,
l'heureux accord.
Mon coeur s'élance, etc.

(Berthe voit arriver de loin Fidès. Elle court á su rencontre, prend son bras et la conduit doucement jusque devant de la scène. Fidès est fatiguée de la route et marche pesamment. Quand elle arrivée sur l'avant-scène elle embrasse Berthe, la bénit et met à son doigt un anneau de fiancée, envoyé par Jean).

BERTHE
Fidès, ma bonne mère,
enfin donc vous voilà!

FIDÈS
Tu m'attendais?

BERTHE
Depuis l'aurore!

FIDÈS
Et Jean mon fils attend
plus ardemment encore sa fiancée!
"Allez, allez, bonne mère,
allez, allez, amenez la" a-t-il dit,
et je viens.

BERTHE
Ainsi moi, pauvre fille,
orpheline et sans biens
il m'a daigne choisir.

FIDÈS
(babillant avec bonhomie)
Des filles de Dordrecht
Berthe est la plus gentille
et la plus sage, et je veux vous unir.

(s'animant toujours avantage)

Et je veux dès demain
que Berthe me succède
dans mon hôtellerie
et dans mon beau comptoir;
le plus beau, vois-tu bien Berthe,
de toute la ville de Leyde!
Partons, partons, partons!
Hâtons-nous, hâtons-nous,
car mon fils nos attend
pour ce soir
car mon. fils nos attend
pour ce sir. Partons!

BERTHE
Non pas; vraiment; vassale; je ne puis
me marier, ni quitter ce pays
sans la volonté souveraine
du comte du Oberthal, seigneur de ce domaine
dont vous voyez d'ici les créneaux redoutés!

FIDÈS
Auprès de lui courons!

(Fidès veut entraîner Berthe vers le château à droite. Au moment où les femmes viennent de franchir les marches de l'escalier qui conduit au château, les trois anabaptistes paraissent au haut des marches. Ils s'approchent d'eux et les examinent avec curiosité. Fidès redescend avec crainte les marches de l'escalier).

FIDÈS
(à Berthe à voix basse)
Quels sont ces hommes noirs aux
figures sinistres?

BERTHE
(à voix basse)
On dit que du Très-Haut
ce sont de saints ministres
qui depuis quelque temps
parcourent nos cantons,
répandant parmi nous
leurs doctes oraisons!

(Les trois anabaptistes sur la colline étendent les mains sur le peuple comme pour le bénir).

JONAS
Ad nos!

ZACHARIE
Ad nos!

LES TROIS ANABAPTISTES
Ad nos, ad salutarem undam,
iterum venite miseri!
Ad nos, ad nos venite, populi!

(Les trois anabaptistes descendent l'escalier et s'approchent les paysans).

CHOEUR
Ecoutons le ciel, qui les inspire, qui les inspire!

ZACHARIE
(montant sur une borne pour haranguer le peuple)
Des ces champs fécondes
longtemps par vos sueurs,
voulez-vous, voulez-vous être enfin
les maîtres et seigneurs?
Le voulez-vous? Le voulez-vous?

LES TROIS ANABAPTISTES
Ah! Ad nos, ad salutarem undam,
iterum venite miseri!

JONAS
(prêchant a un autre groupe du peuple)
Veux-tu que ces châteaux
aux tourelles altières
descendent au niveau
des plus humbles chaumières?
Le veux-tu, le veux-tu, le veux-tu?

LES TROIS ANABAPTISTES
Ah! Ad nos, etc.

MATHISEN
Esclaves et vassaux
trop longtemps à genoux,
ce qui fut abaissé
s'élève. Levez-vous

LES TROIS ANABAPTISTES
Levez-vous, Levez-vous, levez-vous!

(Les paysans commencent à s'émouvoir, ils se consultent entre eux. ils engagent un des leurs à parler aux prêcheurs. Le paysan ne vent pas d'abord, mais ses compagnons le poussent en avant)

PREMIER PAYSAN
(timidement)
Ainsi ces beaux châteaux?

MATHISEN
Il vous appartiendront!

JONAS
Il vous appartiendront!

DEUXIEME PAYSAN
(timidement)
La dime et la corvée?

JONAS
Elles disparaîtront!

ZACHARIE
Elles disparaîtront!

PREMIER PAYSAN
Et nous serfs et vassaux?

JONAS
Libres en ce séjour!

MATHISEN, ZACHARIE
Libres en ce séjour!

DEUXIEME PAYSAN
Et nos anciens seigneurs?

LES TROIS ANABAPTISTES
Esclaves a leur tour!

SIX PAYSANS
Ainsi ces beaux châteaux ?

JONAS
Il vous appartiendront!

SIX PAYSANS
La dime et la corvée?

JONAS
Elles disparaîtront!

SIX PAYSANS
Et nous serfs et vassaux?

MATHISEN, ZACHARIE
Libres en ce séjour!

SIX PAYSANS
Et nos anciens seigneurs?

MATHISEN, ZACHARIE
Esclaves a leur tour!

DES HOMMES
(entre eux, se consultent)
Ils ont raison; écoutez les!

DES FEMMES
Oui!

DES HOMMES
Ils disent vrai!

DES FEMMES
Oui!

DES HOMMES
Nos les suivrons!

AUTRES HOMMES
Et nous aussi!

LES HOMMES
Point de retard!

AUTRES HOMMES
Point de merci!

DES FEMMES
(aux paysans)
Vous êtes fort, puissant,
vous êtes grands!

LES HOMMES
Venez, allons, venez!

LES TROIS ANABAPTISTES
Ad nos! Ad nos, etc.

CHOEUR
Ces oppresseurs indignes,
ces vils, ces vils tyrans,
cruels, cruels seigneurs!
Ah! Vengeons-nous sur nos tyrans,
Ah! Vengeons-nous sur nos tyrans,
qu'ils meurent tous!
Qu'ils meurent, etc.
Levons nous, Levons nous, etc.
Malheur à qui nos combattrait,
malheur, malheur!
Son supplice est tout prêt,
Dieu signe l'arrêt!

(Les paysans courent au fond du théâtre où son déposés les fourches à faner, les faux et les pioches; ils les brandissent, s'alignent et marchent en ordre militaire, en promenant les trois anabaptistes en triomphe).

MATHISEN, ZACHARIE
(avec enthousiasme)
O roi des cieux, c'est ta victoire,
Dieu des combats, veille sur nous, sur nous!

JONAS
Sur nous!

MATHISEN, ZACHARIE
Las nations verront ta gloire,
ta sainte loi luira pour tous pour tous!

JONAS
Pour tous!

MATHISEN, ZACHARIE
Suivez-nous amis! Dieu le veut,
Dieu le veut! C'est le grand jour!
Que la liberté, que la liberté
soit notre amour,
et du monde entier! Dieu le veut
son drapeau fera le tour!

LES TROIS ANABAPTISTES
Dieu le veut! Dieu le veut!
Suivez-nous, chers compagnons

CHOEUR
O roi des cieux, etc.
Aux armes, aux armes aux armes!
Liberté, ah! Viens nous secourir
nous t'invoquons, pour ton saint nom
vaincre ou mourir!
Liberté, etc… ah! Viens, viens!

LES TROIS ANABAPTISTES
Aux armes!
Ad nos, etc…
Suivez nous, mort aux tyrans!
Mort, mort, oui, mort!

(Tous les paysans se sont armés de fourches, de pioches, et de bâtons, et se son élancés sur les marches de l'escalier qui conduit au château. Las portes du château s'ouvrent. Oberthal sort, il est entouré de seigneurs, ses amis avec lesquels il cause en riant. A sa vue les paysans s'arrêtent. Ceux que avaient déjà gravi les marches de l'escalier les redescendent avec effroi, et cachent les bâtons dont ils étaient armés. Oberthal s'avance tranquillement au milieu des paysans, qui le saluent).

BERTHE
Le Comte D'Oberth,
le seigneur châtelain.

OBERTHAL
De quels cris menaçants,
ces visages si tristes
troublent-ils dans nos murs
la gaîte du festin? Ah!

(rappelant les souvenirs)

Ceux-là sont-ils pas
des ces anabaptistes,
ces fougueux puritains,
ces ennuyeux prêcheurs,
semant partout, dit-on
les dogmes imposteurs

LES TROIS ANABAPTISTES
Malheur, noble seigneur, à celui
dont les yeux ne s'ouvrent qu'a l'erreur!

OBERTHAL
Eh! Mais vraiment, vraiment,
je crois le reconnaître;
oui, c'est maître Jonas
mon ancien sommeiller
il me volait mon vin,
dont il se disait maître!

(aux soldats)

Que le fourreau du sabre
aide à le châtier!
Soldats, qu'on le chasse!
Eloignez sa figure infernale!

(Les soldats emmènent les trois anabaptistes).

OBERTHAL
(apercevant Berthe)
Ah! Celle-ci vaut mieux!
Que veux-tu, ma vassale?
Avance et parle sans frayeur!

BERTHE
(à part)
Ma mère, Ma mère, hélas!
J'ai peur!

FIDÈS
(rassurant Berthe)
Sois sans crainte, sois sans crainte,
je suis là, oui, je suis là
pou te donner du coeur.

BERTHE
Un jour dans les flots de la Meuse,
j'allais périr, j'allais périr.
Jean, Jean me sauva.

FIDÈS
(faisant la révérence au seigneur)
Jean, Jean la sauva.

BERTHE
Orpheline et bien malheureuse,
depuis de ce jour, depuis de ce jour,
Jean me protégea!

FIDÈS
(faisant la révérence)
Jean la protégea!

BERTHE
Je connais votre droit,
je connais votre droit suprême,
mais Jean m'aime de tout son coeur,
de tout son coeur, de tout son coeur!
Ah! Mon seigneur, mon seigneur,
mon doux, mon doux seigneur,
permettez-moi d'être sa femme,
permettez-le ah! Monseigneur, etc.

FIDÈS
Mais Jean l'aime de tout son coeur!
Ah! Mon seigneur, etc.
Permettez lui d'être sa femme

BERTHE
Moi vassale en votre domaine
je suis hélas! Sans or ni bien;
tous les sauvent bien!

FIDÈS
(faisant la révérence)
Tout le savent bien!

BERTHE
Et Jean, que son amour entraîne,
veut m'épouser, moi qui n'ai rien,
moi, moi qui n'ai rien!

FIDÈS
(faisant la révérence)
Elle qui n'a rien.

BERTHE
Voici sa mère qui réclame
pour son fils ma main et mon coeur;
je l'aime tant, je l'aime tant!
Ah! Monseigneur, etc.

FIDÈS
Sa main, son coeur,
sa main et son coeur,
elle l'aime tant, elle l'aime tant!
Ah! Monseigneur, etc.

OBERTHAL
(regardant Berthe avec amour)
Eh quoi ¡ Tant du candeur,
d'attraits et d'innocence
seraient perdus pour nous
et quitteraient ces lieux!
Non. non, non, non, non
non, je refuse.

BERTHE, FIDÈS, CHOEUR
Ah!

BERTHE
Quel malheur!

FIDÈS
Ah! Quel malheur!

BERTHE, FIDÈS, CHOEUR
O nouvelle infamie!
O mortelles, mortelles alarmes!
Faut-il, hélas, se soumettre.
Se soumettre à ce spectre d'airain?

(du a gauche, au milieu des paysans, leur fait honte de leur lâcheté, les supplie de défendre Berthe et de réclamer justice pour elle. Les paysans excités par ces reproches, s'avancent d'un air résolu et menaçant vers Oberthal, qui sans les voir cause avec les autres seigneurs. A leur approche Oberthal se retourne; les vassaux s'arrêtent interdits et tremblants).

OBERTHAL
J'ai dit, je le veux, moi
seigneur châtelain!
Cédez tous, cédez tous, aux désirs
du seigneur châtelain!
J'ai dit, je le veux,
cédez tous, tous, tous!
Ou sinon…soldats.

CHOEUR
Fuyons.

(pendant les derniers vers d'Oberthal, des gardes de sa suite ont entouré Berthe et Fidès, qu'ils entraînent dans le château. Oberthal et ses amis les suivent, et les portes se referment derrière eaux. Les paysans, muets de surprise et du frayer, se retirent en silence et tête baissée. A ce moment on entend dans le lointain le psaume des anabaptistes.)

LES TROIS ANABAPTISTES
(dans les coulisses)
Ad nos, ad salutarem undam
Iterum venite, miseri, venite,

(Le peuple, entendant le chant des anabaptistes, court au devant d'eaux. Les Trois anabaptistes reparaissent sur les marches d'escalier du château, étendant leurs mains sur le peuple- qui s'agenouille devant eaux- et menaçant de geste et regard le château d'Oberthal.)
ACTE I


(Le théâtre représente les campagnes de la Hollande la aux environs de Dordrech. Au fond on aperçoit la Meusse: à droite un château-fort avec les ponts-levis et tourelles: a gauche fermes et moulins dépendent du château. Du même côte sur le premier plan, des sacs de blé, des tables rustiques, des bancs, etc. Au lever du rideau, le théâtre est vide. Un berger arrive et avec son chalumeau donna l'éveil. Un autre berger arrive, - censé dans les coulisses- lui répond de loin, Alors las portes des cabanes s'ouvrent, les paysans sortent avec leurs outils,
les meuniers avec des sacs de farine sur le dos, etc.)

CHOEUR PASTORAL
La brise es muette.
Le jour es serein!
D'échos en échos,
sonne la clochette
de nos gais troupeaux!

PAYSANS
Trop souvent l'orage
attriste nos coeurs…

CHOEUR
… Attriste nos cours!

PAYSANS
D'un jour, d'un jour sans nuages
goûtons, tous les douceurs,
Ah! Goûtons, etc.

CHOEUR
La brise es muette.
Le jour es serein!
Le vent qui s'arrête,
qu'ici pour nous s'apprête
le repas du matin!
Goûtons les douceurs
d'un jour heureux
goûtons le bonheur
d'un jour heureux!

BERTHE
Mon coeur s'élance et palpite.
L'espoir remplit ce coeur charmé,
doux espoir!
Au ciel d'avance je habite,
je vais revoir mon bien-aimé,
oui, revoir mon bien-aimé!
Légers oiseaux, volez vers sa demeure
et que vos chants lui disent mon amour.
Bientôt vos chants en doux refrains
diront a lui mon amour!
Mon coeur s'élance, etc.
Du moment où l'orpheline
t'aperçut, faveur divine
seul, rêvant, rêvant, sur la colline.
Un regard, regard, changea mon sort!
Aujourd'hui servant nos flammes
vois, ta mère de nos âmes
vient hâter l'heureux accord,
l'heureux accord.
Mon coeur s'élance, etc.

(Berthe voit arriver de loin Fidès. Elle court á su rencontre, prend son bras et la conduit doucement jusque devant de la scène. Fidès est fatiguée de la route et marche pesamment. Quand elle arrivée sur l'avant-scène elle embrasse Berthe, la bénit et met à son doigt un anneau de fiancée, envoyé par Jean).

BERTHE
Fidès, ma bonne mère,
enfin donc vous voilà!

FIDÈS
Tu m'attendais?

BERTHE
Depuis l'aurore!

FIDÈS
Et Jean mon fils attend
plus ardemment encore sa fiancée!
"Allez, allez, bonne mère,
allez, allez, amenez la" a-t-il dit,
et je viens.

BERTHE
Ainsi moi, pauvre fille,
orpheline et sans biens
il m'a daigne choisir.

FIDÈS
(babillant avec bonhomie)
Des filles de Dordrecht
Berthe est la plus gentille
et la plus sage, et je veux vous unir.

(s'animant toujours avantage)

Et je veux dès demain
que Berthe me succède
dans mon hôtellerie
et dans mon beau comptoir;
le plus beau, vois-tu bien Berthe,
de toute la ville de Leyde!
Partons, partons, partons!
Hâtons-nous, hâtons-nous,
car mon fils nos attend
pour ce soir
car mon. fils nos attend
pour ce sir. Partons!

BERTHE
Non pas; vraiment; vassale; je ne puis
me marier, ni quitter ce pays
sans la volonté souveraine
du comte du Oberthal, seigneur de ce domaine
dont vous voyez d'ici les créneaux redoutés!

FIDÈS
Auprès de lui courons!

(Fidès veut entraîner Berthe vers le château à droite. Au moment où les femmes viennent de franchir les marches de l'escalier qui conduit au château, les trois anabaptistes paraissent au haut des marches. Ils s'approchent d'eux et les examinent avec curiosité. Fidès redescend avec crainte les marches de l'escalier).

FIDÈS
(à Berthe à voix basse)
Quels sont ces hommes noirs aux
figures sinistres?

BERTHE
(à voix basse)
On dit que du Très-Haut
ce sont de saints ministres
qui depuis quelque temps
parcourent nos cantons,
répandant parmi nous
leurs doctes oraisons!

(Les trois anabaptistes sur la colline étendent les mains sur le peuple comme pour le bénir).

JONAS
Ad nos!

ZACHARIE
Ad nos!

LES TROIS ANABAPTISTES
Ad nos, ad salutarem undam,
iterum venite miseri!
Ad nos, ad nos venite, populi!

(Les trois anabaptistes descendent l'escalier et s'approchent les paysans).

CHOEUR
Ecoutons le ciel, qui les inspire, qui les inspire!

ZACHARIE
(montant sur une borne pour haranguer le peuple)
Des ces champs fécondes
longtemps par vos sueurs,
voulez-vous, voulez-vous être enfin
les maîtres et seigneurs?
Le voulez-vous? Le voulez-vous?

LES TROIS ANABAPTISTES
Ah! Ad nos, ad salutarem undam,
iterum venite miseri!

JONAS
(prêchant a un autre groupe du peuple)
Veux-tu que ces châteaux
aux tourelles altières
descendent au niveau
des plus humbles chaumières?
Le veux-tu, le veux-tu, le veux-tu?

LES TROIS ANABAPTISTES
Ah! Ad nos, etc.

MATHISEN
Esclaves et vassaux
trop longtemps à genoux,
ce qui fut abaissé
s'élève. Levez-vous

LES TROIS ANABAPTISTES
Levez-vous, Levez-vous, levez-vous!

(Les paysans commencent à s'émouvoir, ils se consultent entre eux. ils engagent un des leurs à parler aux prêcheurs. Le paysan ne vent pas d'abord, mais ses compagnons le poussent en avant)

PREMIER PAYSAN
(timidement)
Ainsi ces beaux châteaux?

MATHISEN
Il vous appartiendront!

JONAS
Il vous appartiendront!

DEUXIEME PAYSAN
(timidement)
La dime et la corvée?

JONAS
Elles disparaîtront!

ZACHARIE
Elles disparaîtront!

PREMIER PAYSAN
Et nous serfs et vassaux?

JONAS
Libres en ce séjour!

MATHISEN, ZACHARIE
Libres en ce séjour!

DEUXIEME PAYSAN
Et nos anciens seigneurs?

LES TROIS ANABAPTISTES
Esclaves a leur tour!

SIX PAYSANS
Ainsi ces beaux châteaux ?

JONAS
Il vous appartiendront!

SIX PAYSANS
La dime et la corvée?

JONAS
Elles disparaîtront!

SIX PAYSANS
Et nous serfs et vassaux?

MATHISEN, ZACHARIE
Libres en ce séjour!

SIX PAYSANS
Et nos anciens seigneurs?

MATHISEN, ZACHARIE
Esclaves a leur tour!

DES HOMMES
(entre eux, se consultent)
Ils ont raison; écoutez les!

DES FEMMES
Oui!

DES HOMMES
Ils disent vrai!

DES FEMMES
Oui!

DES HOMMES
Nos les suivrons!

AUTRES HOMMES
Et nous aussi!

LES HOMMES
Point de retard!

AUTRES HOMMES
Point de merci!

DES FEMMES
(aux paysans)
Vous êtes fort, puissant,
vous êtes grands!

LES HOMMES
Venez, allons, venez!

LES TROIS ANABAPTISTES
Ad nos! Ad nos, etc.

CHOEUR
Ces oppresseurs indignes,
ces vils, ces vils tyrans,
cruels, cruels seigneurs!
Ah! Vengeons-nous sur nos tyrans,
Ah! Vengeons-nous sur nos tyrans,
qu'ils meurent tous!
Qu'ils meurent, etc.
Levons nous, Levons nous, etc.
Malheur à qui nos combattrait,
malheur, malheur!
Son supplice est tout prêt,
Dieu signe l'arrêt!

(Les paysans courent au fond du théâtre où son déposés les fourches à faner, les faux et les pioches; ils les brandissent, s'alignent et marchent en ordre militaire, en promenant les trois anabaptistes en triomphe).

MATHISEN, ZACHARIE
(avec enthousiasme)
O roi des cieux, c'est ta victoire,
Dieu des combats, veille sur nous, sur nous!

JONAS
Sur nous!

MATHISEN, ZACHARIE
Las nations verront ta gloire,
ta sainte loi luira pour tous pour tous!

JONAS
Pour tous!

MATHISEN, ZACHARIE
Suivez-nous amis! Dieu le veut,
Dieu le veut! C'est le grand jour!
Que la liberté, que la liberté
soit notre amour,
et du monde entier! Dieu le veut
son drapeau fera le tour!

LES TROIS ANABAPTISTES
Dieu le veut! Dieu le veut!
Suivez-nous, chers compagnons

CHOEUR
O roi des cieux, etc.
Aux armes, aux armes aux armes!
Liberté, ah! Viens nous secourir
nous t'invoquons, pour ton saint nom
vaincre ou mourir!
Liberté, etc… ah! Viens, viens!

LES TROIS ANABAPTISTES
Aux armes!
Ad nos, etc…
Suivez nous, mort aux tyrans!
Mort, mort, oui, mort!

(Tous les paysans se sont armés de fourches, de pioches, et de bâtons, et se son élancés sur les marches de l'escalier qui conduit au château. Las portes du château s'ouvrent. Oberthal sort, il est entouré de seigneurs, ses amis avec lesquels il cause en riant. A sa vue les paysans s'arrêtent. Ceux que avaient déjà gravi les marches de l'escalier les redescendent avec effroi, et cachent les bâtons dont ils étaient armés. Oberthal s'avance tranquillement au milieu des paysans, qui le saluent).

BERTHE
Le Comte D'Oberth,
le seigneur châtelain.

OBERTHAL
De quels cris menaçants,
ces visages si tristes
troublent-ils dans nos murs
la gaîte du festin? Ah!

(rappelant les souvenirs)

Ceux-là sont-ils pas
des ces anabaptistes,
ces fougueux puritains,
ces ennuyeux prêcheurs,
semant partout, dit-on
les dogmes imposteurs

LES TROIS ANABAPTISTES
Malheur, noble seigneur, à celui
dont les yeux ne s'ouvrent qu'a l'erreur!

OBERTHAL
Eh! Mais vraiment, vraiment,
je crois le reconnaître;
oui, c'est maître Jonas
mon ancien sommeiller
il me volait mon vin,
dont il se disait maître!

(aux soldats)

Que le fourreau du sabre
aide à le châtier!
Soldats, qu'on le chasse!
Eloignez sa figure infernale!

(Les soldats emmènent les trois anabaptistes).

OBERTHAL
(apercevant Berthe)
Ah! Celle-ci vaut mieux!
Que veux-tu, ma vassale?
Avance et parle sans frayeur!

BERTHE
(à part)
Ma mère, Ma mère, hélas!
J'ai peur!

FIDÈS
(rassurant Berthe)
Sois sans crainte, sois sans crainte,
je suis là, oui, je suis là
pou te donner du coeur.

BERTHE
Un jour dans les flots de la Meuse,
j'allais périr, j'allais périr.
Jean, Jean me sauva.

FIDÈS
(faisant la révérence au seigneur)
Jean, Jean la sauva.

BERTHE
Orpheline et bien malheureuse,
depuis de ce jour, depuis de ce jour,
Jean me protégea!

FIDÈS
(faisant la révérence)
Jean la protégea!

BERTHE
Je connais votre droit,
je connais votre droit suprême,
mais Jean m'aime de tout son coeur,
de tout son coeur, de tout son coeur!
Ah! Mon seigneur, mon seigneur,
mon doux, mon doux seigneur,
permettez-moi d'être sa femme,
permettez-le ah! Monseigneur, etc.

FIDÈS
Mais Jean l'aime de tout son coeur!
Ah! Mon seigneur, etc.
Permettez lui d'être sa femme

BERTHE
Moi vassale en votre domaine
je suis hélas! Sans or ni bien;
tous les sauvent bien!

FIDÈS
(faisant la révérence)
Tout le savent bien!

BERTHE
Et Jean, que son amour entraîne,
veut m'épouser, moi qui n'ai rien,
moi, moi qui n'ai rien!

FIDÈS
(faisant la révérence)
Elle qui n'a rien.

BERTHE
Voici sa mère qui réclame
pour son fils ma main et mon coeur;
je l'aime tant, je l'aime tant!
Ah! Monseigneur, etc.

FIDÈS
Sa main, son coeur,
sa main et son coeur,
elle l'aime tant, elle l'aime tant!
Ah! Monseigneur, etc.

OBERTHAL
(regardant Berthe avec amour)
Eh quoi ¡ Tant du candeur,
d'attraits et d'innocence
seraient perdus pour nous
et quitteraient ces lieux!
Non. non, non, non, non
non, je refuse.

BERTHE, FIDÈS, CHOEUR
Ah!

BERTHE
Quel malheur!

FIDÈS
Ah! Quel malheur!

BERTHE, FIDÈS, CHOEUR
O nouvelle infamie!
O mortelles, mortelles alarmes!
Faut-il, hélas, se soumettre.
Se soumettre à ce spectre d'airain?

(du a gauche, au milieu des paysans, leur fait honte de leur lâcheté, les supplie de défendre Berthe et de réclamer justice pour elle. Les paysans excités par ces reproches, s'avancent d'un air résolu et menaçant vers Oberthal, qui sans les voir cause avec les autres seigneurs. A leur approche Oberthal se retourne; les vassaux s'arrêtent interdits et tremblants).

OBERTHAL
J'ai dit, je le veux, moi
seigneur châtelain!
Cédez tous, cédez tous, aux désirs
du seigneur châtelain!
J'ai dit, je le veux,
cédez tous, tous, tous!
Ou sinon…soldats.

CHOEUR
Fuyons.

(pendant les derniers vers d'Oberthal, des gardes de sa suite ont entouré Berthe et Fidès, qu'ils entraînent dans le château. Oberthal et ses amis les suivent, et les portes se referment derrière eaux. Les paysans, muets de surprise et du frayer, se retirent en silence et tête baissée. A ce moment on entend dans le lointain le psaume des anabaptistes.)

LES TROIS ANABAPTISTES
(dans les coulisses)
Ad nos, ad salutarem undam
Iterum venite, miseri, venite,

(Le peuple, entendant le chant des anabaptistes, court au devant d'eaux. Les Trois anabaptistes reparaissent sur les marches d'escalier du château, étendant leurs mains sur le peuple- qui s'agenouille devant eaux- et menaçant de geste et regard le château d'Oberthal.)



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