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ACTE IV


Premier Tableau

(Le théâtre représente une place publique de la villa de Munster. A droite la porte de Hôtel de la ville; Plusieurs marches y conduisent. Plusieurs rues aboutissent à la place publique. Au lever du rideau plusieurs bourgeois, portant de sacs d'argent ou des vases précieux, montent les marches de l'escalier de Hôtel de la ville; d'autres descendent les mains vides. Plusieurs arrivent par les différentes rues, s'avancent au bord du théâtre et forment des groupes. Ils regardent autour d'eux avec inquiétude, et se parlent a voix basse.)

BOURGEOIS DE MUNSTER
Courbons notre tête,
craignons les méchants!
Voici la tempête,
voici la tempête,
et tout les noirs autans!

(voyant venir une patrouille des soldats anabaptistes, ils crient à haute voix:)

Vive le Prophète,
vivent ses soldats, ses soldats!
Vive le Prophète,
¡Vivent ses soldats!

(à voix basse)

A bas le Prophète,
a bas ses soldats,
a bas, etc.

(une nouvelle patrouille passe)

Vive le Prophète, ses soldats!

TROISIEME BOURGEOIS
Il règne en maître en notre ville,
et dans Munster il faut encore
mettre à ses pieds, bourgeois dociles,
tout notre argent et tout notre or;
sinon la mort.

TOUS
Sinon la mort!

QUATRIEME BOURGEOIS
Voisin, quelles nouvelles?

PREMIERE BOURGEOIS
Elles sont de plus tristes:
ce Prophète ou Satan qui vient
pour nous damner,
Hélas! Dans nos murs,
va, dit-on se faire couronner
comme Roi des Anabaptistes!

TOUS
Roi des Anabaptistes?

(une nouvelle patrouille passe)

Vive le Prophète,
vivent ses soldats, ses soldats!
Vive le Prophète, etc.

TROISIEME BOURGEOIS
(voyant Fidès assise sur une pierre au fond du théâtre)
Assise sur cette pierre, femme,
que tu fais là?

(quelques bourgeois conduisent du, qui paraît épuisée de fatigue, sur la avant-scène.)

FIDÈS
Donnez, donnez pour une pauvre âme;
ouvrez -lui le paradis, le paradis!
Donnez, donnez à une pauvre femme
qui prie, hélas!, qui prie,
Hélas pour son fils!
Donnez, donnez, donnez!
Nobles seigneurs, donnez de grâce!
Au sein de votre richesse,
pitié, seigneur opulent!
Donnez pour dire une messe,
hélas, a mon pauvre enfant,
hélas, a mon pauvre enfant, etc.
Ah! Ah! Ah! Pitié, donnez!
Ah! Ah! Hélas! Pitié!

(quelques bourgeois font l'aumône a Fidès et partent. D'autres arrivent et l'entourent pour l'écouter.)

J'ai faim, j'ai froid! N'importe,
la tombe est plus froide encore!…
Et moi bientôt glacée et morte,
qui donc priera sur son sort?
Qui donc priera sur son sort?
Qui donc priera,
qui donc priera pour lui, qui donc?
Au sein de votre richesse,
pitié, seigneur opulent!
Donnez pour dire une messe,
hélas, a mon pauvre enfant,
hélas, a mon pauvre enfant, etc.
Ah! Ah! Ah! Pitié, donnez!
Ah! Ah! Ah! Hélas!

(on entend le son de une crécelle dans une des cours intérieures du palais.)

UN BOURGEOIS
C'est l'heure!

LES HOMMES
On nous attend.

UN BOURGEOIS
Et si nous différons…

LES HOMMES
Il y va de nos jours!

DEUXIEME, TROISIEME BOURGEOIS
(donne de l'argent a du)
Tiens!

FIDÈS
Merci!

LES HOMMES
Et courons!

(Ils reprennent leurs sacs d'argent, et entrent tous dans l'intérieur du palais. du voit venir un pèlerin qui marche avec peine.)

FIDÈS
Un pauvre pèlerin!
De fatigue, mon frère,
vous semblez accablé!

BERTHE
Dieu! Quelle est cette voix?

FIDÈS
Berthe! Berthe! Ces traits!

BERTHE
Fidès, ma bonne mère!

FIDÈS
Sous ces habits, c'est toi que je revois!

(elles se jettent dans les bras d'une de l'autre et semblent s'interroger pendant la ritournelle.)

BERTHE
Pour garder à ton fils
le serment qui m'engage,
j'ai cherche vainement
le trépas dans les flots;
un pêcheur m'a portée,
expirante, au rivage,
où des soins généreux
m'ont cachée aux bourreaux,
et plus tard j'ai couru.
J'ai revu la chaumière.
Où sont-ils? Où sont-ils?
Disparus pour jamais!
Loin d'ici disaient-ils,
et le fils et la mère
pour Munster sont partis!
Suivons-les! Ai-je dit;
vers Munster j'ai tourné mon espoir.
La naguère mon aïeul, vieux soldat,
fut gardien du palais.
Et j'accours, je te vois,
mon amie et ma mère;
guide-moi vers ton fils,
conduis-moi dans ses bras!
O bonheur, ô transport!
O bonheur, ô transport!
Je le vois
Ah! Conduis-moi vers ton fils!
Viens! Viens! Viens! Viens!
J'accours, je te vois!
Conduis-moi dans ses bras!
O bonheur!
Conduis-moi dans ses bras!

FIDÈS
(à part)
Pauvre fille, si joyeuse!
Comment faire pour t'apprendre ta misère,
pour te dire ici, moi, sa mère,
moi, sa mère, de Jean, le trépas!

(avec embarras et contenant à peine ses larmes)

Mon fils…

BERTHE
Hâtons nous!

FIDÈS
Mon fils…

BERTHE
En quels lieux est-il donc?

FIDÈS
Il est mort!

BERTHE
Il est mort! Il est mort!

FIDÈS
Hélas!

BERTHE
Dernier espoir, lueur dernière
qui pour jamais,
pour jamais ont disparu!
Que faire encore sur cette terre?
Mon bien-aimé, mon bien-aimé,
je t'ai perdu!
Je t'ai perdu, etc.
Non plus d'espoir en ma misère,
tout mon bonheur n'est plus!
Que faire encore, etc.

FIDÈS
Non, plus d'espoir, plus d'espoir,
mon bonheur, tout mon bonheur, a disparu!
Que faire encore sur cette terre?
Mon pauvre enfant, je t'ai perdu!
Je t'ai perdu, etc.
Non, plus d'espoir, etc.

Un matin je trouvai dans mon humble logis
des habits teints de sang,
c'étaient ceux de mon fils!
Une voix s'écriait:
le ciel voulait sa tête;
tu ne le verras plus;
c'est l'arrêt du Prophète!

BERTHE
Qui? lui? Ce tyran
qui remplit l'Allemagne de sang?

FIDÈS
Il a tué mon fils!

BERTHE
Punissons ses forfaits!

FIDÈS
Hélas! Tu ne peux rien!

BERTHE
Peut-être! Si je puis seulement entrer
dans son palais!

FIDÈS
Et que veux-tu?

BERTHE
Ce que je veux? Frapper!
Frapper ce traître!

(avec exaltation)

Dieu me guidera!
Dieu m'inspirera!
Sa voix, sa voix immortelle!
Sa voix, m'anime et m'appelle!
Sainte espérance
du la vengeance,
tu me soutiens!
Jean! Réveille-toi!
Jean marche avec moi!
Jean marche avec moi!
Jean, viens, etc.

FIDÈS
Mes yeux n'ont plus qu'à pleurer,
ma voix qu'à te conjurer;
a toi vierge sainte,
ma fidèle plainte;
a toi vierge sainte
ma seule espérance
est dans ta présence!

BERTHE
Non! Non! Point de grâce!
Non, non, non, non, non, non, non!
Dieu me guidera, etc.

FIDÈS
Ma voix te priera
et toujours dira;
o vierge, o vierge immortelle,
a toi ma plainte fidèle, etc.
Rappelle-moi, viens, rappelle-moi,
mon fils, etc.

Deuxieme Tableau

(Le théâtre change es représente la Cathédrale de Munster. Une partie du cortège est censée déjà entrée, l'autre moitié continue a défiler; au fond de l'église des trabans de la garde du Prophète forment la haie. Marche des grands électeurs portant l'un la couronne, l'autre le spectre, l'autre la main de la justice, celui-ci le sceau de Etat, des autres les ornements impériaux. Jean paraît après eux, la tête nue et habillée en blanc. Il traverse le nef principale et se rende dans le Choeur au maître autel qui est dans le fond à droite et qu'on ne voit pas. Le peuple qui et sur le devant du théâtre veut se précipiter sur son pas. Il est repoussé par les trabans dans les chapelles latérales. Tous disparaissent. Fidès qui vient d'entrer est seule à gauche, à genoux, sur le devant du théâtre, ne s'occupant pas de ce qui passe autour d'elle et plongée en la rêverie et la prière. Tout à coup on entend un grand bruit d'orgues de clairons et des trompettes; c'est la marche du couronnement.)

QUATRE ANABAPTISTES, CHOEUR
(dans les coulisses)
Domine, salvum fac regem nostrum,
¡Et exaudi nos in die qua invocaverimus te!

FIDÈS
Que Dieu sauve le Roi Prophète,
disent-ils!

(avec force)

Grand Dieu, exaucez ma prière!
Et qu'errant, misérable et proscrit,
il soit châtié sur la terre,
et que dans le ciel il soit maudit, que dans le ciel, etc.

QUATRE ANABAPTISTES, CHOEUR
Domine, salvum fac regem, etc.
Domine, etc.

FIDÈS
Ah! Ma fille, ô Judith nouvelle,
que Dieu protége,
que Dieu protège ton dessein! Va!
Qu'en ta main le glaive étincelle
et de leur roi frappe le sein,
frappe le sein, etc.
Dieu! Lui-même permet son trépas!
Va! Va! Le Seigneur conduira ton bras!

(pendant le choeur suivant a lieu une marche religieuse. Les enfant de choeur, l'encensoir à la main, ouvrent la marche, d'autres frappent sur les timbres, par les lesquels invitent le peuple a s'agenouiller; puis viennent de jeunes filles jetant des fleurs sur la route où doit passer le Prophète; dans le fond du théâtre on voit passer les grands dignitaires, qui portent les objets de la couronnement tels que le spectre , l'épée, la couronne, le manteau, l'ampoule, etc., qu'on passe alternativement aux enfant de choeur, qui les encensent.)

CHOEUR D'ENFANTS
Le voilà, le Roi Prophète,
le voilà le fils de Dieu!
A genoux, courbez la tête,
a genoux, a genoux,
a genoux devant son spectre de feu, etc.,

CHOEUR DE FEMMES
C'est le Roi Prophète,
courbez vous devant son spectre de feu!

PREMIER ENFANT
O prodige!
Nulle femme ne l'a porté,
ne l'a conçu!

DEUXIEME ENFANT
O prodige!
Nulle femme ne l'a porté,
ne l'a conçu!

PREMIER ENFANT
A genoux!

DEUXIEME ENFANT
A genoux!

PREMIER ENFANT
Courbez-vous!

DEUXIEME ENFANT
Courbez-vous!

ENFANT, CHOEUR
Le voici, le Roi Prophète, etc.
Courbez-vous, peuple! etc.
Voilà le Roi, le fils de Dieu!

(Tout le monde se prosterne. Jean, seule debout sur le haut de grand escalier, descend lentement quelques marches d'un air pensif; puis il porte la main a sa couronne et dit à voix basse, se rappelant la prédiction du deuxième acte:)

JEAN
Jean, tu régneras!
Ah! C'est donc vrai!
Oui, je suis l'Elu,
je suis le fils de Dieu!

(En ce moment Fidès, qui est en prière sur le devant du théâtre à droite, vient de se relever .Elle seule et Jean son debout dans l'église. Elle regarde le nouveau roi et pousse un cri.)

FIDÈS
Mon fils!

CHOEUR
Son fils? Son fils? Son fils?

(Jean, a voix de sa mère, veut courir vers elle, mais Mathisen, qui est près de lui parle à voix basse.)

MATHISEN
Si tu parle, sa mort!…

(Jean modérant son émotion, se retourne vers sa mère et parle froidement.)

JEAN
Quelle est cette femme?
Quelle est cette femme?

(Fidès hors d'elle-même, se frappe les mains; elle veut parler mais le saisissement lui coupe la parole.)

FIDÈS
(d'une voix tremblante)
Qui je suis?

(Avec indignation)

Moi! Qui je suis?

(avec une douloureuse tendresse et en pleurant)

Moi! Qui je suis?

(d'une voix suffoqué par las larmes)

Je suis, hélas!
Je suis la pauvre femme
qui t'a nourri,
t'a porté dans ses bras,
qui t'a pleuré, t'appelle, te réclame,
qui n'aime rien,
rien que toi seul,
que toi seul ici-bas!
Que toi! Que toi! etc.
Hélas, hélas!
Et toi, tu ne me connais pas,
et toi, tu ne me connais pas,
Ah! L'ingrat, l'ingrat!
Il ne me reconnaît pas!
Il ne me reconnaît pas!
Ah! L'ingrat, etc.
Non, non, mon fils ne me reconnaît pas,
l'ingrat!

CHOEUR DES ANABAPTISTES
Qu'entends-je, ô ciel?
Fraude coupable!
Va! Le Prophète te punira!

CHOEUR DU PEUPLE
Qu'entends-je, ô ciel?
Et quel mystère?
Faut-il en croire un tel aveu?

JEAN
(troublé)
Quelque erreur abuse son âme;
J'ignore, ainsi que vous,
J'ignore, ainsi que vous,
Ce que veut cette femme!

FIDÈS
(indignée, l'émotion la gagne)
Ce que je veux? Ce que je veux?
Ce que je veux?

(en pleurant)

Ce voudrait, hélas! La pauvre femme?
Elle voudrait pardonner l'ingrat,
elle voudrait, même au prix de son âme,
un seul instant, un seul instant
te presser dans ses bras, un seul, seul instant
te presser dans se bras! ¡Hélas! ¡Hélas!

TOUS
Ah! Ciel!

FIDÈS
L'ingrat ne me reconnaît plus!
L'ingrat, etc.
Moi! Qui je suis?
Je suis la pauvre femme, etc.

DEUX ENFANTS
Qu'entends-je, ô ciel!
Et quel aveu!
Fraude!
Mensonge que punira les fils de Dieu;
va-t'en, va t'en de ce lieu saint!
Va! Crains mon courroux! etc.
Notre courroux, notre fureur!
Que sur sa tête coupable
éclate enfin notre fureur!
Livrez-la nous,
et que sur sa tête coupable
tombe tout notre courroux,
notre juste courroux, notre juste fureur!
Livrez-la nous, etc.
C'est trop souffrir, etc.
A nous, à nous!

JONAS
Blasphème affreux! Blasphème affreux!
Livrez-la donc a nous, etc.
C'est trop souffrir, divin Prophète!
Et ce blasphème et son erreur!
Qu'éclate enfin notre fureur!
Livrez-la nous, etc.

MATHISEN, ZACHARIE
C'est trop souffrir, divin Prophète,
livrez-la nous, que sur sa tête,
éclate enfin notre fureur, etc.

QUATRE BOURGEOIS
(entr'eux, menaçant Jean)
L'Elu du ciel, le saint Prophète,
ne serait-il qu'un imposteur?
Quoi! Un imposteur!
Juste ciel!
Que sur sa tête
éclate enfin notre fureur!
Malheur â lui, malheur à lui,
que sur sa tête coupable, etc.

ANABAPTISTES
Ah! C'est trop souffrir, etc.
Ce blasphème, son erreur,
livrez-la, etc.

PEUPLE
Quoi! Le saint Prophète,
serait-il qu'un imposteur?
Malheur â lui, etc.
Que sur sa tête coupable, etc.

(Jonas et les anabaptistes, qui ont entouré Fidès, lèvent leurs poignards sur sa tête.)

JEAN
Arrêtez!

FIDÈS
(à part avec joie)
Il prend ma défense!

JEAN
Qu'on respecte ses jours!
Ne voyez-vous donc pas
que cette femme est en démence?

(Fidès s'éloigne avec indignation.)

Un miracle peut seul
lui rendre la raison!

PEUPLE
(ironiquement)
Tout est possible au roi Prophète,
tout est possible au fils de Dieu!

JEAN
Que Dieu m'inspire donc!

(Jean s'avance lentement vers Fidès)

Que la sainte lumière
descend sur ton front,
Pauvre insensée, et t'éclaire!

(à Fidès)

Femme à genoux!

(Fidès fait un geste d'indignation. Jean s'approche de Fidès, étend les mains sur sa tête et la fascine tellement de don regard qu'involontairement elle tombe à genoux.)

JEAN
(avec intention à Fidès)
Tu chérissais ce fils
dont j'offre les traits?

FIDÈS
(émue)
Si je l'aimais!

JEAN
Eh bien! Que maintenant
vers moi ton oeil se lève!

FIDÈS
(d'une voix tremblante)
Mon Dieu! Mon Dieu!

JEAN
(au peuple)
Et vous qui m'écoutez,
peuple tirez le glaive!

(Tous tirent leurs épées et leurs poignards.)

FIDÈS
Ah! Je frémis!

JEAN
Eh bien! Eh bien!
Si je suis son enfant,
si je vous ai trompé,
punissez l'imposteur,
punissez l'imposteur!
Frappez! Voici mon sein!
Frappez, etc.

(sur un signe de Jean plusieurs anabaptistes mettent le point de leurs poignards sur sa poitrine.)

JEAN
(à Fidès)
Suis-je ton fils?

CHOEUR
Parlez! Parlez!

JEAN
Suis-je ton fils?

CHOEUR
Parlez! Parlez!

(Fidès, troublée, se lève et passe au milieu du théâtre.)

FIDÈS
(d'une voix entrecoupée, pouvant â peine parler)
Ah…peuple…je vous trompais!
Ce n'est pas là mon fils!
Non, non!

(faisant un effort sur elle-même)

Non, non, non,
je n'ai plus de fils, hélas!
Je n'ai plus de fils, hélas!

CHOEUR
Miracle, miracle du grand Prophète!
Miracle, miracle, miracle!

FIDÈS
(à part)
O douleur!
Il faut donc pour le sauver
a jamais le quitter!
Mon Dieu! Veillez sur lui!

CHOEUR
Sublime spectacle, sublime spectacle!
Miracle, miracle, miracle!

ANABAPTISTES
(encensant Jean, qui part avec sa suite)
Domine, salvage fac!

CHOEUR
Sublime spectacle,
oui, sa voix rend la raison,
sa voix, sa voix,
sa voix rend la raison,
rend la raison aux insensés!

FIDÈS
(à part)
Et Berthe, ô ciel! Qui veut l'assassiner!
Courons!

(Elle veut se précipiter sur les pas de Jean. Les anabaptistes lui présentent la pointe de leurs lances et l'empêchent de passer. Elle voit Jean qui s'éloigne sans pouvoir le rejoindre)
ACTE IV


Premier Tableau

(Le théâtre représente une place publique de la villa de Munster. A droite la porte de Hôtel de la ville; Plusieurs marches y conduisent. Plusieurs rues aboutissent à la place publique. Au lever du rideau plusieurs bourgeois, portant de sacs d'argent ou des vases précieux, montent les marches de l'escalier de Hôtel de la ville; d'autres descendent les mains vides. Plusieurs arrivent par les différentes rues, s'avancent au bord du théâtre et forment des groupes. Ils regardent autour d'eux avec inquiétude, et se parlent a voix basse.)

BOURGEOIS DE MUNSTER
Courbons notre tête,
craignons les méchants!
Voici la tempête,
voici la tempête,
et tout les noirs autans!

(voyant venir une patrouille des soldats anabaptistes, ils crient à haute voix:)

Vive le Prophète,
vivent ses soldats, ses soldats!
Vive le Prophète,
¡Vivent ses soldats!

(à voix basse)

A bas le Prophète,
a bas ses soldats,
a bas, etc.

(une nouvelle patrouille passe)

Vive le Prophète, ses soldats!

TROISIEME BOURGEOIS
Il règne en maître en notre ville,
et dans Munster il faut encore
mettre à ses pieds, bourgeois dociles,
tout notre argent et tout notre or;
sinon la mort.

TOUS
Sinon la mort!

QUATRIEME BOURGEOIS
Voisin, quelles nouvelles?

PREMIERE BOURGEOIS
Elles sont de plus tristes:
ce Prophète ou Satan qui vient
pour nous damner,
Hélas! Dans nos murs,
va, dit-on se faire couronner
comme Roi des Anabaptistes!

TOUS
Roi des Anabaptistes?

(une nouvelle patrouille passe)

Vive le Prophète,
vivent ses soldats, ses soldats!
Vive le Prophète, etc.

TROISIEME BOURGEOIS
(voyant Fidès assise sur une pierre au fond du théâtre)
Assise sur cette pierre, femme,
que tu fais là?

(quelques bourgeois conduisent du, qui paraît épuisée de fatigue, sur la avant-scène.)

FIDÈS
Donnez, donnez pour une pauvre âme;
ouvrez -lui le paradis, le paradis!
Donnez, donnez à une pauvre femme
qui prie, hélas!, qui prie,
Hélas pour son fils!
Donnez, donnez, donnez!
Nobles seigneurs, donnez de grâce!
Au sein de votre richesse,
pitié, seigneur opulent!
Donnez pour dire une messe,
hélas, a mon pauvre enfant,
hélas, a mon pauvre enfant, etc.
Ah! Ah! Ah! Pitié, donnez!
Ah! Ah! Hélas! Pitié!

(quelques bourgeois font l'aumône a Fidès et partent. D'autres arrivent et l'entourent pour l'écouter.)

J'ai faim, j'ai froid! N'importe,
la tombe est plus froide encore!…
Et moi bientôt glacée et morte,
qui donc priera sur son sort?
Qui donc priera sur son sort?
Qui donc priera,
qui donc priera pour lui, qui donc?
Au sein de votre richesse,
pitié, seigneur opulent!
Donnez pour dire une messe,
hélas, a mon pauvre enfant,
hélas, a mon pauvre enfant, etc.
Ah! Ah! Ah! Pitié, donnez!
Ah! Ah! Ah! Hélas!

(on entend le son de une crécelle dans une des cours intérieures du palais.)

UN BOURGEOIS
C'est l'heure!

LES HOMMES
On nous attend.

UN BOURGEOIS
Et si nous différons…

LES HOMMES
Il y va de nos jours!

DEUXIEME, TROISIEME BOURGEOIS
(donne de l'argent a du)
Tiens!

FIDÈS
Merci!

LES HOMMES
Et courons!

(Ils reprennent leurs sacs d'argent, et entrent tous dans l'intérieur du palais. du voit venir un pèlerin qui marche avec peine.)

FIDÈS
Un pauvre pèlerin!
De fatigue, mon frère,
vous semblez accablé!

BERTHE
Dieu! Quelle est cette voix?

FIDÈS
Berthe! Berthe! Ces traits!

BERTHE
Fidès, ma bonne mère!

FIDÈS
Sous ces habits, c'est toi que je revois!

(elles se jettent dans les bras d'une de l'autre et semblent s'interroger pendant la ritournelle.)

BERTHE
Pour garder à ton fils
le serment qui m'engage,
j'ai cherche vainement
le trépas dans les flots;
un pêcheur m'a portée,
expirante, au rivage,
où des soins généreux
m'ont cachée aux bourreaux,
et plus tard j'ai couru.
J'ai revu la chaumière.
Où sont-ils? Où sont-ils?
Disparus pour jamais!
Loin d'ici disaient-ils,
et le fils et la mère
pour Munster sont partis!
Suivons-les! Ai-je dit;
vers Munster j'ai tourné mon espoir.
La naguère mon aïeul, vieux soldat,
fut gardien du palais.
Et j'accours, je te vois,
mon amie et ma mère;
guide-moi vers ton fils,
conduis-moi dans ses bras!
O bonheur, ô transport!
O bonheur, ô transport!
Je le vois
Ah! Conduis-moi vers ton fils!
Viens! Viens! Viens! Viens!
J'accours, je te vois!
Conduis-moi dans ses bras!
O bonheur!
Conduis-moi dans ses bras!

FIDÈS
(à part)
Pauvre fille, si joyeuse!
Comment faire pour t'apprendre ta misère,
pour te dire ici, moi, sa mère,
moi, sa mère, de Jean, le trépas!

(avec embarras et contenant à peine ses larmes)

Mon fils…

BERTHE
Hâtons nous!

FIDÈS
Mon fils…

BERTHE
En quels lieux est-il donc?

FIDÈS
Il est mort!

BERTHE
Il est mort! Il est mort!

FIDÈS
Hélas!

BERTHE
Dernier espoir, lueur dernière
qui pour jamais,
pour jamais ont disparu!
Que faire encore sur cette terre?
Mon bien-aimé, mon bien-aimé,
je t'ai perdu!
Je t'ai perdu, etc.
Non plus d'espoir en ma misère,
tout mon bonheur n'est plus!
Que faire encore, etc.

FIDÈS
Non, plus d'espoir, plus d'espoir,
mon bonheur, tout mon bonheur, a disparu!
Que faire encore sur cette terre?
Mon pauvre enfant, je t'ai perdu!
Je t'ai perdu, etc.
Non, plus d'espoir, etc.

Un matin je trouvai dans mon humble logis
des habits teints de sang,
c'étaient ceux de mon fils!
Une voix s'écriait:
le ciel voulait sa tête;
tu ne le verras plus;
c'est l'arrêt du Prophète!

BERTHE
Qui? lui? Ce tyran
qui remplit l'Allemagne de sang?

FIDÈS
Il a tué mon fils!

BERTHE
Punissons ses forfaits!

FIDÈS
Hélas! Tu ne peux rien!

BERTHE
Peut-être! Si je puis seulement entrer
dans son palais!

FIDÈS
Et que veux-tu?

BERTHE
Ce que je veux? Frapper!
Frapper ce traître!

(avec exaltation)

Dieu me guidera!
Dieu m'inspirera!
Sa voix, sa voix immortelle!
Sa voix, m'anime et m'appelle!
Sainte espérance
du la vengeance,
tu me soutiens!
Jean! Réveille-toi!
Jean marche avec moi!
Jean marche avec moi!
Jean, viens, etc.

FIDÈS
Mes yeux n'ont plus qu'à pleurer,
ma voix qu'à te conjurer;
a toi vierge sainte,
ma fidèle plainte;
a toi vierge sainte
ma seule espérance
est dans ta présence!

BERTHE
Non! Non! Point de grâce!
Non, non, non, non, non, non, non!
Dieu me guidera, etc.

FIDÈS
Ma voix te priera
et toujours dira;
o vierge, o vierge immortelle,
a toi ma plainte fidèle, etc.
Rappelle-moi, viens, rappelle-moi,
mon fils, etc.

Deuxieme Tableau

(Le théâtre change es représente la Cathédrale de Munster. Une partie du cortège est censée déjà entrée, l'autre moitié continue a défiler; au fond de l'église des trabans de la garde du Prophète forment la haie. Marche des grands électeurs portant l'un la couronne, l'autre le spectre, l'autre la main de la justice, celui-ci le sceau de Etat, des autres les ornements impériaux. Jean paraît après eux, la tête nue et habillée en blanc. Il traverse le nef principale et se rende dans le Choeur au maître autel qui est dans le fond à droite et qu'on ne voit pas. Le peuple qui et sur le devant du théâtre veut se précipiter sur son pas. Il est repoussé par les trabans dans les chapelles latérales. Tous disparaissent. Fidès qui vient d'entrer est seule à gauche, à genoux, sur le devant du théâtre, ne s'occupant pas de ce qui passe autour d'elle et plongée en la rêverie et la prière. Tout à coup on entend un grand bruit d'orgues de clairons et des trompettes; c'est la marche du couronnement.)

QUATRE ANABAPTISTES, CHOEUR
(dans les coulisses)
Domine, salvum fac regem nostrum,
¡Et exaudi nos in die qua invocaverimus te!

FIDÈS
Que Dieu sauve le Roi Prophète,
disent-ils!

(avec force)

Grand Dieu, exaucez ma prière!
Et qu'errant, misérable et proscrit,
il soit châtié sur la terre,
et que dans le ciel il soit maudit, que dans le ciel, etc.

QUATRE ANABAPTISTES, CHOEUR
Domine, salvum fac regem, etc.
Domine, etc.

FIDÈS
Ah! Ma fille, ô Judith nouvelle,
que Dieu protége,
que Dieu protège ton dessein! Va!
Qu'en ta main le glaive étincelle
et de leur roi frappe le sein,
frappe le sein, etc.
Dieu! Lui-même permet son trépas!
Va! Va! Le Seigneur conduira ton bras!

(pendant le choeur suivant a lieu une marche religieuse. Les enfant de choeur, l'encensoir à la main, ouvrent la marche, d'autres frappent sur les timbres, par les lesquels invitent le peuple a s'agenouiller; puis viennent de jeunes filles jetant des fleurs sur la route où doit passer le Prophète; dans le fond du théâtre on voit passer les grands dignitaires, qui portent les objets de la couronnement tels que le spectre , l'épée, la couronne, le manteau, l'ampoule, etc., qu'on passe alternativement aux enfant de choeur, qui les encensent.)

CHOEUR D'ENFANTS
Le voilà, le Roi Prophète,
le voilà le fils de Dieu!
A genoux, courbez la tête,
a genoux, a genoux,
a genoux devant son spectre de feu, etc.,

CHOEUR DE FEMMES
C'est le Roi Prophète,
courbez vous devant son spectre de feu!

PREMIER ENFANT
O prodige!
Nulle femme ne l'a porté,
ne l'a conçu!

DEUXIEME ENFANT
O prodige!
Nulle femme ne l'a porté,
ne l'a conçu!

PREMIER ENFANT
A genoux!

DEUXIEME ENFANT
A genoux!

PREMIER ENFANT
Courbez-vous!

DEUXIEME ENFANT
Courbez-vous!

ENFANT, CHOEUR
Le voici, le Roi Prophète, etc.
Courbez-vous, peuple! etc.
Voilà le Roi, le fils de Dieu!

(Tout le monde se prosterne. Jean, seule debout sur le haut de grand escalier, descend lentement quelques marches d'un air pensif; puis il porte la main a sa couronne et dit à voix basse, se rappelant la prédiction du deuxième acte:)

JEAN
Jean, tu régneras!
Ah! C'est donc vrai!
Oui, je suis l'Elu,
je suis le fils de Dieu!

(En ce moment Fidès, qui est en prière sur le devant du théâtre à droite, vient de se relever .Elle seule et Jean son debout dans l'église. Elle regarde le nouveau roi et pousse un cri.)

FIDÈS
Mon fils!

CHOEUR
Son fils? Son fils? Son fils?

(Jean, a voix de sa mère, veut courir vers elle, mais Mathisen, qui est près de lui parle à voix basse.)

MATHISEN
Si tu parle, sa mort!…

(Jean modérant son émotion, se retourne vers sa mère et parle froidement.)

JEAN
Quelle est cette femme?
Quelle est cette femme?

(Fidès hors d'elle-même, se frappe les mains; elle veut parler mais le saisissement lui coupe la parole.)

FIDÈS
(d'une voix tremblante)
Qui je suis?

(Avec indignation)

Moi! Qui je suis?

(avec une douloureuse tendresse et en pleurant)

Moi! Qui je suis?

(d'une voix suffoqué par las larmes)

Je suis, hélas!
Je suis la pauvre femme
qui t'a nourri,
t'a porté dans ses bras,
qui t'a pleuré, t'appelle, te réclame,
qui n'aime rien,
rien que toi seul,
que toi seul ici-bas!
Que toi! Que toi! etc.
Hélas, hélas!
Et toi, tu ne me connais pas,
et toi, tu ne me connais pas,
Ah! L'ingrat, l'ingrat!
Il ne me reconnaît pas!
Il ne me reconnaît pas!
Ah! L'ingrat, etc.
Non, non, mon fils ne me reconnaît pas,
l'ingrat!

CHOEUR DES ANABAPTISTES
Qu'entends-je, ô ciel?
Fraude coupable!
Va! Le Prophète te punira!

CHOEUR DU PEUPLE
Qu'entends-je, ô ciel?
Et quel mystère?
Faut-il en croire un tel aveu?

JEAN
(troublé)
Quelque erreur abuse son âme;
J'ignore, ainsi que vous,
J'ignore, ainsi que vous,
Ce que veut cette femme!

FIDÈS
(indignée, l'émotion la gagne)
Ce que je veux? Ce que je veux?
Ce que je veux?

(en pleurant)

Ce voudrait, hélas! La pauvre femme?
Elle voudrait pardonner l'ingrat,
elle voudrait, même au prix de son âme,
un seul instant, un seul instant
te presser dans ses bras, un seul, seul instant
te presser dans se bras! ¡Hélas! ¡Hélas!

TOUS
Ah! Ciel!

FIDÈS
L'ingrat ne me reconnaît plus!
L'ingrat, etc.
Moi! Qui je suis?
Je suis la pauvre femme, etc.

DEUX ENFANTS
Qu'entends-je, ô ciel!
Et quel aveu!
Fraude!
Mensonge que punira les fils de Dieu;
va-t'en, va t'en de ce lieu saint!
Va! Crains mon courroux! etc.
Notre courroux, notre fureur!
Que sur sa tête coupable
éclate enfin notre fureur!
Livrez-la nous,
et que sur sa tête coupable
tombe tout notre courroux,
notre juste courroux, notre juste fureur!
Livrez-la nous, etc.
C'est trop souffrir, etc.
A nous, à nous!

JONAS
Blasphème affreux! Blasphème affreux!
Livrez-la donc a nous, etc.
C'est trop souffrir, divin Prophète!
Et ce blasphème et son erreur!
Qu'éclate enfin notre fureur!
Livrez-la nous, etc.

MATHISEN, ZACHARIE
C'est trop souffrir, divin Prophète,
livrez-la nous, que sur sa tête,
éclate enfin notre fureur, etc.

QUATRE BOURGEOIS
(entr'eux, menaçant Jean)
L'Elu du ciel, le saint Prophète,
ne serait-il qu'un imposteur?
Quoi! Un imposteur!
Juste ciel!
Que sur sa tête
éclate enfin notre fureur!
Malheur â lui, malheur à lui,
que sur sa tête coupable, etc.

ANABAPTISTES
Ah! C'est trop souffrir, etc.
Ce blasphème, son erreur,
livrez-la, etc.

PEUPLE
Quoi! Le saint Prophète,
serait-il qu'un imposteur?
Malheur â lui, etc.
Que sur sa tête coupable, etc.

(Jonas et les anabaptistes, qui ont entouré Fidès, lèvent leurs poignards sur sa tête.)

JEAN
Arrêtez!

FIDÈS
(à part avec joie)
Il prend ma défense!

JEAN
Qu'on respecte ses jours!
Ne voyez-vous donc pas
que cette femme est en démence?

(Fidès s'éloigne avec indignation.)

Un miracle peut seul
lui rendre la raison!

PEUPLE
(ironiquement)
Tout est possible au roi Prophète,
tout est possible au fils de Dieu!

JEAN
Que Dieu m'inspire donc!

(Jean s'avance lentement vers Fidès)

Que la sainte lumière
descend sur ton front,
Pauvre insensée, et t'éclaire!

(à Fidès)

Femme à genoux!

(Fidès fait un geste d'indignation. Jean s'approche de Fidès, étend les mains sur sa tête et la fascine tellement de don regard qu'involontairement elle tombe à genoux.)

JEAN
(avec intention à Fidès)
Tu chérissais ce fils
dont j'offre les traits?

FIDÈS
(émue)
Si je l'aimais!

JEAN
Eh bien! Que maintenant
vers moi ton oeil se lève!

FIDÈS
(d'une voix tremblante)
Mon Dieu! Mon Dieu!

JEAN
(au peuple)
Et vous qui m'écoutez,
peuple tirez le glaive!

(Tous tirent leurs épées et leurs poignards.)

FIDÈS
Ah! Je frémis!

JEAN
Eh bien! Eh bien!
Si je suis son enfant,
si je vous ai trompé,
punissez l'imposteur,
punissez l'imposteur!
Frappez! Voici mon sein!
Frappez, etc.

(sur un signe de Jean plusieurs anabaptistes mettent le point de leurs poignards sur sa poitrine.)

JEAN
(à Fidès)
Suis-je ton fils?

CHOEUR
Parlez! Parlez!

JEAN
Suis-je ton fils?

CHOEUR
Parlez! Parlez!

(Fidès, troublée, se lève et passe au milieu du théâtre.)

FIDÈS
(d'une voix entrecoupée, pouvant â peine parler)
Ah…peuple…je vous trompais!
Ce n'est pas là mon fils!
Non, non!

(faisant un effort sur elle-même)

Non, non, non,
je n'ai plus de fils, hélas!
Je n'ai plus de fils, hélas!

CHOEUR
Miracle, miracle du grand Prophète!
Miracle, miracle, miracle!

FIDÈS
(à part)
O douleur!
Il faut donc pour le sauver
a jamais le quitter!
Mon Dieu! Veillez sur lui!

CHOEUR
Sublime spectacle, sublime spectacle!
Miracle, miracle, miracle!

ANABAPTISTES
(encensant Jean, qui part avec sa suite)
Domine, salvage fac!

CHOEUR
Sublime spectacle,
oui, sa voix rend la raison,
sa voix, sa voix,
sa voix rend la raison,
rend la raison aux insensés!

FIDÈS
(à part)
Et Berthe, ô ciel! Qui veut l'assassiner!
Courons!

(Elle veut se précipiter sur les pas de Jean. Les anabaptistes lui présentent la pointe de leurs lances et l'empêchent de passer. Elle voit Jean qui s'éloigne sans pouvoir le rejoindre)



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