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ACTE PREMIER
La scène se passe à Burglen, canton d'Uri
À droite se trouve la maison de Guillaume Tell; à gauche débouche le torrent de Schachental, sur lequel un pont est jeté; une barque est attachée au rivage.
Des paysans entourent de verdure des cabanes destinées à trois nouveaux ménages; d'autres se livrent à divers travaux agrestes. Jemmy s'essaie à tirer de l'arc, Guillaume, pensif et appuyé sur sa bêche, est arrêté au milieu d'un sillon. Hedwige assise près d'un châlet assemble les jonces d'une corbeille et regarde alternativement son époux et son fils.

SCÈNE I
Guillaume Tell, Hedwige, Jemmy, le Pêcheur, le chœur.

CHŒUR
Quel jour serein le ciel présage!
Célébrons-le dans nos concerts;
Que les échos de ce rivage
élèvent nos chants dans les airs!
Par nos travaux, rendons hommage
Au créateur de l'univers.

Quatuor

LE PÊCHEUR
dans sa barque
Accours dans ma nacelle,
Timide jouvencelle;
Du plaisir qui t'appelle
C'est ici le séjour.
Je quitte le rivage;
Lisbeth, sois du voyage,
Viens; le ciel sans nuage
Nous promet un beau jour.

GUILLAUME 
à demi-voix
Il chante son ivresse,
Ses plaisirs, sa maîtresse;
De l'ennui qui m'oppresse
Il n'est pas tourmenté
Quel fardeau que la vie!
Pour nous plus de patrie!
Il chante, et l'Helvétie
Pleure sa liberté.

LE PÊCHEUR
Des fleurs ceignent sa tête;
Leur puissance secrète;
Conjurant la tempête,
Nous répond du retour.
Et toi, lac solitaire,
Témoin d'un doux mystère,
Ne dis pas à la terre
Les secrets de l'amour.

HEDWIGE et JEMMY
Son imprudent courage,
Se jouant de l'orage,
à côté du naufrage
Ne pense qu'au retour.
Vers l'écueil qu'on redoute,
S'il dirigeait sa route,
Des chants de mort, sans doute,
Suivraient ses chants d'amour.
Ici l'on entend le ranz des vaches.

LE CHŒUR
On entend des montagnes
Le signal du repos;
La fête des campagnes
Abrège nos travaux.
Cette fête champêtre,
Qu'ignore l'œil du maître,
Nous fera reconnaître
Le doux pays natal.


SCÈNE II
Les mêmes, le vieux Melcthal, appuyé sur son fils Arnold, descend de la colline.

LE CHŒUR
Salut, honneur, hommage
Au vertueux Melcthal!

HEDWIGE
La fête des pasteurs, selon l'antique usage,
De trois jeunes amants fait trois heureux époux.

ARNOLD
à part
Des amants, des époux!
Ah! quel penser m'assiège!...

HEDWIGE
Bénis par vous.

MELCTHAL
Par moi?

HEDWIGE
Vous nous bénirez tous.

GUILLAUME
De l'âge et des vertus c'est le saint privilège,
Et des bienfaits du ciel un présage bien doux.

MELCTHAL
Pasteurs, que vos accents s'unissent,
Qu'au loin vos trompes retentissent;
Célébrez tous en ce beau jour
Le travail, l'hymen et l'amour.

CHŒUR D'HOMMES
Pasteurs, que nos accents s'unissent,
Qu'au loin nos trompes retentissent!
Célébrons tous, en ce beau jour,
Le travail, l'hymen et l'amour.

CHŒUR DE FEMMES
Aux chants joyeux qui retentissent,
Que nos accents plus doux s'unissent!
Célébrons tous en ce beau jour,
Le travail, l'hymen et l'amour.

CHŒUR GÉNÉRAL
Près des torrents qui grondent,
Que les cors se répondent!
Que l'écho de ces monts,
Retenant nos chansons,
En reporte les sons
Aux forêts, aux vallons!
Près des torrents qui grondent,
Que les cors se répondent!
Célébrons par nos jeux
Et l'hymen et ses feux;
Des pasteurs amoureux
Célébrons les doux nœuds,
Et volons auprès d'eux.
Le chœur sort.


SCÈNE III
Guillaume, Melcthal, Arnold, Hedwige, Jemmy.

GUILLAUME
Contre les feux du jour que mon toit solitaire
Vous offre un abri tutélaire.
C'est là que dans la paix ont véçu mes aïeux,
Que je fuis les tyrans, que je cache à leurs yeux
Le bonheur d'être époux, le bonheur d'être père!
il embrasse son fils

MELCTHAL
à Arnold
Le bonheur d'être père!
Tu l'entends, ô mon fils! c'est le suprême bien.
Veux-tu tromper toujours le vœu de ma vieillesse?
La fête des pasteurs, par un triple lien,
Va consacrer, dans ce jour d'allégresse,
Le serment de l'hymen, et ce n'est pas le tien

Le vieux Melcthal entre avec Guillaume, Hedwige e Jemmy dans un châlet.


SCÈNE IV
Arnold seul.

ARNOLD
Le mien, dit-il! jamais, jamais le mien!
Que ne puis-je taire à moi-même
De quel fatal objet tous mes sens sont épris!
Toi, dont le front aspire au diadème,
O Mathilde! je t'aime,
Je t'aime, et je trahis
Mon devoir et l'honneur, mon père et mon pays!
Contre l'avalanche homicide
Ma force te servit d'égide:
Je te sauvai, toi, la fille des rois,
Toi qu'une puissance perfide
Destine à nous donner des lois.
Ivre d'un fol espoir, ma jeunesse insensée
A prodigué son sang pour des maîtres ingrats:
Avoir connu sous eux la gloire des combats,
Voilà ma honte! aussi, mes pleurs l'ont effacée:
Par un funeste amour ne la rappelons pas.
Mais quel bruit? des tyrans qu'a vomis l'Allemagne
Le cor sonne sur la montagne.
Gesler est là; Mathilde l'accompagne;
Il faut encore la voir, entendre encore sa voix;
Soyons heureux et coupable à la fois!


SCÈNE V
Guillaume, Arnold.

Duo

GUILLAUME
Où vas-tu? quel transport t'agite?
L'approche d'un ami n'arrête point ta fuite?

ARNOLD
Non.

GUILLAUME
Pourquoi trembles-tu?

ARNOLD
à part
De feindre aurai-je le courage?
haut
Sous le fardeau de l'esclavage
Quel grand cœur n'est pas abattu?

GUILLAUME
Je comprendrais des maux que je partage;
Arnold ne m'a pas répondu!

ARNOLD
à part
Suis-je assez malheureux!

GUILLAUME
Malheureux? quel mystère?
Pourquoi te taire?

ARNOLD
Qu'espères-tu?

GUILLAUME
Rendre à ton cœur la force et la vertu.

ARNOLD
à part
Ah! Mathilde, idole de mon âme!
Il faut donc vaincre ma flamme?

GUILLAUME
observant Arnold
Je saurai lire dans son cœur.

ARNOLD
O ma patrie,
Mon cœur te sacrifie
Et mon amour et mon bonheur!

GUILLAUME 
à part
Il rougit de son erreur;
En servant la tyrannie
S'il fut traître à sa patrie,
Son remords du moins expie
Un moment de déshonneur.
haut
Pour nous plus de crainte servile,
Soyons hommes, et nous vaincrons.

ARNOLD
Et comment venger nos affronts?

GUILLAUME
Tout pouvoir injuste est fragile.

ARNOLD
Contre des maîtres étrangers
Quels sont nos appuis?

GUILLAUME
Les dangers;
Il n'en est qu'un pour nous, pour eux il en est mille.

ARNOLD
montrant la maison qui renferme la femme et le fils de Guillaume
Songe aux biens que tu perds!

GUILLAUME
Qu'importe!

ARNOLD
Quelle gloire espérer des revers?

GUILLAUME
Je ne sais trop ce que c'est que la gloire,
Mais je connais le poids des fers.

ARNOLD
Ton espérance...

GUILLAUME
Est la victoire:
La tienne aussi. J'ai besoin de le croire.

ARNOLD
Nous serions libres!..

GUILLAUME
C'est mon vœu.

ARNOLD
Mais où combattre?

GUILLAUME
Dans ce lieu.
Je te l'ai dit: plus de crainte servile.

ARNOLD
Vaincus, quel sera notre asile?

GUILLAUME
La tombe.

ARNOLD
Et notre vengeur?

GUILLAUME
Dieu!

ARNOLD
à part
Ah! Mathilde, idole de mon âme!
Il faut donc vaincre ma flamme?

GUILLAUME
Je vais lire dans son cœur.

ARNOLD 
O ma patrie! 
Mon cœur te sacrifie
Et mon amour et mon bonheur.

GUILLAUME
Il rougit de son erreur.
En servant la tyrannie,
S'il fut traître à sa patrie,
Son remords du moins expie
Un moment de déshonneur.

ARNOLD
Du combat, quand sonnera l'heure,
Ami, je serai prêt...

Le cor se fait entendre, et Arnold cherche à s'éloigner.

GUILLAUME
Demeure.

ARNOLD
O contre-temps fatal!

GUILLAUME
Melcthal! Melcthal!

Le cor résonne de nouveau.

ARNOLD
Qu'entends-je?

GUILLAUME
C'est Gesler! quoi! tandis qu'il nous brave,
Voudrais-tu, volontaire esclave,
D'un regard dédaigneux implorer la faveur?

ARNOLD
Quel sévère langage!
Pour moi c'est un outrage.
Je veux sur son passage
Braver l'insolent oppresseur.

GUILLAUME
Point d'entreprise téméraire;
Songe à ton père: il faut le protéger;
à ta patrie: il faudra la venger.

ARNOLD
à part
Mon père! mon pays! ma tendresse! Que faire!

GUILLAUME
Il hésite, il pâlit! Quel est donc ce mystère?

ARNOLD
à part
O ciel! tu sais si Mathilde m'est chère,
Mais à la vertu je me rends.
haut
Haine et malheur à nos tyrans!

GUILLAUME
Entends au loin les chants de l'hyménée;
N'attristons pas la fête des pasteurs:
à leurs plaisirs ne mêlons pas de pleurs;
Et que, du moins une journée,
Un peuple échappe à ses malheurs.

ARNOLD
à ses regards cachons mes pleurs.
O ciel! tu sais si Mathilde m'est chère;
Mais à la vertu je me rends.
Haine et malheur à nos tyrans!

GUILLAUME
De mon secret il est dépositaire,
Mais il combattra dans nos rangs;
Haine et malheur à nos tyrans!


SCÈNE VI (Nouvelle version - modifiée par Rossini.)
Les mêmes, Melcthal, Hedwige, Jemmy, le chœur, formant un cortège pour les trois mariés. Trois vieillards vont chercher les trois fiancées dans les chalets qui se trouvent sur la scène.

HEDWIGE
Sur nos têtes le soleil brille,
Et semble s'arrêter au milieu de son cours,
Pour voir la fête de famille.
Vénérable Melcthal, honneur des anciens jours,
C'est à vous de bénir leurs pudiques amours.

MELCTHAL
Quand le ciel entend votre promesse
Est-ce à moi de la consacrer?

GUILLAUME
Oui, rendre hommage à la vieillesse,
Mon Dieu, c'est encore t'honorer!

Il conduit le vieux Melcthal sous un dôme de verdure, préparé pour lui.

LE CHŒUR
Ciel, qui du monde est la parure,
Pour eux fais luire un doux augure;
Vois, leur tendresse est aussi pure
Que ta lumière en un beau jours

Pendant ce chœur, Melcthal bénit les époux qui sont agenouillés à ses pieds.

ARNOLD
à part
Qu'ils sont heureux! quel chaste amour!

Le bruit de la chasse se rapproche.

GUILLAUME
Encore Gesler!

ARNOLD
sortant sans être aperçu
Courons!


SCÈNE VII
Les mêmes, moins Arnold.

GUILLAUME
à part
Ah! quel tourment j'endure!
haut
Je ne vois plus Arnold.

JEMMY
Il nous quitte.

GUILLAUME
Il me fuit;
Il me dérobe en vain le trouble qui le suit.
Je cours l'interroger; toi, ranime la fête.

HEDWIGE
Tu me glaces de crainte, et tu parles de fête!

GUILLAUME
bas
Qu'elle cache aux tyrans le bruit de la tempête!
étouffe-la sous des accents joyeux:
Elle ne doit gronder pour eux
Qu'en tombant sur leur tête!
ACTE PREMIER
La scène se passe à Burglen, canton d'Uri
À droite se trouve la maison de Guillaume Tell; à gauche débouche le torrent de Schachental, sur lequel un pont est jeté; une barque est attachée au rivage.
Des paysans entourent de verdure des cabanes destinées à trois nouveaux ménages; d'autres se livrent à divers travaux agrestes. Jemmy s'essaie à tirer de l'arc, Guillaume, pensif et appuyé sur sa bêche, est arrêté au milieu d'un sillon. Hedwige assise près d'un châlet assemble les jonces d'une corbeille et regarde alternativement son époux et son fils.

SCÈNE I
Guillaume Tell, Hedwige, Jemmy, le Pêcheur, le chœur.

CHŒUR
Quel jour serein le ciel présage!
Célébrons-le dans nos concerts;
Que les échos de ce rivage
élèvent nos chants dans les airs!
Par nos travaux, rendons hommage
Au créateur de l'univers.

Quatuor

LE PÊCHEUR
dans sa barque
Accours dans ma nacelle,
Timide jouvencelle;
Du plaisir qui t'appelle
C'est ici le séjour.
Je quitte le rivage;
Lisbeth, sois du voyage,
Viens; le ciel sans nuage
Nous promet un beau jour.

GUILLAUME 
à demi-voix
Il chante son ivresse,
Ses plaisirs, sa maîtresse;
De l'ennui qui m'oppresse
Il n'est pas tourmenté
Quel fardeau que la vie!
Pour nous plus de patrie!
Il chante, et l'Helvétie
Pleure sa liberté.

LE PÊCHEUR
Des fleurs ceignent sa tête;
Leur puissance secrète;
Conjurant la tempête,
Nous répond du retour.
Et toi, lac solitaire,
Témoin d'un doux mystère,
Ne dis pas à la terre
Les secrets de l'amour.

HEDWIGE et JEMMY
Son imprudent courage,
Se jouant de l'orage,
à côté du naufrage
Ne pense qu'au retour.
Vers l'écueil qu'on redoute,
S'il dirigeait sa route,
Des chants de mort, sans doute,
Suivraient ses chants d'amour.
Ici l'on entend le ranz des vaches.

LE CHŒUR
On entend des montagnes
Le signal du repos;
La fête des campagnes
Abrège nos travaux.
Cette fête champêtre,
Qu'ignore l'œil du maître,
Nous fera reconnaître
Le doux pays natal.


SCÈNE II
Les mêmes, le vieux Melcthal, appuyé sur son fils Arnold, descend de la colline.

LE CHŒUR
Salut, honneur, hommage
Au vertueux Melcthal!

HEDWIGE
La fête des pasteurs, selon l'antique usage,
De trois jeunes amants fait trois heureux époux.

ARNOLD
à part
Des amants, des époux!
Ah! quel penser m'assiège!...

HEDWIGE
Bénis par vous.

MELCTHAL
Par moi?

HEDWIGE
Vous nous bénirez tous.

GUILLAUME
De l'âge et des vertus c'est le saint privilège,
Et des bienfaits du ciel un présage bien doux.

MELCTHAL
Pasteurs, que vos accents s'unissent,
Qu'au loin vos trompes retentissent;
Célébrez tous en ce beau jour
Le travail, l'hymen et l'amour.

CHŒUR D'HOMMES
Pasteurs, que nos accents s'unissent,
Qu'au loin nos trompes retentissent!
Célébrons tous, en ce beau jour,
Le travail, l'hymen et l'amour.

CHŒUR DE FEMMES
Aux chants joyeux qui retentissent,
Que nos accents plus doux s'unissent!
Célébrons tous en ce beau jour,
Le travail, l'hymen et l'amour.

CHŒUR GÉNÉRAL
Près des torrents qui grondent,
Que les cors se répondent!
Que l'écho de ces monts,
Retenant nos chansons,
En reporte les sons
Aux forêts, aux vallons!
Près des torrents qui grondent,
Que les cors se répondent!
Célébrons par nos jeux
Et l'hymen et ses feux;
Des pasteurs amoureux
Célébrons les doux nœuds,
Et volons auprès d'eux.
Le chœur sort.


SCÈNE III
Guillaume, Melcthal, Arnold, Hedwige, Jemmy.

GUILLAUME
Contre les feux du jour que mon toit solitaire
Vous offre un abri tutélaire.
C'est là que dans la paix ont véçu mes aïeux,
Que je fuis les tyrans, que je cache à leurs yeux
Le bonheur d'être époux, le bonheur d'être père!
il embrasse son fils

MELCTHAL
à Arnold
Le bonheur d'être père!
Tu l'entends, ô mon fils! c'est le suprême bien.
Veux-tu tromper toujours le vœu de ma vieillesse?
La fête des pasteurs, par un triple lien,
Va consacrer, dans ce jour d'allégresse,
Le serment de l'hymen, et ce n'est pas le tien

Le vieux Melcthal entre avec Guillaume, Hedwige e Jemmy dans un châlet.


SCÈNE IV
Arnold seul.

ARNOLD
Le mien, dit-il! jamais, jamais le mien!
Que ne puis-je taire à moi-même
De quel fatal objet tous mes sens sont épris!
Toi, dont le front aspire au diadème,
O Mathilde! je t'aime,
Je t'aime, et je trahis
Mon devoir et l'honneur, mon père et mon pays!
Contre l'avalanche homicide
Ma force te servit d'égide:
Je te sauvai, toi, la fille des rois,
Toi qu'une puissance perfide
Destine à nous donner des lois.
Ivre d'un fol espoir, ma jeunesse insensée
A prodigué son sang pour des maîtres ingrats:
Avoir connu sous eux la gloire des combats,
Voilà ma honte! aussi, mes pleurs l'ont effacée:
Par un funeste amour ne la rappelons pas.
Mais quel bruit? des tyrans qu'a vomis l'Allemagne
Le cor sonne sur la montagne.
Gesler est là; Mathilde l'accompagne;
Il faut encore la voir, entendre encore sa voix;
Soyons heureux et coupable à la fois!


SCÈNE V
Guillaume, Arnold.

Duo

GUILLAUME
Où vas-tu? quel transport t'agite?
L'approche d'un ami n'arrête point ta fuite?

ARNOLD
Non.

GUILLAUME
Pourquoi trembles-tu?

ARNOLD
à part
De feindre aurai-je le courage?
haut
Sous le fardeau de l'esclavage
Quel grand cœur n'est pas abattu?

GUILLAUME
Je comprendrais des maux que je partage;
Arnold ne m'a pas répondu!

ARNOLD
à part
Suis-je assez malheureux!

GUILLAUME
Malheureux? quel mystère?
Pourquoi te taire?

ARNOLD
Qu'espères-tu?

GUILLAUME
Rendre à ton cœur la force et la vertu.

ARNOLD
à part
Ah! Mathilde, idole de mon âme!
Il faut donc vaincre ma flamme?

GUILLAUME
observant Arnold
Je saurai lire dans son cœur.

ARNOLD
O ma patrie,
Mon cœur te sacrifie
Et mon amour et mon bonheur!

GUILLAUME 
à part
Il rougit de son erreur;
En servant la tyrannie
S'il fut traître à sa patrie,
Son remords du moins expie
Un moment de déshonneur.
haut
Pour nous plus de crainte servile,
Soyons hommes, et nous vaincrons.

ARNOLD
Et comment venger nos affronts?

GUILLAUME
Tout pouvoir injuste est fragile.

ARNOLD
Contre des maîtres étrangers
Quels sont nos appuis?

GUILLAUME
Les dangers;
Il n'en est qu'un pour nous, pour eux il en est mille.

ARNOLD
montrant la maison qui renferme la femme et le fils de Guillaume
Songe aux biens que tu perds!

GUILLAUME
Qu'importe!

ARNOLD
Quelle gloire espérer des revers?

GUILLAUME
Je ne sais trop ce que c'est que la gloire,
Mais je connais le poids des fers.

ARNOLD
Ton espérance...

GUILLAUME
Est la victoire:
La tienne aussi. J'ai besoin de le croire.

ARNOLD
Nous serions libres!..

GUILLAUME
C'est mon vœu.

ARNOLD
Mais où combattre?

GUILLAUME
Dans ce lieu.
Je te l'ai dit: plus de crainte servile.

ARNOLD
Vaincus, quel sera notre asile?

GUILLAUME
La tombe.

ARNOLD
Et notre vengeur?

GUILLAUME
Dieu!

ARNOLD
à part
Ah! Mathilde, idole de mon âme!
Il faut donc vaincre ma flamme?

GUILLAUME
Je vais lire dans son cœur.

ARNOLD 
O ma patrie! 
Mon cœur te sacrifie
Et mon amour et mon bonheur.

GUILLAUME
Il rougit de son erreur.
En servant la tyrannie,
S'il fut traître à sa patrie,
Son remords du moins expie
Un moment de déshonneur.

ARNOLD
Du combat, quand sonnera l'heure,
Ami, je serai prêt...

Le cor se fait entendre, et Arnold cherche à s'éloigner.

GUILLAUME
Demeure.

ARNOLD
O contre-temps fatal!

GUILLAUME
Melcthal! Melcthal!

Le cor résonne de nouveau.

ARNOLD
Qu'entends-je?

GUILLAUME
C'est Gesler! quoi! tandis qu'il nous brave,
Voudrais-tu, volontaire esclave,
D'un regard dédaigneux implorer la faveur?

ARNOLD
Quel sévère langage!
Pour moi c'est un outrage.
Je veux sur son passage
Braver l'insolent oppresseur.

GUILLAUME
Point d'entreprise téméraire;
Songe à ton père: il faut le protéger;
à ta patrie: il faudra la venger.

ARNOLD
à part
Mon père! mon pays! ma tendresse! Que faire!

GUILLAUME
Il hésite, il pâlit! Quel est donc ce mystère?

ARNOLD
à part
O ciel! tu sais si Mathilde m'est chère,
Mais à la vertu je me rends.
haut
Haine et malheur à nos tyrans!

GUILLAUME
Entends au loin les chants de l'hyménée;
N'attristons pas la fête des pasteurs:
à leurs plaisirs ne mêlons pas de pleurs;
Et que, du moins une journée,
Un peuple échappe à ses malheurs.

ARNOLD
à ses regards cachons mes pleurs.
O ciel! tu sais si Mathilde m'est chère;
Mais à la vertu je me rends.
Haine et malheur à nos tyrans!

GUILLAUME
De mon secret il est dépositaire,
Mais il combattra dans nos rangs;
Haine et malheur à nos tyrans!


SCÈNE VI (Nouvelle version - modifiée par Rossini.)
Les mêmes, Melcthal, Hedwige, Jemmy, le chœur, formant un cortège pour les trois mariés. Trois vieillards vont chercher les trois fiancées dans les chalets qui se trouvent sur la scène.

HEDWIGE
Sur nos têtes le soleil brille,
Et semble s'arrêter au milieu de son cours,
Pour voir la fête de famille.
Vénérable Melcthal, honneur des anciens jours,
C'est à vous de bénir leurs pudiques amours.

MELCTHAL
Quand le ciel entend votre promesse
Est-ce à moi de la consacrer?

GUILLAUME
Oui, rendre hommage à la vieillesse,
Mon Dieu, c'est encore t'honorer!

Il conduit le vieux Melcthal sous un dôme de verdure, préparé pour lui.

LE CHŒUR
Ciel, qui du monde est la parure,
Pour eux fais luire un doux augure;
Vois, leur tendresse est aussi pure
Que ta lumière en un beau jours

Pendant ce chœur, Melcthal bénit les époux qui sont agenouillés à ses pieds.

ARNOLD
à part
Qu'ils sont heureux! quel chaste amour!

Le bruit de la chasse se rapproche.

GUILLAUME
Encore Gesler!

ARNOLD
sortant sans être aperçu
Courons!


SCÈNE VII
Les mêmes, moins Arnold.

GUILLAUME
à part
Ah! quel tourment j'endure!
haut
Je ne vois plus Arnold.

JEMMY
Il nous quitte.

GUILLAUME
Il me fuit;
Il me dérobe en vain le trouble qui le suit.
Je cours l'interroger; toi, ranime la fête.

HEDWIGE
Tu me glaces de crainte, et tu parles de fête!

GUILLAUME
bas
Qu'elle cache aux tyrans le bruit de la tempête!
étouffe-la sous des accents joyeux:
Elle ne doit gronder pour eux
Qu'en tombant sur leur tête!



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